‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 151 sur 256 · LE MAHOUIS DE DANGEAU · texte numérisé non relu

LE MAHOUIS DE DANGEAU

Ledit sienr marquis de Dangeau tâchera de tirer ces assurances dudit sieur IClccteur en la manière la plus forte et la plus expresse qu'il lui sera possible, comme pourroit être un éoril ou une lettre (ju'il écriroit à Sa Majesté, et Vy engagera par tous les témoignages les plus obligeants de Tamitié dû Sa Majestc*, même par une assurance toujours certaine de sa protection, ainsi qu'il a déj/i été dit, dans les rencontres qui s'en pourroient présenter.

Ledit sieur marquis de Dangeau ayant travaillé en cette sorte à mettre Tesprit dudit Electeur dans une situation telle que Sa Majesté puisse être persuadée de ses bonnes intentions, lorsqulllh ne croiroit pas tirer une grande ulilitê d'un plus grand engagement qu'il prendroit avec Elle, pourra prendre congé de ce prince et lui témoigner même que ses affaires domestiques, autimt que le besoin de se préparer pour la campagne, l'ont obligé de su|)plier le Roi de lui accorder son retour. I! pourra encore lui dire, comme par marque de conGance, que Sa Majesté lui ordonne de passer en revenant cheic M. rélecleur de Trêves alin do n'oublier rien de tout ce qui peut dépendre d'EUc pour porter les princes du Rhin dans des sentiments favorables pour le repos de l'AUemagne et appuyer ainsi davantage par la liaison de plus de priucea les bonnes dispositions dudit sieur Elecieur palatin... '

1. Le rasto de rinaU*uouoo a exclusiremeni Irait À l'èleclorai de Trêve».

Lamission du marquis de Dangean ne réussit que médiocrement; inrité par les dégâts que Tannée française avait commis sur son territoire, malgré la neutralité qu'il avait momentanément observée, l^Électeor Charles-Louis ouvrit des négociations avec la cour de Yienne pour entrer dans la coalition qui se formait contre la France. On chercha une dernière fois à le retenir dans la voie où i! s'engageait; le marquis de Bétbune lui fut dépdché à cet effet, M. de Pomponne étant ministre des affaires étrangères.

■ÉMOnUt POUR SERVIR D^INSTRUCTION AU SIEUR MARQUIS DB BÉTHUNE', a*E!l ALLANT DE LA PART DU ROI VERS M. L*ÉLECTEUR PALATIN. — SAlirr-GREMAIN-EN-LATS, 1" FÉVRIER 16I4'.

Le Roi ayant été informé que M. rÉlecteur palatin avoit non seulement travaillé à former une liaison des princes du Rhin sous

I. Pnoçois-Outon, marquis de Béthune, avait négocié, en 1671, 1« mariage de Moiuiear avec la princesse palatine. Il fut plus tard ambassadeur eu Pologne et en S«M«, et mourut en 1692. Voir le Tolume Pologne, par M. Farois, t. !, p. 139, •t U volume Suédet par M. A. Gbtprot» p. 151.

S. Corretpondanct Palatinat^ U XIII.

RBCima Dt8 uisnucT. diplomat. vu. — 25

LE MAUQtlS DE BKTIIL'NE, 1674.

prétoxto de garantir l'Empire rie lentrée de toutes troupes étrangères, mais qu'il avoit encore envoyé diroclement traitera Vienne d'une allîanci* plus étroite avec rEnij)ereur, que le traité en étoit (iéjft fort avanci^, et t|u1l <^toit directement contre la France, Sa Majest*^, pour en arn'lor s'il est possible la conclufsion. et pour emp^^cher qu(» ledit sieur Électeur palatin n'abandonne son alliance pour embrasser celle de ses ennemis, a jugé h propos do dépAcheren son nom une personne vers ce prince qui puisse le déloiimrr de eetle n''Solution, si elle nesl pas encore tout à fait prise, ou qui puisse lui faire connoltre combien les suites Ini tu seront dangereuses s'il s'y attache. Et pour cet effet Elle a jeU* les yeux sur ledit sieur marquis de Béthune, qu'Elle sait tpji sa^ quittera de l'emploi qu'Elle lui commet avec tout le zèle, la capacitif et raifoction nécessaires pour son sen ice.

Pour l'instruire de l'afrain* (|ui doit faire le principal sujehlt* son voyage, il saura que Sa Majeslt"' a été avertie que le (l«^puU' dudit siour Electeur palatin à Vienne y avoit truite au notudf son inattro un engugenu*nt partirulier avec l'Empereur; quel» condilionsen sont que l'Empereur lui doit faire payer une somme de cinquante mille écus, et lui entretenir un corps de deux mille hommes de pied et de cinq cents chevaux, pour joindre aux troupes quo ledit sieur Electeur a dêjA sur pied et s'en senir & la dfffense de ses Etats; qu'en échange ledit sieur Electeur enlrt tout à fait dans le parti de TEmpereur, et que, pour un gage de s» fidélité et de sa parole, il lui doit remettre entre les mains la ville dû Guermersan, située sur le Rhin de l'autre côté de Philipsbourg et en deçà de cette rivière.

Comme un engîigement de cette sorte n*est plus préjudiciabli' à personne qu'audit sieur Electeur palatin même, parce qu'en le privant de llionneur des bennes grAces de Sa Majesté, il eipM ses Etats au ressentiment (ju'Elle en peut faire paroître par lo voisinage de ses places et de ses armes dont son pays est euviromift, il est aisé de voir que cette résolution est leffet d'une vengeance peu considérée que ledit sieur Electeur prétend tirer des désordres que les troupes du Roi ont portés dans ses Etats.

C'est sur quoi Sa Majesté a jugé h propos de lui faire prendre des sentiments plus raisonnables, soit en lui faisant connoltre II

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