‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 123 sur 256 · POLITIQUE DE LA PHUSSE · texte numérisé non relu

POLITIQUE DE LA PHUSSE

et qu'elle a promis de lui faire garantir par le corps de TEmpire et do faire comprendre dans le traité do lu paix générale; il n'en \ cependant pas moins attaché à maintenir la paix de l'Empiri) ur le fondement de la neiilndilé, et à onipt^cher que la cour de Vienne n'entraîne pour les intérêts de la maison d'Autriche le corps germanique dans la présente guerre; mais sa politiquo sur point et à divers autres éganls est d'ailleurs si couverte, qu'il ne parott pas qu'il veuille en rien se lier par des engagements formels avec les autres princes hien intentionnés do l'Empire, ur concerter leurs démarches et leurs suffrages dans la vue en assurer le repos et la tranquillité, de sorte qu'il vient même de refuser expressément de se pr*>ier à la proposition que l'électeur palatin lui a fait faire, de même qu'aux cours de Munich, de Dresde et de Bonn, de prendre conjointement les mesures rjui fleroient estimées les plus convenables à la circonslimce actuelle de la marche des Russes pour se porter dans l'Empire; il faul croire que le roi do Prusse n'istime pas (|ii'ua pareil concert puisse convenir au système d'impartialité qu'il s'est proposé do tenir entre les puissances helligérantes, ni m*^mo à ses propres intérêts, mais il y a tout lieu de juger qu'il n'en verra pas moins avec pluisir,et qu'il désire même, que les autres électeurs, princes et Ktals de l'Empire, puissent faireen cette occurrence ce quicon- ^vicnt au maintiendu repos et de la liberté de l'Allemagne, et que, ^^pns avoir pris d'avance aucun engagement formel à cet égard, ^H appuiera de ses suffrages et do ceux de ses amis dans les trois j^^Uèges à la diète de l'Empire, les déclarations qui pourront y *tre faites contre l'entrée et le séjour do cette armée étrangère «ur le territoire du corps germanique.

Quoi qu'il en soit, cette conduite réservée et mystérieuse du roi de Prusse, qui, on toutes choses, paroit toujours ne se régler que sur ses propres intérêts, sans avoir les attentions convenables pour ceux des princes qui sont les plus liés avec lui, est un avertissement sur le degré de confiance qu'ils doivent aussi lui donner de leur part, dans les occasions où il lémoigneroit le us d'empressement de s unir avec eux et de s appuyer de leur ncours; il est certain que l'Électeur de Bavière doit marquer ne sorte de confiance au roi de Prusse, mais il ne faut pus qu'il

LE COMTE HE BASCHT, l7iS.

s'y livre di" façon que Sa Mftjeslé pùl avoir le inoimlre préU'Klc de penser (jue la cour de Munich, en recevant des subsides de la Franee, ne ge détcnnineroit à rendre des services à Sa Majesté qu'après avoir consulli» lo roi de Prusse ; en un mol, Sa Majesté ne veut à cet égard aucun partage, et si l'Électeur désire qu'Elle ait pour lui la même amitié que pour ses ancêtres, il faut qu'il l& prenne pour son conseil et qu'il soit persuadé rjue Sa Majesté ne se ser\'ira de sa coniiance que pour la gloire et les avantage» d« la maison de Bavière. Le sieur comte de Baschî jugera aisémest que, de tout ce qui lui est prescrit par cette instruction, cet article est celui qui demande le plus de dextérité et de eirconspectioad« sa part^ puisqu'il paroît être extri^^mement dangereux pour les intérêts de Sa Majesté, tant pour le présent que pour ra\*emr, qu il pût revenir au roi de Prusse qu'Ëlle eût fait donner de pareils conseils à rKIccteur de Bavière; le comte de Baschi doit donc avoir une i>\trême attention de ne hasarder aucun 'propos sur un point aussi délicat par les conséquences qu'il pourroil avoir, qu^après avoir bien reconnu son terrain et les ministres sur le secret et sur la droiture desquels il pourra le plus compter. Il y a toujours eu des liaisons dintéréts entre les cours de Munich et de Dresde, mais la jalousie qui a de même 5ul)>i*lê presque toujours entre elles les a souvent empêchées de se préraloirdes conjonctures les plus favorables pour se procurer par use union sincère les avantages qui pouvoîent être à la convenaoc* do l'une et de lautre; le double mariage qui unit la maison k Bavière et celle de Saxe doit faire juger qu'elles connoissint présentement toute l'importance dont il est pour elle de se ^* tenir [nutuellement et d'agir avec le plus parfait concert dans le* atTaires qui les regardent ; le comte do Hasehi examinera quel est le degré d'amitié et de confiance que ces deux cours ont lonf pour l'autre, et quelle inlluenee le roi de Pologne peut avoir pw l'Eleclricc de Bavière, sa fille, sur rÉlecleur son époux. La vertti et la droiture du roi de Pologne" sont si pures, qu'il nV auroil

i. Auguste ni, né ou 1676, avait succédé â son père Auguste II en 1733 codom électeur de Saxe, en 1736 comme roi de Pologne. Il avait épousa la smnr de W^ leur Maximilien IH de Bartère. Aprëi nroir vu l'étectotat de Saxe conquit àdeu^ reprises par Frédéric 11, il mourut en 1763.

au

qu'à exciter le comte de Baschi à fortifier et accroître l'union et la correspondance entre les cours de Munich et de Dresde, si Ton pouvoit compliT également sur la fidélité et la droiture des inttïntiuns du comte de RruhlS seul et principal ministre du roi do Pologne ; mais sai conduite a été souvent si singulière et il est si livré aux cours de Vienne et do Pétersbourg qu'il mettra toujours des entraves à la confiance que le Roi seroit disposé h prendre dans le roi de Pologne ; quelque parti que le comte de Haschi prenne à cet égard sur les connoissances qu'il aura acquises, il faudra toujours qu'il évite les reproches que le roi de Prusse pourroit nous faire, y ayant un fond de mésintelligence qui subsiste toujours enlre ce prince et le roi de Pologne, que les soins

Sa Majesté n ont pu détruire.

Le comte de Baschi entretiendra une exacte correspondance avec tous les ministres du Roi en Allemagne et particulièrement avec M. de Tilly k Manheim et avec le marquis des Issarts à Dresde cl de même avec le comte de Suint-Séverin» ministre plénipotentiaire de Sa Majesté aux conférences d*Aix-la-flhapelle,

n écrira au ministre et secrétaire d'État des affaires étran-

res une fois ta semaine, ou plus souvent si les affaires le omandent, pour informer Sa Majesté <le ce qu'il aura fait et de c»* qu'il aura appris qui pourra avoir rapport à son ser\'ice et aux intérêts de sa couronne, et les réponses qui lui seront faites de la part de Sa Majesté devront être, de même que la présente instruction, la régie de sa conduite, de ses démarches et de ses discours pour l'exécution de ce qu'Elle lui fera connollre de ses intentions.

n se servira des tables de chiffres qui lui seront remises avec ^* présente instruction, pour les choses qu'il pourroit être dangoreux de confier sans cette précaution à la voie ordinaire des postes.

Au reste, l'intention de Sa Majesté est que tous les ministres *l^*Klle emploie dans les cours étrangères lui rapportent à leur '^tour une relation exacte de tout ce qui sera arrivé do plus imi^rlant dans les négociations qu'ils auront conduites, de l'étal où

^ Henri, comte de Bruhl. fnvort et mînUtre d'Auguat« HI, qu'il riiinn par se* t^^diittUtét, né en 1700, mort en t76i.

ils auront laissé les cours et les pays où ils auront servi, des cérémonies qui s'y observent en toutes sortes de rencontres, du génie et des inclinations des princes et de leurs ministres, en un mot de tout ce qui peut donner une connoissance exacte des pays où ils auront été employés et des personnes avec lesquelles ils auront négocié.

Son intention est pareillement qu*en arrivant des pays où ib ont été employés, ils remettent en originaux les instructions, chiffres et papiers de leur correspondance, avec les ministres du Roi, le tout avec un inventaire exact sur la vérification duquel il leur sera donné une décharge.

Aie' FOLÂRD

La mission du comte de Baschi n'ayant point donné les résultats que Ton en attendait, cet agent fut rappelé en France en juin 1750 pour aller occuper un autre poste. Quelques jours plus tard, le 22 août, rÉlecteur, toujours besogneux, concluait à Hanovre avec l'Angleterre, la Hollande et TAutriche une convention par laquelle ces puissances s'engageaient à lui verser pendant six ans un subside annuel de quarante mille livres sterling; pour obtenir ce secours, Maximilien ni n'avait eu qu'à renoncer formellement à d'anciennes prétentions sur le duché de la Mirandole et le marquisat de Concorde, que la paix d'Aix-la-Chapelle (octobre 1 748) avait attribués au duc de Modène, et à promettre sa voix pour l'élection de Tarchiduc Joseph conmie roi des Romains.

Ce traité de 1750 produisit un très mauvais effet en France. On en peut juger par le passage suivant des instructions qui furent données en 1751 à l'abbé de Guébriand, envoyé du Roi près l'électeur de Cologne, qui cherchait alors à s'entremettre pour ramener l'Électeur de Bavière à de meilleurs sentiments envers la France :

ADDITION A l'instruction DE H. l'ABBÉ DE GUÉBRIAND. 11 AVRIL 1751 '.

« Gomme le séjour de l'Électeur de Cologne à Manheim a fait a.ître un nouvel objet de négociation avec ce prince, il est à propos

Page 1