GÉOLOGIE APPLIQUÉE
Bien qu'il n'existe encore aucune industrie minière dans la région, il y a lieu d'espérer que, dès que les moyens de communication seront plus faciles, une exploration plus complète donnera lieu à des travaux de développement. Aucune partie de cette région, en somme, n'a été examinée en détail, et sa majeure partie n'a même pas reçu la visite du prospecteur. Les différentes zones du Keewatin et du Huronien décrites aux pages précédentes, d'après l'expérience acquise sur des terrains analogues dans d'autres parties du Canada, par exemple les terrains de Cobalt et de Porcupine, dans les districts de Thunder Bay et de Rainy River, et en d'autres endroits, doivent être regardées comme pouvant renfermer des formations donnant de solides espérances au point de vue des ressources minérales. Dans les roches plus récentes, les schistes bitumineux des collines Pasquia promettent assez bien, et après la découverte de gisements de ch: rbon au nord de Prince Albert, il est possible que l'on trouve des couches ayant une valeur commerciale.
Or.—Ii n'y a pas encore eu que nous sachions, de découverte d'or en quantité exploitable, mais une prospection plus complète des terrains du Keewatin peut un jour révéler sa présence. Dans l'Ontario où les terrains de même nature ont été plus soigneusement examinés, on a trouvé de l'or en quantité suffi- & ‘e pour l'exploitation et, dans plusieurs cas, on est tombé su de véritable bonanzas.
Argent.—M. Brock, dans le rapport sommaire de la Commission géologique, dit :—
“M. Wm. Ogilvy du ministère de l'intérieur m'informe que l’on a trouvé de la gallène tenant 25 onces d'argent par tonne dans tac situé au nord de Nelson House, près de la ligne de faite. les rivières Burntwood et Churchill.”
Un echantillon fut examiné par M. F. G. Wait de la division des Mines, dont voici le rapport: ‘“L'échantillon qui ne pesait
re certene ten
que huit grammes a été essayé et a donaé le résultat suivant : Or—néant,
Argent—à raison de 24 onces 10 dwts. à la tonne de 2,000 livres.”
Cuivre.—C à trouvé de la Chalcopyrite en maints endroits compris dans l'étendue de la Carte, mais elle n'existe nulle part en quantité exploitable. On l'a signalée au lac La Ronget, au lac File? et À Ja rivière Nelson! l'auteur a aussi trouvé un échantillon de cuivre gris entre les mains d'un sauvage à Pukkatawagan su: la rivière Churchill que celui-ci prétendit, probablement avec raison, avoir trouvé sur le rivage d'un petit lac au sud de la Churchill à peu de distance du côté est.4
Molybdène.—On a trouvé de temps en temps des échantillons de ” olybdénite entre les mains des sauvages, s et des agrégats arrondis et cristallisés de ce minéral furent recueillis par Tyrrell dans de l1 regmatite rouge, en un point sur le rivage du lac Little Playgreen juste en aval de l'endroit où la rivière Nelsor s'er détache.‘ Dobbs signale son existence sur la rivière Echimamish?.
Fer.—Bien que l'on n'ait pas trouvé de minerai de fer en quentité, la présence des roches qui caractérisent la partie ferrifère du Keewatin, c'est-à-dire la formation ferrugineuse, a été signalée en bien des endroits dans la région, ou a été conjecturée d'après l'affolement de la boussole, et l'on trouve assez fréquemment des cailloux de minerai de fer rubané relevant probablement du Huronien. Dans le journal de Ja Geological Society of London, 1821, il y a une description d'un certain nombre d'échantillons de roches recueillies en 1812 par Abel Edwards, médecin de l'établissement de Red River, au cours d'un voyage du lac Winnipeg à York Factory. L'un des échantillons provenant d'une île du Knee Lake est décrit comme étant du fer
! Rap. Som. Com. Géol., 1908.
? Rap. Som. Com. Géol., 1906.
? Com. Géôl., Canada, Vol. XIII, 1900, Partie F. “ Rap. Som. Com. Géol.. 1908.
*Com. Géol. Canada, Rap. Som., 1908,
# Com. Géol., Canada, Rap. Annuel, Vol. XI, 1898. ? Com. Géol., Canada, Rap. Sommaire, 1905.
oxidulé; ‘la boussole refuse de fonctionner lorsque nous traversons cette Île.'
Sir John Franklin, faisant allusion probablement au même endroit s'exprime en ces termes:
“A environ un demi mille du tournant ou coude du lac, il y a un petit ilôt rocheux composé de minerai de fer magnétique qui affecte la boussole à une distance “onsidérable. Ayant été prévenus de ce fait, nous surveillâmes soigneusement nos compas et constatâmes un affolement de l'aiguille à trois cents mètres de distance des roches, à l'arrivée et au départ: plus on s'en, rapprochait plus l'affolement se taisait sentir et une fois descendus sur l'Île les compas n'étaient plus d'aucune utilité; il paraissait évident que l'influence magnétique était complètement anéantie par l'attraction magnétique du minai. En plaçant un compas Kater près du sol sur le côté nord-ouest de l'Île, l'aiguille a plongé à un tel point qu'il était impossible de faire fonctionner le cadran même en l'ajustant avec la main; mais en reportant le même compas à environ trente mètres plus à l'ouest, l'aiguille redevenait horizontale, fonctionnait librement et pointait au Nord magnétique. La boussole d'inclinaison fut ensuite disposée sur la partie sud-ouest de l'ilôt, et ajustée aussi bien que possible avec le méridien magnétique suivant les indication de Sims et nous constatâmes alors que l'aiguille fonctionnait librement en plaçant l'instrument dans une orientation à l'est ou à l'ouest. L'inclination moyenne obtenue était de 87° 37’ 50”. En changeant l'orientation de l'instrument du N. O. au S. E. à environ vingt mètres de distance et le plaçant suivant le méridien l'aiguille cessa de fonctionner mais demeura stationnaire à un angle de 60°. En plaçant ensuite l'instrument pour donner à l'aiguille une orientation. S. E. et N. O., elle pointa de haut en bas. La position des strates schisteuses du minerai de fer magnétique est également de haut en bas. Leur direction est extrêmement irrégulière vu q'''elles sont très contournées.i
Dans un appendice du même journal par Sir John Richardson, il est dit que:
“J'ile magnétique dont il est question à la page 36 de cette description se compose de la même roche (schiste micacé) mprégné de minerai de fer magnétique, ses strates minces alternant avec les strates de ce minéral.”
Bell sign. ‘e “sur le côté sud de l'entrée du Knee Lake, des lits de magnétite finement grenue entrestratifiés avec des schistes siliceux gris et micacés orientés à peu près est et ouest.
\ Trans. Géol. Society of London, 1st Ser., Vol. V, 1821. * A journey to the Shores of the Polar Sea, in the years 1819, 20, 21, by John Franklin,
® Ibid. p. 303.
Il y a un petit ilôt dans cette passe qui se compose, de même que la rive ouest en face, de magnétite finement grenue en lits minces intercalés dans des lits de schistes de quartzite et de mica." Le Dr. Hoffmann! qui a analysé un échantillon de minerai provenant de l'île de Magnétite,! la décrit comme étant: ‘’Massive, à structure finement granuleuse, presque compacte. Lamelleuse. Couleur gris bleuâtre. Eclat terne. Donne à l'analyse: fer métallic 45.86 pour cent. Echantillon complète. ment exempt .l'acide titanique."
Le Dr. Bell signale des lits de minerai de fer magnétique à l'endroit où la rivière à la Truite se jette dans la tête du Knee Lake Cochrane parie de roches très fortement magnétiques sur une ile appelée Iron island près de la rive nord du lac des Iles.
Parlant de la zone de Keewatin qu'il 4 indiqué sur la carte le long des prolongements supérieurs de la rivière Severn, le Dr. Low dit que “Ces roches sont, en bien des endroits, magnétiques, et contiennent probablement une forte proportion de minerai de fer, disséminé à la fois en petits cristaux à travers la roche et en grosses masses amorphes,."#
Brock® signale l'existence, en divers endroits de la même zone du Keewatin, de couches ressemblant étroitement à la “formation ferrugineuse”’ du Keewatin oriental. Il n°: à donc guère de doute que dans la zone du Keewatin qui s'étend depuis le Cross Lake sur la Nelson jusqu'au Knee Lake en f sant par le lac Oxford, il y a une bande de roches de le ‘‘formation ferrugineuse”. L'essai d'un échantillon, dont il a déjà été question indique qu'il est de bonne qualité bien que pas très riche. Il semblerait qu'il y a ici une étendue de terrain qui mérite certainement d'être prospectée pour des gisements plus riches en sninerai de fer.
On trouve des couches de minerai de fer argileux dans la partie supérieure des couches Niobrara du Crétacé dans les
1! Com. Géol. Canada, Rapport des Opérations, 1878-79, H.
* Com. Géol.. Canada, Rapport des Opérations, 1877-78, CC. * Com. Géol., Canada, Rapport des Opérations 1878-79, C.
* Com. Géol. Canada, Rapport des Opérations, 1474-79, C.
# Com. Géoi., Canada, Rapport Annuel, Vol. II, Partie F.
A la page précédente.
collines Pasquia, mais la teneur en fer est probablement trop basse pour qu'elles aient une valeur commerciale. L'analyse d'un échantillon fournit!:
Fer métallique.................29-10 pour cent. Matières minerales insolubles.. 9:20 pour cent.
Sur la rive est du lac Southern Indian, on a remarqué un gros bloc, anguleux détaché de jaspe et d’hématite entrerubanés, gisant sur une surface de gneiss érodée par la glace. La nature anguleuse de ce caillou portait à croire qu'il n'avait pas été transporté très loin de son lieu d'origine, bien que les roches du Keewatin ou du Huronien ne soient pas signalées dans ces environs. On a aussi observé dans un conglomérat sur le rivage d'un petit lac à l’est du lac Reed, sur la Grass River, un bloc anguleux de jaspe semblant se rattacher à la “formation ferrugineuse.'' Les roches dont il provenait n'ont pas été localisées.
L'on est donc fondé à croire que, bien qu'il n'ait pas été trouvé de minerai de fer en quantité suffisante pour une exploitation avantageuse dans la région à l'étude, les roches de la “formation ferrugineuse”’ se présentent en maints endroits, et il y a de bonnes chances pour qu’une prospection en vue de la découverte de gisements exploitables de fer soit couronnée de succès.
Sulphures.—La présence du sulphure de fer a été signalée en divers endroits de l’une ou l'autre des zones du Keewatin; au lac La Ronge et sur la rivière Churchill, il y a des gisements dont l'importance donne de solides espérances comme sources possibles d'acide sulphurique ou de soufre.”
Charbor:. —-Des couches de lignite sur la rive sud du lac Wapawekka au nord-est de Prince Albert sont signalées dans le Rapport sommaire du ministère des Mines pour l'année 1909.
Le charbon apparaît en couches horizontales dans des sables quartzeux et des grès de l'étage Dakota du Crétacé. On aperçoit des matières charbonneuses en nombreuses trainées
1 Com. Géol. Canada, Rapport Sommaire, 1907.
? Com. Géol., Canada, Rap. Som., 1908 et 1909.
étroites dans le grès, mais il n'y a qu'une seule couche de quelqu'importance à découvert. Elle affleure le long de la paroi escarpée de sable sur trois milles et demi de distance, en suivant les berges contournées de la baie la plus méridionale du lac. Dans sa partie la plus large la couche a une puissance totale de quatre pieds un pouce, mais est séparée au milieu par une cloison sableuse de six pouces (planche XIX). Là où elle est le plus propre, à l’affleurement le plus méridional, c'est un lignite assez propre d'une puissance de deux pieds cinq pouces. En allant au nord-ouest depuis ce dernier affleurement la couche s’amincit on devient un lignite très sale ou des lits de sables fortement charbonneux. Du côté nord-est à partir du même affleurement elle semble encore s'amincir mais son prolongement devient masqué dans cette direction par des éboulis provenant du front de la falaise.
Une analyse immédiate par carbonisation rapide d’un échantillon de ce lignite faite par F. G. Wait, de la division des mines du ministère des Mines a donné les résultats suivants:
RO EE RE à: à pour cent.
Matières combustibles volatiles. 30-97 Le Carbone fixe. ................ 34-80 :
Céndresi NE Dr 23-00 & 100:00 Coke non cohérent... ..... .... 57-80 pour cent. Indice de combustible... . AMI 13 ci Indice de mat. vol. div...... 1:88 €
Couleur des cendres, orangé clair.
M. Wait a fait l'analyse d’un autre échantillon reçu en 1907, provenant ‘d'une région non explorée au nord-ouest du lac Cumberland, en Saskatchewan”. L'échantillon vient probablement de la même couche ou d'une couche gisant dans le même grès du Crétacé autre part dans les environs. Son analyse a fourni les résultats suivants:
DR ee LI pour cent.
Matières combustibles volatiles. 28-97 .
Carbone fixe: nn ne 24-80 #
CCR RTE 23-00 eo Coke, non cohérent.............. 57:78 e Indice de combustible. ...........1: 1-19 Le Indice de mat. vol. div........... 1-76 ;
On peut voir d’après ces analyses que le charbon e:t ur lignite d’assez bonne qualité, puisqu'il est probable que sa forte teneur en cendres est due en grande partie au sable qu'il ren ferme.
Le fait que la partie la plus propre du charbon est à l'af. fleurement le plus méridional dans l’anse de la baie, donne à croire qu’il continue peut être à s'améliorer en allant vers le suc et que, au sud du la où, par suite de l'attitude horizontale des couches et du dé:aut de rocs escarpés, il n'existe pas d'af fleurements, il peut se trouver du charbon de meilleure qualité
Des prospecteurs ont trouvé du charbon probablement de la même couche ou d’une autre semblable, à différents endroit: sur les lacs situés à la source de la rivière Bowtree, au sud du lac LaRonge.
Sur la rivière Athabasca des couches de lignite de deux pieds de puissance ont été signalées dans les sables bitumineux qui, de même que les couches à l'étude, sont rattachés à l’époque Da: kota.!
L'étage carbonifère du Dakota a par conséquent, une ré. partition très étendue, bien que les couches n’appartiennent à aucune des «ivisions du Crétacé qui ont été reconnues comme étages carbonifères importants.
Schistes pétrolifères.—Il y a une énorme puissance de schistes de l’époque Niobrara, exposés sur la rivière aux Carottes et sut les versants nord et est des collines Pasquia qui sont pétrolifères. Les couches ont une puissance d'au delà de 150 pieds et gisent à peu près horizontalement, de sorte que très probablement elles supportent la colline dans toute son étendue. L'analyse d’un échantillon de ce schiste prélevé au hasard a été faite par M. Leverin de la division des mines du ministère des Mines, et a fourni le résultat suivant:
Sulfate d'ammoniaque....... 22:5 liv. par tonne. Huile brutes ce. 1. 7-0 gal. imp. par tonne.
1 Com. Géol., Canada, Vol. V, Partie D.
n et un » sa forte qu'il ren-
st à l’afdonne à rs le sud rizontale pas d’afqualité.
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et gisent 1blement analyse faite par Aines, et
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PLaxcue
Mclnnes, 1909.
Photo pur W.
. la main appuyée sur
au pied de la couche
gite, au lac Wapawekka, Saskatchewan (M. Firth est debout
Couche de li
son sommet).
La valeur d'une tonne de schiste par conséquent serait d'environ $0.85.
Pour des fins de comparaison, nous donnons ci-après les valeurs en huile et en ammoniaque de schistes d’une autre provenance.
Un essai d'échantillons de schistes pétrolifères du Nouveau-Brunswick constituant un poids d'ensemble de 36 tonnes 15 cwts., fait par la Pumpherston Oil Company en Ecosse, a donné:
Sulfate d'ammoniaque. ...... 76-94 liv. par tonne. Huile brute.......,.........40.09 gal. imp. par tonne
Cela équivaut à une valeur apnroximative de $3.50 par tonne de schiste.
Une autre série d'analyses faites par M. Leverin de la division des mines de bandes de schiste provenant du voisinage des mines Albert, du Nouveau-Brunswick ont donné en moyenne:
Sulfate d'ammoniaque....... 68-9 liv. par tonne. Hullebrute 0. 43-3 gal. imp. par tonne.
Le Dr. Ells,! au cours du rapport dont nous extrayons les deux analyses précédentes, dit: ‘D'une façon générale en Ecosse, le coût de l'extraction et de la distillation du schiste, bien qu° variant considérablement en raison du plus ou moins de commodités locales, est d'environ $1.86 par tonne, réparti de la façon suivante:
Extraction et transport jusqu'aux re- TONER ne venir en de De $ 1.00
Fabrication du sulphate d’ammoniaque 46
L'on pourra voir par les chiffres précédents que l'échantillon analysé ne donne pas, pour les schistes des collines Pasquia une teneur suffisante pour motiver l'exploitation. Il faut dire
! Min. des Mines, Rapport sur les sc istes bitumineux ou pétrolifères des Nouveau-Bruns wick et de la Nouvelle-Ecosse.
cependant que cet échantillon a été prélevé sans égard à sa richesse comme spécimen de schiste pétrolifère, et que, dans les 150 pieds ou plus de schiste supportant les collines il peut très bien y avoir des couches beaucoup plus riches en pétrole et en sulfate d'ammoniaque.
Disons en passant qu'au Manitoba, les schistes de la partie supérieure du Niobrara qui sont éminemment calcarifères sont utilisés pour la fabrication du ciment.
Mica.—Des cristaux de mica de neuf pouces de diamètre ont été remarqués dans une veine de pegmatite! sur le Cross Lake, mais il n'a pas été trouvé dans la région, de mica dans des conditions voulues pour donner des espérances au point de vue d'une valeur commeriiale.
Sel.-—Vers la base des collines Pasquia, juste au nord de la lisière de l’escarpement du Crétacé, il y a de nombreuses sources salées dont le sel provient probablement du calcaire silurien sous-jacent. L'une de ces sources située sur la rive gauche de la rivière aux Carottes, à environ vingt mètres du rivage est connue des sauvages depuis longtemps et ceux-ci l'exploitent pour la fabrication du sel par évaporation.
Henry raconte qu'en remontant la Saskatchewan en 1808, il trouva à l'entrée de la rivière aux Carottes un homme campé dans une tente qui était resté une partie de l'été sur cette rivière où il avait trouvé plusieurs sources salées, et avait fabriqué une quantité considérable de sel qu'il avait emporté pour vendre à nos hommes pour ieur voyage dans les terres où l'on ne trouve pas ce produit? L'eau dans la source ci-devant mentionnée est légèrement laiteuse d'aspect, fortement salée au goût, et dégage une odeur d'hydrogène sulphuré très caractérisée.
M. Wait qui a examiné un échantillon de cette eau dit:
“Telle que nous l'avons reçue, cette eau—il y en avait environ une pinte—contenait en suspension une petite quantité de matière organique floconeuse d'un blanc brunâtre, facile à faire disparaître par filtration. Une fois filtrée, l'eau était claire, limpide et incolore, Au goût elle était très selée. Elle
1 Com. Géol., Canada, Vol. IX, Partie A.
? The Manuscript Journal of Alexander Henry and of Davis Thompson, 1797-1814, Edited by Elliot Cones, 1897,
ne dégageait aucune odeur particulière et sa réaction était neutre avant et après concentration. Sa densité À IRELEON ES était de 1-024, celle de l'eau pure étant de 1:000. L'ensemble de la matière saline en dissolution desséchée à 180°C. en 1,000 parties par le poids de l'eau filtrée consistait en 28-14 parts, ce qui équivaut à 2017-07 grains par gallon impérial. L'analyse qualitative a démontré la présence des éléments suivants :—
Potasse très petite quantité.
Soude grande quantité.
Protoxyde de fer traces.
Chaux s petite quantité.
Magnésie.…, : ... petite quantité.
Anhydride sulfurique : assez petite quantité Anhydride carbonique petite quantité.
Chlore.. grande quantité.
Silice. à . .-très petite quantité.
Matière organique : pas trouvée.
Cette eau quand elle a bouilli donne un petit précipité consistant principalement en carbonate de calcium avec un peu de carbonate de magnésium et des traces de carbonate ferreux."
“La quantité était trop petite pour nous permettre d'y rechercher du brome, de l'iode, du baryte ou de la strontiané ou de l'acide borique."
Le principal élément salin de cette eau est le chlorure de sodium. L'analyse immédiate du chlore démontre que cent parties de l'eau mesurée au poids contient 15:465 parties de cet élément: et cette quantité équivaut à 25-48 parties de chlorure de sodium.”
Des sources analogues ont été exploitées dans le Manitoba pour la fabrication du sel. Cette source est un peu moins riche en sel que la plupart de celles du Manitoba mais plus riche qu'un certai ombres de celles-ci.
Ambre (Rétinite, Chémawinite).—L'on a trouvé une espèce d'ambre ou de rétinite mêlée au sable dans des bancs près de l'entrée du lac Cedar, sur la Saskatchewan! Tyrrell qui a visité cette localité en 1891, en a trouvé des morceaux de la grosseur d’un œuf de grive et des parcelles plus petites mêlés au sable de la plage et à des bouts de bois en pourriture. Dans
? Com. Géol., Canada, Rapport Annuel Vol. V, Partie E.
certaines parties de l'une des plages, sur une longueur d'un peu moins d'un mille, cet ambre constitue dix pour cent, suivant le volume, des matières de la plage.
B. F. Harrington en donne la description! en ces termes: “Cette substance était en morceaux pour la majeure partie de formes très irrégulières, les uns plus ou moins anguleux et les autres aplatis, discoïdes ou lenticulaires. Quelques uns des morceaux étaient plus petits qu'un pois mais leur grosseur variait entre celle d'un pois et celle d'un haricot (environ deux centimètres de longueur). Leur couleur oscillait entre le jaune clair et le brun foncé. . . . . . Quelques uns des plus gros morceaux de rétinite de Cedar Lake pourraient peut-être servir à des fins d'ornementation (colliers, chapelets etc.), et la substance serait peut être utile aux fabricants de vernis.
il n'y a guère de doute que cette matière ne provienne de l un des lignites du Crétacé ou du Tertiaire qui se présentent sur la Saskatchewan.”
Sable de verriers—Le sable quartzeux qui semble bien s'adapter à la fabrication du verre, constitue une partie importante des couches du Crétacé au nord-est de Prince Albert. Là où ils affleurent sur les rives du lac Wapawekka, elles se composent de grès et de sable blanc en stratification horizontale peu serrée, à découvert dans des hautes falaises escarpées. Les grains de quartz sont plus ou moins anguleux et de grosseur assez uniforme; il y en a environ 93 pour cent qui passent à travers un tamis de 60 mailles. Un échantillon détaché du front de l’escarpement et analysé par M. Leverin a donné les résultats suivants :—
SOUS ICE) me 98-60 pour cent.
Fe 0? (Oxyde de fer) Al20* CAlRnINE) er cree 1-20 è Autres IMDUrELES. ...........:. 0:20 É 100-00 Ce
Les falaises de sable ont de 30 à 40 pieds de hauteur en face du lac et sont tellement peu consistantes que l’on peut facile-
‘American Journal of Science, Vol. XLII, Oct., 1891.
ment extraire le sable par les méthodes hydrauliques. Ainsi qu'on le verra par l'analyse ci-dessus d'un échantillon non lavé, ce sable deviendrait très pur si on en faisait le lavage.
Chaux.—N y a des calcaires se prêtant bien à la fabrication de la chaux en grande quantité le long d'une large zone, immédiatement au nord de la Saskatchewan. Ce sont les calcaires magnésiens du Paléozoïque qui forment une large zone entre l'escarpement du Crétacé et le Précambrien excepté là où, dans la partie ouest de la région de la carte, les couches crétacées gisent immédiatement sur le Précambrien. Dans cet’ partie de la région il y a une bande de calcaire cristallin dans le Précambrien à l'extrémité nord du lac La Ronge qui est tout à fait propre à la fabrication de la chaux.
Dans la partie nord de la région les terrains du bassin paléozoïque de la baie d'Hudson se composent principilement de calcaires.
Argile—Une bonne partie des argiles lacustres de cette contrée feraient peut être d'excellentes briques rouges. Les argiles d'une zone de terrain orientée à l’est depuis les lacs Cormorant et Reed, et s'étendant jusqu'à la Grass River, semblent s'adapter particulièrement bien à cet usage. Il y a une terre à pipe sur le lac Wapawekka qui ferait probablement un bon matériel pour l'argile réfractaire.
Des échantillons de ces argiles furent soumis à des essais de laboratoire par M. J. Keele lequel en a donné le rapport suivant, montrant qu'elles peuvent très bien servir à la fabrication de la brique ordinaire: