ACTE III. SCENE XVL
MoNTR. Monsieur Henri de Flavigneul... au nom du roi et de la loi, je vous déclare...
La comt., s'ava?!çant et riant. Je vous déclare libre et gracié...
Tous. Comment ? S
La comt., gaiement. Eh! sans doute! ne voyez-vous pas que monsieur de Montrichard veut prendre sa revanche, et qu'il joue là une scène de terreur à mon usage.
LÉONIE. Il serait vrai !
La comt., prenant un papier des mains de Montrichard. 10 Tenez!... lisez!... Ordonnance d'amnistie...
MoNTR. Maudite femme ! On ne peut pas plus la tromper en bien qu'en mal.
LÉONIE, à la Comtesse. Et maintenant, tous trois réunis ! 15
La comt. Oui, ma fille!... mais plus tard... car aujourd'hui je dois partir !
LÉONIE. Partir !
De Grignon, Vous partez? eh bien ! je pars aussi ! Oh ! vous avez beau dire : je pars ! je vous suis ! Rien ne m'ar- 20 rète ! je vous suis jusqu'au bout du monde ! et, chemin faisant, j'accomplirai devant vous de si belles choses, que vous finirez par vous dire : Voilà un pauvre garçon dont j'ai fait un héros... faisons-en un homme heureux !...
La comt. Ne parlons pas de cela !... {Passant pris de 25 Montrichard.) Eh bien ! baron ?
Montr. J'ai perdu... madame la comtesse. Je suis vaincu.
La comt., avec émotion. Vous n'êtes pas le seul ! {Affectant la gaieté.) Que voulez-vous, baron ? pour gagner, il ne 30 suffit pas de bien jouer !
Montr. Il faut avoir pour soi les as et les rois.
La comt., à part, regardant Henri. Le roi surtout !... dans les batailles de dames 1