CUS
La mère dit d'une voix douce : rs , Encore deux ou trois mois, et nous retournerons au pays. Cette idée n'est-elle ».s3 assez consolante pour te donner et le courage et la force, Adélaïde ? Vous vous faites illusion à vous-même par amour pour moi, ma mère; vous vous trompez afin de pouvoir me tromper aussi. Depuis quatre ans on: me berce du même espoir, Lorsque nous fimes voile d'Amboine, on me fit croire aussi que nous allions vers notre pays; et voici cinq mois déjà que nous sommes à Java.,. Oh! je le sais, rua mère, mon pied ne touchera plus jamais le sol de la Ho:lande. , e —Pauvre folle! dit la mère en, soupirant, ne crois-tu plus à rien qu'à ce qui peut aggraver ton mal? Je te dis que nous retournerons au pays dès :que cette forteresse sera construiis, dans trois mois au plus tard. Ton père déclarait te matin, en ma présence, au gouverneur général, que rien au monde, ni les trésors, ni les dignités, ni même le sentiment du devoir, ne pourraient l'empêcher de partie pour.la Hollande, afin de délivrer sa fille de ce mal. cruel, de ce mal du pays qui la dévore sous ses yeux | orne . mQuoil. est-ce bien vrai, ma mère ?.. demanda Ja jeune fille avec une joie mêlée de doute et de cfainte. È Je, —Je-prierai M. le gourverneur Koen (1) de l’attester devant toi, si tu réfuses de me croire. Tu as ‘riton, Adélaïde: je t'ai trompée par pitié et par ‘affection por toi, mais aujourd'hui ce que je te dis ‘ésé bien la vérité? ‘ . ., a Aa.
‘La jeune fille frappa des mains de joie ; un céleste (1) Le gouverneur général de l'Inde pour ls Compagnie hollandaise était, à cette époque, Jean-Pierre Koen,
urnerons asolante délaïde ?
me par npez afin atre ans us fîmes que nous 1ois déjà Sais, Ta sol de la
rant, ne aver ton au pays ans trois matin, en > rien au même le -écher de a fille de vore Sous
demanda ute et le 1) de l’ate, Tuas itié et par 8 je te dis
un céleste
gnie hollän-
mi gs Ra ne >
‘encore ge Comprendre “Chargé du sel irrite et fatigue;
AN
ina 824 traite, et elle s'écria
“Je reverrais ma Hollande shérie | Où ! ce serait un si grand bonheur que je doute qu'il puisse m'ar. $ rois, ma mère; Je trouverai des consolations dans le doux espoir qui m'est donné ;
qu'à ce que l'heure
e 8i. une autre pensée eût sprit, elle s'écria avec un
‘“ Ma mère, comment retrouverons-nous nos amis là-bas? Que seront-ils devenus ? La femme dy chan. Le vieux uégociant? Lise, la petite fille de l'épicier? La bonne dame Pietersen ? Elle était gi malade et si Chassons cette affreuse pensée! Et, Walter ? ;il sera déjà
médecin, n'est-ce pas? Qui sait si quelqu'un de ces amis songe encore à nous ? ?
Madame Van den Broeck triste impatience. Elle savait par
— Que tu fasses abattne à ‘Amboine
Bature est si féconde ‘et si gé
D De
fendit de magnificence et de beauté; tout ce que ‘homme peut désirer s'y trouve en abondance... Si celui qui a mis le pied sur le sol de Java voulait se représenter le paradis terrestre, comment le rôverait-il autrement? C'est un sentiment bien naturel sans doute que celui qui nous fait aspirer vers la patrie absente; mais ce sentiment ne doit point aller je un fanatisme qui noug rende aveugle pour es merveilles et les bienfaits que le Créateur a répandus à pleine mains sur ce coin béni de la terre,
—Vous dites vrai, ma mère, répondit la jeune fille ; ici la nature est riche, elle est grandiose, elle est d'une inexprimable magnificence..,."”
Et elle ajouta avce un accent pénétré :
“ Mais rien ici pourtant n’a le charme ni la beauté de notre chère et paisible Hollande!
Oui, ouil s'écria le nègre. Hollande, bean paysl Là..., Walter... bon maître à moil”
Un sévère regard que lui jeta madame Van den Broeck fit reculer Congo, les mains ‘ointes, jusqu’au pied d’un haut cocotier.
Il y eu un court silence après lequel la mère dit à la fille :
“ Adéluïde, prends donc une bonne résolution, mon enfant. Montre à ton père que tu veux vraiment attendre avec courage et confiance l'instant promis; cela le rendra si content! Ce qu'il va faire pour toi, c'est la plus grande preuve d'affection qu'un père puisse donner à son enfant. Songe donc que le gouvernement supérieur de ce nouveau pays lui est réservé d'avance; ici sera bientôt le principal établissement de la puissance hollandaise dans l'Inde, etton père occurerait, par conséquent, le premier rang après le gouverneur général ; l'espoir de deve- “mir, avec le temps, gouverneur général de toute l'inde néerlandaise ne lui est même pas inierdit.
t ce que ance ; e Pol , voulait t le rêve- , naturel r vers la vint aller gle pour ur à ré- \ terre.
la jeune ose, elle
la beauté
le, beau ER
Jan den jusqu’au
ère dit à
solution, ux vrail'instant qu'il Va 'aff-ction pge donc eau pay ] rincipa > l’In de, premier de devede toute interdit,
Riengne pourrait fatter davantage son org ambfl{on d'homme,
—Oh! que le bon Dieu, da
mon bon père de l'af-
qu'il a pour moi, Tout ce qui peut lui donner quelque joie, ,, ”
n ce moment, un
; elle semblait très-émue et tremait de tous ses membres, “Pauvre folle! dit tristement Ja mère, Pourquoi l t le navire Z% Flèche, envoyé et Qui avait ordre de re.
Venir aujourd’hui, On l'attend depuis ce matin, ” 9 nègre, au bruit du Coup de canon, avait grimpé Sur le cocotier et était suspendu au tronc de l'arbre, Une hauteur de coixante pieds, Lui aussi regardait du côté de la mer avec une avide curiosité. codant un instant Adéluï le attacha sur lui un regard humide et brillant, et Parat lui demander ce qu'il #percevait; mais l'expression ; visage de Congo la découragea, Elle se rassit, silen. cieuse, à côté Jdesa mère : mais i ant, à tout instant
* La servante avait été réveillée aussi tissement du Canon et.slétait levé } Mais, en voyant see maîtresses garder à même etfitade or le bane, elle s'était rassise, sans dire Mot; contre le tronc du
quel intérét prend donc ce pauvre Congo à que Vaisseau qui arrive ? dit à demi-voix mada-
— dus
me. Van den Broeck.. On dirait, qu'il attend. aug
qu'un; car lui, du moins, ne souffre:pas du,mal
pays. 4 f
— Vous savez ce quec’est, ma mère, dit Adélaïde, Dans sa simplicité, il s’imagine que. Walter Pietersen doit veniraux Indes. Congo a bon cœur; le. pauvre esclave n'a gardé .de la Hollande qu'un souvenir: c'est qu'il a rencontré dans ce paye un homme qui le protégeait et l’aimait comme s’il n'eût pas été un malheureux noir, jeté au milieu. de.ce monde en paria.
— Il est fou et contribue par ses folies à augmenter tes souffrances. . Descends de cet arbre, Congo; et. tiens-toi en repos, sinon je. me plaindrai de toi au capitaine. ”
Le nègre se laissa glisser du haut du cocatier et s'arrêta au piéd de l'arbre, la tête basse et: les mains jointes,
“Viens, Adélaïde, dit madame Vau den Broeck en se levant, regagnons la factorerie.. Ton père m'attend à cette heure. Montre-lui un visage joyeux, mon- enfant, et remercie-le de bon cœur de ce que gon affection pour toi lui a fait dire au gouverneur général. | #
Il fait si bon et si frais ici, ma,mère, dit la jeune, fille d'une voix suppliante, et l’airzest si lourd et si étouffant dans la faetorerie, au milieu de tous ces
* ouvriers! Oh! demeurez encore un peu avec moi à. l'ombre de ces arbres. ; uns | . —Non, Adélïde, je dois rentrer ; mais ce n'est; que pour un instant. Reste.ci, si tu le désires; je : viendrai t'y retrouver#out à Fbgure. . En attendant, sois calme, mon enfarié et n6 pense plus aux choses . qui: t'attristent, ” GT er "A M Par un signe elle ordoyua à la servante de s'asséoit: auprès d'Adélaïde ot se-ditiges vers la factorerte. La jeune fille suivit sa mète des yeux pendant up
profonde réverie, bien que Ro- $ salié! fût venue se placer à côté d'elle et cherchât à élaïïde. attirer son atten j etersen q pauvre venir :
) qui le a mal- | paria.
menter Per À ps et. e nom de ce ‘Pays bien-aimé était tout-puissant ti: db sur l'âme de la jeune fille. Elle se leva vivement et demanda d’une voix tremblante :’ itier : et Fo Que vois-tu, Congo ?
mains 4 —Llarrive de Hollande L'e’écria le nègre avec en- # = thousisgme. :0 POu& est. couvert de Inatelots et de Broeck soldats, Oh ! C ?
mn père joyeux, ce que verneur la jeune, ; ind et si ‘0 happe de | arc, ous ces eut, atfeint le Port, il rencontra sur Ja 0 moi à. © place un:détichement de soldats, et aperçut des bar. * » ques qui, vénant du nayire récemment a"rivé, se di- co n'est; TIgeaicnt vers la terre POur ÿ débarquer une partie. dk ires ; je : de l'équipage.
£ choses 5h : à s'asséqit: à ip es “à FR SFèc.
déntun considéra
cueillant d'une oreille avide tout ce qui se disait. Déjà on l’avait maintes fois repoussé avec rudesse, mais chaque fois il revenait à la charge et parcourait d'un pas rapide les rangs des soldats, comme s'il se fût efforcé de reconnaître quelqu'un parmi eux.
Enfin, découragé par l'inutilité de ses efforts, il s’accroupit sur les talons conire un poteau, et dirigea tristement les yeux vers les barques qui, du navire, s’avançaient?encore vers le rivage.
Depuis longtemps il était là, immobile, lorsque tout à coup son regard étincela et un sourire où l'indécision se mélait à la surprise découvrit toutes ses dents blanches ; |
A ure grande distance de lui se trouvait un jeune soldat dont l’uniforme anvorçait un sous-officier ou un sergent, Congo ne pouvait apercevoir qu'imparfaitement son visage, parce que le sergent togrnait le dos à la côte pour donner des ordres à l'équipage d'une des barques qui venaient d'aborder. L'émotion du nègre alla s’accroissant, à mesure qu'une bier-” heureuse certitude s'emparait de plus en plus de son esprit. |
Tout à coup un mouvement du jeune homme permit à Congo de saisir entièrement ses traite, Le nègre bondit du sol en poussant ua cri de joie, courut vers le sergent, tomba à genoux par terre devant lui, saisit ses mains, les couvrit de baisers, les arrosa de larmes, et fut tellement pr par l'émotion qu'il ne put articuler un mot intelligible,
Tous les spectateurs contemplaient cette scène avec étonnement ; beaücoup riaient de la pantomime étrange ei désordonnée du nègre; le sergent lui
+ même fixa pendant un-ivstant, un regard de stu ® factiou sur l'être bizarre qui s'était emparé déses | mains d'une façon si imprévme. Tout à coup ille =”
reconnut, le releva tout tremblant, et s'écria :
disait.
desse, ourait s'il se É,
rts, il lirigea avire,
drsqaue ù l'intes ses
jeune ier ou Imparnait le uipage notion bier-” de son
ne per- > nègre ut vtr3 1, saisit larmes, ne put
) gcène
% Ci
el, c’est Congo!
es maîtres sont.il
Adélaïde ? ”
Mais le pauvre nègre étai
qu'il n
dit :
“*Suis-moi, Con Dès qu’ils furent des Matelots et des solda
al prit les mains et s'écria d’une voi
’enten tit pas la question.
et faisait d
pleine d'affection :
oublié Walter F
cœur, ” Congo
$ à peine
“Mol ayec Calme, Le
il à Jacatra ? A:t-i] ave
e telles Contorsions, qu
€PUIs quatre années Congo «. de la grande et muette
ou 87
S aussi à
r dans Ja direction d’un fnassif q’
go, et calme-toi | ”
sous les arbres, à te, le sergent
Mon bon Con
80, que fais-tu Jacatra ? Où est
t si joyeux et si ému Il dansait, Criait, un rire général
puis, précédant
arbustes, il Jui
l’abri du regard arrêta le nègre, IX joyeuse et
AIS toi, tu n’as pas la f lélité de ton
S le ciel et
je. revois mon bon attend au bord mer; mais voici 8neur du ciel :
Prière da pauvre esclave !
8 bien le holland
capitaine Van den B € lui sa femme ? ”
Le nègre ne put que faire de la tête un signe afürmatif.
“Et Adélaïde est-elle mariée ?
—Non, dit Congo avec effvrt, non; mais elle est malañe, trèe-malade,
— Adélaïde, maladel Ciel! qu'a-t-elle ? ”
L'esclave posa le doigt sur le côté gauche de sa poitrine et répondit:
“ Sukit-haty, comme disent les hommes noirs ; elle souffre du cœur.
—Mais tu me fais trembler, Congol Sa maladie : n’est pas grave, n’est-ce pas ?
—Élle est grave, maître; cela dure depuis trois ans déjà : elle ressemble à une fleur dont un ver ronge la racine. ”
Le sergent plaça la tête sur sa poitrine et murmura ane plainte étouffée.
“Ne soyez pas triste, mon bon maître, dit Congo en lui prenant la main. Maintenant notre: demoiselle sera bientôt guérie. Ah! qu’elle va’être contente! Venez, venez! elle n’est pas loin d'ici. ”
À ces mots Congo tira le sergent par la main pour . Ventraîner vers la plaine, Walter, tout préoccupé, le laissa faire, et, pendant quelques instants, suivit son guide en silence. Tout à coup Congo arréta le jeune homme, et, désignant du doigt un : massif de grands arbres :
“Voyez, maître, là-bas, près de ce grand diilingbing, il y'a une femme: c'est Rosalie... et sous les pattys une autre : c'est mademoïselle Adélaïde, ”
Wälter jeta un regard avide dans la direction qu'on lui indiquait, Bien qu'il aperçu les deux femmes, il ne pouvait à une si grande distance reconnaître leur taille, et bien moins encore distinguer jours traits, D'ailleurs la pensée qu'il voyait dé laide lui causa une si forte émotion qu'il chan-
ge affir-
s elle est
] he de sa
8 noirs; maladie :
uis trois un ver
vurmura
lit Congo e' demoi-
nain pour .
réoceupé, ts, SUIVIÉ ; arrêta le massif de
id brilingt sous les aide, Ni
direction les deux 1ce recon-
distinguer
rait Adé.
ul chan-
digg —
cela sur ses jatibes et dut appuyer ea main sur l'épaule de Congo.
Le nègre s'efforçait ‘de. Jui faire.
mais Walter, comme s'il eût élé saisi par:une sécrète appréhension, raléntissait de plus en plus sa marche et paraissait hésiter à suivre son guide,
980 n6-put contenir plus longtemps:son ‘impatience ; il Jjoignit-vivement les mains et dit ‘d'une voix suppliante : | js Fret
ermettez-moi d’être Je porteunde la bonne nouvelle ! Venez, venez, maître !. Congo vole | Oh! ma
presser le pas:
t ces mots étaient À Peine. sortis do ses lèvres qu'il courait À toutes jambes à tr Quand Adélsile ét Rosalie je
de Surprise, car
les gestes du nègre étaient gi animés qu'ils annon-
Saient à coup sûr un grand événement. .
“Seigueur | Seigneur! que dit.il là? s'écria ‘Ro.
salié d’une voix altérée,
arrivé à Jacatra ? Ecoutez!
À cette révélation. inattendi
“Walter, mon bon maître Walter est Jà : regardez,
sergent! Nous 2e Partons plus pour la Hol.
& puisé de nouvelles on plus donx vépoir appui, et, transpurtée le ciel. Unradieux
forces dans la certitude que 8 était réalisé, elle abandonna son de bonheur, leva leg Mains vers
sourire illumina ses traits, et un sang plus chaud vint donner à ses joues une teinte rosée.
. “Walter, c'est Walter! s’écria-t-elle, Ah! béni soit Dieu pour sa miséricorde! Maintenant je ne me désolerai plus. Walter me parlera de la Hollande: il me racontera ce qui s'y passe; ce sera comme si je m'y trouvais encore. Oh! Walter, c'est lui, le voilà | ”
Et la jeune fille, émue jusqu'au fond de l'âme, battit des mins comme un enfant. La servante riait de joie; le nègre sautait et dansait en poussant toutes sortes d’exclamations.
Le sergent fut bientôt assez près pour qu'on pût distinguer ses traits Adélaïde fut étonnée et presquo affligée qu'il ne fît aucun Signe, aucun geste pour témoigner sa joie. Peut-être perdait-elle un peu du charme de son premier souvenir en voyant s'approcher, au lieu de son ancien et cher camarade d'enfance, un hoinme déjà fait, dont la démarche et la contenance trabissait plutôt le respect et la réserve
qu'une affection naïve et irréfléchie.
Le jeune homme, en effet, qui s'attendait à trouver Adélaïde avec son père ou sa mère, s'était souvenu tout à coup de la distance qui sépare un humble sergent d’un capitaine, et se préparait à paraître davant eux avec tous les égards et toute la déférence
u’exige la hiérarchie. Il avait donc comprimé son
motion. Du reste, on pouvait le voir maintenant; c'était déjà un beau militaire. Les moustaches qui ombrageaient ses lèvres et la barbe naissante qui couvrait son menton donnaient à sa physionomie une gravité virile; il marchait la tête haute, et l’aniforme lui allait si bien que Rosalie s'écria avec admiration : : 0 “ Dieu du ciel, quel joilisoidaii Il faut être cer
18 chaud
\h! béni je ne me lollande ; omme si st lui, le
le l’âme, servante poussant
u'on pût et presan geste -elle un | voyant amarade arche et a réserve
b à troutait. souun humparaître léférence rimé son intenant; ches qui ante qui mie une et l’aniria avec
ire çer-
#k.avec un petit ton de téproche, Q
ét
fixèrent Jes Yeux sur Walter, qui n'était plus qu'À
qui hâtait un peu ga marche,
tiaient une formule de politesse,
Mais la jeune fille 7e Put Contenir son cœur ; elle saisit les deux mains de Wal
alter avec une joie naïve et s'écria :
“ Walter, Walter, ah | que je suis heureuse | Que le bon Dieu soit béni d’avoir Permis que vous veniez
ut près de moi, Comme
Walter Je suis ma.
n : .je serai bientôt:
gras Maintenant | Qu'est-ce qui se passe en Hol. lande ? La vie est-elle toui
c’est un beau Pays que irons tous les deux faire de ra
Le jeune sergent regardait A délaï le avec une joie triste et semblait plus troublé score que joyeux sil MurMura d’une voix Presque inintelligible :
“Merci, , merci
ds *..Mademoiselle Pour votre bien.
veillant accueil.
: Mademoiselle ! s'écria ja Jeune fille en Souriant
*e veut dire cela,
Walter? Auriez-vous oublié mon nom ? Appelezmoi Adélaïde comme autrefois, Je ne veux pas être une demoiselle pour vous.
Je suis un modeste sergent, dit Walter:en'soupirant ; votre père est capitaliste ; le respect...
—Le respect! Ne sommes-nous pas de vieux amis ? Oh1 Walter, je ne veux pas du tout que vous me parliez ainsi ; d'abord il faut que vous soyez:content, que vous :me montriez un visage joyeux. ”
Au lieu de réjouir le sergent, le franc'et cordial accueil de la jeune fille, À cause même de sa naïve: shoplicité, parut au contraire jeter un triste nuage ‘dans son âme. Il avait peut-être espéré trouver en ‘elle un sentiment plus sérieux que la joie enfantine qu'elle témoignaitien le revoyant. | ” La jeune fillese méprit sur la nature de son émotion et dit en Jui prenant de nouveau {a main :
:Oela vous fait de la peine, n'est-ce pas, de me voir si maigrie et si souffrante ? Je vous remercie cordialement, Walter, de votre bonne et affketueuse ‘compassion : mais ne craignez plus rien : Je suis guérie, Je ne sais comment cela se fait, mais jé me sens . heureuse etforte maintenant. Depuis que je vousvois, ‘tout me paraît gi beau ici, l'air est si doux, la nature ei riante !...Mais dites-moi denc comment ilise fait
ue l’on vous voit ici. Je vous croyais médecin et en ollande, je vous retrouve soldat et à Java ? ”
Walter fit un terrible effort sur lui-même pour répondre à la question de la jeune fille. Comme s’il (eût pris une soudaine résolution, il dit d’un ton hésitant d'abo:d, mais de plus plus expressif et pénétré :
Eh bien ! je m'abandonne au sort ; peut-êtra ne me retrouverai-je jamais seul avee vous comme maintenant, Adelaïde, Je vais vous dire comment il se fait -que je me trouve aux Indes. C'est avec un peu de crainte que je me décide à vous répondre, mais j'es-
} Appelezax ‘pas être
ter:en'sou-
ect ee
ieux amis ?
e vous m6 reziconte nt, (1
c'et cordial de sa:naïve:
riste nuage trouver eu e enfantine
le son émcnain :
pas, de me mercie coraffcetueuse Je suis gué- | je me sens e VOUS VOIS, la nature si nt ilise fait decin et en va ? ni] me pour réname s'il eût on. hésitant énétré :
peut-êtra ne mme mainent il se fait un peu de e, maïs j'es-
l-dg
père QUE vous pardonnerezà un malheureux si quelqu one de ses paroles vient par harsard à vons blesser.
—Mais vous m'effrayez, Walter | Qu'avez-vous à me dire ?
— Laissez-moi parler, Adélaïde, et puisse votre âme, si pure et si belle me ‘Comprendre ou du moins m’excuser | Rappelez-vous que’sur le‘bord de l’Ye au moment: où j'étais p grin qui m’accablait, rappelez.
dit alors tout bas: « Venez aussi
tait-ce que le vœu d’un enfant qui reverrait avec. joie 8 CoMpagnon de ses jeux ? Cela est possible | mais ces paroles, Adélaïde, ont décidé de ma vie, Dépuis | ire qui vous emportait a dispara à l'horizon, Je n'ai plus eu de repos, Partout où jeime
8 mal 418 avec déséspoir contre la pensée qui m obsédait, …. C'étaient de:bien inatiles LA efforts: Mes études médicales, que: J'avais acceptées jusque-là, me devinrent odieuses, et |
S0ins à ma pauvre mère: jer Vorais avidemment tous les livres, tous les écrite, toutes les histoires Qui me:parlaient de l'Inde ; je voulais Savoir quel soleil vous éclairait, quels arbres Vous prétaient lén fombrage, quelles herbes se pliaient
Sous vos pieds ? Oh] q aire siècles d'aspiration - es, —le désespoir s'est emperé souven
ÈS
quand je pleurais dans la solitude et que toute espérance menaçait de m'abandonner, vous veniez, vous, Adélaïde, vous ou votre image, rendre force et courage À mon cœur par ce seul mot: ‘ J'attendrai | ”
A jeune fille avait d'abord regardé naïvement le sergent dans les yeux, et avait écouté sa voix avec autant de plaisir que si c'eût été une ravissante musique ; mais bientôt une émotion croissante s'était emparé d'elle, et maintenant, le front penché, Îles joues rouges de pudeur, le regard presque effrayé, elle écoutait en tremblant le récit du jeune homme. Ce n'était pas les paroles que prononçaient Walter : qui la troublaient: elie aurait pu se servir des mêmes mots pour! peindre son propre cœur; mais le ton agité et pourtant contenu du sergent, le son pénétrant de sa voix la faisait trembler, et son âme s'effrayait au seul soupçon d’un sentiment encore inconuu pour elle,
‘t Et oreraie-je vous dire pourquoi je suis devenu soldat? reprit Walter avec plus de force. Mon Dieu! je devrais le taire par respect pour vous, Adélaïde ; mais quand vous le dirai-je, si je ne vous le dis pas maintenant? Ah! j'ai l'espoir que vous me pardonnerez mon aûdace... et, si mon rêve n’est qu'une folle illusion, ayez pitié d'un pauvre insensé qui ne fait qu'obéir à une destinée à laquelle il ne gout résister, Adélaïle, je pouvais aussi venir aux
ndes comme chirurgien ou comme médecin, n’estce pas? Je pouvais me montrer à vous sous un autre habit que sous celui de sergent; mais l'unique but de ma vie, j'ose à peine vous l'avouer, est mainte- . rant de devenir capitaine, et je ne puis atteindre ce but que par le chemin que jui choisi. "Ce sont les paroles prononcées par vous qui m'ont appelé aux Indes, mais c'est une promesse de votre père qui a fait de moi un soldat...
oute espé- 1iez, vous, rce et coutendrai | ” verment le yoix avec sante munte s'était enché, les ue effrayé, Le homme. .
it Walter des mêmes ais le ton son pénén âme s’'efencore in-
ais devenu rce. Mon vous, Adé:
ne vous le e vous me rêve n'est yre insengé uelle il ne venir aux cin, n’est- 13 un autre uique but st maintetteindre ce e sont les appelé aux père qui a
— Une promesse de m avec une joyeuse surpris, pére ? demanda Adélaï le
donné quelque coura mis quelque one Were père vous a-t.il pro- . Jeune homm i “C hits étouffée : baissa les yeux et murmura était aussi digait : T4 tatin bord de l'Ye ;
votre père m “ Indes ; cherche à t *
Compagnie des
? à ses larmes qui 2n jaillissaient. JEUX Pour en cacher les Walter était to
—M e . 4 fille Pride dites ous donc là? balbutia la :
que faut-il NU elle-même ; que souhait s Fr a + réponde? Ma tête s'4, hs + Restez! re; Vous voulez devenir capitaine : ar os.
Nos Go #98, DOB, vous vous auquel les paroles d'A
trompez, dit le sers délaïde avaient dans pe à
CB ii
coup ‘un transport de courage; j'ai des lettres des - directeurs de la Compagnie des Indes pour le gouverneur géuéral ; dans ces lettres, non-seulement on me recommande particulièrement à sa bienveillance, mais on le prie de m'envoyer sur les lieux où il ya quelque danger à courir et où l’on a besoin d'hommes braves et résolus, J’exposerai ma vie cent fois; je me. jetterai au milieu des rungs ennemis, jétonnerai mes chefs par ma conduite; s’il le faut, je sacrifierai ma vie pour la cause de la Hollande... Ah ! comment le courage me ferait-il défaut alors que vous apparaîtrez à mes yeux comme une douce étoile d'espérance ? ”
Tel qu’il était en ce moment, le visage rayonnant d'une noble et virile fierté, le regard brillant du feu de l'enthousiasme, le jeune homme était vraiment beau, Adélaïde le regardait avec une admiration mêlée de terreur; car elle le voyait déjà, en esprit, au milieu des ennemis, et elle tremblait à l’idée qu’un malheur pouvait le frapper.
La servante suivait avec stupéfaction les gestes brefs, mais énergiques, quiaccompagnaient le langage du jeune homme.
‘ Dieul quel gaillard déterminé!” dit-elle à Congo qui.était debout derrière le banc ; et, s'apercevant que. le nègre avait ouvert un couteau avec: lequel il faisait des entailles dans le tronc des arbres, elle ajouta en murmurant :
“Bon! cet imbécile de noir qui fait des siennes | Qu'a-t-il, lui aussi? Tiens-toi done tranquille, Congo. ”
Une voix retentit au loin; c'était un matelot qui venait du rivage et paraissait appeler le sergent.
Adélaïle, dit Walter profondément ému, me laisserez-vonse vous auitter sans. me dire un seul:moat
qui puisse m'encourager ?. Adélsïde;-puis-je espérer,
tres des r le goument on eillance, où il ya hommes fois; je tonnerai acrifierai h ! comue vous e étoile
yonnant t du feu yraiment miration n esprit, à l'idée
s gestes langage
e à Conercevant lequel il
siennes | inquille,
telot qui ent.
mu, me seul. mot
espérer,
puis-je croire que vous tiendrez parole ? Vous ne me répondez pas | — C'est mon père q tement la jeune fille, —S'il:ne vous COntraint pas à une autre union, attendrez-vous le jour où j
@ serai capitaine ?
—0 Waiter, que me demandez-.vous ? je n'ose vous répondre! s'écria la jeune fille t
oute tremblante et les yeux baissés, re
—Mais souhaitez-vous que je réussisse ?
—Je le souhaite, Murmura:t-elle si bas qu'on l'entendit à peine.
—Mon Dieu ! je vous remercie, s'écria Walter en levant les Jeux au ciel, Pardonnez-moi | J'osais douter de votre bonté, et voilà que vous me comblez, moi, indigne, de joic et de bonheur! ”
a voix lointaine du matelot retentit avec plus de force.
“Je ne puis demeur lus longtemps avec vous, Adélaïle, dit rapidement le “e"gent. On m'appelle 1à-bas : je dois être présent au débarquement,
—Déjà partir! dit iistement la jeune fille.
—Pour devenir digue de vo
ui dispose de mon sort, dit tris-
annoncer mon arri
serai plus enchafüé là-bas, je viendrai
.—Oh! Walter, ils seront si contents |. Nous parlions presque chaque jour de vous... —Îl faut que je Parte., adieu... Non, n'est-naa ? ”
Adéki
AE FéYOir,
de lui tendit silençgieusement la
main; Je
jeune homme l’étreignit avec:une joie respectueu3e et s'éloigna dans la direction de la plage.
La jeune fille demeura un instant encore eur le banc, tout songeuse; mais un radieux sourire illu-
mina tout à coup son visage. Elle se leva vivement, -
s’élança vers la factorerie et s'écria :
—Viens, Rosalie, viens! Je cours avertir mon-
| père, F — Allons, Congo, que fais-tu là? A quoi perds-tu ton temps ? grommel& la servante ; prends le parasol et la corbeille. Ne vois-tu pas que mademoiselle retourne à la maison ? ”
Adél-ïde avait déjà pris les devants. Cette fois elle portait la tête haute et bondissait d'un pas léger dané le sentier qui menait à la factorerie. Un reflet de ea joie intérieurs éclairait son: visage ;.ses yeux avaient repris leur éclat, et colorées par le bonheur, ses joues retrouvaient les teintes rosées de la première adolescence.
Lorsqu'elle eut parcouru la moitié du sentier, elle vit sa mère sortir de la factorerie et s'avancer vers ‘elle, Une exclamation joyeuse échappa à la jeune fille, qui, levant les mains au ciel, se mit à courir comme si jamais maladie n'eût affaibli ses forces.
Madñme Van den Broeck s'arrêta et regarda sa fille avec stupéfaction. Depuis des années elle n’a. vait vu Adélaïde courir ainsi : quelle cause inconnue
pouvait donc lui avoir rendu la force et l'agilité?
n danger peut-être ? Mais Adélaïde souriait, et ses gestes ne témoignaient aucune autre émotion que celle de la joie. :
‘ Ma mère, ma mère! s’écria la jeutie fille, Walter est arrivé ! Walter est à Java.
— Walter | répéta.la mère stupéfiite, Walter Pie tersen ? Qui t’a annoncé cette nouvelle ?
48 lai Vu, je lui ai parlé, ma mère ; tout à l'heure
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vivement.
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“I réhdra visité à mon pète. :‘Vene en avertir. Ah l'ma mère bien-ai
‘sémble que je n'ai jamais été malade danser, je erois avoir des ailes. ; à —C'est une excellente nouve den Broeck., Il est devenu'h — Oui, oui, un bel ‘homme, —Et Comment va sa mèré ? € —J'ai oublié de Je Jui demander, Le | —Mais c'était bien d'elle qu'il dévhit te rarler avant tout] : oe — Oui, sans doute, maisil ne m'en à rien dit, mur. Fur8 Adélaïde interdite ek Jos Joues couvertes d'une vive rougeur, 4
—Eh l'eh | dit Madame Van den Broeck étonnée, d6 signifie cela ? De quoi Avezivous donc parlé ?
—1{Um'a parlé d’une chose, ,d’üné chose singulière.
1e 3400 donc | Tu sémbles émibarrassée, Ad6laïle ? Tu bolbuties.? il :
‘Allons, Ma mère, répondit la jeune fille, jé vais
pis nn VOUS êtes si bonne pour’ moi | enezl"” , Lu
èrg par la ‘main et l’entrafna d' Pas rapide vers la factorerie,
réflexions, Bientôt toutes
do Le Re UE disparirent derrière Jronnoine de clôture de la fhotororie, Te ds
“rx Moiorenie bollan oise, so: iréite Anton réÿigre Tiliwoeng et la ville Javanaisé de Javatré: ge -gon 4 ji
dant d'une assez vaste place en forme de carré al.
Ongé, autour de laquelle on élevait en ce moment une épaisse muraille et dés bastions en terre. D'un
guie des Indes ; de l'autre côté, des bâtiments plus
La façade de Presque tous ces bâtiments se disei.
mulait sous l'épais feuillage des ké/ors ; Sa et là devant quelques maisons s'étendaient de petits jardins remplis de fleurs et le bananier lui-même Y déployait ses larges feuilles devant les ‘enétres ouvertes, Aucentre de Ja factorerie on avait ménagé un espace dont le - 80] égal et uni n'était accidenté que par les troncs &rêles de quelques cocotiers.
Lorsque les Hollandais avaient commencé à forti-
(1) Les princes qui règnent sur, les les de [l'Inde portent divers titres, tels que pangen radjo, panumbu en, où mataradæ "0 an, radjo, vanumbuñan,