‹ Batavia [microforme]Chapitre 1 sur 27 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Par un beau jour de juin de l'année 1613, deux personnes, —une femme âgée et un jeune homme, — se trouvaient sur le quai de Texel à Amsterdam, près de la tour des Caqueurs, qui baigne son pied dans le vaste bsssin de l’Ye.

La femme devait être souffrante, car son visage était pâle et amaigri, et, par moments, une toux sèche trahissait une lente maladie de poitrine qui minait sa vie. Elle regardait tristement le sol et levait de temps en temps les yeux sur celui qui l'accompagnait, comme si elle attendait pour parler que lui-même rompît le silence.

Adossé contre la tour des Caqueurs, lejeune homme promenait le long du quai un regard profondément préoccupé, et semblait plus particulièrement fixer les yeux sur un grand vaisseau marchand, à bord duquel

quelques matelots étaient occupés à transporter des

malles, des caisses et d’autres bagages. k9 Si l'on eût voulu deviner l'âge de ce jeune homme d'après sa physionomie, au moment où il était en

+ dun,

proie à cette silencieuse réverie, on se fût à coup sûr trompé. ‘ Ses membres étaient si délicate, son visage avait des lignes si pures, son regard était si doux, et il y avait dans l’expression de ses traits et dans toute son attitude tant de naïve . ingénuité qu'on l’eût pris pour un jeune adolescent à peine sorti de l'enfance. Ses vêtements mêmes, qui, par leur nuance noire et brune, ainsi que par l'absence de tout ornement, semblaient indiquer un élève de l’école latine, ne pouvaient que confirmer cette conjecture,

Cependant il arrivait parfois qu'une pensée de découragement où d'espoir traversait la mélancolique rêverie du jeune homme, et lui faisait relever la tête avec dépit ou avec fierté, Sous l'empire d'une semblable émotion, ses traits s'accentuaient avec plus de fermeté ; le rayonnement dure âme forte et résolue illumivaitalors son beau visage, et de ses yeux bruns jaillissaient d’ardentes étincelies qui annonçaient une volonté et un courage tout virils. Dans un pareil moment, on ne se fût pas mépris sur l’âge véritable du jeune rêveur, et, malgré la délicatesse virginale de ses traits, on lui eût donné sur-le-champ les dixneuf années qui avait passé sur sa tête, Mais ces effusions d’une nature encore ignorée étaient trèg:raz res et faisaient place aussitôt À une morne expression de tristesse et d’abattement. .

Autour de lui régnaient un mouvement et une activité extraordinaires, Le long des quais qui bordent la capitale de la Hollande, du côté de l'oriént, étaient amarrés sur un triple rang des heus, ‘des cagues, des boyers (1) et d’autres navires de moindre dimension, que chargeait ou déchargeit uite nuée

d'ouvriers ; de lourds chariots, criant sous le poids —

des marchandises, allaient et venaient de l’intérieur

(1) Sortes de navires marchande particuliers à la Hollande,

sé D

de la ville au port; matelots et soldats fourmillaient confondus sur les bords de l'Ye, Plus loin, svr la surface du fleuve, unie comme une glace, et par delà de longues estacades, s’étendaient usieurs rangs de navires de longs cours dont les mêts fermaient l'ho. rizon comme une impénétrable forêt. Des flancs de ces lourds bâtiments on tirait les plus précieuses épices des Indes orientales, et l’on en chargenit des alléges qui les transportaient dans les magasins et les entrepôts de la Venise du Nord, pour aller S'y échanger contre l'or et l'argent des autres nations de l'Europe. Sur toute l'étendue du fleuve résonnuient les chants joyeux des matelots et des ouvriers, le grincement plaintif des poulies et les ordres retentis. sants des pilotes et des Capitaines,

C'était un imposant et magnifique spectacle que le mouvement Coutinuel de ces centaines d'alléges qui s'entre-croisaient; cette fiévreuse activité de plusieurs milliers d'hommes, ces Chants, ces cris, ces acclamations des matelots à bords des innombrab'es navires. venus de l'Inde, et au-de-sus de tout cela le soleil inondant de flots de lumière le majestueux bassin . de l'Ye, et faisant étinceler et resplendir les vagues Sous l'impulsion des rames, Comme une,mer d’or. liquide...

Le jeune homme qui se trouvait près de la tour des Durs paraissait indifférent à cette scène grandiose, Pendant quelques instants encore il tint les yeux fixés sur le hey amarré loin de lui contre le quai; puis, comme*s’il fut soudain sorti d’un rêve, il fit deux. pas enavant et ditd’une voix douce et triste à la femme âgée qui l’accom agnail :

* Mère, promenons-nous un peu, il est encore trop tôt, FRS

—Je te l'aï dit, Walter, répondit-elle avec bonté, la mer descendra pendant une heure encore peut-

être. Ils ne partiront Pas avant la marée montinte, — Encore une heure! Et puis... it le j homme en ‘Oupirant et en s’acheminant dans une direction qui devait l’éloigner encore du grand heu a femme le suivit, mais elle l’arrêta bientôr. Muis. Walter, dit-elle, nous uér le moment des adieux. Dirigeons-nou Pont-Neuf Tls doivent venir Par la rue et ne peuvent nous rencontrer ici,

8 vers le aux Herbes

pliante ; ils pourraient croire Sur la route pour qu'ils ne nous échapp

Caressante douceur: le désir de dire u Cordial adieu à madame Van den Broec laïde te transporte d’impatience et te chasse du logis avant le temps ; et Maintenant tu sembles : craindre qu'elles ne découvrent la bienveillante ;

nous amène ici? Ce qui serait bien blessant pour elles, ce serait que nous &ligé d'assister à leur .

madame Van den Broec

eussions né- Tu as vu, lorsque

Cons lui-même, Je Pauvre négrillon, pleurait à

Chaudes larmes d’être forcé de te quitter... Et tu

irais croire maintenant que ces bonnes gens, après uit années de sincère et profonde affecti

séraient ou blâmeraiert leg témoignag

amitié? A qu

Pourrions bien man-

inte, eune nent tage

ianrs le rbes

Le jeune homme hocha mélancoliquement la tête

- et fit encore quelques pas sans répondre et dit :

“Je ‘ne sais, ma mère, mais le cœur me bat bien douloureusement dans la poitrine, Je ne puis À sa à m'habitner à l'iée de ceits séparation. Tout me it que c’est un long, un éternel adieu que nous allors dire, —Mais cela devait arriver un jour, mon file, Si le Capitaine Van den Broeck n'ût pas été toujours en

tôt. Maintenant qu'en récompense de ses services

éminents et de son héroïque conduite il est nommé Commandant de l'île d'Amboine (1) et obtient un

— Al | je ne puis me Soumettre avec résignation an sort cruel qui nous frappe l:s'écria Walter une voix étouffée, Vous, ma mère, vous aviez trouvé une com- Pague qui vous Consolait, dont l'affectueuse conversation vous récréait, pendant que j+ piesais les journées à mon école. Maintenant vous allez être seule et délaissée! Mor, j'avais trouvé une co pagne de mes Jeux d’abor], une sœur Plus tard, qui m'encourageait à étudier, qui se réjouissait de mes progrès qui me donnait la volonté et la force de me distinguer dans la carrière que je veux embrasser, J ‘aimais le pauvre

(1) Les Hollandais ne Possédaient alors en propriété dans les ndes orientales qu'une partie de l'ile d’Amboine, avec une forteresse qu’ils avaient e evée aux Portugais, Ils avaient fait de cette forteresse l'étape générale- de leur navigation avec l'Inde.

“Congo lui même avec une tendresse

qui me sérait ‘restée inconnue si

l'approche du départ ne me l’eût révélé. L'infortuné bègre m'est devenu cher parce que j'ai dû donner à son âme ignorante l’idée de la Divinité, parce Que c'est moi qui en ai fait un chrétien, Parce que j'avais en lui un homme à protéger contre l’Injustice des hommes... Et voilà qu'ils vont tous pariir, tous ! m1 seconde mère, mon excellente Sœur, MOû pauvre protégé noir! Bientôt Je navire qui les emporte va fendre Ja vaste mer et jeter tout un monde entre ceux que j'aime et moi... Ils nous oublieront, ma mère | ” Bien que le langage du jeune homme attestât une

vive émotion, cë langage n'était accompagné que de . ‘Sestés rares et contenus ;,S0n visage gardait aussi Presque toujours l'expression de cette calme tristesse

et decette douceur qui le caractérisent. Seul, le trem-

blement de sa voix permettait de mesurer la proton- -deur de son agitation intérieure.

© I répéta sa dernière et plaintive exclamation :

: “ O ma trère, ils nous oublicront !

Ne crois pas cela, Walter, dit la femme d’une ” voix basse et douce, Ta tête s'exalte trop facilement,

mon pauvre enfant. L'homme doit, dès sa Jeunesse, s’acCOutumer au malheur. La vie n’est qu'une épreuve ! là-haut nous recevrons le prix de la rési. gaation avec laquelle nous l’aurons subie.

—Etre seul ! souffrir seul, comme si le monde était Ane tombe ! murmura Walter avec désespoir,

-—Seul? ne demeuré-je donc Pas avec toi? ” de. manda la mère d’une voix Consolante,

eule réponse du jeune

“N'est-ce pas assez ? La présence de ta mère ne te Sufit-elle pas? murmura la femme avec tristesse. —Pardonnez-moi, ma mère bien-aimée | Je vous

dd lé mn ne th Sarre npat re

PR ren anis rc easil

FRS RCE nets

St

> sérait | : ” aime de toutes LM e l’eût } blissement de votre santé parce | espérances, à mes souve de la il y a encore tant de place dans mon cœur !. e cœur chré- Salgne parce qu'on en arrache des affectio qiy otéger . avaient pris racine avec le temps, ” 7e Le vont | | y eut un instant de silence ; le jeune hommeïles lente v Jeux baïissés vers la terre, faisait de visiblegeffonts avire | Pour comprimer son émotion, : he $ r tout ‘ Allons, Calme-toi, mnn kon Walter, dit Ta m te. : nous Songe que nous SOMmM. ncore moins malheureifx 4 que nos pauvres amis, Il leur faut quitter notre b une | belle Hollande et aller braver le feu d’un ciel étran- 1e de è 8er... ; il vont souffrir, mourir peut-être loin dé la aussi | terre où reposent leurs aïeux, Plaine plutôt-ceux’à tesse | qui Dieu n’a pas accordé 1a grâce de finir leurs jours rem- Ë dans leur chère patrie. L'Inde est un pays, de In. 4x fon. i beur, de péril et d'épreuve, mon enfant,” * *# : ‘#4 Î n rayon. d'enthousiasme

Walter ; d'une voix profondé exaltation croissante il dit :

une “ L'Inde, une terre d’é ent, à.

e gloire, de grandéur et:

ese, richesse, pour quiconque sent couler dans $ès vei ane : le sang héroïque de la N écrlande! Vous ne compre; ési- eZ pas, ma mère, que les temps sont bien changés L'Espagne est humiliée et épuisée ; elle implare la ait paix ; notre liberté F6pose sur d'inébranlables fonde: $ ments ; tous nos ennemis sont tombés. ., Etceÿen* e- dant le cœur des Bataves déborde encore de courage | et d’ardeur guerrière, La Hollande a soif de hauts F ne NAN Ce faits; il lui tn trouver un but vers lequel elle rs "4 iriger ses forées exhubérantes, Ce but, c’est l'Inde L te orientale Notre petite patrie, queique riche et bénie 4

a fait surgir parmi *

nous, L'Inde, ma mère,

Une nouvelle patrie à Conquérir et à fonder : c’est Jà qu’il a encore Moyen, par la bravoure unie à Ja prudence, de lèguer un nom à la postérité ; c'est ]à aussi qu’un jeune homme, né trop tard pour porter les armes contre l'Espagne, ; eut encore verser son sang Pour la grandeur de Ja Néerlande..., Oh! qu'ils sont heureux, ceux qui peuvent partir Pour cetto terre bénie (1)1 ”

a mère regarda son fi's avec des larmes dans les yeux.

“Walter, dit-elle en SOupirant, ton langage m'at. triste, Serais-tu bien capable d'abandonner ta mère ? Serait-tu assez cruel pour souhaiter une semblable Séparation ? Non, n'est-ce pas ? Ce sont Jà des idées Passagères que le chagrin seul éveille Pour un ins-

“Le jeune homme répondit d’une voix calme :

.. Ma tête se perd ; je m'égare, Vous quitter, ma mère bièh-uimée | Moi? oh! à, ‘Inde peut être un paradis de gloire et de bonheur

mais le stoutip

UmMaines ha pas tracé ma route de ce côté.

—Je le savais bien, Walter : Pour adou sort sur la terre, Je Seigneur, dans ga miséricorde, m'a donné un fils aimant et dévoué. Pour recon-

naître ce Dienfait, mon âme Joyeuse chantera éternellement ses louanges, ”

OUé-en. s'entretenant, leurs pas’et se retrouvaien aqueurs, cé

va gd

cir mon

ils étaient revenus" "sur au piel de la tour des

F © Uze ans, Les Hollan aig

commerce et la marine, et Y eut un élan général vers l'Inde, où l'on allait Chercher 1e renom et la fortune.

l’Inde! c'est Jà qu'il y a

ul y a | D Jà la prulà aussi rter les on sang | qu'ils r cetto

ans Jes

> m'atmère ?

blable | idées ) ins-

r, ma naïs | heur, Iinées

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Spadais , et ei

mi

és rentre

sil

“ Vois, Walter, dit la fonme, voilà le Capitaine Van den Broeck qui traverse le Pont-Neuf avec son second, Pierre Dircks, ”

Le jeune homme tressaillit et s'arrêta.

‘Sa femme n'est pas avec lui, ajouta la veuve, ni Adélaïle non plus. ”

Ces dernières paroles semblèrent dissiper la subite émotion de Walter, et il suivit sa mère, qui avançait toujours, mais sans bâter le pas. Te

Bientôt ils purent entendre le capitaine donner des

Le capitaine Van den B:oeck était un homme environ Cinquante ans, encore dans toute ia force de l’âge, D'une taille élevée, d'une attitude martialo et fière, le regard imposant, il semblait naturellement destiné à commander, La teinte brune que le soleil de l'Inde avait répandue sur son visage, et les épais.

drap blev, boutonné jusqu'au menton, et qui ne des. cendait qu’ax genoux, Ses fins bas noirs étaient noués par une rosette de ruban. Sur son chapeau à larges bords flottait une plume ondoyante, et une longue et opulente chevelure tombait sur ses épaules et Jusque sur ga poitrine,

alter semblait peu emj ressé à s'approcher de l’imposant Capitaine ; on eût dit qu'il lui inspirait Une Cértaine crainte, Ansgi le jeune homme retardat-il sa marche et laissa-t-il, sans affectation sa mère

. Prendre une avance de quelques pas sur lui.

Le capitaine, tout en surveillant les

Matelots qui embarquaient encore

quelques malles, se retourna et APETÇU& la veuve, Son visage changea tout à coup d'expression : il devint affab e, et uns 1

Urbanité en dissipa toute Ja sévérité, Tel était le Capitaine Van den Broeck : sévère, froid paroles dans les affaires de service, mais b Ouvert et facile à s’épancher dans 1

“es relations habi.

tuelles, Quand l'instant approchai

remplissait son Cœur, et cette joie rayonnaït sur ses traits et dans son langage. Ils'ava

DÇa vers la veuve et dit :

“Ah! vons êtes là, dame Pietersen ? Vous venez aous dire adieu ? Je VOUS remercie de cette bienveil.

VOYEZ que nous sommes en train d'enbarquer les derniers trafnards q

étte nuit nous serons à Texel et demai mer, Je me sens Tévivre ; pour un vie

mer comme moi il ne fait pas bon à terre, dame Pietersen,

—Je ne vois mère de Walter,

—Elles viennent ! elles viennent !

en riant, Ces femmes ont toujours q faire ou à rassembler au derni imitait, on ne serait jamais à bord! Mai

ni votre femme ni votre fille, dit Ja

alter. Ila l'air bien timide et bien naï dame Pietersen. Cel

Poussera au menton. ” près cette plaisanterie il alla vers le jeune hom-

me, ét, lui frappant familièrement sur l'épaule : “Eh bien! alter, dit-il, ne sene-tu Pas encore l'envie de faire un Voyage dans l'Inde, mon &arçon ? route n'est pas toujours aussi unie que la surface

elots qui tourna et ut à coup ire plein 1 était le avare de iveillant, ns haBi.

allait re- Juce joie t sur ses la veuve

IS venez ieuveilmes en uipage.

| pleine loup de ne Pie-

dit Ja

pitaine hose à on les one se re fils ncore, Je lui

homncore

çon ?

r'face

de notre Ye: mais eons dans la grand Rois et un cœur a Walter murmura quelques paroles incompréhensi. poliment ses lèvres, que du capitaine

bles.

mais l'air

Il s'efforça de

rotecteur

le força à baisser les

interlocuteur, déconcer jeune fille. IL serra

nt

0Ïngs, mais d’une manière an den Broeck ne s’en aperç

“Ne lui dit la veuv le goût des !

encore beauco

qué plus

parlez pa

e d'une voix Suppliante, ointains voyages ; up trop jeune —Trop jeune, dame P:

mence et plus loin on ar Pour la première fois âgé que Walter.

aire sourire et un peu ironi yeux. Ilse té et mu bien le

ces chocs, ces bonds e mare donnent bien guerri, ”

ut point,

4 de choses pareilles,

grande eau ? Tout le monde Pour vivre sur mer ; avant les années, ”

Cette dernière asserti il lança un fier reg Voix tremblante :

‘ Pardonne

semble malséante...

pour faire ce que des mi

nous ?

célaf,.,

J6 n6 me trompe, n irér un jour sur la

gens de là-bas...

Vraiment, vraiment | nt, ÿ a du bon dan

et puis le cour

sur l'Océan Peut-être

on fit lever ard au capitaine

etersen ! Plus tôt on comrive | Quand je me suis risje n'étais guère a-til peur de Ja pas né, en effet, age ne vient pas

la tête à Walter ; eb murmura d’une

n’est

Z-moi, Capitaine, si mar uel courage l'iers d'homm Le sort m'enchaîne au €

et ces plortôt un pied

tenait devant son ef, comme une timide s dents et crispa les si peu apparente,

que

Capitaine,

Walter n’a pas et d’ailleurs il est

onse vous ut-il done

es ont fait avant Outinent.. .sans

re

D on ar uso SE ere rome

Dee

— Rene

riant; entré au service

a A vus

—-Qne Dieu nous en garde ! dit Ja vieille mère en sOupirant, Il sera médecin, capitaine, C’est une tâche ien glorieuse et bien méritoire aussi que de venir en aide à son prochain malheureux dans ses maladies et dans ses souffrances. Son rère,—que Dieu prenne son âme en miséricorde l—son père était aussi médecin, Walter suivra avec zèle et dévouement la profession paternelle n'est-ce pas, mon fils ?

—-Je dois rester auprès de ma mère, lui donner des soins et des Consolations, murmura le jeune homme. C'est'un devoir que Dieu m'a im que je veux remplir avec amour... + Mais, Capitaine, Croyez-le, moi aussi je sens un cœur néerlandais battre dans ma poitrine.”

Van d:n Broeck Parut surpris du ton Presque enthousiaste du jeune homme, et plus encore du feu qui brillait dans ses yeux.

“ Je n'ai jamais va un travado au Cap si de ta vie tu deviens médecin! I] Ya un marin dans ta peau, Où je ne m’y connais pas Tuas la passion de la mer ; c’est une maladie incurable chez les Hollan-

dais.”

Et, frappant pour la seconde fois sur l'épaule du jeune homme :

“Je sais, dit-il, ce qui t'inspire cette envie de partir, mon 8arçon. Voyons, chasse de ta tête ces réveries d'enfant.” Il sentit l'épaule de Walter frissonner sous sa main et vit une vive rougeur euflammer son visage. “ Allons! allons! il L° un moyen, reprit-il en e

la Compagnie des fades, cherche à te distinguer ; deviens Capifaine ; et alors je te donne Adéluïde pour femme. Mais il faut te

ler, sinon elle pourrait trouver un mari avant qe tu n’eusses l'épée au cô: a

n douloureux soupir s'échappa du sein du jeune

Am M AM

e mère en une tâche

de venir | maladies u prenne aussi méntla pro-

li donner le jeune aposé et apitaine, rlandais

que endu feu

e ta vie à peau, 1 de Ja Hollan-

ule du

vie de ête ces

JUS sa risage.

t-il en [ndes, : alors aut te it q'ie

jeune

homme ; il laissa tomber la tête avec découragement SUT Sa poitrine et parut en proie à une affreuse torture.

Van den Broeck, touché d’un sentiment de compassion, lui prit la main et lui dit d'un ton affectueux et sérieux cette fois :

“Voyons, Walter, mon SarÇOn, c'est par plai- Santcrie que je parle ainsi ; tu comprends bien qu'il te serait impossible de devenir Capitaine en quelques années, surtout à une époque où nous sommes en paix avec l'Espagne. Reste auprèzs de ta mère . deviens médecin Comme ton père, et, si tu songes encore à nous, que ce ne soit que Comme à de bons amis, qui, dans l'Inde, conserveront aussi un reconnaissant souvenir de ton affection.

— Capitaine Van den Broeck ! cria une voix forte, du pont du navire.

— Eh bien ! mon ami Pierre, qu'y a t-i! ?

s'élève un vent favorable ; il faut en profiter, Madame Van den Broeck: Voudrait-elle ne Pas faire le voyage ?

—C'est fort désagréable, grommela Je Capitaine : elles devraient être à bord depuis une demi-heure.”

f, Se tournant vers son Second :

“Attendez! elles ne sont pas loin d'ici: ; les chercher. :. . Dame Pietersen, vous d encore un instant, n’est-2e pas ?

Et, tout en disant ces mots, il'se dirigea d'un pas rapide du côté du Pont.Neuf et disparut un peu plus

loin dant la Tues aux Herbes,

alter était toujours Muere les yeux baissés.

a mère le regardait avec compässion : Car, bien qu'elle ne compiît pas bien "comment l'fnicsle plaisanterie du capitaine Pouvait blesser si profondément son fils, elle voyait Cependant qu'il était en

mn dé.

proie à une vive douleur. Elle allait lui adresser quelques paroles de consolation, mais enve moment même retentit au loin derrière eux un cri étrange qui devait leur être bien Connu, puisqu'un sourire illumina en même temps leur visage et‘qu'ils se tour. nèrent simultanément du côté d'où le bruit était venu.

“Ah! c’est le petit Congo ! s’écria Walter,

Du côté du Pont-neuf accourait un jeune nègre qui pouvait avoir douze ou treize ans à peine. Il était

répue que lui avait donné ja nature, Déjà, de loin, il

saluait Walter par une Pantomime animée et témoigvait sa joié par toutes sortes de cris. Entre ses grosses lèvres proéminentes brillaient des dents éclatantes comme Ja neige, et sous son front noir ses yeux blancs rayonnaient étrangement,

Lorsqu'il fat près de dame Pietersen, il joignit les mains Aout elle et courba profondément la tête ; mais, dès qu'il se fut acquitté de cette marque de : respectueuse déférence, il s'élança vers le jeune homme, lui saisit les deux mains et se mit à les baiser avec ardeur, tout en Murmurant d'une voix caressante :

“Maître à moi! maître à moil

—Eh bien |! Congo, dit Walter d’un ton triste, tu pire pour le pays du soleil. Tu es Content, n'est-ce pas

. Le négrillon baissa les JEUX et secoua la tête négativement,

“Tu oublieras bientôt, sous le beau ciel de l'Inde, l'air glacé de la Néerlande et Ceux qui le respirent, ” dit le jeune homme en soupirant,

Ongo bondit debout et s'écria en montrant lorient, orient :

adresser moment étrange sourire | se touruit était

, ègre qui Î Pit ar il ne : crépue loin, il : témoitre ses ts éclaloir ses

znit les à tête ;

que de

e hombaiser cares-

ste, tu est-ce néga-

Inde, ent, ?”

trant

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