CHAPITRE V
moyen et inférieur. Ces plantes appartiennent surtout aux Cordaïtées et aux Calamodendrées et peut-être aussi aux Sigillarinées. Les graines, extrêmement variées de formes, paraissent toutes appartenir aux Gymnospermes. Je renvoie d'ailleurs, pour les détails, au bel ouvrage de M. Grand'Eury.
lo. Sigillarinées.
§ 61. — Les Sigillarinées comprennent les Sigillariées proprement dites et les Stigmariées. Ces dernières paraissent être, le plus souvent, les véritables racines des premières.
Le groupe des Sigillarinées est au reste peu abondant dans le terrain houiller supérieur ; il caractérise surtout le terrain moyen.
Les Sigillaires sont des tiges constamment réduites à leur enveloppe corticale houilliûée ; elles sont cannelées, et les cicatrices foliaires ne sont pas portées par des coussinets décurrents, ce qui les distingue des Lépidodendrons.
M. Grand' Eury sépare les Sigillaria proprement dites des Syringodendrons. Ces derniers sont seuls quelque peu répandus dans le bassin de la Loire, et y ont été jusqu'à présent, en général, confondus avec les Sigillaires. Les Sigillaria proprement dites ont des cicatrices foliaires nettes, percées de trois passages, ou cicalricules, en ligne droite; celui du centre plus ou moins punctiforme, les deux autres en arcs tournant leur concavité à Fintérieur. Les Syringodendrons 3 par contre, portent des cicatrices moins nettes et munies d'un seul point central assez vague. Mais il faut ajouter que les Sigillaires et les Syringodendrons sont, en général, mal conservés et difficiles à déterminer. On ne connaît pas encore, d'une façon positive, les graines des Sigillariées, aussi les botanistes sont-ils encore partagés sur la question de l'embranchement auquel ce groupe appartient réellement. MM. Brongniart, Grand'Eury et plusieurs autres croient cependant pouvoir affirmer qu'il doit être classé parmi les Phanérogames gymnospermes, comme les Cordditées et les Calamodendrées.
Je ne dirai rien des Stigmaria, que tout le monde connaît au voisinage de certaines couches de houille; ils abondent surtout à Rive-de-Gier et dans le terrain houiller moyen. 11 parait aujourd'hui démontré que les véritables Stigmaria s comme le S. ficoïdes, sont bien réellement les racines des Sigillaires. M. Grand'Eury appelle, d'autre part, Stigmariopsis , des souches un peu différentes, composées de branches plongeantes, inégales et courtes, que Ton rencontre à Saint-Étienne sous les tiges verticales des Syringodendrons.
2°. — Cordaïiées.
§ 62. — On a appelé jadis Nœggerathia de très nombreuses feuilles, parcourues en long de nervures fines et parallèles. M. Grand'Eury a reconnu que la plupart de ces feuilles appartiennent à un groupe de hautes tiges, les Cordditesy et que les véritables Nœggerathia n'existent pas à Saint-Etienne et sont même relativement rares dans le terrain houiller moyen. Les Cordaites sont des Conifères voisins des Taxinées, dont le type est Vif vivant. Ils atteignaient jusqu'à 40 mètres de hauteur et ne se ramifiaient que vers le sommet. Les feuilles sont allongées, obtuses, plus ou moins spatulées, ayant parfois près de 1 mètre de longueur et une largeur de m ,20. M. Grand'- Eury a trouvé les fleurs mâles et femelles de ces végétaux, et leurs jeunes graines, soit à l'état silicifié, soit sous forme d'empreintes ordinaires. La tige ligneuse offre les caractères du bois des Conifères avec des fibres pourvues de ponctuations en séries alternes, comme dans les Araucariées.
Dans l'axe des tiges se trouvait un étui médullaire volumineux, coupé de nombreux diaphragmes. Il en est résulté des moules intérieurs que Ton avait décrits jusqu'à présent sous le nom d'Artisia. Entre ce noyau central et l'écorce houillifiée de la tige se trouvait la partie ligneuse qui, souvent détruite, se rencontre cependant, sur quelques points, à l'état de fusain; ce sont ces restes qui ont été décrits comme Dadoxylon. Bref, M. Grand'Eury a pu reconstituer l'ensemble de cette végétation antique, formée de feuilles, les Cordaïtes; débranches, les Cordaïcladées ; de tiges, les Artisia et Dadoxylon ;