‹ Batavia [microforme]Chapitre 17 sur 27 · JUS, COM · texte numérisé non relu

JUS, COM

ce sont qui poralous. ou res dont

dignité, ct, tout. en Ranifentank sou mécontentement par, quelques. paroles de colère, il voulut se lever ; mais le sjahbandar le retint et lui dit :

‘Soyez calme, commandant ; si vous tenez à voire vie, n’adressez pas un mot aux panghoulous {? + Par prudence le: capitaine dévora son dépit et resta assis, non Sans Murmurer un peu,

ù noté ce panghoulou revêtu d'une longue robe blanche? C'est le grand-p'être. Cet hom: mes est un irréconciliable erinemi deg Hollandais ; il soutient, autant qu'il est en gon pouvoir, les Anglais et les Portugais. Savez-vous pourquoi ? C'est pour d'étrange motifs. Depuis les anciens temps il éxiste, parmi les peuplées dé la Sonde, une prophétie qui dit que ces contrées seront conquise ua Jour par des hommes à la peau blanché, aux cheveux roux, au long nez, et portant des vêtements sur tout le corps même sur les maïus et sur les pieds, Où à d’abord cru que les Portugais étaient les étrangere annoncés ; à Bantam.on croit aujourd'hui: qué

ce sont les Anglais ; mais ici, à Jacatra, le panghôa: lou a donné à tous la conviction que la prophétie ne désigne pas d'aûtres conquérantsque les Hollandais. Le panghoulou est même: tellement pénétré de cette idée que vous n'enssiez certainement pas obtenu Ja paix s’il eût été. seul: à se prononcer. >. J'entends aux-rumeurs de la foule, quels pangerang appro: : che. Restez en place; comniandant, ; él ne vous le: VeZ pas avantque le sultan ue: vous ÿ convie... ?

Soudain tous les gongs, leskempouls, les jaron-boë rangs les rebaps :etles tifas: éclatèrent:en. un forrais dable vacarme,.et remplirent l'air des: sons tram blants et:nerveux des plateaux de oùivre.et des roulements févreux des tambours. Ceut ua ronfe, ment, un cliquetis, un tintamarre tel que. les Hollao. dais se ‘fussent. bouché les oreilles pour échapper:À

cette agaçante harmonie des gamelangs, si de graves motifs ne les cussent contraints à la réserve et à la résigpation.

Le pangerang parut à l'extrémité de la place. Toutes les têtes g'inclinèrent, tous les Jeux se baissèrent vers la terre car c'eût été une grave inconvénance que de fixer le regard eur le visage du prince.

Quelques orang-kays de distinction marChaient le klewang levé, aux côtés de, leur prince.

Derrière eux venaient une vingtaine de serviteurs qui portaient chacun quelque riche objet destiné

l'usage du Pangerang ; l’un tenait sa boîte à bétel, l'autre une gourde pleine d'huile odoriférante du kalappus, un troisième du tabac, un quatrième une mèche allumée, un cinquième les lyéripous ou pantoufles du sogverain ; un grand nombre d'autres marchaient à la suite, chargés des images en or de divers animaux... Six jeunes radhens of nobles portaient un. bsuc: en argent et un coussin de Velours. { |

A près ces «erviteurs s'avançaient trentre ou quarante jeures filles javanaises, toutes vêtues avec uve grande richesse et portant un badjo surte d'élégante. .veste de drap d'argent, et une courte jupe de satin ou d'étoffs de coton aux couleurs éclatantes, Leur tête était ornée de plaques d’or et de fleurs, et leur chevelure, leur cou et leurs bras étaient tellement enduits d’une huile odoriférante qu'elles étaient comme enveloppées d'un nuage partumé. C'étaient les bedojos ou danseuses du priace.

Le pangerang traversa lentement la place, gravit le tertre préparé pour lui et s'assit eur le dampar on banc d'argent, Ses serviteurs se placèrent aux tôtés de leur meître sur des nattes étendues par

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t-rre ; les danseuses se retirèrent en arrière ét allè: rent so ranger devant les joueurs de gamelang.

Sur ün sighe presque imperceptible du sultan, les musiciens Cessèrent leur étourdissant vacarme, et sur la place se fit un profond silence, d'autant plus saisissant qu'il succédait à un bruit formidable. ÿ FAI

” Le prince javanais, Wydurk-Rama, était un hoïime

d’un âge moyen, Son visage paraissait d'un jaune plus pâle que celui de ses orangs-kays : il ténaît les yeux à demi-fermés, et son regard avait une expression à la fois indécise et rusée qui trahissait l'as. tace et peui-être aussi l'étroitesse de l’esprit. Quand il entrouvaient la bouche 6n pouvait voir ses dents rendues noires comme l'ébéne par l’usage: du bétel, particularité que l'on remarquait aussi chez la plupart des orang-kays et même plus ou moins chez tous les Javanais. Le sultan portait sur la tête un turban rouge, autour As s'enroulait un ‘collier de pierreries. : Un dodot kobar, où robe trefnante de sois jaune, retombait en longs plis derrière lui’; une précieuse écharpe, brodée d'or et d’ar ent, ceignait plusieurs fois sa taille, La poignée EN crie qu'il ortait #4 côté droit resplendissait de diamants, et le Ourrenu, aculpté en bois odoriférant et durei au-feu ortait des incrustations des métaux les plas précieux, oùs les doigts de ses mains étaient chargés de bagues. TL avait les pieds nus ; + partie dé sa poitriue était découverte, et l’on pouvait voir qu'il avait lui aussi, le corps frotté d'huile de kalappus. Maïs à celte huile il avait mêlé, comm là lupart des orang-kays uné sorte de pâte faites de bois dé santal réduit en poudre et d'autres matières colo- Fañtes, Le Après un assez long silence, durant lequel tous les ‘#pectateurs étaient restés immobiles,- le sal.

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tan treina .le regard: du, côté, cù était assis..le commangant hollandais. A cetie vue le sjahdanbar s'avança à .quelques pas de son souverain et se:tint débout, la . tête baissée: .Il n’osa s'approcher, du paogerang que lorsqu'il en eut reçu l'ordre, etlui dit alors, en s’inclinant presque jusqu’à terre, que le commandant hollandais était venu cffrir lui-même au sultan la somme promise et quelques présents.

Lorsque le sultan, après quelques questions relatiges aux huit. mille réaux, lui donna l’ordre.d'amener le commandant en sa présence, le sjshbandar s'inclina plus profondément encore et s’éloigna. en disant: Cahoela sampejan, formule de respect qui équivaut à: , Votre esclave.est à vos piede, Nul ne pouvait prendre congé du sultan sans prononcer cette humble salutation. :

Le sj«hbandar fit avancer le commandant hollaudais et les hommes chargés de présents et les conduisit vera sou souverain. En cet instant, les yeux de toute l’armée étaient fixés sur les Hollandais, pour voir l'accueil que le sultan allait leur faire ; car li y avait certaines formes connues de tous, Vote quelles on pouvait juger du degré de considération que le souverain accordait à ceux qu’il recevait.

Le prince donna au commandant hollandais le.titre de radhen-senapati, qui signiñe général en chef, et le pria de lui montrer les présents. On les déposa anx pieds du sultan, Il fit peu d'attention d’abord aux riches étoffes et aux klewangs japonais; mais il demanda qu'on ouvrit le coffre pour Ini faire voir l'argent. Après avoir fxé les yeux pendant um inathnt et avéc ane évidente satiolaction sur les pièces de monnaie, il fit refermer le coffre, puis il prit en main les étoffes et les klewangs, Sur un signe de

lui, quelques serviteurs enlevèrent le coffre et: les

présents : le sjahbandar se rit à leur tête, et ils vra+

asis..le hdanbar et setint cher . du re, etlui e, que le ui-même présents.

ons relardre. d'ahbandar igua en spect qui

Pal ne icer cette

t hollanles conles yeux landais, aire ; Car par .lesidération vait.

is le.titre hef, et. le posa aux Jord aux ; mais il aire voir ot um inles pièces IL prit en signe de re et, les et ils vra+

vefsdrént la placé pour allé norter 1 ot16 care au daim ou È ur Fa à Re EN : 56 paugérang désiéena à Vän den Brébkl nds %e à côté" dé lui, ef, Joréqée ie Capitäine é6 fat dis Dpt Ati complaÿts 1e prince dit eù Malais: 2 0 12 .: NAGUEN-Senapati, jé vous remercie pour Fos nié. seûts. Mon sjahbandar va compter PAR ue ER remettra nie quittance tout à l'heure, Ainsi, nüug avons la paix? J'espère que les Orang-Wollanda ge et < rorrpae de m4 bonté,” + . "au den Broeck répondit d'un ton came er dv: Aigaant les rte ds: AS et fee Ael ‘de respect ; il s'efforça de fire comprendre pr ange Rd Hollandais n'avaient pi désiré He Fo:

Yoqué la Buerre ; qu'ils étaient même prêts À hrs rs sacrifices véritables dans l'intérêt do la. Fr È se plaignit aussi de la. conduite dés ‘Apple et br i, Laure" us quelque temps déjà, le gerai * écoutait plus. ‘ Il ui prés Fabiiudé ou par dideén 0 sa SR Fe capitaine 8 éxCusa Ct dit qu’il ne prenait jamais de bé. tel, “Le ‘prince lui larça un regard de dédaih qui, en toute aüire circonstance, ef fait bouillir lé tri dañs les veines du courageux Hollandais. Sans

son hôte, le sultan Wydurk-Rama tira de [4 ‘Bof

hôte, le su - ira de |:

une ae de bétel saupoudré d’un nat dé nue coquilles ÿ plaçr un petit morceau de nüix d'ateb vec un peu dé camphre, plia le tout ensemble et Te e, FE; 1509 L'él

Aussitôt un serviteur vue un vaëé ‘d'éte fl : étaient déjà ronges comme

Bäns”adrésser dé nouvéña là nice à sise veau là parole au capitaiy

le prince mâcha son bétel pendant assez torse

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en échangeant de temps en temps quelques paroits à voix basse avec le grand-panghoulou.

Van den Broeck nese sentait pas. à l’aise. Bien que le pangerang, en le faisant asseoir à côté de lui, en lui donnant le titre honorifique de radhen, et en lui offrant même sa boîte à bétel, parût vouloir montrer publiquement qu’une francheet cordiale amitié régnait entre les deux peuples, il semblait au capitaine que toutes ces démonstrations étaient feintes, et qu’au fond, le prince javanais avait de tout autres sentiments que ceux qu’il manifestait. Mais, comme il se trouvait au milieu de plusieurs milliers d’ennemis, sans moyens de résistance ni espoir de secours, il dissimula son mécontentement et ses craintes. Ils’efforgr même .de se persuader qu'il se trompait, etque ses soupçons n'étaient pas justifiés par la conduite du sultan.

Un. profond silence régna de nouveau pendant

uelques instants. Le sultan prit une nouvelle dose & bétel, se leva descendit du tertre sur la place, et s'achemina lentement sans regarder le capitaine. Tous les serviteurs et la garde d'honneur d'orangkays le suivirent, L2 dommagon s’approcha des Hollandais et leur ft signe de prendre rang dans le cortége ; ceux-ci obéirent à l'invitation, et le dommagon lui-même se plaça à côté du capitaine pour lui tenir compagnie.

Van den Broeck marcha longteraps sans faire ia moindre observation, parce qu’il considérait le dommagon comme us ardent ennemi des Hollandais, On &t faire le tour de la place aux ambasseurs ; on les conduisit avec intention devant le front detoutes les trgppes qui s'y trouvaient réunies. Le pangerang voulait par là frapper leur esprit en leur montrant deprès les formidables forces dont il pouvait diaposer.

arotes à

. . Bien 0, et en vouloir cordiale blait au

étaient vait de nifestait.

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s faire ia , le domdais, On : On les outes les

ingerang nonétrant it diapo-

Arrivé à un certain.endroit, où les rangs des guer:tiers javanais étaient très-épais, Van don Broeck tourna la tête par hasard, et vit un ; certain nombre d'orang-kays et de simples soldats étendre. vers lei leurs crics et leurs klewangs d’un air de menace et avec un ricanement de vengeance, Blessé par cette insulte, il dit à son guide javaaais :

“Seigneur dommagon, je ne sais ce que je dois penser de l'étrange réception qu’on nous fait ici. Pendant tout le temps que j'ai ét assis auprès de votre eultan, les panghoulous m'ont regardé en face d’ano façon qu’en Hollande on nommerait au moins inconvenante. ..”

Le dommagon posa le doigt sur ses lèvres et murmura avec une sorte d’effroi :

“Ne parlez pas des paughoulous, commandant, S'ils vous entendaient il poarrait vous en arriver malheur.

M'en arriver malheur ? répéta le capitaine d’ano voix contenue, mais irrités, Mais Je suis venu au milieu des Javanais comme ambassadeur, geigaenr dommagon ; je représente ici le sultan de mon pays, et, d’après les lois de tous les euples, vous devez me respecter en cette qualité, Je crois qu’en aucux cas il ne peut m'arriver malheur ici, © quelqu'un d'entre vous osait oublier jusqu'à ce point ce qu'on doit à mon sultan, et surtout au puissant peuple au nom duquel je suis venu ici, cela sufirai: pour susciter entre les Javanais et les Hollandais uue guerre sanglante et qui se prolongerait, sans aucun doute, jusqu’à ce que la ville de Jacata ettous ses babitants eussent disparu de la surface de la:terre."

À 2 dommagon sourit et fit un mouvement d'inceéulité, : me

‘Vous buussez les épaules ? dit Van den :

aves ane colère comprimée. Notre gouverneur æé-

pes Peut revenir cha uë jour avec ae flotte’ nom: Dreusé: Ch yéz-Vous dont, séigneër doiidgos, fu'à BON retour, lés-Jdvandis us ent tenir! contée hoûg(? RATE TO

Ne #bvez pas trôp bréso am ns

MES, Comaddabt, ‘dit lg dommagôn en l'in:

térrôm pañt, je‘he compréhds pas dé quoi vous fois plaignez. Mon sultan né-vots ait.il pas fait ‘asseoir à COTE de Jui ? ‘ne! VOUS 4-k-il pas présenté sa bofeo à bétel /-n'42t-if'phs fait danser devant vous ‘ses bedo. JS? Tt në pourrait farre plus” d'honneur À l'empe. rèûr de Matarätn: Mhintenant yons Ma | dans sôn phlais ; il vous y recevra, pârtagerä lun festin avec vous, et vous présentera à sa mère; Ratoe-

“entjono. ,.. Que’ pouvez vous désirer dé plus ?” .: Van den Broeck ne sut que’ répondre à cés.argu. méüts, bien qu'ils ne le rassurassent que médiocrement, . ; ' : je 4

“S'il en est ainsi, dit-il, il faut. que beaucoup d'o-

bon fr de guerriers n'aient pas pour leur eu]. tan tout le respect qu'ils lui doivent. e

"Oh! qu'ostz vous dire ? murmurx son guide.

‘Si votre sultan m’a vraiment témoigné de l'ami. té, Comrné je dois 18 croire, comment ge fait-il que osé me menacer de ‘leurs cics ?

: — Vous vous êtes trompé sur leur: intention, commandant, dit 1 dommagon en riant, ou, si les Choses .$e sont effectivement passées comme vous le dites, ce

eont probablement des hommes de Béutétn qüi ont

‘agi aïn8i. Elssont mécontents quê otre sultan fis. “sent ]n paix ave les Hollinüaie, Je crayais que les

Orang-Wollanda né redoutaient rien ! Franquillisez-

vous, ‘il ne'vous sefa fait aucun mal, ” ©: ge

8 étaient déjà entrés dans la ville de Jacatra et

des orang-Kays ét même de simples guerriérs aient -

éverssient üné lougue rue, entre une double: haie dé guerriers, : Lés "Maisons, construites en batnbous

be. :

6’ flotte’ nom AMAGOR, qu'à contfe Hoûs!?

gôn ‘en l'in:

oi vous ÿoüs fait asseoir À té sa boîte à us ses bedour à l'empe- 1ccompapgnez .

derk RARE.

aère, ‘Ratoe- "dé plus ?” à ces arou:

le médiocre-

aucoup d'our leur sul-

n guide,

ué de l'ami.

fait-il que

rriérs aient

ntion, comi les choses le dites, ce am qui ont ‘sultan fis.

ais que les mquillisez- Jacatra et üble* haie : bambous

ri

et en rotangs, étaient d’une Coquetterie et d'une: propreté charmantes ; sur leur façade s'avançait un auvent qui garantissait à la fois du soleil etude la pluie, et toutes étaient ombragéesipar des arbres au feuillage luxuriant, Derrière les rangs des soldats etentre Ces arbres plantés devant. les maisons 8e pressait une foule compacte de femmés, d'enfants et. de vieillards. Quand le sultan passait, tous çourbaient la tête et tombaient à genoux ; mis, sur le passage des Hollandais, ils témoignäient, par de. haineux murmures, le déplaisir qu'ilssressentaient de les voir, éntourés de tant d’honneurs, se rendre au. dhalm, à la suite du souverain.

Enfin le cortége approcha du palais du sultan, édif. ce vaste et élevé, qui re se distinguait .des autres habitations que par une plus grande éten luc’ et une

ornementation extérieure plus riche, EIRE En arrivant à une sorte de parvisque le‘ waringa (1) arbre sacré, ombrageait de sa cîme msjestueuse, le dommagon prévint Van den Broeck que Je négociant et l’esclave noir pouvaient pénéirer seuls ‘avec: lui dans l’intérieure du dhalm, et que les soldats seraient rcçus ailleurs. Après cet avis un orangkay, emmena ces dérniers par uñe porte latérale, et. Van den Broeck suivit silenciéusement le dommagon, qui,. à travers deux rangs d'orang-kays, le’ conduisit dans une place où il n'y avait p18 d'Hommes armés. Là, le dommagon annonça qu'il allait demanuer «il pouvait introduire l'ambassade auprès du itultaa, et, disparaissant au fond: de la salle, derrière an rideau, il laissa les Hollandais seuls. L Le nègre leva les mains au ciel, ét, comme si'le (1 Pons rekgicsa (fcus India). Cet aybre se trouve devant tous les mag, “an indiens, parce que l’on croit que c’est gous: son ombre que ddha à instruit les hommes is ,

der

long silence qu'il avait dû garder jusque-là l'eût suf.

foqué, il dit en soupirant profondément : , | igneur ! Seigneur! délivrez mon bon maître du piège dans lequel il est tombé ! |

Que: veux-tu dire, Congo? demanda Van den Broôétk. Toi aussi, crains-tu une trahison ? Sais-ta quelque chose ?

-—Je'sais comment nous sommes venus ici, murmura le nègre, mâäis je ne sais pas comment nous en sortirons..,,

Le capitaine promena autour de lui un regard ivquiet. Il remarqua que le passage par lequel ils étaient entrés dans la salle, était gardé par de nombreux ;jorang-kays, le klewang levé et le cric. hors du fourreau. Il lui sembla que leurs yeux étincelaient de haine et qu'un féroce sourire contractait leurs lèvres.

Son compagnon, le négociant, remarquant la défiañce qui se peignit sur son visage, dit :

‘ Mais, que craignez-vous, commandant ? Serionsnous menacés d'un malheur? Le pangerang nous a cependant reçus avec beaucoup de bienveillance.

—Mourir sur le cliamp de bataille, ce n’est rien, mürmura à part lui Van den Broeck: mais d’être tué somme un chien par ces lâches, tomber sous les coups de cent poignards! Ah! si j'en avais cru le fatal pressentiment que j'ai pu lire sur les traits de ma femmel... Ma pauvre Adélaïde, ma malheureuse enfant!.,.. Mais je vendrai chèrement ma vie : ils sauront ce que leur coûtera le sang du capitaine Van den Broeck |! ”

À ces mots il porta la main à la poignée de son

pée comme s’il voulait la tirer du fourreau ; mais le négociant le retint et chercha à lui faire comprendre que sès appréacasions étaient sans fondement, . Ces

peuples indiens avaient de si singulières coutemes

D Ô Dose 15 À à 4

-là l'eût suf.

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a Mo den on ? Sais-tu

18 ici, murént nous en

ù regard icr lequel ils ‘dé par de $ et le cric leurs yeux rire contrac-

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t? Serions- "ang nous à eillance.

> n'est rien, mais d’être ber sous les vais cru le es traits de 1a malheurement ma og du capi-

née de son

u ; mais le ompreudre ment. . Ces

3 coutumes

qu'un étranger ne pouvait sur ce point sa fier à son proprejugement.

n des principaux orang-kays souleva le rideau

qui masquait la porte et dit en s’inclinant :

‘Le sultan attend les Orang-Wallanda dans. la bangsal (1). Veuillez me suivre. ”

Van den Broëeck, la main sur le pommeau de son épée, le négociant et le nègre suivirent l'orang-kay ; mais à peiné avaient-ils mis le pied dans l'autre salle qu'une quarantaine d'orang-kays s’élancèrent de derrière le rideau. Avant que le capitaine et ses compAgnOns. pussent faire un seul mouvement pour se déféndre, ils étaient terrassés tous les trois. . On les étréiguit fortement, on les bâillonna ;. des crics étincelants menacèrent leurs têtes, tandis que d’autres agresseurs Jeur liaient les bras et les jambes.

Comme Van den Broeck et surtout lé nègre faisaient de violents efforts pour sè dégager, ils furent frappés jasqu’au sang, à coups de poing et à coups de pied. En un instant, d'ailleurs, ils se trouvèrent si so’idement garrottés qu'ils ne purent plus fair: le moïndre mouvement. 7

Alors. on trafua sur le sol, à travers plusieurs salles, ces trois victimes de la plus infâme trahison. Ils pouvaient entendre les cris de rage et de détresss des soldats hollandais, assaillis comine eux À l'improviste,

Dans la partie la plus reculée du dhalm se trouvait use sorte de çcachot. , Les oraugs-kays trafaèrent les Hollandais jusqu’à l'entrée de ce trou obscur, les précipitèrent d'en haut au fond du cachot, et les y abandonnèrent, chargés de leurs liens. Puis ile couraren$ informer le sultan que leur odieux attentat avaït pleinemént réigsi,

it) Grañde salle de réception, aussi nommée mendope.

Tant que dura le jour, et même jus w’à une heure avancée de la soirée, personne ne s'éto na à/la factorerie que le capitaine Van den Broeck ne fut pas’ de retour. Les Javanais avaient coutume de prolonger leurs fêtes et leurs réunions bien'avant dans Ja nuit, On voyait encore scintiller de nombreuses Jumières dans le camp javanais, et on y entendait retentir de joyeuses clameurs de la foule. : Selon touté probabilité, le commandant hollandais avait été retenu jusqu'alors par'la bienveillante et honorable hospitalité du pangerang.

Cependant, lorsqu'enfin la plus profonde obscurité enveloppa le camp jvanais @ que tout bruit ent cessé, les soldats hc "ais commencèrent à craindre que leur chef ne f: ‘;;enu victime de quelque tra: hison. Le conseii (e guerre se: réunit au milieu de la nuit, et délibéra avec une anxiété croissante sur ce qu'on pouvait faire dans cette situation encore incertaine, mais déjà menaçante. On décida enfin qu'on attendraït le. jour pour envoyer aux informations, et que jusque-là on veillerait, mèche allumée, pour être prêt à repousser toute agression imprévue.

. On examina aussi ce qu'il y aurait.lieu de faire ei les Javanais avaient réellement {mis à mort le commandant et sa suite. D'abord cette hypothèse fit frémir de rage et. d'indighation tous les membres du Conseil de guerre, et l'on ne parlait rien moins que d’une sortie avec toutes les forcés. disponibles et de l'anéantissement de l’armée ennemie ; mais, Pierre Direkez ramena bientôt les esprits à une vué pius nette de la situâtion, Il exposa à ses collègues que de nouvelles troupes étaient venues probablement

de Nb à

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