COMPOSITION D'UNE ARMÉE
Une armée se compose d'un ou de plusieurs grands corps, tant d'infanterie, que de cavalerie, d'un équipage d'artillerie comprenant plusieurs batteries, plusieurs parcs de réserve et un grand parc auquel on joint un équipage de pout, et enfin de plusieurs compagnies du génie et du train des équipages.
L'effectif de l'infanterie étant de 1
Celui de la cavalerie est de 1/5"
dito artillerie 1/8"
dito génie l/30e
dito train des équipages l/69e
Chaque corps d'armée est lui-même composé d'une ou de plusieurs divisions, et chaque division est formée de deux ou trois brigades, fortes chacune de deux régiments au moins ; deux batteries de six bouches à feu, et une compagnie de sapeurs sont attachées à chaque division.
ORDRE PRIMITIF DE BATAILLE D'UiN CORPS D'ARMÉE (1).
Nous supposerons, comme cela se pratique avec succès dans l'enseignement de la forliûcaliou, que nous n'ayons d'abord à tenir aucun compte des accidents du terrain. Notre échiquier sera une plaine rase; et, pour simplifier davantage encore la question, nous écarterons d'abord de notre théorie toute cause d'irrégularité née de la présence de l'ennemi.
Les modernes, à limitation des Romains, et sans doute aussi par des motifs déduits de la réflexion, distribuent, pour le combat, la totalité d'une armée en trois masses distinctes, destinées à agir à desépoques différentes : une première ligne d'abord, puis une seconde, puis enfin la réserve, à laquelle il n'est pas reçu de donner le nom de troisième ligne, parce que, en effet, on ne la présente presque jamais déployée.
C'est un principe immuable, et dont l'omission serait suivie d'un prompt châtiment, d'extraire de la totalité d'une armée, comme aussi du plus faible détachement, un corps de réserve proportionné à sa force. Ce corps, le général le tient sous sa main, au jour de bataille, mais hors de la portée des projectiles, pour maîtriser les événements et corriger la fortune. On conçoit combien est sage la précaution de' conserver ainsi des troupes fraîches jusqu'à la dernière époque d'une action : le salut de l'armée s'y attache, et l'histoire, s'il était besoin de l'invoquer, attesterait comme une vérité incontestable que ce sont les réserves qui décident du sort des combats ; que le général qui sait le plus à propos les employer, et c'est ordinairement celui qui les met en jeu le dernier, obtient infailliblement la victoire.
Mais leur rôle n'est pas seulement offensif; elles servent aussi à assurer les flancs et les derrières de l'armée : dans la mauvaise fortune,
(i) Guibert dit, tome 2 : « C'est d'après l'ordre primitif et fondamental que les troupes sont disposées sur deux lignes ; l'infanterie au centre, et la cnvaleric sur les ailes; ce premier arrangement est fondé en raison quand il n'est que la disposition préparatoire et, si je puis m'exprimer ainsi, la disposition d'attente et d'organisation ; mais il devient abus et erreur quand il dé* génère en routine, quand on le prend indifféremment dans toutes les circonstances et dans tous les terrains, quand surtout on en fait la disposition du combat. »
elles deviennent le rempart tu tel aire à l'abri duquel une retrciîe s'effectue en ordre cl ne dégénère point en déroute. Quelquefois, sous leur protection, les troupes se rallient, et, comme à Marengo, ressaisissent la victoire qui déjà les abandonnait.
Fig. 42.
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