‹ Batailles de terre et de merChapitre 60 sur 99 · ANNEXE N* V · texte numérisé non relu

ANNEXE N* V

floMMAfftB '. Application de*1a vapeur aai bâtiments. — Notice de M. Arago ifir le* machine» a vapeur. — Historiée de l'bélice. — Son applicatioo aut bâtiment a de guerre — L'aviso à hélice le Napoléon, aujourd'hui le Corse. —La frégate à béhce la Pomone.—be vaisseau à hélice le Napoléon»

Noua avons vu que le mouvement des navires sur la surface de l'eau avait été produit , dès l'enfance de la navigation , soit par la puissance manuelle de l'homme sur les avirons , soit par L'action du vent sur les voiles ; avec la rame toute direction était permise , et l'on pou sait, dans certaines limites, refouler le vent ou le courant contraire*, si la force appliquée à ce levier marin était suffisante; delà ruggramiisgement successif des galères anciennes ou modernes ; les rameurs en devinrent même si nombreux qu'ils ne laissaient plus qu'une place fort restreinte au transport de «personnes ou de marchandises ; cet inconvénient majeur, joint aux progrès incessants de l'art de la navigation et des constructions navales, ne tarda pas à faire abandonner les galères à rames y dont les dimensions, d'ailleurs devenues de plus en plus colossales , se prêtaient peu au moteur humain qui les avait presque exclusivement animées jusqu'alors, les navet h voiles leur succédèrent , dont Tunique moteur fut le vent y en dépit de son inconstance , de ses fureurs et de son sommeil. Mais le génie de l'homme devait triompher de ces obstacles de la nature , comme de tant d'autres ; il utilisa , assouplit à ses volontés , La vapeur d'eau qui devint alors comme une sorte de main puissante, dont la large poignée reprit l'aviron de l'antiquité et du moyen Age pour ramener la marine de notre époque au principe de sa naissance.

L'application de la vapeur , comme force motrice des bâtiments, n'est encore qu'un fait récent, et déjà que de milliers de steamers couvrent les mers, les lacs et les rivières, comme autant de salamandres

Chaque boyau traverse la capitale, et s'en éloigne de 30 a 50 mètres au plus; son prolongement passe à 30 ou 40 mètres du saillant collatéral le plus avancé. — Dès la fin de la 8e garde, ces cheminements sont à 120 à 130 mètres des saillants. C'est alors qu il faut construire des demi-places d'armes, à droite et à gauche de chaque attaque pour partager la tête des cheminements et servir de dépôt aux matériaux des tranchées extérieures, les extrémités de ces demiplaces d'armes sont armées de mortiers et d'obusiers destinés à ricocher les branches du chemin couvert, dont elles embrassent le prolongement et les flancs des bastions : c'est l'ouvrage de la 9e garde. 9e garde. Pendant laquelle on conduit les cheminements jusqu'à 100 mètres des saillants.

10e garde. On fait le tracé de la troisième parallèle à la queue des glacis de la place.

11e garde. On perfectionne cette parallèle. 12e garde. Cette parallèle étant achevée et occupée en force, on construit de nouvelles batteries pour remplacer celles en arrière, dont l'effet est désormais moins complet et le tir môme inquiétant pour les troupes qui sont dans la parallèle ; ces batteries sont armées de mortiers, elles se placent d'équerre sur le prolongement des faces et des flancs des ouvrages et de; branches des chemins couverts.

13e garde. Les mortiers se chargent avec des grenades et remplacent les pierriers, si la distance est trop grande pour qu'on puisse s'en servir. Les batteries sont toujours mieux placées en avant de la parallèle qu'en dedans; c'est sous leur protection qu'à la fin de la quatorzième nuit, on débouchera pour arriver au couronnement des chemins couverts, soit de vive force, soit pied à pied, suivant que les circonstances prescrivent' l'une ou l'autre méthode ; si l'on se décide pour l'attaque de vive force, on se conduit comme il suit ; dès le tracé de la troisième parallèle, on se porte à 60 ou 70 mètres des saillants en lui donnant une forme un peu convexe, vis-à-vis des rentrants. On approche le plus possible de ces mêmes rentrants les batteries nouvelles afin d'y placer des pierriers qui doivent rendre les places d'armes inhabitables à l'assiégé*, on dispose en gradins les portions de la parallèle qui sont à droite et à gauche de chaque attaque ; chaque gradin, à sa surtie, doit avoir de 12 à 15 mètres de long afin qu'une compagnie puisse sortir de front. Si l'attaque du chemin de vive force réussit, on avance beaucoup les travaux, car, tout en faisant le couronnement, on ouvre la communication en arrière avec la troisième parallèle. Mais l'assiégé étant en position favorable pour faire manquer cette attaque, on ne peut s'en servir en théorie pour estimer la durée probable d'un siège ; revenons à l'attaque pied à pied : supposons la troisième parallèle tracée à 80 mètres du saillant et sans altération dans sa

forme concave : les cheminements en avant ne se font plus par des boyaux défilés ; on chemine directement sur les capitales et sur d'autres directions moins exposées aux feux de flanc et de revers et qui ne manquent pas le feu des batteries. Ces cheminements se font en sape pleine double et sont défilés de feux directs par des traverses, soil tournantes, soit en crémaillères.

14' garde. On débouche, comme on Ta déjà dit, de la troisième parallèle en poitions circulaires de 50 à 60 mètres de corde et de 25 à 30 mètres de flèche ; leur convexité est telle qu'elle soit défilée des saillants^ on les dispose en gradins et en créneaux ; elles portent tes travaux à 40 ou 50 mètres des saillants.

15e garde. On débouche des portions circulaires pour marcher sur les trois capitales par des sapes doubles debout ; les grenadiers garnissent les portions circulaires, et les batteries tirent sans cesse des ouvrages et des chemins couverts; pendant celte nuit, on peut faire 15 à 20 mètres d'ouvrages pour se porter à 30 mètres des saillants; pendant le jour, on perfectionne ces travaux.

16e garde. Arrivées à 30 mètres des saillants, les tètes de sape ne sont plus protégées par les portions circulaires, et de plus, elles sont presque à la portée de la grenade, pour ce double motif on construit à droite et à gauche des demi-places d'armes rentrantes, c, c, c, qui embrassent les saillants : les extrémités de ces demi-places d'armes sont pourvues, soit de cavaliers de tranchées, soit de batteries depier* riers placés d'équerre sur les prolongements des branches des chemins couverts.

17e et 18e gardes. On achève les travaux déjà 16e garde, et on unit ces demi -places d'armes par une quatrième parallèle dans le cas où le rentrant est considérable et la garnison vigoureuse. Celte nouvelle parallèle, exigeant de nouvelles batteries, ne doit se faire qu'autant qu'il y a urgence absolue ; on la construit quelquefois pour une attaque de vive force. On la dispose alors comme il a été dit pour la troisième parallèle.

19e garde. Les cavaliers de tranchée tirent avec activité; on débouche des demi-places d'armes, soit par des sapes debout sur les capitales, soit à côté des cavaliers par des sapes simples ou demidoubles, qui se réunissent à 6 mètres des saillants. Les sapeurs coulent ensuite parallèlement à la crête des glacis, en s' étendant le plus possible et se couvrant de traverses tournailles.

20e garde. A la fin de celte garde, les saillants seront embrassés de manière à découvrir, par les trouées des fossés, les escarpes et les flancs collatéraux. Les ailes du couronnement seront appuyées à de hauts et longs retours qui les couvriront des feux des ouvrages collatéraux.

21e garde. Lorsqu'on ne fait pas de quatrième parallèle, on cerne la place d'armes rentrante par une portion circulaire concave, joignant entre eux les saillants. Au centre de cettre tranchée on dispose une grande batterie de pierriers et de mortiers dirigés contre la demilune et son réduit, contre les places d'armes rentrantes et les bastions. Dans le cas de la quatrième parallèle, on continue le cheminement debout sur les placés d'armes rentrantes; on en couronne les faces et Ton rejoint le couronnement de la demi -lune et des bastions. Aussitôt qu'on est maître des saillants, on construit une petite batterie de deux mortiers ; enfin Ton prépare l'emplacement des différentes batteries. 22e garde. On commence les batteries de brèche R , R contre les faces de la demi-lune B, contre les flancs des bastions du corps de place et contre les parties des faces des batteries qui enfilent les fossés dé la demi-lune ; ces dernières batteries seront armées de pièces de 24, afin qu'elles puissent battre en brèche.

Quand le relief de la fortification est tel que les lignes de tir, bien qu'inclinées de 7 mètres sous l'horizon, ne découvrent pas assezbien les escarpes pour les battre en brèche, il faut nécessairement descendre les batteries dans le chemin couvert; pendant cette même garde, où trace les descentes dans le fossé.

23e garde. On fait les ouvertures de ces descentes et l'on perfectionne les batteries.

24e garde. Dès le matin de cette garde les batteries étant armées, le feu commence, mais les batteries de brèche ne tirent que le soir au commencement de la 25e garde, ou même le lendemain matin ; pendant ce temps on pousse les descentes avec activité.

25e garde. On débouche dans le fossé de la demi-lune vis à-vis ia brèche j Ton fait une place d'armes qui couronne l'arrondissement de la contrescarpe.

26e garde. On fait le passage du fossé de la demi-lune et Ton res connaît la brèche que Ton rend praticable en tirant sur son sommet beaucoup d'obus ; on se dispose pour l'assaut de la demi-lune.

27e garde. On continue les dispositions de Y assaut qu'on livre à la pointe du jour ; l'assaut étant livré et l'ennemi chassé et refoulé dans le réduit de la demi-lune, les officiers de génie tracent à la sape volante et au saillant un n d-depie, sous l'abri duquel les troupes viennent se retirer.

28e garde. On étend les logements dans le terre-plein de la demilune jusqu'au fossé des coupures, dont on renverse les contrescarpes par une fougasse ; on coule ensuite par des sapes, le long et duos l'épaisseur des parapets, pour prendre a revers les réduits des places d'armes rentrants ; on continue de battre en brèche les faces des bastions j on chemine en zigzags dans les fossés de la demi-lune pour

aller déboucher dans le fossé du corps de place ; on descend par de larges coupures placées vis-à-vis le défilé des traverses dans les places rentrantes : enfin on couronne la contrescarpe. Pendant le 29° jour, on descend par de larges coupures dans les réduits des fossés de la place d'armes rentrante et l'on attache le mineur aux escarpes du réduit delà demi-lune.

29e garde. On travailte aux batteries de brèche contre le réduit » on achève les travaux de mine destinés à renverser les escarpes des réduits des places rentrantes; on fait jouer les fourneaux, on donne l'assaut au réduit de places d'armes rentrantes. On continue toujours à blinder ou percer les descentes dans les fossés du corps de place en dirigeant les galeries de descentes de manière à déboucher vis-à-vis des brèches faites à travers les trouées des fossés de la demi-lune.

30e garde. On achève les batteries de brèche contre le réduit de la demi-lune; elles entrent en action à la pointe du jour; on continue la descente dans le fossé de la demi-lune.

31e garde. On continue de battre en brèche le réduit de la demilune et l'on rend les brèches praticables. On débouche dans le grand fossé; on travaille aux places d'armes de contrescarpe et aux épaulements des passages des fossés; le 31 à la pointe du jour, on donne Y assaut au réduit de la demi- lune et on s'établit dans son terre-plein. On établit à la gorge du réduit 2 ou 3 pièces de 12 ou de 16 pour contre- battre le feu de la courtine et de la tenaille ; les réduits des demi-lunes et des places d'armes rentrantes étant pris, on doit travailler sans relâche au passage du grand fossé.

Le même jour, ou le lendemain au plus tard, on pourra donner C assaut au corps de place si les bastions ne sont pas retranchés.

32e garde. Si les bastions sont retranchés, on travaillera avec activité a rendre les brèches d'un abord facile ; on attachera, s'il est nécessaire, le mineur à la brèche ; les fourneaux joueront à la fin de cette garde.

33e garde. Cette nuit même, tout sera préparé pour l'assaut qui se donnera à la pointe du jour. Les troupes déboucheront de la galerie souterraine de descente, se formeront dans le fossé, derrière l'épaulement, monteront hardiment sur la brèche, attaqueront l'assiégé de vive force dans les terre-pleins et s'y maintiendront, pendant que les ingénieurs formeront sur le haut de la brèche un logement derrière lequel les troupes se retireront à mesure qu'on pourra les y abriter ; pendant tout le jour, on travaillera au logement sur la brèche et aux communications en arrière*

3i« garde. On débouche du logement sur la brèche dans le terreplein de chaque bastion, et l'on couronne à la sape pleine la contrescarpe de retranchement.

35* et 36" garde. On travaillera aux batteries de brèche contre le retranchement intérieur du bastion, et on y attachera en même temps le mineur si c'est utile.

Dans cet état de choses, l'assiégé ne peut plus résister et Y assaut ou la capitulation aura lieu à la pointe du jour de la 36e garde, c'està-dire après 36 jours de tranchées ouvertes»

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