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aussi pris à gages de ‘nombreux ouvriers ‘étrangérs,
-des nèg' 28, des Chinois et des loepassen, qui se trouvént en grand nombre dans les principaux ports 'des Îles de ia Sonde.
Aussi régnait-il'une activité extraordinaire à l’intérieur de la factorerie, et, bien que les rayons du soleil tombassent presque perpendiculairement sur le sol, on travaillait avec ardeur et les murs s'élévaient Tapidement. C'était un va et vient cntiouel d'ouvriers et de contre-maître surveillants; ‘les ordres se “donnaient en quatre ou cinq langues, et les costumes “les plus hétérogènes se trouvaient confondüs. On voyait des Chinois, aux amples robes garuies de larges manches, maçonner et préparer lo mortier: dés (ocpassen ou .mardykers (1), entièrement vêtus d’une étoffe de coton rayée, apporter de la terre pour étayer les remparts : des nègres, presque nus, faire rouler sur le sol les plus lourds blocs de pierre sous l'effort de leurs bras musculeux ; et, au milieu de “<es gens de différentes nations, les soldats et les matelots de la Compagnie hollandaise, sous la surveil. ‘lance de leurs sergents, mettre partout la main à “œuvre, et, par leur exemple, exciter le zèle et *“1empressement des travailleurs.
Sur la place se promenait ça et là quel “ais de distinction, qu’on pouvait reconnaître facile- “mént au ton brun-jâune de leur visage et à la dédai. » Hiridg fierté de leur regard. Il contemplait avec dé. 'ance et avec un secret dépit les remparts naissants, “et Surtout les cavaliers, ou batteries élevées, qu’on “Construisait aux quatre angles de Ja factorerie. : Mais ile ne témoignaient pas ouvertement leur mécôntente- “ment, et se Porte à échanger entre eux leurs’re- “marques à voix basse et d’un air mystéridox.
(1) Les tocpassen ou mardykers appartiennent à différents “beuples indiens,
PET ne enaeerrnanreimrnntanani enr ommmennimeer ‘
ues Java-
étringérs,
ui 8e trouports des
ire ‘à l’inayons du ént sur le ’élévaient quel d'ouordres se Costumes dus, ‘On arniés de mortier ; nt vêtus erre pour lus, faire lerre sous nilieu de t les ma-
a surveil-
à main à e zèle et
ies Javare facilela dédaiavec déjaissants, es, qu’on ie, Mais >0ntenteleurs're
Au, pied d'un des cocotiers ge trouvaient trois ou quatre marchards malais, absoluments indifférents à . ce.qui se passait autour d'eux, et uniquement occupés à mâcher.le:bétel, dont le Jus rougissait leurs lèvres. commerau sang.
ongo, le nègre du capitaine Van den Broeck, était assjs,sur les talons, à l'ombre d'un bananier, à côté de à porte d’une des deux maisons Principales, et. avait les yeux fixés dans la direction de la plage. Quand il découvrait au loin un soldat qui rentr it. dans la factorerie, il se levait avec un joyeux élan st
faisait quelques pas sur Ia place : mais, trompé dans son espoir, 1] revenait chaque fois s'asseoir tout mé- Content sous.le bananier, rés
osalie, —]a servante, —parut à la porte de la mai. son et lui demanda d’une voix discrète :
‘Eh bien ! Congo, tu ne l'as pas encore ya ? ”
e nègre se leva et répondit :
® Il reste longtemps absent. Faut-il que je coure le chercher eur Ta plage? Fi |
—On te l’a défendu, tu le sais bien.
—C'est vrai ! dit le- nècre en soupirant et en ge-couant la tête avec im patience ; il nous faut donc attendre, Rosalie,
— Quelle étonnante chose, n'est-ce pas, Congo ? dit la seryante. Qui eût SOuFÇçonné que la maladie de notre demoiselle n'avait pas d'autre cuuse que le souvenir de Walter Pietersen ? Peut être re le ga vaitelle pas bien elle-même : Car, Sans cels, coinment eût. elle pu dissimuler pendant si lon temps ce ssntiment ! Elle parlait toujours de la Hoi. do ses amis.en général, des joies de son enfance: mais personne n'aurait pu se douter qu'au milien de ses pa roles l'amour {ût sa seule pensée, Sesnarents je savent
bien maintenant.
Elle a avoué qu'elle veut devenir la femme de.
cs fé:
mon bon maître ? s'écria le nègre en trépignant de
—Qui te parle de cela, tête sans cervelle ? Ce serait jolie si mademoiselle allait dire pareille choses À'ses parents. Elle leur a répété toutesles paroles de Walter Pietersen, Cela n'allait Pas sans peine ; les mot: n6 voulaient pas sortir de ga bouche; mais, peu à peu, par pièces et par morceaux, en tremblant et en rou- [fr gissant, elic a finit par tout dire, |
—L’as-tu entendue, Rosalie ? Etais-tu là ?
—u commencement du moins, e* quant à ce qu'il | | u'a pas été dit en ma présence, j'étais a x écoutes, :
—ÆEt où en sont les choses maintenant ?
—Mademoiselle est très-réservée et très-silencieuse, maïs une si grande joie rayonne dans ses Jeux, que cela me’ mue chaque fois que je la vois, Elle est fraîche comme une rose, Congo ; et, ce qui est le plus étonnant, ellea mis: une robe de velours vert qui n'avait plus vu lé jour depuis un an et demi. Elle a repris les boucles d'oreilles en or qu'elle por. ol à tait lorsque nous avons quitté Amsterdam, et elle m'a fait placer sur sa tête des épingles à cheveux du Japon, Elle veut se faire belle et séduisante...”
Congo battit des mains avec un joyeux entrain.
“ Elle guérira ; notre bonne demoiselle guérira | s'écria-til. Que le bon Dieu en soit mille fois béni | Et nos maîtres, Rosalie, comment ont:ils accueilli cette nouvelle ?
—Madame est contente et triste à la fois ; contente, parce qu'elle voit la joie d'Adélaï je et que la certi. tude que sa fille pourra guérir gagne son Cœur ; triste, parce qu'elle songe qu'uu sergent est trop au-desous
sant de
e serait ?8 À ses Walter 101 n6 à peu, a rou-
e qu'il outes.
ieuse, , que le est plus ‘t qui lle a portelle x du 3)
—Que veux-tu que j'en sache ? répondit Rosalie; D'abord il a fait la mouëe, a secoué la tête d'un air. mécontent et a paru très-fâché. . Ée
‘Ah! mon Dieu, je m'en dontais bien! dit Congo.
—Mais, lorsqu'il eut appris que Walter Pietersen est venu aux Indes pour devenir Capitaine, et que: son intention est d'attendre qu'il ait réussi avant de : lui.rappeler sa Promesse, le mécontentement de notre maître s’en est allé peu à peu, Maintenant il rit de cé projet, dit en plaisantant que c'est une. idée folle,
“et regarde le tout comme une affire qui n’est pas sérieuse, Peut-être y a-t-il autre chose encore qui lui a rendu sa bonne humeur. Mademoiselle a exprimé le vœu de ne plus partir pour la Hollande ; elle croit qu’elle pourrait bien se rétablir à Java même. Cela doit avoir grandement réjoui le capitaine; il épronvait beaucoup de chagrin d'être obligé de quitter son commandement.
—Ah ! Rosalie, voilà qui est bien. Le capitaine fera done bon accueil à M. Walter, n'est-ce pas?
—AÀ sa première visite, oui, probablement ; car,
de la part de M. Pietersen, cette visite n'est que l’acquit d’un devoir, Mais, ensuite, tu comprénde bien qu'un sergent ne peut fréquenter familièrement la
maison d’un capitaine, et que notre maîrre saura le lui faire comprendre,
— Croyez-vous cela, Rosalie? démanda le nègre attristé. 1
—Comment en serait-il autrement ? J'ai entendu le capitaine lui-même le dire à madame, ”
Congo baissa la tête sur sa poitrine et garda:le si. lence; mais il cerra convulsivement les poiogs et grinça des dents de dépit où de colère,
La servante le regarda avec un sourire ironique,
“Et prends bien garde, Congo, dit-elle, de ne plus jamais parler désormais de Walter en présence du
capitaine; autrement tu. pourrais sentir sur tes.épaules luisantes les désagréables Caresses du’rotang,. : : —J'en parlerai Pourtant; grommela le nègi, — C'est ton affaire, Congo: mais, quoique: ty aies la peau aussi épaisse.et aussi, dure que celle d’un âne,
il:me semble que le‘ rotang: ne. peut: Cependant te
faire de bien, fe
“ue rotang] que m'im porte.le rotang?: s'écria Congo: eù faisant ane grimace qui :écouvrit.ges dents blanches, Mon maître sera le mari de mademoiselle s. il l'a dit.et il faut que cela soit.l.
— Tu y aideras joliment, chétif bâbleur que tu.es | dit-la servante. avec l'intention ‘évidente de : pousser le nègre à bout... Ne dirait-on: Pas que tu.as un tré.
sor-de Courage ? . Vienne le Capitaine, et tu Tamperas
terre au moindre regard, de travers, L
—C'est vrai, dit le pègre :.je.suis un esclave... mais M. Pietersen a été bon. et. compatissant. pour moi ; je lui en serai ‘toujours reconnaissant e$ Jui rendrai service en toute occasion, quand même le rolang serait éternellement suspondu'sur ma téte..
— Lu es fou, Congo, : A ta place, je ne me méle. rais pas de Celte-affaire, Sais-tu ce que le capitaine a dit à madame, un jour qu'ils parlaient de ton affec-' tion pour: Walter ? Capitaine a dit qu’il te, ven-
rait aux hommes jaunes. Tu ne seras pas. aussi heureux là que chez les Hollandais.”
© Pauvre esclave se prit à trembler de tous. ses
membres; ses Jeux se remplirent de larmes; il leva son regard vers le ciel et dit. en gémi:sant : Pt
-“ Vendre Congo! le vendre aux hommes jaunes? O mon Dieu! qui êtes là-haut, gardez-moi.d'un te} malheur, x
Ah ! ah!.le voi \ déjà qui.tremble comme une feuille, Je Courageux gaillard'| dit.ironiquement :ja servante. Oo.n'a pas dit.un. m6. sur ton. compte,
Congo; ce n’est qu'une plaisanterie,
me
e8:épau- Of: ‘:
pu
| tu’ aies un âne, dant te
s'écria.
8 dents >iselle 3.
+ tu.es |.
)oUsser un trémperas
For, ‘pour eb lui me le te.
môleaffec- :. VERaussi
3j. ses |.
‘Jeva
nes ? ‘ tel | une
t la pte,
—Oh1 ce n'est pas bien à vous, Rosalie, dit Congo d'aniton de, doux reproche. Vous, me tourmentez toujours et me faites mourir de peur. Ayez doncun Peu, compassion de moi, ; Ne fais-je pas tout ce que Je:pais ‘Pour plaire à mes maîtres ? Ne.m'en veuillez
de ce que j'aime, Walter. Pietersen, Vous savez jen que c'est lui qui m'a appris À connaître le Seigeur qui-règne.dans;les cieux, et, commel l'a dit souvent aveg joie lui-même, il est mon. frère par. le Christ, Ne dois-je pas étre reconnaissant envers lui ? ” * servante parut.émue des paroles dunègre.
“ Voyons, Congo, dit-elle, ne:te chagrine pas ;. j'ai dit tout cela pour laisanter, On. ne peut pas, être toujours sérieux, Ne t’imagine donc pas que: je t'en veuille parce que tu aimes. M, Pietersen.. Moi-même je:lui viendrais en aide si cela était en mon pouvoir, Cela pourrait délivrer notre pauvre. demoiselle de ce terrible mal du PAYS; mais nous sommes des domestiques, Congo, et nous devons être prudents. . ,
—Le voilà! le voilà s’écria Congo tout joyeux, Comme s'il eût déjàoublié ce qui.venait de se passer ; ah{. voilà mon bienfaiteur | 4:
—de rentre, Congo, pour prévenir nos maîtres, dit la servante, Condus. M. Pietersen directement. au salon de derrière : c'est là qu’on le recevra; notre maître Dy a fit porter une bouteille de vin-d'Espagne.
8.eergent $'approcha du nègre, et, posant la main sur son épaule nue, il dit: : nf
“ Mon bon Congo, l’amitié et Ja gratitude rayon-
- nent dans tes yeux, ont à: l'heure je te parlerai ;
Je. veux Savoir comment tu t'es trouvé depuis. ton
… départ d'Amsterdam: Puisse Dieu: m'être favorable;
Je-lui en témoignerai ma reconnaissance en-sssur4nt 68 bonheur à foi.aussi, Congo,, .” Den ur - Mais le nègre était tellement surexcité par l'impa-
Fr ÿ,
tience qu'il paraissait ne pas entendre ce qu'on lui disait; 11 saisit la rain de Walter et entraîna celui. ci dans le vestibule, en murmurat :
“Merci, merci, maître. Venez, hôtez-vous ; on VOUS attend depuis lon temps, Congo ne peut rien Pour vous, rien vtr Dieu, comme vous le lui AVEZ appris; mais il le fera tous les matins, tous les soirs, pendant toute Ja journée. Venez, le Seigneur m'exaucera pour la seconde fois, Ayez bon coura. ge..., Mes maîtres vous recevront ici; attendez un instant; je vais annoncer votre arrivée. ?
ces mots il ouvrit une porte devant Walter et regagua le vestibule,
à pièce dans laquelle entra le sergent était élé-
&amment décorée à! la mode javanoise, Le sol était Souvert d’une fine natte tresgée avec des fibres d'arbres du 4Ys et émaillés de desseins de fleurs étrangères : Lee murs étaient aussi tendus de nattes luisantes, et devant les deux fenêtres ouvertes se
aussi formés d'écorce tressée avec le roseau des Ind es ; seule, la grande table qui se tro“vait aa milieu du salon semblait révéler une origine européenne ; il €st probable qu'elle avait été frite à Java du bois incorruptible du kyati par un ouvrier hollandais,
6 long des murs, sur dé légères et. délicates étagères, étaient étalés de nombreux objets chinois et Japonais, tels que des plats et des tasses en porcelaine diaphane, des idoles en stéatite, des évantails en ivoire sculpté, et une multitude de ces petites choses Sans nom que, déjà alors, les Hollandais rapportaient de la Chine et du Japon comme des Curiosités, Entre les deux fenêtres étaient appendus des épées en bois de santal, des. crics ou poignards du plus bel acier, des flèches à la pointe empoisonnée, des bou-
oo ee mm mm
“=. MR Ste
cliers en peau de rhinocéros' et d’autres armes ins diennes.
Tous ces objets étaiont entièrement nouveaux
pour Walter. Eu toute autre circonstance ils eussent Certainement attiré son attention; mais, dans l'attente du solennel moment qui s’approchait, il était tout à :: fait absorbé par ses pensées et ne remarqua rien de ce qui l’entourait, Du reste, à peine était-il seul depuis quelques instants que le pas de plusieurs per- *sonnes retentit au-dessus de sa tête et lui anaOnça qu’on descendait pour le recevoir.
e capitaine entra le premier dans le salon, et d'un regard stupéfait inspecta dé la tête aux pieds le sergent qui le saluait; néanmoins l'expression de son visage était adoucie par un bienveillant sourire, et ce fut aves une franche cordialité qu’il prit’ la main du jeune homme et lui dit :
“Soyez le bienvenu à J ava, monsieur Pieterzen. Ainsi vous voilà arrivé aux Indes ? Joli garçon, beau: soldat, vraiment! Comme un homme change en quelques années ! Loreque j'ai quitté Amsterdam, vous étiez encore un enfant, pour ainsi dire, et maintenant vous voilà bel et bien un homme avec barbe et moustaches, Je suis heureux de vous voir ici, monsieur Pietersen. ” "
Pendant que Walter balbutiait quelques paroles de remercîment, la f:mme et la fille a Capitaine étaient aussi entrées dans le salon,
a arrivant, madame Van den Broeck paraissait crès-sérieuse et très-froide ; mais, lorsqu'elle regarda
alter, qu’elle vit sa physionomie franche et ouverte, ses yeux vifs qui se fixaient sur elle avec une expression à la fois affectueuse et suppliante, la patrie, escortée de tous ces deux Souvenirs, apparut à son esprit, ét elle aussi elle sourit avec bonheur. Quant à Adélaïile, elle 8e tenait en arrière et jetait seu
fus.
lement. de temps, en temps un regard à la dérobée
sur le jeune homme, Une vive rougeur colorait ses; joues ; elle semblait toute confuse ; et, :si ce n'eût. été
un éclair de; bonheur qui, brillait dans ses Jeux, on Ps pu croire qu'un nuage de tristesse pesait sur son
Quand le capitaine et sa, femme eurent échangé avec Walter des: salutations amicales et lui eurent adres:6 quelques paroles de bienvenue, Van den Broeck dit: °*
Qa, asseyOns-nous, monsieur Pietersen, et cau- Dons Un peu en vidant. un verre de vin d'Espagne. Prenez ce verre et faites-moi raison ; je bois à votre heureuse arrivée dans les Indes, |
—Ah ! vous. êtes trop bon, capitaine, murmura Walter, Votre cordial accueil me touche tellement que je ne trouve pas de paroles pour vous exprimer ma reconnaissance, Puisse Dieu exaucer la fervente
Prière que. je lui adresse du. fond de mon cœur, en.
Mel ce verre À votre bonheur et à votre prospérité tous,
—Asseyez-vous, monsieur Pietersen, et Causons, dit le capitaine, ;
Mais, monsieur Pietersen, dit madame Van den Broeck, quand tous furent assis, vous n'avez rien dit de votre mère à Adélaïde ?
— Cela l'eût trop afligée ! dit le sergent dont une soudaine tristesse assomDrit le visage,
—Ciel ! c'est ce que je redoutais, s'écria madame Van. den Broeck. Elle à succombé à son mal, ma Pauvre amie ?
—Le Seigneur l’a retirée de. ce monde, madame, répondit le Jeune homme : sans cela je n’eusse jaranis
chant qui me poussait vêts l'Inde. Je n'aurais jamais |
P4.me;résoudre à abandonner ma mêre malade,
—Je ne la reverrai donc Plus, cette bonné dame Pietersen ! Vous ne sauriez croire, monsieur Walter, Combien cette triste nouvelle me va au cœur. Votre mère était la bonté même ; Dieu dans sa miséricorde, lui a sans doute donné une douce mort,
—Élle est morte dans mes bras, sans tristesse, eans douleur, pleine de l'espérance d’une autre vie, J'ai un message de ma mèr: pour vous, madame.
— Pour moi ? ÿ
Les dernières parolcs ;:ronor. 16e distinctément par elle ont été une bénédi:tion LOU Vous, pour mademoiselle Adélaïde et pou: Monsieur lé capitaine : une bénédiction et en même temps ‘une ardente prière Pour que vous soyez heureux dans l'Inde, La seule chose qu'elle m'ait recommandée, à l'heure dé son agonie, c'est de vous apporter ce dernier souvenir. ”
Madame Van den Broec profondément émue par Ce touchant message de sa vieille amie, baissa la tête et garda le silence ; Adélaïde porta les mains à ses yeux et fondit en larmes.
“ Voilà qui s'appelle se revoir gaiement ! s'écria le capitaine N'est-ce pas le sort de tout le monde ? et puisque le Seigreur l'a voulu..,Voyons, Adé. laïde, cesse de pleurer ; et toi, fômme, ne donne pas à ta fille l'exemple de ces faiblesses, Dite:-moi, monsieur Pietérsen, comment va là-bas notre héroïque prince Maurice ?
—Il ya bien, monsieur, répondit le sergent, et il a récemment hérité de la principauté d'Orange, à la suite dela mort de son fière Philippe-Guillaume. Et comment va le directeur. Huygens ? Vous
devez le.connaftra : votre mère m'a dit.que c'était.un
exceHent ami.de votre père. 2 < RG da Le . —Si je le connais, éapitalne ! Cegtnisu Protecteur, et c'est lui qui m'a procuré. des lettres de recorimandation de la chambre des‘ directeurs d'Aristéräh
. pour le Ouverneur général (1).
‘8ément de vous saluer en son n
t Fe. \h! vraiment, c'est votre protecteur ? Il a beau- Coup d'influence dans les affaires de la Compagnie et pourra vous être utile plus tard, ” | adame Van den Broeck avait relevé la téte et Prétait nne oreille un peu distraite à la conversation ; Adéluïde bien que ses yeux fussent encore humides,
questions et ces réponses b toutes les rencontres de gens qui se re:
n'avait plus rien à dire. Cette situ
déjà interrompu,
out en remplissant de nouveau les verres, il dit : Ous êtes arrivé avec /a Mouette, et votre capitaine est Pierre Van Ray, n'est-ce pas ? Je le
eu peu
voir que le ciel et l'eau pendant tant de mois ? 5. 008 AVOnS, en effet, s"bi trois terribles tempé. tes, trois éravados (2), capitaine, et nous avons couru
(1) Ces
ÿ avait des chambres de directeurs à Amsterdam, à Middelbourg, à
-{3) Mot portugais qu’on employait à cette énoaue ur dési. fer nn cuPagan Où une teinpôte, D
Il m'a chargé expresom.
D Star À
ES
xpres-
à beau.
pagnie
ête et ation ; nides,
ds ces risent onne u cae au nveêtre
dit :
capiconpeu peu UP, Jela estsur rien
grand danger de NOUS voir emmenés en esclavage.en arbarie ; fhais le Ciel nous Protégeait ; après un combat de quatre heures nous avons échappé aux pirates, ” Adélaïde s'était Jevéo et que amie le jeape homine,
Li ah! Vous avez déjà vu l'ennemi ? Et l'af.
faire a-t-elle été chaude ?
— Vingt morts et un mât abattu, que nous avons réparé au Cap de Bonne-Espérange, £
—Et Vous, monsieur Pietersen, comment vous êtes-vous Comporté durant Ja bataille ? Le grondement du canon et l'odeur de Ja poudre ne vous ont. ils pas fait peur ?
—J'ai fait de monmieux, Capitaine, jnsqu’au moment où une balle m'a frappé au côté'et rm a étendu sur le pont, ” sé
Un cri perçant eéchapps de la poitrine d’Adélaïde : elle s'élança vers sa mère, jeta les bras à son cou et Parut prête à s'évanoui
1, en murmurant d’une Voix plaintive :
“Ma mère! ah! ma mère, une balle l’a frappé!
Son sang a coulé, ”
Le capitaine secoua la tête d'un air d’impatience et de mécontentement, et dit:
S Que je désire me trouver "seui endant quelques 1D8tants avec monsi À
onte là Aul'avec Adélaïde.
l'affaire fût ausei 8"AVe; maintenant je sais à quoi m'en tenir, ” |
Madame Van den Broeck et sa fille quittèrent Jo salon et disparurent SADS ajouter un mot.
écoutait avec émotion ce
| | | rte derrière elles, et, se tournant vers Waiter qui s'était les-£ Pour prendre D: dit :
‘“Repreneg votre place, sergent ; je veux avoir
pe
avec vous ün entretien nérieux, : Vous: :pélisées ? |
Rassurez-vous ; je n'ai pas l'intention de voüs 'dire dés choses désagréables où dures; mais il faut ‘être franc et loyal avec moi, Quelle était votre inténtiôn en vous embarquant pour les Indes ?
—Mon intention, capitaine ? Mon intention...
‘bulbatia le jeune homme, saisi par'uné question imrévue, i Ë — Allons, parlez net; vous avez bien osé Je dire à
Adélaïde, ” da n
Walter rassembla tout son Courage et dit avec hé. sitation d'abord, mais bientôt d'une voix plus ferme et plus accentuée : | x
“ C'est le respect qui me fait hésiter ; mais, puisque vous le demandez, je vais vous dire franchement ce qui m'a amené aux Indes, Rappellez-vous, Capitaine, ce que vous m'avez promis sur le’ quai de Texel, lors de votre départ, Vôous m'avez ‘dit : Entre au service de la Compagnie des Indes : éffor. ce-toi de te distinguer, deviens Capitaine, et je te donne Adélaïde pour femme. Ces mots Sont tombés sur Mon Cœur cornme des étinvelles qui devaient bientôt y allumer un feu dévorant. Dès ce moment mon sort à été décidé, et si je ne me suis pas efiorcé plus tôt, capitaine, de remplir les conditions que vous m'avez imposées, c'est parce qu la maladie de ma mère et le sentiment sacré du devoir m'en ont.empépéché. Maintenant j'ai tout abandonné ; J'ai renoucé à une Carrière brillante, et me suis engagé comme simple sergent au service de la Compagnie des Iades, avec l’inébranlable volonté de faire violence à. la destinée et avec l'espoir. que Dien bénira. mes efforts, Mon intention, n'était pas, Capitaine, de venir: déjà vous rappeler vos Promesses ; je ne savais pas: que Vous Vous trouviez à Jacatra ; lo hasard: seul m’amis én voire présence. . Je voulais être capitaine d'abord,
LA
ne -
CR. Rs D
SE
lisses ?
s ‘dire t ‘être
énliôn
on...
ON im» :
dire à
ec hé.
ferme
puisment Capiai de ‘dit :
éfforje te mbés aient ment forcé vous s ma mpéoncé
Puis venir Vous demander réspéctüeusement |’
accom, plisséméent de votre promesse,
C'est encore 1à mon ton de résolution
| re LE ; J'ai Vraiment pitié de voire présomption, Cette pro iesse était ü
en moi ; je me demaddais si Vous tiendrie Messe quand J'en aurais rembli la condi ns Ti LEE Fr ni L'oassisri: C3 [ir 4 mes lèvres alors balbatiaient involon adage de nos pères : ‘ Lie Hollânda role, ”
Mais, mousieur dit re.
eh sOuriant, de quoi vous servira ne PEURTEMS, en
ama LA dOate, que Je vais vous prder ma fille jusquà ge, ’élle soit He a vous ana de 6e gh'elle
—Ah! cà aie AUOT eZ Dhs si cruel ‘envers moi,
jeune EM OUEZ pas l'espoir qui fait te vel Songer due j'äppôrte au gouVérieur néral dés Iétirés ‘dés (directen jé ‘dé li Compagnie, Ssquellés ils mé recorntms nt téut particurie. TÉtHEht d'à bienyoilianéé:: &6 le à ne
iéivover) 408 1e points où'i] DA RUE 2 CAVOYEr Bur 4008: Îds ‘foints o IL Y’aurà quélque disent Game Lee Poibis où 1] y'aurà quélg
nn
en
—Sans doute, cela peut contribuer à votre avan-
comement, mais capitaine, canitaine en peu d'années, y pensez-vous ?
—Et si, contre toute attente, cela se réalisait tiendriez-vous votre promesse ?
—C'est une quesion puérile, répondit le capitaine, Je ne puis lier le cort de ma fille à une impossibilité. Allons, allons | ne me parlez plus de ces idées déraisonnables, Devenez Capitaine, si vous le pouvez, et, si alors Adélaïde est encore jeune fille, rien ne vous empêchera de venir me répéter ce que vous me disiez tout à l’heure ; mais je ne prends pas le moindre .engagement d'avance, et je garde la l'ocrté entière de vous refuser la main d’'Adélaï le, aïand même vous viendriez me, la demander en qualité de capitaine. ”
Comme si ce sévère langage eût tout à fait brisé le courage du jeune homme, il baissa la tête sur sa
ppikrine ; ses traits se contractèrent, et il garda le si-
ence, Le capitaine le considéra pendant quelques instants sans mot dire ; puis, lui prenant la main avec
: compassion :
Voyons, monsieur Piett.en que vous ai-je donc dit de si déraisopnable ou de si cruel pour que vous en ares ainsi écrasé ? ;
—Oh ! rien, capitaine | répondit le sergent d'une voix profondément émue;qui prit peu à peu le morne accent du désespoir; vous avez été très-bon pour moi, et je vous remercie du fond du cœur ; mais, avec l'espoirque vos paroles m'en!èvent, un bandeau tombe de mes yeux. J'ai rêvé, rêvé pendant quatre longues années, et maintenaut je me révoille aveo une sai-
. gnante blessure an cœur. Tout est vide autour de
moi ; je sors d’une longue démence., .Oh | comme la vie, sous ce jour cruel, me paraît amère et dieuse | — Que siguifient ces sombres paroles … "ieur
> AVANannées,
it tien-
itaine, ibilité.
déraiez, et, e vous disiez lre-enère de 8 VOUS aine, ” t brisé sur sa , le gi-
8 108a AVEC
donc ) vous
d’une norne pour avec ombe Dgues e saiur de mme euse | sieur
ot
Pietersen ? demanda le Capitaine ému ; je compte bien que vous n'allez pas vous laisser aller À un lâche désespoir !
—Non, capitaine ; j'ai été élevé dans la crainte du Seigneur ; mais le sentiment qui pouvait me donner le courage et la volonté d’un héros, ce sentiment est mort dans mon cœur, Je ne suis plus born à rien
mépris sur le sens de quelques paroles sans importance et sans portée. Adieu, monsieur Van den Broeck, adieu !
Tout en P'ononçant avec amertume ces derniers ‘ mots, il se leva; mais on eût dit que ses jambes refasaient à l'éloigner de ce lieu, car, malgré de péni-
les efforts, il ne parvint à faire que deux où trois Pas. Eofin, rassemblant tout son courage, il s'ayança Jusqu'à la porte, et, levant les mains au ciel, il s’écria douloureusement :
“Adélaïde! pauvre Adélaïde! ”
an den Broeck, qui, jusque-là, avait suivi tous ses MOUvements ayec une grande Surprise et une pro-
fonde émotion, le prit Par là main et le ramena dans le salon. :
GÿOn8, dit je Capitaine, je veux être bon pour Vous, en souvenir de l'affection que vous et votre
TE TT rente Fe) ANT TN «
FA pie
sd! oil
#mère avez témoignée à ma famille. Je vous dirri
done, monsieur Pietersen, que je régarderai comme
“æn bonheur, pour Mol ei pour Adélaïde, que vous ss
æuissiez devenir un jour #On mari. ”
mA avait relevé la tête, et, le cœux palpitant,
“tegardaii fxemént le capitaine : un éctair d'espérance srillait dans ses yeux.
“ÆEtje vous dirai plus encore, puisque cela peut “wous sauver du. s2mbre désespoir qui s'é£i emparé “de vous. Je tiandrai ma parole, monsieur Fiétersen, “Wien que j® n'aie entendu faire qu’une plaisanterie autrefois, S: vous pouvez devenir capitaine avant qu'Adélaïde 2:: elle-même disposé de sa main, çar 3e ne la contraiucrai jamaisen Pareille affaire, si, dis-
fe, vous poavez devenir Capitaine, venéz à moi, en “quelque lieu que je me trouve, et je vous donnerai se He pour épouse. Hes vous satisfait mainte. . Walter s'éait leyé brusquement et-murmurait 'inintelligibles paroles de gratitudes, tandis qu’un “orrent de larmes jaillissaicr : de'ses yeux, Le capi. taine ne lui laissa pas le temps d’épancher sa joie et #4. reconnaissance, : Fu :# Monsieur Pieterser, ‘dit-il d’un ton grave, veuillez m'écouter avec Calme. Vous êtes sergent ; votre æoskion est humble, et il ne conviendrait pas que #8 subordonnés vinssent à connaître les: rapports
“qui existent entré vous et Adélaïde, C'est pourquoi al faut que vous quittiez J adatra le plus tôt possible, " Va Pieteréen.. Ÿ consentez-vous de bonne ærace og ture: Eos …—Abi { le désire ardemment, Câpitaine, répondit SYalter.. Votre demande SM OQDIE 6 Ja roi ct ce que le respect, le devoir e les coi FRAGO m'OrdOunent #3
-— Et puisque vou: voulez Conquérir, l'éi: : {a
. mm
dire] Otime vous
itarit, rance
peut paré rsen, iterie vant , Car
disk, én neral ia te-
drait u un api le et
uilotre que orts quoi ble, pe
idit rACL
main, un avancement rapide, je vous dirai qu'il se&=
présente une occasion de vous mettre à l’œuvre im
Médiatement, Après-demain deux navires partent:
d'ici pour Beujar-Masgén, dans l’île de Bornéo. Le
peuple, sauvage qui Habite ces parages ont égo
une dizaine de nos matelots | qui i étaient descendus A n
terre pour prendre du bois, va apprendre aux habitants des côtes de Boraéd chmhiont ls Hollan dais savent tirer VYengéänce de pareils massacres.
oulez-vous préndte part à cette expédition, -mon— sieur Pietersen ?”
e visage de Walter s'illumida d'un sourire AUSSF: radieux que si on lui eûtatihoncé un grand bonheur... “ Oh! merci! merci! B'écria-t il. Conibattre, lutter, l'épée,au poing, pour l'honneur de là Hollande :- “ versé mon sang pour atteindre le but dé ma vie. AhF je désespérais, et voilà que tout à coup et à l'improviste le Ron me sourit, Je partirai, capitaine.
Fais Soyez assez bon pour dire un mot en ma faveur, É car mon Capitaine m'aime tant qu'il pourrait s! poser et voudrait peut-être me ardër ‘Jacatra. Ce + serait pour moi uhé véritable désolation.
—Bah ! bah! ce'n'ést rien se e céla ;: j'arrangerai. l'affaire avec le gotvérnéur: iosi, VOUS âvez unesi grâride snif de Combattre ? Vous yoilà transporté: comme si vous croyez troüver à Bornéo votre’ ‘épéede capitaine.
—Non, non, capitaine, je n'imagine. pas cela, r6pondit le j Jeune homme: Mais. que l'ocqasion. m/ n'en soit seulement Aire et je fera preuve; de tant. Courage, et d'in Pr in pui lirai deyoirayeg nt de ae. et d'a eu 1 fanda Di qu'on
distingue. ienne une gue Lu ie et BeraË ceputaine on je saccomberai “sobh. le tâche queje me- Suis im
Van den Broeck contempla Je jeune homme avée
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ane sorte de commisération et secoua la tête d’un air profondément préoccupé.
“Non! dit-il tout à Coup, vous n'irez pas à Born60. C’est un peuple cruel et féroce ; vous pourriez ÿ périr sans honneur ni renom. Vous partirez dans
uit jours avec Ze Zion d' Or, pour Amboine, et vous attendrez là une meilleure occasion.
—Oh! laissez-moi partir pour Bornéo! dit Walter d'une voix suppliante: Jene me trompe pas sur ma positicn, capitaine : je joue un coup de dé contre la mort: mon enjeu, à moi, c'est ma vie; le sien, à elle, c’est l'épée de Capitaine et le bonheur que vous m'avez promis. Laissez-moi entamer et
oursuvre la partie; il n’y a pas d'autre moyen de Éâter le dénoûment et de savoir ce que le sort me réserve... ” ,
Soudain des voix retentirent dans le vestibule ; on eût dit une discussion entre une personne qui voulait entrer et une autre qui voulait l'en empécher.
“ Attendez! attendez donc! disait lun; M. le capitaine a du monde. Vous n’entrerez pas!
—Stupide nègre! s’écria l’autre, veux-tu t'ôter de mon chemin ou je te brise ce rotang sur les épaules. ge viens de la part du Bouverneur général et {u voudrais m'empêcher de passer ? ”
Van den Broeck ouvrit lui-même la porte pour recevoir le messager du gouverneur.
Un commis de M. Koen entra, et dit en s'inclinant profondément : Le
‘! Capitaine, le Bouverneur général vous prie de vouloir bien vous réndre sur-lé-Champ chez lui pour assister au conseil de guerre. pd, le —Comment? Y aurait-il du danger? dit le capitaine,
—Lé gouverneur a reçu d'importantes nouvelles ;
quelles elles: sont, je l’ignore, répondit le messager, Ne tardez pas, Capitaine, il y a urgence,
—Dites au gouverneur général que je me rends à ses ordres, ”
Lorsque le messager se fut retiré, le capitaine prit la main de Walter et lui dit :
“Je dois vous quitter pour une affaire pressante, Je vais prévenir ma femme, Restez encore un instant avec ces dames par convenance, Je me fe à la délicatesse de vos sentiments, monsieur Pietersen. Nous nous entretiendrons plus longuement.ensemble tout à l'heure ou ce soir. En tous cas, vous ne re: viendrez plus chez moi que pour nous dire: adieu lors de votre départ; mais vous n'irez point à Bor-
néo ; je ne le veux pas! non, je le répète, je ne le veux pas]. ,,” ;
En disant ces mots il sortit du salon. "
Walter entendit bientôt le pas pesant du capitaine, qui se bâtaic de se rendre chez le Ouverneur général, et les pas plus légers d'A délaïde et de sa mère, qui descendaient de l'étage supérieur pour lui ténir Compagnie pendant quelques instants encore,
IIT
. La salle où devait sb réunir le conseil de guerre se trouvait au ps étage du plus grand des deux
trois fenêtres sur la pe intérieure de la factorerie, Les murs de cette salle
À différentes hauteurs, les traces des ballots et des barils qui y avaient été déposés autrefois, : ‘Une grende table qui occupait le centre de la pièce et une dizaine de fanteuils en constituaient tout lFameuble. ent, rs en Dans ceti 2 salle s0 trouvaient cinq ou six person.
ET
nés qui, touten couve:siu6 entre elles, semblaient attendre quelqu un. Van den Broeck était assis à la table entre deux négociants Où. facteurs de la Compagnie des Indes, et s’entretenait à voix basse avec eux des motifs probables de la convocation imprévué du conseil, A l’une des fenêtre: où yc rues se tenaient deux canitaines, également evgagés dans une conversation particulière, et dont l’un se bornait à répondre par de continuels hochements de tête et de Tares ex- Clamatious :— Vraiment! vreiment]| tandis que. l'au. tre s'efforçait de faire. comprendre son Opinion 4 son flegmetique com agnon, à grand renfort de gestes et de bruyants éclats de voix, Celui qui n’ouv'ait Pour ainsi dire pas la bouche était Pierre Dirckez, un gros homme, blond de cheveux ét de moustaches, et d’une physionomie éminemmeit froide et imbassible. Son interlocuteur était-le capitaine Van Ray, qui; au contraire, était d’une taille rRarqnaRIement longue et ‘fluette et avait les cheveux et la. moustache:d'an noir de jais, Oelui-ci n'était arrivé que le Jour même à Jacatra, aveo le navire la Mouette et donnait à l’antre des explics ions aur la querelle reli:
gieuse des remontrants et des contre-remontrants, gai Causait alors une grande agitation en Hollande. an y paraissait défc:.dre l’un des deux partis aveo toute j ferveur de 1: passion ;. mais, quelques efforts mil 4 pour faire partager éoe sentiment à. Pierre inckez, celui-ci dem: ait parfaitement. ind iiférent et: contiauait à murmurer imperturbablement son : Vraiment! Vraiment | Log": sea Leur convetsation, qui n'avait duié que quelques inslänts; fûütinterro dé parl': ‘vée du gouverneur général; Jeqn-Piérre Koen; fdas of Ce dertiier-était an homme ve haute taille, dont les cheveux commençaient à grisonner, Bien que sa physionomie: attestât le. calme et la modération,
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néanmoins dans son regard étincelait un éclair à demi voilé qui laissait }: PErmen ls que dans ce corps athlétique habitait une âme brave et intrépide,
À: son entrée dans la salle il salua froidement, gaga d'un pb rapide le plus grand fauteuil, e'ÿ assit & dit |
“ Pardonnez-moi, messièurs, de vous avoir fait attendre un instant, Veuillez prendre plâce ; J'ai à Vous entretenir de choses gravés, ”
Le personnes présentes se rangèrent autour de Ja tab] “ Messieurs, dit le gouverneur général, vous savez Que, depuis quelques jours, les Javanais sont rag. semblés en grand nombre entre Jacatra et Bantam, A A solennité re épi nd . J'avais des
les Anglais, qui, in ré 4 paix, sont FH, S nQ8 6” 1emis secrets, ne n, rligeraient pas une ai pré seagion d'exciter el d'aigrir les indigènes « ntre
nous, À n aire renssignéoue Au te nn À
quelqu espions nègres e chinois, Jusqu'à ce matin les É. 18 qui LCA parvenus étaient. ou d déués cr où favorables : tous m'aunonçaient qne le
als ne. sa ient uctng, dis tion uostile
x Hollande à l'heure des rensei eats ol tout autré Aa m'oht, été hr à de, de pc est venu. en, personne trouver, .et as
ie.
asgure crue MS: les An lais eù Les ou de Jacatra et À son sp de nous faire. [a er à les Javanais ont
# = séparer, sous ie Ans cu factorerie.
permettrez-vous monsieur le gouvérneur,
dit l’un des tacteurs de la Compagnie, de vous demander quelle personne vous a appris cette nouvelle ? —Un marchand chinois en qui je crois pouvoir metre quelque confiance, répondit le gouverneur. —Un Chinois! dit le facteur avec quelque ironie. Les Chiuois sont les plus grands menteurs et les imposteurs les plus éhontés de la terre. Il faut toujours <roire exactement le contraire de ce qu'ils disent, —Cts observations viendront en leur lieu, dit aveo calme le gouverneur. Je continue. Le pangerang de tam aurait consenti À marcher contre nous avec les gens de Jacatra ; et ce qu’il y a de plus grave, messieurs, c'est que les Anglais auraient débar ué æecrètement, la nuit dernière, dix pièces d'artillerie pour les mettre À la disposition du pangerang, Ils #ærotesteront qu'ils ont vendu ces pièees, et la poudre essaire pour les servir, au prix d’une quantité con- &idérable de poivre ; mais ce n’est, À vrai dire, qu'un Secours qu'ils prêtent à nos nouveaux ennemis... Voilà les nouvelles que j'ai reçues, Je vous prie de vouloir bien délibérer mûrement sur la situation, dans la double hypothèse que le renseignement peut être faux, mais aussi qu'il peut être vrai, ” Le facteur qui avait déjà parlé, et qui paraissait le représentant des intérêts pécuniaires et de l’autorité <ivile de la Compagnie, reprit la parole et dit: “! Les avis reçus sont faux ou ne le sont pas, S'ils &ont faux, nous n'avons pas à nous en inquiéter : Si, “a contraire, ils sont vrais, il ne reste pas le moindre doute sur ce que nous avons à faire ; mais, comme il: Aous est impossible de savoir, dès à présent, à quoi nous en teïir, mOn opinion est que nous ne devous tenter aucun acte qui puisse aggraver les mauvaises ispositions des Javanais ; car, en supposant qu'ils a'eussent pas le désir de nots äéoiarer ia guerrenice désir Séveillérait bién vite chez eux s'ils nôus
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voyaient faire ostensiblement des préparatifs belliqueux.
— Votre avis, monsieur le facteur, est donc que nous devons agir comme si nous ne savions rien ?.. . — Oui, monsieur le gouverneur, c'est mon avis.
—Et vous, mon capitaine Van den Broeck ?
— Les renseignements dont il s'agit peuvent être vrais ou ne l'être pas, répondit le capitaine ; dans l'impossibilité où nous sommes de rien savoir de certain à cet égard, je me préparerais, en tous cas, comme s’ils étaient parfaitement fondés, Ua soldat ne doit. jamais se laisser surprendre, et, en admettant que les Javanais voient n0s préparatifs d’un mauvais œil et en prennent occésion de nous déclarer la guerre, eh bien ! ils nous trouveront prêts À repousser victorieusement toutes Leurs altaques. IL n'est, du reste, nullement nécessaire de faire grand bruit pour prendre ces précautions. Qu'on place quelques canons sur les bastions; qu’on Coupe le pont qui traverse la rivière pour nous garantir Contre toute approche de ce côté ; qu'on double les gardes de nuit ; qu'on aver- À tisse en secret les hommes qu'ils doivent se tenir prêts au premier signal d'alarme : voilà, selon moi, tout ce qu'il convient de faire.
—ÆExcusez-moi, messieurs, si je reprends encore la parole, dit le facteur, et croyez bien que c'est ma solicitude pour les intérêts de la Ccmpagnie qui, seule, me fait parler, Vous êtes des solda et, comme votre mission est de trancher par l'épée tous les différends, vous oubliez parfois qu'il peut y avoir: des moyens plus acifiques de parvenir à uné eolu.tion favorable. i? pense qu'avant de nouspréparer ouvertement à la résistance ii faut envoyer d'abord une ambassade au pangerang pour loidemesase quelles sont ses intentions, "Noûs pouvons lui représenter qu'il nous a vendu à prix d'argent le ter
rain sur lequel est construite notre factorerie, et ue, par Conséquent, nous.en ayons la légitime prop dé que, si nous entourons la, factorerie de remparts, ce n'est pas pour nous armér contre les Javavais, mais uniquement pour nous garantir contre une agression imprévue de nos ennemis, les Auglais et les Portu. gais.. On peut, s'il se montre mal disposé, le gagner par quelques présents; et ainsi, sans perte d'hommes ni de témps, nous parviendrons peut-être à l’achèvement dela forteresse, ef nous äCcOmplirons sans encombre la tâche qui nous est confiée, ”
Le gouverneur ft un signe de tête par lequel il
semblait approuver l'opinion du facteur,
“À mon sens, il Y. a beaucoup de bon dans ce que vÜus venez de, proposer, monsieur le facteur, dit-il,
Quant à la question de savoir si, de notre côté, nous devons rester tout à fait inactifs, c’est un point qu'il importe d'examiner de d 8 près Que pense là dessus le capitaine Van Ray? l — Moi, mocsieur le jouverneur, ce [ue je perse ? répondis Van Ray. Je pense que la chose est, parfaiteraent claire, et ‘ape tant et de si longs discours que j'entends. iei sont inutiles pour la décider. —Je vous remercie du Compliment! murmura le facteur blessé, : r Je suis up #oldat, voyez-vous, poursuivit Van Ray, et je ne Sais pas entortiller dans de belles phrasès, ce que J'ai à de Je prélends qu'au lieu de nous. laisser altaquer c'est nous ui devons être les sgeurs. HAjOns-nous de mettre no homes sous les armés, € Ayant Que personne s'en doute, tombons sur la ville de Jacatra et sur les Jar que ne réussissait pas ? dit le
. TrEtiei cette ait 4, eur AYSe ua certain acgent de dédain. di Ne pas réussir! Comment | ‘yous CrOEez que les Javanais nourrsient tenir contre cs 10iiandeis :
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Qu'on me confie deux Cents hommes, et, si je no mets pas sens dessus dessous toute cette. boutique que vous voyez là-bas, je consens à Passer pour un misérable vantard |
—Ne vous prononcez pas si légèrement, Capitaine, dit le gouverneur, D’après mes renseignements, les
ii le nombre ? Quand les Hollandais ont-ils compté leurs ennemis ? D'ailleurs les J aVanais ne sont armés
que d’arcs, épées ct de lances, Avec quelques ar-
— Vous vous trompez, capitaine, répliqua le gouverneur ; les Jayanais sont un peuple résolu, courageux et tenace, Il est Yrai, comme vous le dites,
u'ils sont très/mal armés, heureusement pour nous,
e croyez pas que l'on en ait AUSSI aisém nt raison ; : ce sont de bons soldats et, ils ne battent bas facile.
mené en retraite ; néanmoins il sera tenu compte de votre opinion. .,, Notrs ami P'erte Dirckez n'a pas
—Peu m'importe ce qu'on décidera, répondit le Capitaine Dircksz,
— L'affaire me &emble si simple, monsieur le gou-
verneur, qüe je n'ai pre même écouté la longue ha R | e facteur,
“On ÿient au conseil de guerre pour ( ibérer, et Mu dinconts des Aûtro lui fre Benoou ue de ne pas paraître Sans Gétié réunion, Vous Fréndefice Que j'ai dit comme dérafsounable ot
inutile: voyons 66 que voué avez de mieux à dite,
se 10.
—Oh! oh! vous le Prenez sur ce ton-là, monsieur
le facteur ; très-bien | très-bien | —Mais ce ne sont pas là des raisons | — Veuillez vous asseoir, monsieur le facteur, dit le gouverneur toujours très-calme ; je prierai le capitaine Dirck+z de nous faire plus amplement connaftre son sentiment, —Eh bien! voici Comment je raisonne, monsieur le gouverneur, répondit Pierre Dirckez. Si les Javanais ne projettent rien contre nous, ils resteront là. bas; s’il se sont laissés tromper par les Anglais et les Portugais, ils viendront nous trouver, et, s'ils viennent, nous les receyrons si bien, avec la mitraille et les boulets d'abord, avec la pique et l'épée ensuite, que de longtemps ils ne demanderont le reste de leur compte, Je suis d'avis, comme mon ami Van den Broeck, qu'il fant prendre quelques précautions ; mais, du reste, nous pouvons, comme auparavant, dormir fort tranquilles, ”
Le gouverneur s'établit plus commodément dans son fauteuil, comme s’il se préparait à prononcer un long discours.
“ Messieurs, dit il, chacun de vous à fait connaître son avis. Après vous avoir écoutés, je vais vous dire, à mon tour, ce que je pense de Is situation. L'opinion du capitaine Van Ray me paraît téméraire et impru : dente, Notre patrie est en paix avec l'Angleterre, avec le Portugal, et aussi avec les Javanais, Nous ne devons pas être les premiers à rompre cette paix : ce serait faire retomber sur les Provinces-Unies une
rave respousabilité, Dans ce qu'a dit monsieur le Acteur. il sé trouve de bonnes idéce dont je m'effor-
cerai dé tirer p:ofit; ainsi j'ai l'intention d'envoyer, suivant ses conseils, uné ambassade au Paogerang,
. Pour le reste, js suis, néanmoins, de l’avis du cani. taine Ven a
88 Gén Broëck si du capitaine Dirckrz: je
L FPPPOSNNRS
onsieur
r, dit le e capiconnaî-
Onsieur les Ja ront là rlais et t, s'ils itraille nsuite, ste de | Van tions ; Avant,
dans er un
naître dire, inion npru :
terre, Ncus Aix :
SD id. :
mit...
pense qu'il faut nous préparer secrètement, afin den'être, en aucun cas, surpris me l'événement, En Conséquence, chacun de vous era ce que lui imposeson devoir pour mettre à exécution les mesures que je vas vous prescrire, J usqu'à la fin de la journée: de travail, on agira comme si l'on ne savait rien > mais, dès que les ouvriers étrangers auront quitté la factorerie, on se mettra à l'œuvre avec tous nos soldats pour placer des canons sur les bastions et tran-
de haque-
—Assurément, monsieur le BOuverneur, dit le fac teur, vous êtes parfaitement maître d’ordonner ce que bon vous semble : nous n'avons ici d'autre droit, comme simples conseillers, que celui d’expri notre opinion, Permettez-moi, Cependant, de vous
— C'est vrai, monsieur le facteur, répondit le gou-
x + tes les demi-meszu.
Tes 80nt préjudiciables à celui qui |
nes sera envoyée au Pangerang, et je vous prie, man. 5 : A.
sieur F#6i68r, 6 môme que le Capitaine Van der Broeck, qui parle aussi très-bien le Malais, de vou.