OBJET APPARENT DE LA MISSION
poino qut» Sa Mrtjcsl*^ a eue des passages qui ont été indispensables A SOS armées dans le Palatinal, soit en l'assurant que l'on les en détournera, ou quo l'on les fera faire avec plus d'ordre à
^J'avenir, soil enooro en lui faisant espérer quelque dédommogo-
^Htient pour ses pertes.
^H Mais parce que ce soroît rendre cette négociation inutile si
^Hedit sieur Klecteur pénétroit le véritable sujet du voyage dudit sieur marquis de Itéthune, et que ce lui seroit une occasion de lier encore plus fortement les mesures qu'il a commencé de prendre avec TEmpereurlorsqu'ilcroiroit que les premiers avis qui en seroient venus à Sa Majesté l'auroient disposée à rechercher les moyens de le retenir dans son alliance. Sa Majesté a cru nécessaire que le voyage du sieur marquis de Héthune eût un autre prétexte, et que ce qui en devoit être la véritable intention ne parût quVn être un accessoire et une suite.
Il s en rencontre même une occasion fort naturelle : la mori du duc do Simmern ' a fait naître un dilTérend entre M.Télecteur de Mayence et M. l'Electeur palatin^ le premier prétendant rentrer dans quelques fiefs que ce prince tenoil par engagement de l'électorat de Mayence*, Tautre ayant voulu se mettre en possession
Ke toute la succession d*un prince de sa maison dont il se trouve s plus proche et le plus naturel héritier. Le susdit sieur électeur de Mayence a donné part à Sa Maje«té de ce différend par une lettre qu'il lui en a écrite, et l'a fait informer phis particulièrement de ses droits par le sieur uhbé de ra\el, son résident auprès de lui \ M. l'Electeur palatin n*a fait en de semblable, et , sans donner aucune communication de ses tër^ts h Sa Majesté, il a répondu seulement à une lettre que le Sieur abbé de Gravel luiavoitécrile, par laquelle môme il témoigne ouloir recourir seulement k l'Empereur pour le jugement de lie afTaire, comme étant de celles qui doivent naturellement re décidées par les tribunaux établis dans l'Empire, et yraéle
I. Le eomt(^ palatio Maurice-Louis-Henri, mort en decombre i673, 1. NoUmraent le district de Bfickelaheim. Par nuitc rt'un nccord «ntrt* Mit Atmx iJMf re district fut placé sous le eéquetfU'e d« VKmperetir en mai 1676 ; le rvgle-
wuéai du (liffôr«nd n'int«rviat qu>n 1114, par compromis amiable ;Umajcnrfi punis
^a territoire contesta fut attribué** au PaJatinat.
3. Frère de Robert de Grave], qui avait été eniojè près d« la diète.
des plaintes des désordres que les armées du Roi ont commis dans son pays.
Le. Roi n'auroil point affecté de s'entremettre de cet accommodement sans l'otxttsion qui se présente, et auroil allendu m moins que ledit sieur Electeur palatin lui en eût donné quelque part ot l'eût supplié de s*en mêler. Mais, pour profiter de ce prétexte, l'intention de Sa Majestf*! est que ledit sieur marqtiis de Bélhune, étant arrivé à Iloidelberg et ayant été admis à l'audience dudit sieur Electeur, ajoute A la lettre qu'il lui rendra de Sa Majesté les assurances de la continuation de son amitié pour loi; qu'il lui témoigne que Sa Majesté n a pu apprendre sans peine le différend qui étoil né entre lui et le sieur électeur de Mayence, et qui les avoil déjà engagés à lu prise des armes; que de même que Sa Majesté avoit eu part à les accommoder lors de la sentence d'l1eîlbron,dansun démèléplus grand et plus difficile. Elle seroil bien aise daller aujourd'hui au-devant de ce qui pourroil altérer leur bonne inlrlligence, et que, quelque voie qu'ils voulussent prendre pour la conserver. Elle y contribuernit a\T?c plaisir tout ce qui pourroît dépendre do ses soins et de «on affection.
Il s'expliquera en mt^me temps que, lorsque Sa MajcstV» lui a donné ordre de venir pour ce sujet à Heidelberg, Elle a ordonin* au sieur abbé de Gravel, son résident àMayence, deparleren cette même manière en son nom à Télecleur et qu'Elle veut w promettre qu'ils regarderont l'un et l'autre comme une marqop particulière de son amitié pour eux les soins qu'Elle veut bien donner à leur accommodement.
Dans la disposition où se trouve aujourdliui M. TÉlecleur p latin, il y a assez de sujet de croire qu'il ne recevra pas avec toute la reconnoissance et la confiance qu'il devroit dos manpies si obligeantes de Taffeclion de Sa Majesté, qu'il y répondra peutêtre seulement par des paroles honnêtes, mais que, du reste, il U^moignera que ce difft'îrend d'une importance assez médiocre pour le règlement de quelques prétentions sur des terres situées dans l'Empire a ses juges naturels dans l'Empire même, et que,** sentant d'ailleurs fort obligé à Sa Majesté, il fera voir qu'il sc«t déjà adressé à l'Empereur, comme il ne doute pas que M. Je
HEGRETS A EXI'RIMËH.
^byence ne le fusse de son cûl('% pour lu décision de cette aflairc.
^K SU répond de cette sorte, le sieur marquis de Héthune se
^Biit«uteru du lui témoigner que, de quelque manière que ce
différend se puisse terminer ù. sa satisfaction^ Sa Majesté le
Lterra toujours avec plaisir, et qu'EIle sera seulement bien aise
^K lui avoir donné cette nouvelle marque de TalTection avec la-
^■lelle Klle s'intéresse î\ tout ce qui le touche.
^^ Comme la discussion de cette alTaire, soit avec ledit Électeur
QBftme, soit avec ses minisires, donnera lieu ù plus d*une confé-
flilioe, il ne faut guôre douttTque ce prince, étant aussi ri'inpli
flull e,sl du ressentiment de la ruine de son pays, ne s'étende sur
^b plaintes qu'il en fait depuis si longtenqis.
^B Le sit'ur marquis de Bélhuiic prendra eetUî occasion dentrer
^bus un discours qui doit faire le véritable sujet de sou voyage.
U lui témoignera que Sa iMajusté n'a pas vu avec une moindre
ine que lui-m^me ce que ses Rt^its ont souiïert du passage de
troupes, et de quelques ouvrages auxquels Elle a été obligée
employer ses sujets à Philipsbourg ; qu'Ëlle n'auroit rien ou-
ié pour les en soulager, sans une nécessité moins indispensable ;
l'armée de l'Empereur et les lois de la guerre Ty ont
contra sa propre inclination et contre le désir qulilUe a
tjûurs uu d'épargat-r les terres de l'Empire, et particulièrement
celles d uu prince qui lui est si étroitement allié; qu'KlIe a donné
de nouveaux ordres à ses troupes et aux garnisons voisines de ses
Etats d'avoir une considération particulière pour ses sujets et de
Htean^r parune exacte discipline ce qu'Eile apprend avec déplaisir
^^'ib ont souiïert de son armée.
Plus ledit sieur Électeur s'étendra sans doute en plaintes et témoignages d*âtre obligé de pour\'oir par lui-même à Tavenir bien et à la conservation de ses Et^its et aux droits même de souveraineté, plus il donnera lieu au sieur marquis de Berne de venir au point principal ijueSa Majesté se promet de sa ïîaliou. Il prendra Toccasion de lui dire que, quelque lieu plaintes aient donné aux bruits qui se sont répandus dans • [u'il se lioit avec l'Empereur contre Sa Majesté, Elle n'y -at voulu toutefois ajouter de fol; t|u'ElJe ne vouloit pas persuader qu après tant de dilTérentes alliances par lesquelles
LE MAROUIS DE BETUUNË. Iti
il lui étoil uni, il voulût cnf ht dans le parti de se» enaeiniï^ ; que par ià Elle n'avoit point voulu ujoulor oréaucc aux avis (pii lui uvoiont été donnés qu'il remettoit une place importante dans a» Ktals entrL» les mains de THnipereur et qu'il va recevoir des troupes et des subsides, contre le^ raisons de l'amitié et de l'aUlaiiic. Il représentera à ce prince, mais avec adresse, celles de son propre iu' térét qui le doivent porter à ménager avec tant de soin rhoiineur des bonnes grâces de Sa Majesté. U n'aura pus peine & les tirer du voi>inage de l'Alsace et de la situation de Phîlipsbourj^ au milieu de ses Etats, et il lui sera aisé d(; lui faire couuoltre à <[ue] péril il s exposeroit, lorsqu*en abandonnant l'alliance de la France et en embrassant celle de l'Empereur, il allumeroit une guerre dans son pays qu'il ne lui seroil plus possible d'éteindre.
Mais aiin de joindre à la vue de ces niau2c les espérances de quelques avantages, Sa Majesté trouve bon que ledit sieur raa^ quis de Béthune lui fasse connotlre iprEUe embrassera toujours avec plaisir les moyens de lui eu procurer.
Un de ceux qui se présentent le plus naturellement est celui de rassurer que Sa Majesté évitera autant qu'il sera en Elle dôlre dorénavant à charge à ses Ëtals»et que,si Elley étoit foR'éepsr la nécessité de la guerre, Elle y feroit gnrder une telle disctpliao à ses troupes, qu'elles ne leur serolent point à charge; qu'Ella ordonnera aux commandants do ses places, particulièrement i celui de Philipsbourg, de ganler un tel concert avec ses ofOciorf dans tout ce qui pourroil être du besoin du stTvice de Sa Maji^stè que rien ne se fasse dans les terres dudit sieur Électeur que par ses ordres.
Que, pour l'indomniserdes pertes que ses pays ont souffertes, Sa Majesté lui feroit donner part dans le dédommagement 41)1 lui seroit accordé par les llollandois dans un traité de \)ah, comme par les véritables auteurs do toute celte guerre et de la ruine même des Etats dudit Electeur.
Que, si ledit sieur marquis de Ilélhune voit que ce priore veuille entrer dans les propositions de se rattacher siucêremeut à Sa Majesté et de renoncer aux mesures qu'il auroit coinuiencL* de prendre avec l'Empereur, Sa Majesté trouve bon en ce cas qui*, pour le déterminer et pour lui donner des preuves réelles et
iFkres de subsides.
fectives de l affection de Sa Majesté et de la poine avec laquelle Kllc a >u le dv^mmugo que ses armï^es ont CHUsn à ses Etals, il puisse lui témoigner que Sa Majesté veut bien, pur pure atiiitié et pour le dédommager de quelque partie de ses pertes, lui aeeorder présentement une somme de trente mille écus ou au plus celle de cent mille livres, à laquelle il ne montera que par degrés. 11 ne viendra toutefois ijue le plus tiird qu'il pourra à cette oihe, et .n'y viendra point même du tout, s'il voyoit quesans celte dépense il pût ramener ledit sieur Électeur dans les sentiments que Sa Majesté en désire et l'engager à donner parole de ne prendre aucun engagement avec TEmpereiir.
Ledit sieur marquis de Béthune pourra encore témoigner audit sieur Kleeteur que si son dessein est seulement, ainsi qu*il le témoigne, d'éloigner la guerre de TKmpire, ce n'est point à l'égurd de Sa Majesté qti'il faut prendre ces sortes de mesures; qu'elle s'est toujours assez déclarée qu'KIle ne désiroit rien davautag(^ que de ne point [)orter ses armes en Allenuigne. mÔme do les en retirer; que c'éloit auprès de rEmjM»reur qu'il falloit agir pour laisser TA lleinagne en repos; que ses Imités publics avec la Hollande* nefaisoient que trop voir que, contre l'esprit des traités de Weslphalie. il y altiroil la guerre pour des intérêts étrangers; que Sa Majesté ne demandoit de ses alliés dans l'Empire que d'y ramener la paix en s'opposant aux secours que l'Empereur donnoit à ses ennemis; que ta tranquillité y seroit rétablie, et que la France ne seroit point contrainte d'y entrer pour sa propre défense, aussitôt que les armes impériales no marcheroient plus au secours des flollandois ; que Sa Majesté apprenoit que la Sucde et quelques autres princes proposoient un tiers parti puur travailler à la paix de l'Empire ; qu'Elte en verroit le succès avec plaisir, parce qu'Elle ne doutoit point qu'il ne so réglAl sur les traités de Westphalie, dont lobservation feroîl toujours le boïiheur et le repos de l'Empire, auxquels Sa Majesté seroit toujours prête de contribuer.
Par toutes ces raisons, mêlées de l'espérance des avantages <]ue M. l'Électeur peut retirer de l'amitié de Sa Majesté et de la
1. L Kmpemir •*MMXt allié à la ilolUnd'* pnr le traité de la Hftyc, «lu aOkoùt t67J.