‹ BaudelaireChapitre 9 sur 27 · LETTRE DE THCODORE DE BANVILLE · texte numérisé non relu

LETTRE DE THCODORE DE BANVILLE

Samedi, 9 janvier.

« Mon cher Baudelaire,

» Votre lettre m'a rendu très heureux en me témoignant une lois de plus une affection et une sympathie sur lesquelles je n'ai jamais cessé de compter et que je vous rends bien sincèrement, en dépit des circonstances qui nous ont séparés (i). Je vous remercie de tout

(i) Conimuniquce par M. Albert Ancclle.

Les u circonstances » portaient jupon et s'appelaient Marie Daubrun \\, les notes, sous les lettres de M. Ponson du Terrail et de George Sand, p. 4i^ et li'2']).

Hàtons-nous d'a,ouler que les rapports dos deux amis, malgré ce fâcheux incident, retrouvèrent bientôt toute leur cordialité, il laudrait une longue page pour mentionner, cueillies dans leurs œuvres, les multiples marques d'affection et d'estime que ne cessèrent de se donner Banville et Baudelaire, et dont, si je crois que la pièce dédiée au poète des Carialides : Vous avez empoùjné les crins de la déesse... (iSZjq) est la première en date, le discours prononcé par celui ci sur la tombe du poète des Fleurs ne fut pas la dernière. — Car on sait encore la pompe du lit fupéraire que Banville, dans Mes SouvâiiirSf a dressé pour son ami.

Un détail inédit, toutefois, touchant le dévouement de Banville, quand, Baudelaire atteint de sa mystérieuse

3l4 CHARLES BAUDKLAIRE

mon cœur d'avoir songé au besoin que j'avais de \otre fidèle souvenir. Quelle que soit la vie, nous resteroni du moins unis dans cette région supérieure des pensées où, grâce au ciel, il n'y a pas d'événements, et où l'on peut s'aimer avec franchise.

» Théodore de Banville. »

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