DÉBARQUEMENT
La 1" division de l'armée étant embarquée sur les vaisseaux de combat, ou de la 1" ligne, la 2* sur les vaisseaux -transports de la 2* ligne, la 3* sur les vaisseaux -transports de la 3* ligne, et la 4* sur des frégates et corvettes non pourvues du matériel d'artillerie ; c'est déjà un élément d'ordre avantageux pour le débarquement des troupes. En outre, un pavillon carre rouge est affecté à la 1" division ; un pavillon blanc à la seconde ; un pavillon bleu à la troisième. Les canots chefs de groupe des embarcations et chalands devront donc planter sur leur étrave le pavillon de Tune de ces trois couleurs, suivant la division qu'ils conduiront à terre. Sur la plage elle-même, trois pavillons semblables seront plantés aux points désignés par des officiers généraux pour servir de points de. ralliement aux canots et chalands portant des troupes de leurs divisions. La première brigade sera débarquée dans le sud de ce pavillon, la seconde dans le nord. Chaque bâtiment devra donc faire confectionner un ou deux jeux de ces trois sortes de pavillons pour servir à ses embarcations.
Gomme il y a un certain nombre de bouches à feu à mettre à terre en même temps que ces troupes, et aussi des chevaux appartenant aux officiers généraux et supérieurs débarqués, on a dû remarquer que les frégates et corvettes à vapeur, chargées de celte artillerie ou de ces chevaux, ont été mouillées dans le voisinage des vaisseaux, tant pour recevoir d'eux le chaland, où ils devront embarquer le
matériel d'artillerie, que pour leur envoyer leurs canots-tambours remorqués par leurs propres embarcations, et dans lesquels on devra embarquer autant de troupes que possible,
Cela posé, les cbalands et les canots de la flotte une fois mis à la mer, voici comment s'opérera le débarquement, auquel devront coopérer tontes les embarcations, sauf les chaloupes des quatre vaisseaux à trois ponts de l'escadre française. Ces dernières, armées en guerre et pourvues de fusées à la congrève avec affûts de bord comme de terre, auront mission de coopérer à la protection du débarquement ; elles seront remplacées dans le remorquage des cbalands par une autre embarcation des vaisseaux à trois ponts, afin que ces dernières restent au nombre de six. De ces six embarcations Ton fera deux parts : trois d'entre elles prendront à la remorque le premier chaland qui en sera débarqué, et, sans y embarquer un seul soldat, le conduiront à la frégate à vapeur la plus voisine mouillée dans le sud du vaisseau, pour qu'on y embarque immédiatement le personnel , le matériel et tous les chevaux d'artillerie qu'il est susceptible de contenir. Ces embarcations reviendront ensuite à bord de leur vaisseau pour s'y charger de troupes, après quoi elles retourneront à ladite frégate à vapeur afin d'y prendre à la remorque et de conduire à terre leur chaland, qu'on aura dû charger d'artillerie autaot que possible. C'est ainsi qu'on opérera pour les vaisseaux-transports; quant aux vaisseaux de combat, ils seront tous chargés de troupes de leur vais* seau au premier voyage.
Tous les cbalands d'artillerie seront dirigés vers le milieu de la plage de débarquement.
Les vaisseaux-transports dont les cbalands recevront aussi, au premier voyage, l'un des troupes, l'autre de l'artillerie, seront ; Vlèna, le Marengo, le Bayard et le Jupikr (ce dernier débarquera d'abord ses troupes de la lre division). Deux autres vaisseauxtransports, le Valmy et le Friedland, débarqueront des troupes dans un chaland, et les trente chevaux du général de la division dont ils sont porteurs dans l'autre ; il leur sera indiqué où se trouvent ces chevaux. Les deux chalands des vaisseaux -transports la Ville-de Marseille et V Alger embarqueront exclusivement de l'artillerie, toujours remorqués par leurs canots chargés de troupes. Quant au neuvième vaisseau- transport le Suffren, un de ses chalands débar-* quera les chevaux du général de la première division, lesquels lui seront indiqués, et l'autre chaland, de l'artillerie.
Les chalands chargés de troupes seront conduits directement à la plage par les trois canots restants, formant la deuxième part, lesquels seront chargés eux-mêmes de troupes ; le canot, chef de ces groupes, portera le pavillon de la division à laquelle ces groupes ap-
partiennent, el qui sera celui planté à terre, vers lequel il se diri* géra.
te premier voyage amènera donc aiosi à la plage :
Vaisseaux de combat.
i6 canots qui portent. 175 hommes.
3 chalands 270 id. à 135 l'un.
2 canots-tambours e(
leurs remorqueurs. 220 id.
Total 665
Deui 3 ponts 1,330L
16 canots qui portent. 240 hommes, s chalands 270 id.
2 canots-tambours et leurs remorqueurs. 220 id.
Total 750
Quatre 2 ponts 9,920 *
Total général des troupes débarquées par les 6 vaisseaux de combats 4,250 t
Vaisseaux de transports.
16 canots qui portent. 175 hommes.
I chaland 135 id.
2 canot s- tambours et
leurs remorqueurs. 220 id.
Total 530
Deux 3 ponts, 1 060k
16 canots qui portent. 240 hommes.
1 chaland 135 id.
2 canots-tambours et leurs remorqueurs. 220 id.
Total 595
Quatre 2 ponts 2,380k
Trois 2 ponts n'ayant pas de chalands chargés de troupes au 1er voyage l.BSO1»
Total général des troupes débarquées des 9 vaisseaux de
transport • 4,820 h
Ajoutant le nombre 4,250 h débarqués par les vaisseaux de combat. 4,250 *»
On arrive au chiffre de 9,0 7 oh débarqués .dans le 1*' voyage. . . . 9,07oh Plus 9 bouches à feu et les chevaux des généraux des trois l"* divisions.
En outre, les embarcations de la Pomone, (a Tisiphone > VEu-
ménide, la Mégère, le Dauphin et la Mouette, b&timeuts chargés de troupes de la 1" division, se réuniront toutes pour débarquer d'abord les 500 hommes de la Pomone, et successivement les troupes des autres corvettes ou avisos dans Tordre ci-dessus.
L'effectif total des troupes débarquées dans le premier voyage sera donc de 9570 hommes, soit toute la lrc division, à quelques hommes près, et une partie de la 2e et de la 3e. Tous les chalands et canots porteurs de ces troupes, après s'être formés en ligne en avant des vaisseaux de combat, nageront vers la plage, une fois le pavillon damier (pavillon de repos et de rendez- vous) hissé en tétc du grand mât du vaisseau amiral, signal qui sera répété par toute l'escadre.
Ce premier voyage effectué, tous les moyens de transport de la lrc ligne devront se diriger vers la 2e pour activer le débarquement de la 2* division, sauf un chaland par vaisseau de cette lrc ligne, lequel sera employé au débarquement de l'artillerie, le long d'une des frégates portant le trapèze 2 (Voir le paragraphe des pavillons indicateurs).
Pendant ce temps, si les vaisseaux turcs ont débarqué leurs canots et chalands, ils auront dû les conduire aux vaisseaux de la 3* division pour en accélérer également la mise à terre. À ce deuxième voyage, la moitié des chalands des vaisseaux des 2e et 3e lignes devront, comme la moitié de ceux de la 1r% être employés au débarquement de l'artillerie; c'est donc quinze autres bouches à feu qui seront ainsi débarquées et conduites à la plage.
Quant au nombre des hommes mis de nouveau à terre, il sera encore de 9,000 hommes environ, et supérieur môme à ce chiffre, si les embarcations turques opèrent activement.
Au troisième voyage, les embarcations et chalands devront continuer à opérer de la même manière pour achever, en se guidant d'après les positions des trapèzes, le débarquement du restant des troupes des 3 premières divisions et commencer celui de la 4e. L'artillerie continuera toujours à être mise à terre par la moitié des chalands des vaisseaux, lesquels chalands seront conduits par des em barcations toujours remplies de troupes. Le vaisseau le Bayard aura alors mission de faire débarquer, du Caffarelli, dans un de ses chalands, les trente chevaux du général de la 4e division, laquelle sera débarquée à son tour dès que les 3 premières seront mises à terre. C'est peut-être aussi le moment où les chevaux du maréchal (Berlholet) âevronl être mis à terre par les deux chalands de la Villede- Paris; s'ils doivent l'être plus tôt, on le fera savoir aux officiers conduisant ces chalands à la remorque. Ceux de l'état-major général (Rolland) seront débarqués par les soins du Napoléon. Il est probable qu'il sera signalé aux avisos à vapeur d'actionner
les voyages des Chalands du bord à terre, en les conduisant il la remorque aussi près de la plage que le leur permettra leur tirant d'eau (art. Ii2l de la tactique).
Si toutes les mesures prescrites s'exécutent avec ordre et intelligence, une trentaine de mille hommes pourront, par un beau temps, être mis à terre ainsi qu'une quarantaine de bouches à feu, depuis le lever jusqu'au coucher du soleil.
Quant au déchargement des bâtiments de transport ou du convoi, il s'effectuera d'après des ordres donnés soit verbalement, soit par écrit, à l'escadre; mais dès le début, le commandant de ce convoi devra employer toutes les embarcations de navires qui le composent à débarquer d'abord les cacolets d'ambulance, puis du matériel du génie et de l'administration des vivres, et si l'on veut éviter la confusion, les troupes des vaisseaux turcs ne pourront guère être mises à terre que le lendemain.
Le commandement de la plage appartiendra au capitaine de vaisseau chef du convoi, qui sera secondé dans ce service par les lieutenants de vaisseaux et le détachement d'artillerie placés sous ses ordres.
Les officiers chefs de groupes des remorques devront s'assurer que toutes leurs embarcations sont bien munies d'amarres, sabayes, grappins et planches, et que le chaland de leur vaisseau, conduit par quatre hommes d'élite, est également muni de ses grappins et avirons de gouverne. Si la mer est houleuse, ils ne devront échouer chalands et canots qu'après avoir d'abord mouillé leurs grappins pour les maintenir debout à la plage.