CHAPITRE V
lières, au nombre de trois, six ou douze. Ajoutons enfin que l'empreinte, si répandue sous le nom de Calamités cruciatus, est, en réalité, une écorce de Calamodendron qui caractérise le faisceau houiller le plus élevé de Saint-Étienne, les couches du bois d'Aveize.
Les Calamodendrons, comme les Cordaïtes, ont dû pousser rapidement en hauteur; leur diamètre est faible, de m ,20 au plus; leur hauteur, de 30 à 40 mètres. Les tiges sont simples, droites, sans feuilles, ni rameaux persistants, sauf au sommet. Les racines pivotantes, pourvues d'une épaisse écorce, poussaient aux articulations de nombreuses radicelles grêles, Renfonçant obliquement dans la vase sableuse environnante.
Les Arthropitus sont rameux et non à tige simple et droite, comme les Calamodendrons. M. Grand'Eury les suppose également couronnés d'Astérophyllites gymnospermes.
§ 64. — Le savant ingénieur termine la revue des principales plantes, dont on retrouve les restes dans les terrains houillers du centre de la France, par quelques considérations sur le caractère général de cette végétation et les conditions dans lesquelles elle s'est développée. Il établit d'abord que les plantes houillères, Cryptogames et Gymnospermes, montrent, dès leur apparition , une perfection d'organisation supérieure à celle des types analogues actuels; cette supériorité résulte surtout de l'étude des graines des Gymnospermes et de celle du bois des Conifères. M. Grand'- Eury en conclut que la théorie de l'évolution ou de la transmutation se trouve en défaut lorsqu'on étudie la flore houillère, et que tout concourt à prouver la création indépendante des divers types.
Il rappelle ensuite que les herbes proprement dites étaient rares à cette époque, que la végétation est éminemment arborescente et que les végétaux herbacés eux-mêmes s'élevaient à la hauteur d'arbres proprement dits. On n'y trouve pourtant nulle part des arbres géants, comme les Sequioïa (Wellingtonia) de la Californie, qui ont jusqu'à 10 mètres de diamètre à la base et 100 mètres de hauteur. La croissance était alors beaucoup plus active; les tiges à tissu succulent poussaient rapidement en hauteur, mais devaient atteindre aussi, en peu d'années, le terme de leur
croissance. Le tissu végéta], en un mot, se développait avec énergie et une rapidité beaucoup plus considérable qu'aujourd'hui. Cette rapide croissance prouve que le climat devait être alors à la fois humide et chaud, et même à un plus haut degré que celui des terres basses de nos zones torrides actuelles. Il fallait en même temps une lumière abondante, puisque la lumière seule fixe le carbone dans les plantes. Pourtant elle a dû être moins directe qu'aujourd'hui, car l'atmosphère terrestre était certainement alors chargée de vapeurs aqueuses denses. Par contre, la lumière était alors, je le présume du moins, plus abondante aux latitudes élevées, si l'on admet, avec les astronomes, que la sphère lumineuse du soleil était, à cette époque reculée, notablement plus étendue qu'aujourd'hui. II est évident aussi qu'à l'époque où le carbone des bouilles n'était point encore fixé parla végétation, l'acide carbonique devait certainement se trouver, dans l'atmosphère terrestre, en plus forte proportion que maintenant, et, par suite, contribuer au développement plus rapide des plantes. Le climat de la période houillère était enfin sensiblement uniforme. On ne connaissait pas alors la variabilité des saisons et de la température, car les plantes houillères n'offrent aucune trace des zones annuelles d'accroissement, si marquées dans les bois de nos latitudes.