PRINCIPES DE GUERRE
1° Une flotte de vaisseaux à hélice doit livrer bataille sons vapeur et les voiles serrées, à moins d'impossibilité absolue occasionnée par des avaries de machines ou de chaudières.
2° La vitesse d'un vaisseau à hélice étant une puissance, puisqu'elle lui permet de multiplier ses mouvements et ses coups, tous les fourneaux seront allumés en présence de l'ennemi, et les feux prêts à être poussés au premier signal ou au moment favorable.
3° Les extrémités d'un vaisseau à hélice étant encore les parties les plus faibles de ce vaisseau relativement et les plus vulnérables en raison des coups d'enfilade de l'ennemi, on devra éviter, autant que possible, hors les cas d'abordage, de se présenter à cet ennemi de pointe, et chercher au contraire, soit à l'enfiler lui-même, soit à lui prêter le travers.
4° Une bataille de mer devant avoir généralement pour objet d'opérer un mouvement combiné, avec des forces supérieures , contre un point décisif de l'ennemi pour l'écraser partiellement d'abord, on pourra arriver à ce résultat en employant les mouvements de guerre et les évolutions navales appropriés à la circonstance, et qui vont être mentionnés ci-après.
5° L'ennemi devant toujours être supposé avoir un principe de guerre analogue, l'amiral en chef devra, autant que possible, après avoir dirigé le gros de ses forces contre une partie faible de cet ennemi, occuper plutôt que combattre cet ennemi avec les meilleurs marcheurs de sa flotte, en s'efforçant de !c dérouter sur ses projets;
6° L'amiral en chef doit , autant que possible, prévoir avant le
combat la manœuvre à faire, et, une fois le feu engagé, les capitaines doivent être tellement pénétrés des méthodes d'attaque et des intentions de leur amiral, que les signaux cessent alors d'être une nécessité de leur action.