PAR
“ Chaud, là-bas... du feu... pas bon... Walter AVEC... la mère avec... alors bon | ”
l'agitait ses mains en l'air, et il allait exprimer P'US explicitement les émotions qui remuaient son âme lorsqu'il sauta tout à coup en arrière et demeura
un serviteur qui voit son maître s'approcher. e ‘Maîtresse à moi [” dit-il.
alter devint pâle et se mit à trembler il voyait à quelque distance madame Van den Broeck s’avan-
. CT vers le quai avec ga fille et une servante,
réserve,
cise, ça physionomie naïve et ingénue, et son âme
innocente semblait luire dans son sourire ouvert et franc.
Tandis que sa mère tendait Ja main à dame Pieter. Sen et engageait Ja Conversation avec elle, Adélaïde 1 dit :
Et Pr
Vous, Walter, vous étiez pilote du navire, ,, Que ne
peut on rêver, n'est-ce pas ? ”
Le jeune homme tressaillit; il voulut parler, mais
sa voix mourut avant d'arriver à ses lôvree,
“Pourquoi étes-vous si triste, Walter ? demanda
la jeune fille, Ah! qu'est-ce que je vous demande à? Vous n'avez plus de compagne, n'est-ce pas ? Vous ne pourrez plus causer familièrement qu'avec votre mère malade, C’est triste, en effet, Que de. plaisirs nous avons eus depuis notre enfance! Vous avez été pour moi un bien bon ami, Walter; je com. prends que vous soyez aflligé de me voir quitter Amsterdam.
— Et vous, | Adélaïde, demanda le jeune homme ému, n’étes-vous donc point du tout affligée.
— Oui, sans doute, mais le plus fort est passé. Lorsque je me trouvai au commencement dans la grande. maison de la rue aux Herbes, votre image venait toujours se placer devant mes yeux; de quelque côté que je me tournasse, j’entendais toujours votre voix qui m'anpelait.... Et alors, Walter, dans mon isolement, je fondais en larmes et je pleurais durant des heures entières.
— Vous-pleuriez? vous pleuriez, Adéluïde ? dit le jeune homme profondément touché... Pourquoi ?
— Vous vous l’imaginez bien; sans doute, ,, Parce que vous n'étiez plus avec moi.
— Et maintenant vous partez sans chagrin ?
—Maintenant, c'est fini, Walter; ces larmes ne pouvaient durér éternellement.
— Hélas ! dit d’une voix plaintive le jeune homme désolé, vous m’aurez donc déjà oublié avant d'être en vue de Ja rade d'Amboine | ”
Deux larmes brillaient dans ses yeux, et il attachait sur. la jeune fille un amer regard de rproche, qui parut la surprendre et l'affliger,
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rez oubliés avant que je vous oublie... Rosalie Peut attester que je pense À Vous, que jo parle de-
avec un sourire légèrement railleur :
“ Vous denandez qui de Vous deux oubliera l’autre le premier? Ce n est pas difficile-à dire : ce sera Certainement Walter.
—Moil s'écrie le jeune homme. Je l'oubiierais, elle! Oh! Rosalie, ne plaisantez Pa:, je vousen prie.
— Mais c'est bien facile à comprendre, répondit la servante. Si déjà, ici, Adélaï le son e À vous du
+ Matin jusqu’au Soir, que sera-ce Jà.bas ? Là-bas il n'ya ni Compagnons de jeu, ni amis, ni Connaissan. œs? A quoi. penserons-nous À Amboine, croyez- Vous? À notre chère Hollande, à Amsterdam, à CEUX qui vivaiont avec rous. Vo alter, vous deviendrez médecin, vous vous mafi peu vous oublierez ceux qui sont partis :
jours ainsi que vont les choses,
— Oui, oui, dit Adél:ï le, c'est VOUS qui êtes encore le plus heureux; vous demeurerez dans notre belle
Patrie, tandis que je vais, moi, m’en éloigner-de Plu-
sieurs milliers de lieues, sans savoir si je Ja reverrai Jamaus, +.
—Et vous ne déplorez, pas çe départ ? s'éoria: Walter avec un désespoir à peine comprimé, pi
— À quoi cela servira-t-i] ? murmura Adélaï je. Je dois, en fille Sou misé, suivre mon père, et je gonve Ma consolation dans l'accomplissement de ce voir, |
EE
Le jeune hômme f#issonua de tous ses membres ;
ôn eût dit, que les douces paroles de la jeune fille Pirritaient, ‘ :
La servante dit en riant malicieusement ;
‘ Plaintes inutiles! rien ne: s'oublie plus vite que ces amitiés d'enfance! Mademoiselle a bien raison de Dé pas trop se chagriner. Soyez eûr, Walter, que, dans un où deux ans, vous sugei bien qu'Adélaïde, Vous vous souviendrez à peine que yous avez eu taut d'affection l’un pour l'autre. Et Pourtant il n’y a rien à y faire; il faut accepter la vie telle que le Seigneur nous la fait, ” Ç
Accablé par la conviction que ni Adélide ai Rosalie ne comprenaient la nature de con chagrin, ‘Walter se couvrit la figure de ses deux maine,
La jeune fille le Contempla en silence pendant quel-
“ques instants, Tout à conp une joie radieuse illumina son visage, et, appuyant la tête eur l'épaule du jeune homme, elle lui dit à l'oreille : |
: Walter, je sais un moyen de n'être pas longtemps
. séparée de vous.
—Un moyen! s'écria Walter avec un sourire de “bouheur, 4 | parlez |
— Venez aussi dans l'Inde, Waitér.
— Toujours la même chose dit le jeune homme en
goupirant, : | :— C'est en effet l'unique moyen, remarqua la sèrvante. LE de
—Oh! promettez.le-moi, reprit Adélu: ke. Je'vous attendrai, j'espérerai toujours et ne cesserai d’épier
-le navire qui vous amèuera.
—ÆEt ma pauvre mère ?: Are ROUE AP: Prat
«-Emmenez-là avec vous, Walter; alors nous 8: «à (OUT ‘éunis Comme auparavant, . .: ! ‘4 '
«+ AE ! vous voilà donc enfin! s'écria Va des aout rqi s'avutgait sur le quai. Vous nous feriez