DÉFENSE D'UNE PLACE FORTE
Dès qu'un gouverneur de place est menacé d'un siège, il fait rentrer dans la ville troupeaux, fourrages, grains, etc., et débarrasse la place de toutes les bouches inutiles. 11 faut aplanir tout le terrain dans un rayon de 1200 mètres. La place est pourvue de toutes munitions dé guerre et de bouche nécessaires, et augmentée de toutes Tes fortifications légères reconnues utiles. L'armement est complété, et le service se fait par tiers ou par quart. Le gouverneur doit empêcher, par tous les moyens, la reconnaissance de la place, et tàcber de savoir quel est le front que l'ennemi se propose d'attaquer.
Quand le gouverneur voit arriver le moment de l'ouverture de la tranchée, il doit, pendant les trois ou quatre premières heures de nuit, lancer des balles à feu sur tout le terrain environnant la place à la distance de 600 mètres, et compléter immédiatement l'armement des fronts attaqués, si toutefois il n'a pu le faire à l'avance.
Dès qu'on a reconnu que les dispositions de l'ennemi sur tel ou tel front sont réelles, on y dirige le feu le plus vif à plein fouet et à ricochets. On fait sortir, sur les flancs du travail des assiégeants, de l'artillerie légère avec des obusiers, soutenue par de l'infanterie et de la cavalerie, pour prendre en flanc et écharper les troupes qui couvrent le tracé, et mettre le désordre parmi les travailleurs. Les deux tiers de la garnison sont sous les armes et prêts à soutenir cette première sortie.
Une fois la première parallèle tracée, l'assiégé ne doit plus agir que par son feu de batteries sur les travaux de L'assiégeant.
Dès l'ouverture de la tranchée, l'assiégé ne peut plus faire usage du canon monté sur des affûts de place, il faut mettre ce canon dans une embrasure et le couvrir m par des traverses et des parades, construites avec des gabions de lm50 de haut sur 1 mètre de diamètre. Chaque gabionnade est formée de deux étages de gabions , dont le premier contient quatre rangs de gabions et le deuxième seulement
par la chaleur souterraine; or, les grands effets qu'ils expliquent par là montrent bien de quelle énorme puissance mécanique la vapeur leur semble douée. J'espère, en tout cas, qu'on me pardonnera cet article, quand on verra qu'il donne une solution naturelle de la question importante qu'a fait naître naguère la publication de la pièce dont je vais maintenant m'occuper.