‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 122 sur 256 · PASSAGE DE L'ARMÉE RUSSE DANS L'EMPIUE · texte numérisé non relu

PASSAGE DE L'ARMÉE RUSSE DANS L'EMPIUE

lique est uni à celui de ta maison d'Autriche; c'est cependant Lie voudroit amener lu diète générale sous le prétexte de la ïreié publique de l'Empire, et vraisemblablement la cour de leauo se flatte que, lorsque lesRusses y seront une fois entrais au 'en des réquisitions particulières faites à <livers princes et l*]tats pari du roi d'Ang^lelerre et qu'elle y aura joint une partie propres troupes, elle parviendra plus aisément à se rendre dûment la maîtresse des délibérations tians cette assemblée kdans le congrès de Fraiïcforl et j\ assujettir h ses volontés, par Ib déclaration générale do TEmpire contre la France, ceux des lecteurs et princes qui jusqu'à présent sont demeurés fermes à tair le parti de la neutralité; Télecteur palatin a senti de le heure ces suiltts dangereuses que pourroit avoir au préjude la liberté de TKmpire la marche des troupes russes pour T vers le Khin; il n'a pas dilTéré à on prévenir les cours de Berlin et de Dresde, de même que celles de Bonn, de Munich It de Stultj^rd, et dans la réponse qu'il a faite à la lettre réquisi* iale du roi de la Grande-Bretagne pour le passage de ces ipcs étrangères par ses EUits, il a eu le courage do lui déclarer c'est chose qui intéress«? si esscntiollement tous les princes lUts de TEmpire, qu'elle ne dépend pas du consentement que uns ou les autres pourroient y donner chacun en particulier, imI faut nécessairement qu'elle soit portée aux comices de ETniiiro pour en délibérer et en déciderpar un couclusum général ; 61©ct<;ur palatin a communiqué en même temps aux cours d'AlttSUguebien intentionnée» pour la neutralité cette répouso faite tt part à la réquisition du roi d'Angloterre : il e^it h souhaiter leurs réponses à ce prince sur le même sujet y soient con- I, et qu'en conséquence elles ne différent pas à faire l\ cette m à HalisbonuL* les déclarations nécessaires pour qu'il soit de telles résolutions par la diète générale sur un point d'une ^ereuso conséquence, que Ion reconnoisse également it TEmpire l'insuffisance et l'irrégularité des réquisitions roi étranger pour faire passer à travers des Etats d'Alleuoe année étrangère j)our des intérêts absolument étraniitt corps gennanîqne, au risque de compromettre l'Empire couronne amie contre qui cette armée est destinée, et

LE COMTE OE BASCIll. 1748.

d'attirer le llit^ALru de la guerre dans les cercles, malgré le dt^ir qu'il» ont marqué presque unanimement de vouloir g^trder la neu- IraliW entre les puissances belligérantes.

Le comte de Basrhi, dans 1rs enlretions qu'il aurîi tnntiivcr rKlecleur quavee l'Imptralrice et les ministres de cette cour sur des objets aussi importants, pourra commencer h conuoitre [ttr lui-môme les CHract^res de ceux auxquels il devra principalcinfut avoir afTairo pendant son séjour à Munich et leurs qualités el di^ ]iasitions personnelles.

L'Kiecteur ne laisse pas aisément pcîmHrer ses propres sentiments; il a de l'esprit, mais son éducation n*a pas été assM suivie pour qu'il soit capable d'une application de quelque durce aux affaires confiées à ses différents ministres ; l'éconoaiie e^ï une de ses qualités personnelles ; il a paru. apr(.'S la paix de Fuesàon, s'occuper principalement du rétablissement de ses finances, ft c'est pour y parvenirqu'il s'est ensuite livré aux négociations politiques pour trouver des ressources dans les puissances clrangî-res, selon l'intérêt quelles ont cru aAoir de le ménager: If sieur Renaud a dépeint ce jeune prince comme un mélangciic timidité, de foiblesse et de méfiance, qui forme un caractère d*i^ résolution sur lequel on ne peut faire aucun fondement.

Le sieur comte de Baschi doit examiner le degré de confiance que rElecleur donne à l'Impératrice sa mérc; c'est une prince^"* vertueuse qui pense bien ; elle joint à une piété solide la candeur et la sincérité ; quoique de la maison d'Autriche, elle se fait Rloiff d'avoir adopté les principes du feu empereur son époux suriw intérêts essentiels de la maison de Bavière; elle est remplie du reconnoîssance de tout ce que le Roi a fait pour Télévation et lô soutien de cet empereur, et elle n'a pas discontinué d'inspirer à rfilecteur son fils, même dans le temps où elle a cru devoir*' prêter j\ consentir aux enjjpngemenls qu'il a pris avec les puissances maritimes pour leur fournir moyennant d*^ subsides un corps de ses troupes, qu'il lui éloil de toute importance de chercher i rentrer dans les bonnes grâces du Roi et de se ménagi-T p^ Tentremiso de la cour palatine la protection de Sa Majc>l(î- Le comte de Baschi ne peut marquer a cette princesse trop d'égards et d'attentions respectueuses, mais il doit cependant

ÉTAT DE LA t'AMII.LE ÉLECTORALE.

éviter que l'Kleclour et IKItîclrice n'en prennent île la jalousie.

III avoil paru par fjuelques avis secrets de Dresde, avant leur mariage, que cette jeune princesse, par jalousie de ce que sa soïureadetle avoït éli» proférée poiirdevenir l'épouse du Dauphin de France, avoit pris des impressions favorables pour la cour de Vienne, et Ton avoil désiré par celte raison que rimpèratrico eût

Ipu la diriger de ses avis et de ses conseils dans l'usage du crédit qu'on ue<louloit pus qu'elle ucquerroit sur l'esprit de rÉIecleur son époux ; mais on a reconnu bientôt apr^s leur mariage que rKiectrice, s'abandonnant entièrenieul à ramitié dunl ce jeune prince s'est pris pour elle, ne se prèlcroit pas aiscMuent à suivre d'autres impressions qïic celles qui lui sont sugg("*rées par ce qu'elle connoîlelle-niêtiie de sou taraclère et de ses goûls^ pour continuer de vivre avec lui dans Tunion la plus parfaite ; de sorte que l'un et l'unlre ne paroissent même visiter de temps en temps l'Impératrice que j»ar bienséance; on ne voit pas cepeudunt encore que rËlecIrice ait aucune influence dans les aflaires de rËtat; c'est un point auquel le comte de Baschî ne peut ap[iorter trop d'attention {)0ur pouvoir juger sûrement du degré de coniiance que lui donne l'Électeur; il examinera de ra^me le caractère et les inclinations de celte jeune princesse et il ne perdra Ipas une occasion de resserrer Tunion entre Madame la Dauphine et elle.

Avant le mariage de l'KleclHur, il paroissoil qu'il avoil ungoùl décidé pour la princesse épouse ilu [iriuci* (élément, et Ton attribua même aux ombrages que Tlnipératrice parut en concevoir le Toyagc qu'on engagera ce prince do faire avec cette princesse à la cour de Ronn. Le sieur comte de Basrbi pourra juger par luim*''me du crédit qu'elle peiit avoir conservé sur rKIecleur, et si Ton peut hasarder, comme on l'a fuit quelquefois précédemment, Hde faire parvenir à ce prince par son entremise des notions et des Btvis qu'il ne seroit pas aisé de lui donner par d'autres canaux. K Depuis que l'Etat de Liège est devenu le théàti'cdo la guerre, l^e cardinal de Riiviére ne pouvant plus rester avec décence diius un pays inondé d'Autrichiens qui en dévastoient tous les jours Iquo partieel dont quelques-uns se seroient peut-être fait un léritc auprès de la cour de Vienne do manquer aux égards dus à

302 LK COMTE DE BASCBI, f7«8.

ce prince, il s'est retiré dans son évéché do Freîsingen, doùîlu rond souvent à Munich pour y voir l'Electeur son neveu et Tlrapératrico, qui paroissent avoir pour lui une tendre amitié et une entière confiance. Le comte de Baschi doit avoir pour lui on toute» occasions des attentions toutes particulières; ce prince n'a pas besoin qu'on lui rappelle les témoignages distingués que le R» lui a donnés de son afTection en procurant son élection à l'êv^ché de Liège; il sait que Sa Majesté s'emploie fortement à luiobleni en cour de Kome unbref d'éligibilité, au moyen duquel on puis dans le eus de la vacance de Tarchevéché de Trêves, travailleràli faire parvenir k cet électorat, ou bien placer oncorp sur sa Icto quelques-uns des grands évêehés d'Allemagne. Jl pareil parfaitement reconnoissant de l'intérAt que Sa Majesté prend à ce qui le regarde, et comïm* il n^esl pas moins sensibleàco qui peut coi cerner la gloire et les avantages de T Électeur son neveu, le corn de Baschi doit Tenlretenir souvent des dispositions sincèreâ Sa Majesté à y contribuer dans les occasions, sans cependant c fier à ce cardinal le secret du subside annuel que la cour de Md nich reçoit actuellement de Sa Majesté par l'entremise de la cour palatine et des engagements que le jeune Electeur a pris en cetiftj considération envers Sa Majesté, le conite de Bascbi ne devai cesser de lui en faire mystère qu'au cas qu'il voie bien ce nement qu'il lui en aura été fait confidence de la part do la cour de Munich.

En dernier lieu, le cardinal a reçu une nouvelle marque de confiance intime que l'Électeur son neveu prend en ses consei et dans la droiture de son jugement par une lettre qu'il lui aécrii le 7 du mois de mars deriiiiT, pnur le consulter sur les partis qull pourroit prendre pour faire valoir, h Koccasiou des conférences qui viennent de s'ouvrir à Aix-la-Chapelle pour travailler au rétablissement de la paix générale, les prétentions qu*il croit être en droit de former contre la cour de Vienne, nonobstant traité de Fuessen et les autres conclus depuis de sa part a cette cour et avec les puissances maritimes: le comte de Base! verra, par la copie de cette lettre qui sera jointe à la présente instruction, quelles sont en général ces prétentions et les motifs sur lesquels l'Electeur do Bavière croit pouvoir demander qu'on

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SUCCESSION D'AUTUÏCHE.

loi bonîBc en quelque partie les droits qui lui ont été dévolus à titre d'héritage sur quelques-uns des pays héréditaires de la maison d'Autriclio el que le feu empereur a tâché inutilement de recouvrer par la force des armes; il ne dissimule pas qu'il est résolu d'avoir recours pour cet effet aux cours de France, de Pologne et de Prusse, de même qu aux électeurs de Cologne el paliiUu : on doit donc s'attendre qua la première occasion où le comte do Bascbî renlretiendra, el ses niiiiibtres, ^ur le désir que le Roi a de voir finir par une paix convenable une guerre où Sa Majesté u'est entrée que pour soutenir les droits et intérêts de ses alliés et où Elle n'a jamais eu d'autres vues pour l'iulérélde sa couronne, ih ne lui coritieiit rintentiou où ce prince est de produire de nouveau les préleutions de sa maison aux couférences ou au congrès pour la paix générale, et qu'ils ne le prient môme d'en rendre compte à Sa Majesté pour lui demander sa puissante protection pour TappuL de ces prétentions; il est Certain que, par le traité de Fuessen, rÉlecteur de Bavière a abandonné sans retour toutes les prétentions que lui et les siens pourroîent former sur toutes les parties de lasuccessiondu feu empereur Charles YI, abandon que la jeunesse de ce prince, la nécessité, la violence lui ont fait faire, mais qui n'en est pas moins réel et qui sera toujours un obstacle pour former des demandes eu faveur de ce prince, quand même les circonstances doviendroient plus favorables ; mais le comte de Baschi doit bien prendre garde qu'il ne pourra se servir de celte réflexion i[u'avec beuucoup de ménagements, et ce ne doit même être, au cas qu'il en trouvât Toccasion, que pour mai'ijuer le regret el la peine que le Roi et toute la France ont ressentis de ce traité de Fuessen, el pour foire sentir la difficuUé de revenir contre ce qui a été stipulé, laissaut néanmoins toujours une porte ouverte à l'espérance, pour éviter de jeter la cour de Munich dans le désespoir; ainsi le comte de Bascbi se gardera bien de refuser de faire passer au Roi les ouvertures qui lui seront faites sur l'utilité que l'Electeur do Bavière croiroit pouvoir retirer [)0ur lui personnellement et pour sa maison des conférences d'Âix-la-Chapelle ; et toutes les fois qu'il sera attaqué, soit par ce prince, soit par Tlmpératrice, soit par quelques-uns des ministres de cette cour, sur les avantages

LE

MTE i)E I3ASCII1. 1748.

que Sa Majesté pourroit lors de la couclusion de la paix gi'méra procurer à la mnisoa de Bavière, il se borucra à prolester lerines gimùruux que le Uoi aura toujours à cœur les inlértMs celle maison, et que, si les circonslances sont favorables, Sa Ml jest^ ne les négligera pas; il est certaiu que, si lors delà clusion de la paix Sa Majesté su Irouvoit en situation de coni buer h la satisfactioti particuliC^re et à lagraudisseinent d? rÉlecteur, Elle le feroit avec grand plaisir, mais on ne peut rieu promettre à cet égard, les choses étant en tel état que pcr^onue ne peut prévoir quand ni comment on fera la paix.

Celui des minisires de ce prince qui paroll avoir toul sa coniiauce jiour la conduite de ses aflnires politiqui'S ave les cours étrangères est le comte de Sinzheim, quoique dans conseil il se trouve précédé par le comte de Preising et par U comte de Kdnigsfeld; les traités que l'Electeur a faits en 171 avec la cour de Vienne et avec les puisstmccs maritimes fournir a\i moyeu d un subside annuel de leur part un corps cinq mille Bavarois à in république de Hollande sont louvi de ce ministre de confiance, et c'est lui aussi qui a conduit avec cour palatine la négociation pour le subside annuel que le Roij bien voulu accorder en dernier lieu par IVnlremise de celte co» celle de Munich. Il a été ambassadeur du feu empereur Charles' à la Haye, et il avoiL paru, dans le commencement de la ri^gei de rKlccteur, faire profi'ssion de coiïtinuer d'être attach» aï principes et aux uiaximes de cet empereur sur rimporlance pour la maison de Bavière de s attaclier sur toutes choses à se méiiagtr rariniié et la protection de la France ; les soins qu'il s'est depi donnés et les voyages tjnH a Fails pour lier par de nouveuuf engagements après le Iruilé de Fuesseii le jeune Électeur avec! cour de Vienne et avec les puissances maritimes, ont lait conjl turer qu'il avoit pris des sentiments plus favorables pour les inlôrôts de celle cour; mais enfin il y a lieu de juger, par toul qui s'est passé dans la négociation et dans la conclusion des et gagcments que rÉlecteur a nouvellement pris avec lo Roi pour on obtenir un subside, que le comte de Sinzheim croit ijue le présent il sufiit, pour que ce prince puisse se ménager ment entre lu France et la cour de Vienne, qu'il s'attache de pi

PERSONNEL DE LA COUH DE BAVIÈUE.

^nplusà maintenir l'union de fauiiUe avec les électeurs el princes ^pft sa maison, et que ce fondement pourra môme servir dans U suite à faire quelque chose do mieux avec la France pour les avantages de la maison de Bavit>rc; Sa Majesti'î a d autant plus approuvé ce système, qu'Elle a regardé le renouvellement de celle union comme la pierre de touche pour connoître en tous lemiw lus vrais scmtimcnts de TEIectour do Bavière pour ce qui pourroil intéresser la Franco; de tous ceux qui environnent ce priuce, c'est ce minisire pour qui il a toujours marqué le plus de Il p)»t. ce (|ui a pu Être TefTet de ce que le comte de Sinzlieim ^■esl le plus aUaché dans les commencements à se mettre à por- ^He de son Age ; on a même jugé dès lors qu'avec le temps il ga- ^Tfnwroit le dessus dans cette cour, quoiqu'on ne lui trouvât pas lîi capficilé et les autres qualités nécessaires à un premier miuislrt'; quoi qu'il en soit, il s est acquis auprès de TÉlecteur son ^hallrc le mérite do lui avoir ménagé des subsides, d'abord des ^Bnnemis de la PVnnce, et ensuite do cette couronne, et de lui en ^pâurei- ainsi des deux c«)tés opposés, ce qui doit avoir relevé do jBbi'aucoup Topinion que ce jeune prince s'étoit formé de son habilulé à manier et à faire réussir les affaires les plus délicates et |^^>^ plus compliquées; on peut donc compter que le comte do ^H«nzheim, sans avoir le titre de premier ministre comme le ma- ^r^lial de Torring Ta eu sous le feu empereur et au commenco- «»eut de la régence de rÊlecteur, gouverne absolument les nffaireji politiques dans celte cour par la confiance entière que ^B ïi'i donne ce jeune prince; et il a paru en effet que si dans ces ^Weriiiers temps l'Impératrice et le comte de Preising ont été quel- ^■^uefois consultés sur cette sorte daiTuires, ce n'a été qu autant ^Mu'oa a cru devoir appuyer do leur approbation et de leur con- ^^courj des résolutions déjà prises sans leur participation. ^—^ Le comte de Preising a cependant conse^^'é auprès de l'Elec- ^V<;ur toute la considération qu'il s'est acquise pendant quil a été ^BS^uverneur de ce prince, et il tient la première ptaco dans son ~ *îtjnMîil depuis la retraite du maréchalde Torring. C'est un homme ^ïïi'|ueraenl occupé de ses devoirs; il est ami de la France parce l^il est persuadé que la maison de Bavière ne peut espérer t^ avantage solide (|ue par le concours et l'appui de celte couronne,

UCUCIL 0E9 t^9TII0Cr. OIPLOMAT. VII. — 20

au lieu que cette muison a tout à craiudre et rien à espérer cour de Vienne ; mais les bonnes inteniions de ce niiuistre na sont pas secondées par des talents proportionnés ; on trouve qu'il a do la sécheresse dans le commerce et qu'il a de Thumeur; et d'ailleurs il est tellement livré à des pratiifues journalit^res de dévotion qu'elles lui prennent le temps qu il faudroit qu'il employai au travail nécessaire à la suite des affaires.

Le comte do Kônigsfeld occupe la seconde place dans le cooscil de rÉlecteur; il est insinuant, adroit, accoutumé au qbuèjîc des affaires; il u paru d'abonl se livrer aux di^irs et aui vuesderimjiératriccpour senfaire un appui auprès de ce prince; il a ensuite concouru avec le comte de Sinzfaeim à lui tm prendre des engagements avec la cour do Vienne et avec les puissances maritimes, et il a môme tâché d'en enlever le mérite à c^' comte, en profitant de son absence, pendant qu'il était allé i Maiiheiiii et à Cologne consulter les deux électeurs sur les projets de traités avec ces puissances, pour signer précipilamnirol avant son retour les articles du traité avec la cuur de Vit^ane; il se flaltoit de pouvoir parvenir au timon général des afIairi'M Munich ; mais le retour du comte de Sînzheim remit tout daof l'ordre accoutumé; l'avidité du comte de Kônigsfeld pour !*«• geut, de quelque part qu'il lui >nenne, gâte les qualités desprit qu'il peut avoir: il regarde les nouvelles alTaîres qui se pr^ sentent comme des occasions do s'enrichir; il a la réputation de se vendre au plus offrant, et il n y a d'autres moyens qui* le» gratifications et les présents pour l'engager à agir.

Le chancelier Braidlohn ne parott pas autant livré à la l'0^ ruption ; mais il s'est cependant déjà prêté à recevoir des gratifi* cations de la part du Roi, pourvu qu'elles paroissent lui veflii de la cour palatine, et quoiqu'il passe pour n avoir pas la fon» d'esprit et l'élévation du génie nécessaire pour s'acquérir nfl crédit supérieur à la cour de Munich^ Sa Majesté a jugé devoff employer ce moyen pour confinner les dispositions favorables où il a témoigné d'être pour contribuer a tout ce qu Elle pourroit J**sirer en conséquence des nouveaux engagements que ce prinw a pris envers Elle, et Elle autorise le comte de Buschi à lui offrir de plus une pension de trois mille florins, s'il juge, après avoirJ**

PERSONNEL »E LA COUR DK RAVIËRE.

pur lui-in<^me IVUil actuel de celle cour, que Sa Mttjcslé en c>i|H^rer do plus grands services.

lu croil encore plus nécessuire^ pour ces mêmes vues^ de ^assun*r au»si du comte de Slnzhoim; Elle lui a déjà fuit parveàr, et à lu comtesse son épouse, par le canal de la cour palatine, llbpréAi-ntîi coasidérables, pour leur mari|uer le gré que Sa Malle lui fait de ce i]u*il a contribue plus que tout autre à déter- ' lerTMlucteur h prendre les engagements [lortés par la lettre ;c prince» a écrite à l'électeur palatin, et Elle autorise le sieur de Hasclii à promettre en outre à ce comte une pension de lie Oorinb, s'il reconiioit qu'il puisse en résulter des avanpour le ser\ice de Sa Majesté.

confesseur de l'Éleclcur et de rÉIeclrîce est un j^*suite :

lujours évité de paroïtre prendre part aux dilTérents partis

sont formés dans celte cour, cl témoigne de ne vouloir

bien et Tavantage de la maison de Uavirre, mais sans

iqucr sur le» moyens. Il est peu éclairé pour les afîaires de

màe; cependant le sieur Renaud a été autorisé de lui faire

ipi$ en temps des présents de café, de chocolat cl de bou-

pour lui inspirer des dispositions favorables [mur la France;

iie de Baschi tâchera aussi de gagnor la conBunce do ce

par les mômes moyens et par toutes sortes d'atlen-

leux

gratifications de la part de Sa Majesb'i contribueront au à procurer au comte de Baschi des accès plus faciles et plus mx auprès do ceux sur lesquels elles seront répandues, ot même ù les engager de s'ouvrir ronfidemmenl avec lui iToesdont le conseil de l'hlecti'ur peut être occupé [)ourravedou que les circonstances pourront y devenir plus ou moins ibles; il parolf que ce prince et les électeurs do Cologne et ont déjà prévu, dans leur traité d*union de famille, le cas toour do Vienne voudroit faire élire roi des Romains le jeune Ittc'. Il n'est pas à présumer que la Bavirre étant épuisée kt, San!» ressources et sans crédit, le jeune Electeur forme lèflaeut pour soi-même des projets sur la couronne impé-

rn ntl. roi des Romùiu eu 17Ui, empereur de 17^5 à 1790.

LE COMTE DE BASCHI, ni».

riale, apr<>s l'oxi^tTienco récvAxia des malh'^ur» qui sont r^^siiU/yi sur son pays et sur toute sa maison des facilites que l'ompureur tsou père n trouvées par Tappui ot la protoclion du Roi jKiur en* gager tous les électeurs à lui déférer cotte couronne ; il y amême lieu de juger que la plupart de ceux dont rËlecteur est envi ronné, sont bien éloignés de désirer qu'il puisse, en portant ansà son ambition vers la dignité impériale, les exposer de nouveau è la dévastation de leurs terres de la part des troupes autrichiennes; quoiqu'il en soit, ce n'est pas luatiiTc que le coml«ik Baschi doive jamais faire entrer de lui-même dans ses enbetieus avec les ministres de la cour de Munich; il doit se cootfflter d'écouter aLtentivement les propos (pie les uns et les aatm pourront tenir sur de pareilles vues, et comme, dans le cas où b cour de Vienne se porteroil en oirol à demander anx éleclûaw d'élever rarchiduc à la dignité de roi de» Homaius, toutcf que le Roi désire est que TÉlecteur de Bavière s'entende avec!» électeurs de sa maison pour agir dans le plus parfait concert sur un point d'aussi grande importance pour leurs intérêts de mém« que pour ceux de l'Empire, Sa Majesté compte absolument rar leur fidélité à observer les ongagomeuts qu'ils ont pris à wil égard par leur traité d'union de famille, et le comte de BuhiIu n^a ni ouverture ni insinuation à faire prématurément sur e* point, dont il n'est pas actuellement question.

Lu puissance du roi de Prusse, fondée sur retondue de Ltutset sur le grand nombre des troupes aguerries quil continis> d'entretenir, et la considération qu'il s'est acquise par ses victoi et par la conquête de la Silésie, lui donnent une grande influi'O*: sur les affaires générales de l'Empire, et l'on peut prévoir que ^ sera principalement de la part de ce prince que la cour de Vien*^ trouvera des obstacles au projet de rendre la couronne impéri» héréditaire dans cette maison, et à tout ce qu'elle voudra fa»J passer à la diète générale de Ratisbonnc pour ran'ermissemeJ et rueeroissement de son autorité sur toute TAllemagne; il paro pour le présent s'attachera obser^^er les plus grands ménagement envers celte cour; cette conduite de sa part a vraisemblablùcaerii pour objet de ne lui pas donner le moindre prétexte de n'veii'^ contre la cessiou qu'elle a été obligée de lui faire de la Sii

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