‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 97 sur 144 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

enfin de Ironcs, dont l'écorce houilHfiée seule a été conservée, les Cordaifloyos. Outre cela M. Grand'Eury a rencontré en place des souches de Cordaïles, avec leurs grosses racines rameuses, étalées à la façon de beaucoup de Conifères; et, d'autre part, des graines, jadis appelées Cardiocarpus, à cause de leur apparence cordiforme, et que M. Grand'Eury nomme désormais, avec M.Geinitz, Cordaïcarpus, pour rappeler leur intime connexion avec la famille des Cordaïtes.

Les Cordaïtes sont, au dire de M. Grand'Eury, les plantes les plus abondamment répandues dans le bassin de la Loire. On en trouve à tous les niveaux, mais surtout à la base du massif proprement dit de Saint-Etienne, dont elles caractérisent l'étage inférieur; la houille de cet étage en est en grande partie formée, comme, dans le terrain houiller moyen, les couches les plus importantes ont été formées de débris de Sigillaires. On reconnaît aussi que la plupart des débris charbonneux, si fréquents dans les grès quartzo-feldspathiques (taille) de Sain t-É tien ne, sont des fragments d'écorce houillifiée de Cordai floyos. L'épaisseur de ces écorces atteint parfois jusqu'à m ,05 et même m ,07 d'épaisseur.

A côté des Cordaïtes proprement dites, M. Grand'Eury signale les Dory- Cordaïtes dont les feuilles sont lancéolées et allongées, et non obtuses comme celles des Cordaïtes. On les rencontre partout, dans la Loire, avec les Cordaïtes, mais en proportion moindre, si ce n'est à Rive-de-Gier, où elles semblent l'emporter sur les Cordaïtes proprement dites. Ces Dory-Cordaïtes se rapprochent, par leurs caractères, des Cupressinées actuelles. Enfin, dans les parties supérieures et moyennes du terrain sléphanois, plutôt mêlées aux Fougères qu'aux Cordaïtes proprement dites, on trouve un troisième groupe de tiges, que M. Grand'Eury appelle Poa-Cordaïtes, et dont les feuilles sont presque linéaires, ou aciculaires, c'est-à-dire d'une largeur de m ,01, pour une longueur allant parfois à m ,40.

D'après l'ensemble de ses études, M. Grand'Eury est arrivé à cette conclusion que les Cordaïtes se plaisaient, comme la plupart des plantes houillères (p. 269), dans des lieux bas et humides, soumis aux inondations; que les tiges poussaient très rapidement, mais n'atteignaient qu'un faible

diamètre eu égard à leur hauteur ; qu'elles parvenaient ainsi en peu d'années au terme de leur existence et devaient par suite fournir rapidement, comme les Sigillaires du terrain houiller moyen, des débris végétaux fort abondants.

M. Grand'Eury cite, à la suite des Cordaïtes, quelques débris de Walchia qui sont également des Conifères. Au fond, ce genre caractérise le terrain permien, mais il apparaît déjà dans les parties hautes du district stéphanois; ce sont des empreintes de branches, avec nombreux rameaux distiques, garnis de petites feuilles rapprochées, coriaces, épaisses, aiguës au sommet, élargies à la base.

3*. — Cakunodendrce*.

§ 63. — Les Calamodendrées, autrefois confondues avec les Calamités, sont des tiges ligneuses pourvues d'un épais étui médullaire, aujourd'hui remplacé par un moule d'apparence calamitoïde. Comme les Arlisia, dans les Cordaites, ce moule remplit l'espace occupé jadis par la moelle.

L'écorce est houillifiée à la façon des autres tiges; le ligneux, souvent disparu, est transformé en fusain. Ce bois est formé de lames rayonnantes de tissus différents, d'où résulte une surface cannelée, pareille à celle des véritables Calamités. Les Calamodendrées se divisent en deux groupes : les Arlhropilus, dont le bois est uniquement formé de fibres vasculaires, et les Calamodendrons proprement dits, formés de lames alternes, les unes de fibres libériennes, les autres de fibres vasculaires. Disons encore que le bois du Calamodendron est appelé Calamodendroxylon, leur écorce Calamodendrofloyos, et leur racine ligneuse, qui est pivotante, Calamodendrea rhizobola. Ni les feuilles ni les graines des Calamodendrées ne sont positivement connues jusqu'à présent; mais M. Grand'Eury croit devoir admettre, par suite de leur fréquente association, que les tiges minces et hautes des Calamodendrons portaient au sommet, comme feuilles caduques denses, des Astérophyllites gymnospermes, et comme graines, des Polypterocarpus, c'est-à-dire des graines, munies aux arêtes d'ailes saillantes, régu-

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