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LE LAC AGASSIZ

Il y a un grand territoire dans la région figurée par la carte, qui est recouvert d'un manteau superficiel d'argile friable d'une nature très homogène et, sur de grandes étendues absolument libres de cailloux ou de graviers.

D'après l'uniformité de leur composition de haut en bas et l’absence de Stratification, il est évident que ces dépôts ont été déposés de façon continue; c'est Pourquoi on les considére comme étant accumulés Par sédimentation dans un bassin la- Custre. Ces argiles dans une partie du terrain, notamment dans la région avoisinant les prolongements inférieurs de la ri.ire Burntwood, sont assez puissantes pour combler tout-àfait les anciennes vallées et transformer un terrain autrefois onduleux en une plaine Presque plate. Le long de la vallée de la rivière Burntwood, qui occupe une partie d'une dépression plus ancienne, les argiles recouvrent maintenant les collines jusqu'à une altitude de 150 pieds ou plus au-dessus du niveau de la rivière. Plus à l'ouest, le long du cours supérieur de cette même rivière et de ses affluents où l'altitude au-dessus de la mer

est d'environ 935 pieds, l'argile n'a qu'une épaisseur de quelques pieds dans les fonds de vallées et les dépressions isolées parmi les collines environnantes qui ne sont pas reliées avec les vallées des rivières en sont exemptes. L'on n'aperçoit aucune plage distincte marquant les bords de l'ancien lac là où l'argile s'amincit dans cette direction, et l'on peut bien s'attendre à cette particularité puisque les vallées semblent représenter de longs et étroits bras d'un lac dans lequel l'eau aurait été relativement calme et n'aurait séjourné que pendant très peu de temps. C'est vers la longitude O. 97° où le fond de la vallée de la rivière est d'environ 480 pieds au-dessus du niveau de la mer, que les argiles de la vallée paraissent avoir le plus d'épaisseur et, depuis cet endroit en allant vers l'ouest, au fur et à mesure que la vallée s'élève, la puissance de l'argile diminue, et c'est en longitude O. 100°, à une altitude de 935 pieds, qu'elle atteint probablement sa limite à l'ouest.

Du côté nord et probablement aussi du côté est la ligne de rivage ne suit pas un profil de la surface, puisque, dans ces directions, l'eau du lac a été retenue par des barrières de glace formées par les fronts des glaciers en rétrogradation. La nature lacustre de ces argiles a été déterminée par Tyrrell! et Dowling? qui les décrivent telles qu'elles se présentent sur une portion de cette étendue, et les attribuent, sans aucun doute avec raison, au lac glaciaire Agassiz lequel Uphami avait déjà suivi depuis le Minnesota jusqu'à travers une partie du Manitoba.

Dans un travail sur la partie nord-ouest du Manitoba, Tyrrell décrit les plages de la rive ouest du lac dans leurs prolongements vers le nord le long des parois des escarpements formés par les monts Riding, Duck et Porcupine. Sur le mont Duck il a constaté que la plus haute plage était à une altitude de 1,365 pieds au-dessus de la mer. D'après les mesurages faits par Upham, des lignes de plages dans le Minnesota et le sud du Manitoba on constate que la marche d'élévation progressive vers le nord ,ou plus exactement vers le nord nord-est des plages supérieures, était en moyenne d'environ un pied au mille, on

1 Com. Géol., Canada, Rap. Ann., Série nouvelle, Vol. XIII, Partie F. : Com. Géol., Canada, Rap. Ann., Série nouvelle, Vol. XIII, Partie FF. 3 Com. Géol., Canada. Rap. Ann., 1888-9, Vol. IV, Partie FF.

augmentait depuis environ six pouces au Minnesota jusqu'à au delà d'un pied dans le centre du Manitoba. Les plus hautes plages signalées par Tyrrell sur le mont Duck semblent indiquer que l'élévation progressive d'an pied au mille se continue jusque dans le nord du Manitoba. La présence d'argiles marines dans les vallées des rivières qui s'égoutent dans les baies d'Hudson et James! à des altitudes d'environ 400 pieds au-dessus de la mer, est une autre preuve concluante de cette élévation postglaciaire de la région nord du continent, Sur le mont Porcupine, les plus hautes altitudes auxquelles ces plages ont été observées par Tyrrell et Dowling étaient légèrement moins élevées que le niveau des pius ha utes plages sur le Duck Mountain.

On a remarqué sur les versants des collines Pasquia, des crêtes de gros gravier roulé qui représentent probablement une continuation de ces plages, mais leur altitude na pas été déterminée.

Toutes les plus hautes plages semblent avoir été formées au début de l'existence du lac, lorsqu'il se déchargeait du côté sud et que la région au nord de la Saskatchewan était encore recouverte d'un épais manteau de glac. qui constituait la limite nord du lac.

D'un autre côté les argiles lacustres du terrain au nord de la Saskatchewan proviennent de la sédimentation qui se produisit sous un lac très restreint, après que l'eau eût baissé bien au-dessous du niveau de l'ancien débouché du côté sud, mais avant que l'exhaussement se fût produit.

Il est facile de constater que le lac dans la région au nord de la Saskatchewan n'a jamais monté jusqu'au niveau indiqué par les plages du côté sud, du seul fait de l'absence en cet endroit de dépôts lacustres qui semblent être rapportables, à cette période de sédimentation, à des niveaux de plus de 935 pieds d’altitude; et l’on reconnaît que les sédiments dans la région nord furent déposés antérieurement à l’exhaussement du terrain par le fait que, étant donné leur déposition sous un lac endigué par des glaces, ils doivent être plus anciens que les argiles marines

1 Com. Géol., Canada, Rap. Ann., Série nouvelle, 1901, Partie F. Min. des Mines, Com. Géol, 1910, Rapport sur la rivière Winisk. Com. Géol., Rapport des Opérations, 1878-9, Partie C.

du versant de la baie d'Hudson lesquelles étant trouvées aux hautes altitudes ci-devant mentionnées ont dû être déposées avant l'exhaussement du terrain.

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