LA COMTESSE, LÉONIE
I>A COMT., à Léonie. Oui, oui, tu peux partager maintenant ma sécurité et ma joie... {Voyant qii^elle se détourne \o pour essuyer ses yeux.) Eh! mon Dieu! d'où viennent tes larmes ?
LÉONIE. Je ne pleure pas, ma tante, je ne pleure plus... {Sanglotant.) Je suis heureuse... il est sauvé!... mais en même temps, je suis au désespoir... car tout-à-l'heure, quand 15 il est revenu si imprudemment... quand je l'ai caché dans ce cabinet, où je tremblais pour \m... {Fleurant toujours.) il m'a dit...
La COMT., vivement. Quoi donc?
LÉONIE, de même. Est-ce que je sais? est-ce que je puis 20 me rappeler? Tout ce que j'ai compris... c'est que tout était fini pour moi !
La COMT., à part avec tristesse. J'entends.
LÉONIE. Que nous ne pouvions jamais être l'un à l'autre... 25 La COMT., de même et à part. C'est juste!... il fallait bien le lui dire!... {Frejiant la main de Léonie i) Pauvre enfant!... et tu lui en veux... tu le détestes?
LÉONIE. Oh ! non !...mais j'en mourrai !
La COMT., cherchant à la consoler. Léonie... Léonie... il 30 faut de la raison !... car si, par exemple... il était lié à une autre personne...
LÉONIE, vivement. Justement!... c'est ce qu'il m'a dit! lié à jamais !
La COMT., viveme7it. Et il t'a nommé cette personne ? 35 LÉONIE. Non !... il ne l'a jamais voulu ! mais vous, ma tante, est-ce que vous la connaissez ?
La COMT, Je crois que oui !