DE LA GUERRE DE MONTAGNES
Dans les pays de montagnes, la bataille cousiste généralement dans des combats de postes et des engagements de troupes légères ; la défense des vallées et celle des montagnes sont si étroitement liées, que lorsque l'infanterie légère est débusquée des hauteurs, le gros des troupes ne peut pas tenir dans la vallée, et réciproquement, si le gros de l'armée est battu dans la vallée, l'infanterie des hauteurs est obligée de se retirer de crainte d'être coupée du chemin de la retraite.
L'avantage de l'attaquant sur le défenseur dans la guerre de montagnes consiste en ce que les hautes montagnes sont d'ordinaire coupées de beaucoup de chemins et de vallées ; qu'en conséquence, le défenseur est obligé de diminuer ses forces pour barrer le passage. Que si, au contraire, il prend une position centrale à l'embranchement des routes et des vallées, celui qui défend les montagnes reprend alors sa supériorité, parce que, maître du choix des lignes qui mènent à l'ennemi, il peut fondre sur lui avec des masses, ayant eu le soin de placer des postes d'avertissement dans toutes les vallées, sur tous les pas, cols et défilés en avant de sa position.
En général, l'attaque d'une position en pays de montagnes se fait en dirigeant des troupes légères, soutenues par de l'infanterie, sur les hauteurs pour en débusquer l'ennemi de droite et de gauche ; ce but uue fois atteint, une partie des troupes poursuit l'ennemi et l'autre occupe les hauteurs ; si le gros de la colonne avance dans la vallée, la nature du terrain et les positions de l'ennemi peuvent seules indiquer s'il faut commencer par déployer la colonne et faire feu sur Teunemi, on si, sans autres préliminaires, il faut attaquer la position en colonne.