‹ Batailles de terre et de merChapitre 52 sur 99 · DE LA CONSTRUCTION DES OUVRAGES · texte numérisé non relu

DE LA CONSTRUCTION DES OUVRAGES

La forme d'un ouvrage est complètement déterminée quand on a fixé le tracé de la crête intérieure de l'ouvrage et qu'on a établi le profil de cet ouvrage.

La eréle} étant celle dont la direction a le plus d'influence sur les feux projetés par l'ouvrage, est la base du tracé. Pour obtenir le tracé des autres lignes , on élève des perpendiculaires aux lignes de feu, puis on porte sur chacune d'elles, à partir de la crête intérieure les largeurs successives en debors de la crête : 1° l'épaisseur du parapet; 2° la largeur du talus extérieur ; 3° la largeur de la berme j la largeur du fossé en haut ; 5° la largeur du talus

d'escarpe ; 6* la largeur du talus de contrescarpe ; 7« la largeur du glacis.

Puis, en dedans de la crête :

1° La base du talus extérieur ; 2° la largeur de la banquette ; 3° la base du talus de la banquette.

Pour tracer l'ouvrage sur le terrain , on forme les côtés suivant leur largeur, les angles suivant le nombre de leurs degrés, on place des piquets au sommet des angles, et on dessine les côtés sur le terrain avec des petits sillons que Ton creuse à la pioche en suivant des cordeaux tendus dans leur direction pour le profiler; ensuite on figure, avec des perches et des lattes, son élévation au -dessus du terrain. Le (n° 18, fig. 4i) représente le tracé sur le papier P,P, et le profil un P,T, d'une redoute de 13 mètres de crête :

A = Glacis. j

B = Fossé. | P T, profil sur le

C = Crête. I terrain.

D = Terre-plein. ;

E,F — Talus de la banquette zz t "'77.

FGzzBanquette = 0m80.

GH zz Talus inférieur du parapet = 0œ'<5.

11 = Crête,

HI =z Plongée zz 2m.

Kï = Talus extrême du parapet = 2«\ \ P» P, profil sur le

K L = Berme = 0œ50. / papier.

LM = Talus d'escarpe = lm20.

MN = Fossé r= 1-28.

NO = Talus de contrescarpe =: Om80.

À' = Glacis.

D' = Terre-plein.

Quand on a ainsi tracé, puis profilé un ouvrage sur le terrain, il ne reste plus qu'à remplir le relief figuré et à le régaler avec des terres provenant du fossé ; pour cela on place les travailleurs sur quatre rangs, deux sur le fond du fossé, entre les lignes qui correspondent aux pieds de l'escarpe et de la contrescarpe, un troisième sur la berme et le quatrième sur la ligne de feu ; ces deux derniers ne commencent le travail que lorsque les deux premiers ont commencé l'excavation du fossé. Le premier rang, sur le fond du fossé, a des pioches ; le second a des pelles, et jette la terre sur la berme, le troisième rang aussi, muni de pelles , jette les (erres sur la ciète intérieure du parapet, et le quatrième rang placé sur celte crête, également pourvu île pelles, égalise les terres, ce qu'on appelle ngiler* Les travailleurs sont à distance de 2 mètres pour ne pas se gêner.

En campagne, on a rarement le temps de se servir des revêtements déjà indiqués pour consolider les talus ; cependant le talus intérieur du parapet doit l'être, afiu que les fusiliers puissent s'approcher assez de la ligne des feux pour bien apercevoir les approches de la contrescarpe.

Pour résister à la mousquelerie le parapet devra avoir 1 mètre d'épaisseur, le fossé, 2 mètres de profondeur et 3m60 de largeur.

Pour résister à des pièces de 4 le parapet aura 2 mètres d'épaisseur, le fossé 2m40 de profondeur sur 4œ23 de largeur. Pour pièces de 8, le parapet aura 3 mètres d'épaisseur, le fossé 2m80 de profondeur, sur 6m08 de largeur. Enfin, pour résister à des pièces de 12, le parapet devra avoir 4 mètres d'épaisseur, le fossé 3 mètres de profondeur, 6R>64 de largeur.

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