CONCESSION A PERPETUITE
Léon demeura donc seul, en face des procès que la succession de sa mère engendrait (i). Dans le temps qu'ils se solutionnaient et que se réglait l'héritage de Zulma, l'Empire tombait et la Commune levait son drapeau rouge dans Paris en flammes. Léon abandonna son appartement de Paris et se réfugia en Angleterre. Il gîtait là dans une modeste chambre de Camden Town, à Londres, et, pour vivre, il vendait les dernières reliques impériales en sa possession. C'est ainsi qu'au musée Tussaud il céda un buste de Madame Mère (2). Avec la paix il revint en France, et alla habiter Toulouse. C'était en 1875 (3). Plus d'Empire, plus
(i) Sur ces procès, cf. Ga^^etîe des Tribunaux, j décembre 1872.
(2) W. Wheeler, Catalogue of Napoleonic relies, pictures and other jvorks of art and curiosities ; s. 1. [Londres], s. d., pet. in-4, p. 36.
(3) Intermédiaire des chercheurs et curieux, 10 décembre 1871, col. 971.
d'Empereur, partant plus de rentes. Il avait encore par devers lui de petites peintures enfermées en de beaux écrins. C'étaient des sujets obscènes, qu'il attribuait, je ne sais avec quel degré de vraisemblance, au Titien et au Corrège. Il les disait venir de Napoléon, et quoique leurs écrins fussent aux armes impériales, il ne put trouver un collectionneur pour les enfermer dedans un cabinet secret (i). Vieux, malade, il dégringolait définitivement à la misère. Ses créanciers ne l'appelaient plus devant les tribunaux que pour se faire solder d'anciens comptes pour le moins périmés. Ainsi, le i3 mai 1874, son nom retentit pour la dernière fois au tribunal civil, où une dame Tourillon, couturière, l'assignait en règlement d'un reliquat de facture de 6.373 francs (2). Il s'était claquemuré, maintenant, à Pontoise et y avait élu l'avant-dernier de ses nombreux domiciles. De ces logis de son ancienne splendeur, de ces clapiers de ses détresses, il est à peu près impossible de dresser la liste et de i832, où il habite rue Samt-Honcré, n<» 370; de i836, où on le trouve rue Taitbout, n° i5; de 1845, où il est rue Joubert, n"* 3 ; de 1848, où du n« 9 de la rue Joubert il va au n° 63 de la rue de Provence, dans la cité d'Antin ; de 1849, où il date ses lettres du n° 10 de la rue Saint-Thomas-du-Louvre et du n" 9, boulevard des Italiens ; de i85o, où il joue au châtelain dans sa propriété de rile-Saint-Denis, quai de Sèvres, n** 18 (3) ; de 1857, où
{1) Intermédiaire des chercheurs et curieux, 25 septembre 1891, col. 743. (2j Galette des Tribunaux, 14 mai 1874.
(3) « Cette propriété fut vendue par autorité de justice en 1872. » — Intermédiaire des chercheurs et curieux, lo décembre i8gi, col. 972.
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