‹ Batailles de terre et de merChapitre 34 sur 99 · PAVILLONS INDICATEURS BT SURVEILLANCE DU DÉBARQUEMENT · texte numérisé non relu

PAVILLONS INDICATEURS BT SURVEILLANCE DU DÉBARQUEMENT

On a vu que le pavillon rouge indiquait la présence de la lre division, soit dans les canots, soit à terre; le pavillon blanc celle de la 2e} le pavillon bleu celle de la 3*.

Le trapèze 1 sera hissé en tête du mât de misaine sur les bâtiments de guerre à voiles ou à vapeur chargés de troupes.

Le trapèze 2 sur ceux chargés d'artillerie.

A hauteur du mât, ces trapèzes indiqueront que le débarquement nu déchargement n'est point encore commencé; à la hauteur des barres de perroquet, qu'il est au tiers entamé ; à la hauteur des hunes, qu'il l'est aux deux tiers; amené tout à fait, qu'il est

terminé.

Les bâtiments de transport de l'État porteront le pavillon jaune en tète du mât de misaine pour indiquer également que leur déchargement n'est pas commencé; l'amèneront à la hauteur des barres de

perroquet pour indiquer qu'il est au tiers ; et ramèneront tout à fait s'il est terminé.

Quant aux bâtiments de commerce , ils arboreront leur pavillon national en tële du mât pour indiquer qu'ils ont encore tout à bord ; à mi-mât pour indiquer que leur déchargement est commencé; a la corne pour indiquer qu'il est fini.

Ceux de ces bâtiments chargés de fourrages et de chevaux porteront leur pavillon national au grand mât, ceux chargés de vivres, approvisionnements et matériel d'ambulance, au mât de misaine.

Si les vaisseaux de combat sont engagés avec l'ennemi, ils devront rapidement se débarrasser de leurs chalands, et les opérations de débarquement et déchargement seront alors spécialement dirigées par M. le contre- amiral de l'escadre des vaisseaux-transports. Daos le cas contraire, tous les officiers généraux et leurs états* majors veilleront à l'exécution du présent ordre.

P. 0. Le contre-amiral, chef d'état-major général de l'escadre de la mer Noire,

Signé : Comte Bouet-Willàcmez. Baltchitk, le 28 août 1854.

Journal tenu sur la dunette de la Ville-de-Paris par M. le lieutenant de vaisseau Garnault, premier aide de camp de M. le commandant en chef de Vescadre de la Mer Noire. — (Extrait du Moniteur du 30 sept. 1854.)

« Toute la journée oji 13 septembre a été employée tant âla réunion de tous les navires du convoi sur la rade d'Eupatoria qu'à donner les derniers ordres destinés à assurer l'exécution prompte et rapide du débarquement de l'armée. Quelques heures avant la nuit, le contre-amiral Bouët - Willaumez, et les généraux Canrobert et Marimprey se sont rendus sur le Primauguet et la Mouette pour faire une dernière reconnaissance devant le littoral où doit s'effectuer la descente et pour indiquer à ces deux navires à vapeur, chargés d'y mouiller des bouées, la position exacte que doivent occuper les colonnes de notre escadre. La nuit est très-belle et se prête merveilleusement à la mission de ces deux navires à vapeur. Aussi , dès deux heures et demie du matin , l'amiral fait-il lancer deux fusées pour indiquer à l'amiral Dundas qu'il va. appareiller. Ce signal de convention est immédiatement suivi de l'ordre d'appareiller donné a toute l'escadre, et, peu de temps après , vaisseaux et frégates à vapeur , attelés les uns aux autres, partent dans le plus grand ordre, se diri-

géant vers la plage du débarquement et laissant sur la rade d'Eupatoria tous les navires du convoi qui ne doivent nous rallier que dans la journée.

« La Vitle-de*Pari$, remorquée par le Napoléon, prend la tète, Suivie par tous les autres vaisseaux et entourée de l'Ajaceio, du BerthollM et du Dauphin, prêts à porter sur tous les points de la ligne les ordres de l'amiral. Le Primauguet, le Caton et la Mouette ont pris les devants, avec la mission de placer, à petite distance de la plage de débarquement, des bouées de couleur différente destinées à indiquer par leur alignement le mouillage de nos trois colonnes, que le Primauguet a déterminé dans l'excursion de la veille. L'escadre anglaise, sous le vent de notre ligne, se dirige à la voile vers ia baie de Katcha, où l'amiral Dundas doit faire une fausse attaque dans le but de détourner l'attention de l'ennemi. A côté de notre escadre se développe le convoi anglais précédé par les vaisseaux à vapeur l'Agamemnon et le Sam- Pareil.

« Lorsque le jour se fait, ces longues files de navires de toutes grandeurs, se dirigeant en silence, offrent un spectacle des plus imposants : officiers, soldais et matelots ont les yeux tournés vers le rivage.

« A sept heures du matin, l'amiral Hamelin signale aux vaisseaux que l'escadre mouillera suivant le plan convenu, et, à sept heures dix minutes, la Ville-de- Paris, larguaut ses remorques, laisse tomber l'ancre au poste assigné devant la plage. Les chaloupes et canots sont immédiatement mis à la mer; les chalands, débarqués depuis la veille et que chaque vaisseau a conduits à la remorque, sont accostés le long du bord, et, à sept heures quarante minutes, au signal de l'amiral commandant en chef, l'embarquement des troupes de la 1" divisiou commence à bord de tous les navires sur lesquels celte division a été répartie.

« Quoique aucun mouvement ne se fasse du côté de terre et qu'aucune troupe ennemie ne paraisse sur la plage, les chaloupes des quatre vaisseaux à trois ponts, chaloupes armées en guerre et approvisionnées de fusées à la Congrève, sont dirigées vers la terre dès que l'ancre a touché le fond. Deux d'entre elles prennent poste à l'angle nord de la plage, les deux autres à l'angle sud ; leurs feux ee croiseront avec ceux du Descartes, du Primauguet et du Caton, auxquels le chef d'état-major de l'escadre hèle d'aller, d'après les ordres de l'amiral, s'embosser aussi près de terre que le permet leur tirant d'eau, et de manière surtout à balayer de leurs obus la falaise du sud, par où l'ennemi pourrait se présenter. La position de ces navires leur permet ainsi de prendre en écharpe l'artillerie ennemie qui voudrait 6'opposer à notre opération. Notre débarquement est dès

lors assuré; les vigies placées au haut des mâts ne signalent aucun mouvement de troupes ennemies*

« A huit heures dix minutes, l'ordre de commencer la mise à terre est donné, et les chalands, conduit par les embarcations, poussent vers la plage ; chacun rivalise d'ardeur pour arriver au but le premier. L'Âjaccio, le Dauphin et la Mouette remorquent des chalands et embarcations chargés de nos soldats ; une baleinière de la la Ville-de-Paris conduit au rivage le contre-amiral Bouët-Willaumez et le général Canrobert, tandis que le capitaine de vaisseau Anne-Duporlal, commandant la plage, s'y rend de son côté. A huit heures trente minutes, le pavillon français, emprunté à uu de nos canots, flotte sur la terre de Grimée, et l'on voit bientôt se dresser les guidons destinés à indiquer aux différentes divisions l'emplacement où elles doivent se former. Le détachement d'infanterie de la Ville-de-Pariê et celui des fuséens-marins et artilleurs de la marine prennent position sur la falaise du sud sous le commandement du capitaine de frégate de la Ville-de~ Paris.

« A neuf heures vingt minutes, nos troupes débarquent en masse et toutes à la fois ; elles sont presque aussitôt formées que débarquées. La lre division tout entière est bientôt sur le sol ennemi ; elle est presque immédiatement accompagnée de toute son artillerie que les corvettes à vapeur le Plulon et V Infernal ont débarquée dans des chalands désignés d'avance et qui arrivent en même temps qu'elle à la plage. A peine les chalands ont-ils mis leurs soldats à terre qu'ils retournent à bord des vaisseaux, à la remorque de nos avisos à \apeur et de deux de nos corvettes à vapeur, le Roland et le Lavoisier. La 2e division, la 3e division, l'artillerie et le génie, tout se succède à terre sans interruption. Le débarquement se fait avec une célérité prodigieuse et presque mathématiquement , comme l'avait prescrit l'ordre n° 336.

« Pas un accident ne vient troubler ou interrompre une opération dont nos marins comprennent toute l'importance. A dix heures, les troupes anglaises touchent terre; bientôt nous avons un si grand nombre de soldats sur la plage et sur la falaise, qu'il n'est plus à supposer que l'ennemi puisse chercher à inquiéter notre débarquement. Aussi l'amiral commandant en chef rappelle- t-il le Calon et lui donne la mission de faire mouiller, entre la terre et les vaisseaux, tous les navires du convoi qui ont quitté le mouillage d'Eupatoria à la voile et qui rallient l'escadre en grand nombre.

« Il est midi : les vaisseaux turcs, mouillés depuis une heure, coopèrent au débarquement de nos soldats, et il en reste un si petit nombre à bord de nos vaisseaux, que l'amiral donne l'ordre de ne plus, employer les chalands qu'au débarquement des chevaux et de

l'artillerie. Le chef d'état-major vient annoncer que, à peu d'hommes près, les trois divisions sont débarquées, ainsi que 18 bouches à feu accompagnées de tout leur matériel. Le maréchal, sur la dunette du vaisseau la Vitle-de- Paris, suit avec une satisfaction bien marquée les opérations qui s'accomplissent.

Il voit son armée grossir, se former, se mettre en marche, et il se prépare alors à descendre lui-même à terre pour se mettre à sa tête. On continue le déchargement des frégates à vapeur : le complément de l'artillerie, les chevaux des états-majors et ceux d'un escadron de spahis sont débarqués.

« Le calme a succédé à la petite brise de nord de la matinée, e| l'escadre anglaise, après s'être dirigée un instant vers la Katcha, vient mouiller auprès de son convoi. La diversion projetée de ce côté est faite par cinq de nos bâtiments à vapeur et trois navires à vapeur anglais. On les voit s'approcher de la côte et l'on entend le bruit de leurs canons. Il est deux heures, et le maréchal, impatient de se trouver sur la plage, quitte le vaisseau la Ville-de- Paris. Le temps se couvre dans le sud ; nos vaisseaux ont entièrement débarqué toutes leurs troupes. L'amiral, en prévision du mauvais temps, donne l'ordre aux vaisseaux les plus rapprochés du rivage de venir mouiller plus au large. Le Caton et te Roland les remorquent successivement, et à quatre heures ils mouillent eux-mêmes dans te sud de notre escadre pour parer aux brûlots. A la nuit, le vent fraîchit de l'ouest, et la houle commence à se faire sentir : la mer grossit à la plage, et le débarquement de l'artillerie et des chevaux devient dangereux. L'ordre est donné de suspendre le débarquement; mais déjà l'escadre a mis à terre les trois divisions d'infanterie au complet, munies de quatre jours de vivres, leurs bagages et leurs chevaux, les compagnies du génie et tout leur outillage, plus de 50 pièces d'artillerie accompagnées de tout leur matériel, les chevaux des spahis, les chevaux du maréchal et de son état-major. Si la 4' division n'a pas été également débarquée le jour même, c'est qu'elle se trouve à bord des navires à vapeur chargés de faire une diversion dans la baie de la Katcha. Ces bâtiments ne rallient l'escadre qu'à la nuit close; ils ont opéré un simulacre de débarquement et canonné l'ennemi qui s'est présenté sur la falaise. Demain cette division sera mise à terre, ainsi que l'infanterie turque et ce qui est encore resté de matériel d'artillerie à bord de nos frégates a vapeur.

« Pour copie conforme au journal de M. le lieutenant de vaisseau Garnaull.

c Le contre-amiral chef d'état-major de l'escadre de la mer Noire ,

« Comte E. Boi^t-Willaumez. »

— ïl\ —

Ordre «• 374, relatif à l'attaque des farts et batteries lie Sébâs-

topol par les escadres alliées.

Les vice-amiraux commandant en cbef les escadres alliées ayant arrêté que l'attaque des batteries de mer de Sébastopol serait combinée avec celle des batteries de siège établies contre cette place, les dispositions suivantes sont portées à la connaissance de l'escadre afin qu'elle puisse les mettre à exécution au premier moment :

1° L'attaque se fera par les 14 vaisseaux français combattant sur deux lignes endentées dans une étendue de 8 encablures. Dans le nord, et faisant suite à celte ligné, seront placés les deux vaisseaux ottomans, au N.-E. desquels s'étendra la ligne anglaise. Le vaisseau le plus au sud de l'escadre française mouillera dans la baie de Chersonèse, sur les accores du banc de cette baie; à environ 7 encablures dans l'0. 1/4 S.-O. de la batterie de la Quarantaine, les vaisseaux de la première ligue jetteront l'ancre dans le N.-N.-E. de ce vaisseau chef de file, les bouées à une encablure de distance et dans Tordre qui va être donné ci-dessous ;

2° En affectant au vaisseau mouillé le plus à terre dans la baie de €bersonèse le n° 1, l'ordre de mouillage des 14 vaisseaux français sera te suivant :

Pour la première ligne,

N° 1. Charlemagne.

N° 2. Monlebello.

N° 3, Friedland,

N° 4. Ville-de-Paris.

[ K° 5. Valmy. «

. N° 6. Henri IV.

N° 7. Napoléon.

Mahmoudié.

Les vaisseaux de la deuxième ligne qui viendront à s'endenter entre ceux de la première seront, en partant de terre* le vaisseau VAlgery qui, sous le n° 8, s'endeotera entre le n* 1 et te ne 2 ; le Jean-Bar^ n° 9, qui s'endentera entre le n° 2 et le n° 3$ te n° 10» Marengo, entre les n°« 3 et 4j le n° 11, la Ville-4e- Marseille, entre les n08 4 et 5 ; le n° 12, Suffren, entre les n08 5 et 6 ; le if 13, Bayard, entre les n08 6 et 7 ç le n° 14, le Jupiter, entre le n° 7 et le Mahmoudié. Enfin, un deuxième vaisseau turc auprès du M ah* moudié ;

3° La frégate la Fomone prendra le créneau de celui des vaisseaux de la deuxième ligne qui n'aurait pas mouillé à son poste ; le

\ateseau le JupUer, dernier vaisseau de la deuxième ligne, en fer» autant s'il s'apercevait qu'un des créneaux du sud de la deuxième ligné est resté vacant $

4° Tous les vaisseaux, hormis ceux à hélice, seront conduits à leur poste de combat accouplés, du côté opposé à l'ennemi, aux remorqueurs ci-dessous indiqués :

Le Friedland sera atleié au Vauban.

La Ville-de-Parit d* au Mogador (ou Primaugùtt).

Le Vulmg d* au Descaries.

Le Henri IV d* au Canada.

V Alger d° au Magellan (ou Euménide).

Le Marengo d° m Labrador.

La Ville- de- Marseille d° au Panama.

Le Suffren d° à l'Albatros.

Le iïayard d° à VUlloa.

Le Jupiter d° au Vhristophe-Colomb.

Les corvettes à vapeur le Pluton et la Tisiphone se tiendront hors de portée de canon, prêles à remplacer au besoin les remorqueurs auxquels surviendraient des avaries imprévues.

Les trois mouches le Dauphin, la Mouette et la Mégère resteront sous vapeur près de ces deux corvettes afin d'exécuter tous les ordres qui leur seraient donnés ;

5° Si Ton signale aux vaisseaux attelés à leurs remorqueurs de mouiller suivant le plan donné (art. 692 de la tactique), les vais* seaux de la première ligne se rangeront tous en ordre de front suivant le numérotage iodiqué, et s'avançant sous le feu de l'ennemi dans* l'alignement du vaisseau le plus au sud, le Char le magne, viendront jeter une de leurs ancres de bossoir aux postes qui leur ont été assignés. Une embossure devra être frappée sur chacune de ces ancres. Toutes les embarcations du bord seront amenées et amarrées à la traîne, sauf les plus légères, que Ton laissera dans la crique de Kamiesch. Le grand cauot sera porteur d'une aucre à jet et d'une aussière j

6* Les vaisseaux de la deuxième ligne s'avançant dans le mérna ordre, sur l'alignement de V Alger, iront jeter l'ancre et s'eaibosser, conduits par leurs remorqueurs, dans les créneaux des vaisseaux de la première, suivant Tordre indiqué ci -dessus ;

7° Le feu commencera au moment où l'amiral fera le signal de commencer le bombardement (art. 653 de la tactique). Les vaisseaux ne devant tirer que 70 coups par pièce, d'un bord, le tir devra être méthodique plutôt que précipité, surtout après la première demiheure. En réalité, il ne pourra être le plus souvent, à cause de la fu-

mée, qu'un tir au jugé, avec lequel d'ailleurs les chefs de pièce doivent être familiarisés, conformément aux prescriptions du registre d'ordres de l'escadre. Il ne sera fait usage de boulets spéciaux ou de boulets à percussion que si des vaisseaux ennemis se trouvaient à combattre; dans le cas contraire, les boulets pleins et les obus à mèche seront seuls employés. Cependant, les boulets spéciaux pourront l'être avec avantage, si on a Pespoir de les faire arriver dans les embrasures des batteries casematées à deux et trois rangs. Ceux des vaisseaux qui tireront sur ces dernières pointeront tous leurs coups à la hauteur de la batterie inférieure ;

8° Lorsque le signal sera fait de cesser le bombardement (art. 654 de la taclique), les vapeurs se disposeront à venir donner la remorque aux vaisseaux pour les conduire au large ;

9° À partir de demain, toutes les corvées détachées rentreront à leurs bords respectifs, ainsi que les hommes armant les embarca tions, ou corvées à la plage, lesquelles resteront, quant au matériel, sous la surveillance de la Pandore.

En outre, les malades ou éclopés qui encombrent les batteries des vaisseaux devront être dirigés provisoirement sur les bâtiments destinés à rester au mouillage de la crique de Kamiesch, lesquels sont: la Pandore, V Allier, le Véloce et V Infernal. La répartition en sera faite par signal à mesure que les vaisseaux signaleront eux-mêmes le chiffre de ces impotents;

10° Afin d'assurer le remorquage à couple des vaisseaux par les bâiiments à vapeur, les bâtiments remorqués et remorqueurs devront faire copier .les deux notes qui accompagnent le présent ordre, lesquelles sont relatives a des expériences de tout genre.

Au mouillage devant la Katcha, le 16 octobre 1854.

Le conlre -amiral, chef d'état-major général de l'escadre de la mer Noire,

Comte Bodët-Willaumez.

P. S. Tous les remorqueurs devront avoir Pavant et l'arrière aussi blindés que possible et resteront, à moins de signal contraire, attelés aux vaisseaux qu'ils auront conduits au feu.

Ordre n° 396, constitutif du service d'approvisionnement de V armée et du service de V escadre dans la baie de Chersonèse.

Le service des baies de Chersonèse sera dorénavant établi comme suit:

Direction du service général.

1° Le service général sera dirigé par le vice-amiral commandant en chef, dont le pavillon flottera pavoisant à bord du Montézuma, mouillé dans Pavant-port de Kamiesch.

Défense extérieure.

2° La surveillance des défenses extérieures des baies de Chersonèse et des batteries qui vont être immédiatement construites sur les pointes de ces baies, est confiée à M. le vice-amiral Br«;at, dont le vaisseau sera également mouillé dans l'avant-port de Kamiesch, et fournira son équipage pour la construction de ces batteries.

Service de Vavant-port.

3° Le service de cet avant-port, en ce qui concerne l'entrée des navires, sera dirigé par M. le capitaine de vaisseau Adolphe Bouët, commandant de la Pomone, lequel, pour l'achèvement et la conservation de l'cstacade, sera assisté de M. le capitaine de vaisseau ToucharçJ, commandant le vaisseau le Jean-Barl, et des moyens de ce vaisseau en personnel et en embarcations.

S 2. M. le commandant de la Porno ne aura pour mission d'aviser au placement immédiat des bâtiments de guerre qui entreront dans l'avant-port pour y stationner ou s'y décharger. Nul ne pourra donc y pénétrer sans qu'il en ait été prévenu. La Pomone devra en outre recevoir les billets de sortie des navires qui franchiraient l'cstacade pour quitter le port, et les visitera au besoin.

Fermeture de Vestacade.

4° A partir de six heures du soir jusqu'à six heures du malin, l'entrée de l'estacade sera close, et ce moment sera indiqué par un coup de canon que tirera le bâtiment amiral matin et soir, après la Diane et la retraite.

§ 2. Les canots ne pourront circuler entre ces deux coups de canon, sans être pourvus de mot d'ordre, sous peine d'être conduits, ceux de

lavant-port à bord du Montébello, ceux du port lui-même à bord de V Alger, où les personnes qui les montent seront emprisonnées comme suspectes.

Service de ronde»

§ 3. Le Montébello sera donc chargé du service de ronde dans Pavant-port, et le vaisseau V Alger de celui du port lui-même ; les hommes des canons de ronde sont armés de sabres.

Mot d'ordre.

§ 4. Le bâtiment amiral signalera chaque jour à midi le mot d'ordre, lequel sera emprunté aux mots de guet.

Police de feux.

§ 5. Les embarcations.de ronde visiteront les bâtiments qui auront allumé des feux suspects ou qui entretiendraient leurs feux habituels sans précautions.

Précautions contre V incendie.

§ 6. Chaque soir, les pompes à incendie seront gréées, les seaux dis* posés, l'armement des canots de secours désignés au commencement de chaque quart, à bord de tous les bâtiments de guerre dans le port ou l'avant-port pour aviser aux cas d'incendie.

Service du port proprement dit.

5° Le service du port de Kamiesch proprement dit, comme de la plage, sera dirigé et centralisé par M. le capitaine de vaisseau Saisset, commandant le vaisseau l'Alger, qui, après le départ de la Pandore, occupera la place de cette frégate.

Versement d'embarcations et de personnel pour le service de la

direction du port.

§ 2. Avant de partir, la Pandore destinera définitivement en subsistance au vaisseau l'Alger tous les hommes de corvée détachés de l'escadre à son bord, ainsi que les embarcations qu'armaient ces hommes. Les officiers et le personnel du port compteront définitivement à bord de V Alger pour la solde. I • § 3. La veille de leur dépari pour Toulon, les frégates la Sirène, le Caffarrlli, le Magellan, V Albatros, etc., les corvettes le Fuiton, le Berlhollct, et en général tous navires ayant la destination de Fiance, devront, de leur propre initiative, et sans attendre d'autres ordres, destiner à bord du vaisseau V Alger leurs charpentiers et calfats (les maîtres chargés exceptés), afin que ce vaisseau puisse cons-

iituer ud atelier de réparations sur la plage. Ils lui verseront aussi U moitié de leurs embarcations et tous leurs sacs à cbarhou.

Versement de munitions d'artillerie à V escadre.

§ 4. Tous tas bâtiments de guerre partant, aussi bien pour le Bosphore que pour France, devront verser également au vaisseau VAl* fer, sans attendre d'autres ordres, à moins que le contraire ne soit prescrit, ce qu'ils pourront de gargousses de 30 1/3 et 1/4, de boulets et valets de 30, de gargousses et d'obus de 80, et d'affûts spéciaux à ces deux calibres, sans toutefois les affûts à pivot.

Les commandants des bâtiments partant qui contreviendraient aux ordres contenus dans les §§3 et 4 ci-dessus, s'exposeraient, même après leur départ, au blâme le plus sévère.

{^e Montébello continuera d être dépôt central de vivres pour les

marins débarqués,

§ 5. Le vaisseau le Montebello continuera à être chargé de nourrir les marins débarqués au camp, sans employer comme intermédiaire le brick Germain.

§ 6. Tous les vaisseaux mouillés dans le port et l'avant-port devront d'ailleurs, ainsi que la Pomone, continuer à fournir chaque jour du pain frais aux marins débarqués au camp.

Surveillance des navires-poudrières.

§ 7. Le commandant de V Alger avisera à ce que les navires-poudrières soient placés de telle façon que leur incendie ou explosion ne puisse avoir de conséquences graves; ces bâtiments seront déchargés le plus tôt possible.

Stationnaire de la rade.

6° Le service de la rade de K amie se h sera dirigé par le capitaine de vaisseau Berbinghem, commandant le Vaubant qui restera stationnaire en petite rade, à moins que la violence du vent ne l'oblige à chercher un refuge ailleurs; cette frégate portera le guidon de stationnaire.

§ 2. Le Vauban signalera le départ et l'arrivée sur rade de tous les navires à la Pomone, et tiendra la main à ce qu'aucun navire de commerce chargé pour l'armée, ou venant de se décharger dans le port, n'y stationne un seul instant, afin d'éviter ainsi des sinistres.

Le Vauban veillera attentivement les mouvements de l'ennemi ainsi que les signaux des bâtiments mouillés dans les baies de Kamiesch et de Stréleska, il se tiendra prêt à porter secours de jour

comme de nuit, si besoin était, aux bâtiments envoyés en avant-garde devant cette dernière baie.

Croiseurs extérieurs.

7° Les frégates ou avisos à vapeur disponibles devront , a tour de rôle, stationner ou croiser entre les baies de Stréleska et le cap Cher son, pour surveiller les vapeurs ennemis et les brûlots, à inoins que le temps ne devienne forcé et ne les oblige à chercher un refuge ailleurs. .Ces bâtiments devront, en ce qui concerne les navires sus* pects ou brûlots, se conformer aux prescriptions des ordres nos 389 et 392*

Puits à creuser, aqueducs à construire.

8° Des puits vont être commencés sur les deux rives du port, ainsi qu'un aqueduc y conduisant de Peau de source, pour approvisionner d'eau les bâtiments mouillés à Kamiesch. Les vaisseaux le Marengo, V Alger et la frégate la Pomone fourniront les hommes et les outils nécessaires, conformément à Tordre spécial qui sera rendu à cet égard. Le lieutenant de vaisseau Albert dirigera ces travaux.

Exécution du présent ordre.

Le présent ordre sera exécuté à partir de demain. Port de Kamiesch, le 29 novembre 1854.

P. 0. Le contre-amiral ', chrf d'étal major général de V escadre de la mer Noire,

Signé : Comte Bouêt-Willaumkz.

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