UTILITÉ DE L'ALLIANCE POUR LE PALATINAT
daulant motn» douter de Uamitié de Sa Maj\*sté <{u'olle est fondée sur »eK vertus et sur son ultachcinvnt pour Elle.
Cas assurances ne devroient pas probablciuoiil trouver de contradicteurs à la cour de Manheim, puisquolles ne sont que fi'xprfssion fiflèledcssenlinu'ntsdu Roi pour l'FilecUîur; mais Sa Majesté n'ignore pas (|iie les cours de Vienne et d'Angleterre fout tous leurs efforts, pour le dt^taeher de son alliance. Les pré- Bhxies que leurs partisans emploient pour arriver à co but, sont ^ qiie l'alliance de l'Electeur est bien plus utile à la France que celle de la France ne l'est à l'Electeur, et <|u"il trouveroit des avanta^M's beaucoup plus considérables dans des liaisons avec les cours de Vienne et d*Anj^leterre; enfin, que Sa Majesté a négligé «es intértMs dans la pacifiration d*Aix-Ia-Cbapelle, en ne spécifiant |K>ur lui que la restitution du fief de IMeystein, et que c'est une foible récompense pour les services essentiels que ce prince a rendus à la France dans la dernière guerre «.
Comme ces propos, quelque vagues qu'ils soient, pourroient, faute d*ôlre réfutés, laisser des impressions dangereuses dans l'esprit de quelques personnes principales de la cour do Manhcim, il ne peut qu'être h propos de mettre le ministre du Roi en état de les dissiper entièrement dans l'occasion .
Uo conviendra sans peine que l'Electeur palatin/par son alliance avec SaMajesté, est à portée île lui rendre de bons services tant pur la (Hisition de ses États, et surtout de sa forteresse de Maiiheim, que par son influence dans les délibérations de la diète ntuéralo de l'Empire, aîn:^i que dans celles dos cercles des Haut Ht Bas Rhin et de Westphulle, où sont situés les difTérents États qu'il |ioss^de.
Mmîb »i Talliance de ce prince peut ôtre utile au Roi dans quelques iH'casions, celle de Sa Majesti^parolt lui être absolument aéces^uire en tout temps. C'est ralliance du Roi qui contribue le plu à la silrcté de co prince et à sa représentation dans l'Empire, puisqu'elle lui assure les secoura et la protection de la France, et ^'elle lui fournit en même temps les inoyens de tenir toujours en bon état ^s troupes et ses forteresses. C*est l'alliance du Roi LÎ fait valoir ses droits et ses prétentions, qui leur donne de la ifttaiicG et du poids, «^ui est le lien de l'union entre les princes
LE BAftON UE ZUCKMANTEL, i753.
des deux branches palatine et de Bavière, eï qui est enfin la rantie la plus sûre de raugnieuUitiou du lustre et des avaulages de l'Electeur et de sa maison.
L'alliance des cours de Vienne et de Londres, au contraire, est évidemment nuisible aux véritables intérêts de Son Allasse Électorale.
La première nest point L*n état de donner des subsides; ta seconde n'est pas dans l'usage d'en donner pendant la puix;8t elle y a d^rog^ depuis le traite* d'Aix-la-Chupello^ il a fallu pour cela une circouâtanre du poids de Télection du roi des Romains, et sans un évc^nement d'unt? pareille importance, elle se portera diflicilemenl k vaincre la r^pu^^nance qu'a le parlement britannique de payer Tinaclion des princes d'Allemagne en temps de paix, surtout après la promesse qu'elle lui a faite que les subsides donnés à l'électeur de Saxe seroient les derniers de cette espèce; mais quand on supposeroit que Sa Majesté Britannique pourrait faire changer ces dispositions en faveur de l'Électeur, le^ subsides qu'elle lui olfriroit ne devroient être considérés que comme uii appât trompeur. Les conditions qu'exigeroienl de lui ses nouveaux ulliéSf ne pourroient être ni aussi douces ni aussi avantageuses que celles qu'il trouve dans ses liaisons avec la Fnmce.
Dans celles-ci. l'Electeur, jouissiinl de la neutralité en temp de guerre, conserve ses États à l'abri des orages qui viennent s s'élever dans l'Empire, et il ne peut que se Ûatter de voir prospérer sesalTatres et celles de sa maison sous les influences bienfaisante (le l'amitié du Roi, puisque Sa Majesté s'intéresse, par soulimenl personnel pour rÊlecleuret par son propre intérêt, au bonheur de la maison palatine.
Mais, dans l'alliance dos cours de Vienne et d'Angleterre, colles-ci n'eraploieroient toutes les ressourcess qu'elles pourroient tirer de rÉlecteur, que pour leurs propres vues, par conséquent contre ses intérêts et ceux de la tranquillité générale, et parla elles l'exposeraient à tous les malheurs de la gueire.
Quant aux espérances d'avantages pour sa maison, soit p^f d'anciennes prétentions, soit môme par les droits les plus k^gi-
1. En faveur da rélectaur da B&vière, p&r le mité da 22 août HU.
NÉGOCIATIONS D'AIX-LA-CHAPEÏ.LE. Ml
l'Electeur n'auroit qu*à y renoncor pour toujours, sll eioH aili^ des deux cours dont on vient de parler. Il faut avouer, quelque partialité qu ou puisse avoir pour elles, que l'agrandissement de la maison palatine ne fait point Tuhjet des vœux de la premiiVe, et que la seconde est trop intéressée k soutenir la ^ndeur de la nouvelle maison d*Autrietie, pour conlribuer à
de la maison palatine.
D'un autre côté, au moment que le Roi verroit l'Électeur engagé avec les cours de Vienne et de Londres, non seulement la »urce des subsides de France seroit tarie, mais le Roi seroit encore obli|n.'! dY^lever une aulre maison d'Allemagne, |)ourservir ^(le contrepoids à cette alliance, et son attention^ au lieu d'être ^■K'cupée comme aujourd'hui de la prospérité de la maison pala- ^Binc, ne le seroit plus qu'à chercher tous les moyens imaginables "d'affoiblir un voisin dont la puissance seroil dévouée aux ennemis ^BliA^urels de sa couronne et de ses alliés. ^V Toutes ces conséquences sont d'autiuit plus solides qu'elles
Houl garanties par l'expérience du passé. ^B Les électeurs palatins qui se sont unis à la cour de Vienne ^"Vonlrc la France ont éprouvé les mauvais effets d'un panHI système; ceux au contraire qui ont professé un sincère attachement I à la France, eu ont tiré dans tous les temps des avantages certaînM dont les etTets subsistent encore actuellement, et qui sont trop connus pour qu'il soit besoin de les rappeler.
Quant au repruehe de n'avoir pas fait décider les prétentions de l'Électeur dans le dernier traité de paix, il est aisé de démontrer que ceux qui le font r^ont les seuls qui le méritent. Il est notoire que si le Roi n'a pu faire régler les différentes prétentions le Son Altesse Électorale lurs du traité d'Aix-lu-Chnpelle, c'est |U*il en a été empêché par la cour de Vienne qui, dans la crainte \e^ demandes que divers princes de l'Kmpire avoient h lui faire, lîgnit M's eiïorU i\ ceux de l'Angleterre, pour que louti^ afTaire rAllemagne fût exclue des négociations du congrès.
Ainsi tout ce que la France put fuire d'abord fut d'insérer la
itution du lief de Tleystein dans les préliminain*s, ensuite
obtint, non sans beaucoup de peine, que dans le traité dédnitif
on ne «c borneroil pas au lief de Pleystein, t[uViu contraire on y
LE KARO?S DE ZtCKV ATiTEt., nSS. S
do préteolicMB de rEledeur en général, et qu'on y &tîpvleroil • qu'elle» scf oient ré^^* k I*ftitiiab1e u, et si ce( article n'a pa» enisore été exémié. Ton sait qae ce n'est pos à elle que la iule en doit être impaiée.
Mais si le Roi ne fnl pas libre de donucr â FÉlecU'ur dans le traita d'A»-la-Chapefle tout(« les marque&de la reconnois&ance qu1l con&emoîl des» aenrice:» qull lui avoil nrndos pendant la guerre, il nVrabtîa rien depok pour y suppléer abondanment par iou» le» moyens qui étotcnl en son pouvoir. Non seulement Sa Majesté loi accorda, dès que la paix fu( rétablie, une conliDuation de subsides qui nepouroit avoir d'objet alorsquede lui donuer nne marque d*aniitié ; mais même, malgré tous les sujeU de plaintes quTlIe avoit conln? le^ élecleur« de Colo^^e* et do Bavière', Sa Majesté voulut bien aussi leur continuer ses subsides è la prir*re de rÉIecteur paJatin. et dans le dessein de mieu\ con^rver le système de l'uiiion si utk'cssain? à l'iatërèt des deux maisons palatine et de Bavière, ainsi qu'au niaintipn de la tranquillité générale. Ce fut en conséquence des mêmes sentiments, que, malf^ré la vigilance réunie des ministres des quatre cours différentes, le Roi rompit les nœuds dans lesquels Icî; cours di* Vienne cl d'Angleterre avoient entraîné l'électeur de Cologne, et Gt avec ce prince un nouveau traité de subsides tr^ coûteux, et qui n avoit pour but que de le rendre à sa maison et h ses véritables intérêts. l-#s mêmes misons portèrent le Roi à sallîicher Tévêque et TEtal de Li^go, et à faire aver TÉlecteur palaliu k traité dont copie est ci-jointe', et par lequel il lui donne ^;ni** reusemcnt la somme de six millions pendant buit ans, non seulement pour l'aider à maintenir ses troupes et ses places en bon état et pour éteindre toute prétention à Toccasiou des pcrl«* souffertes et fournitures faites par le passé, mais encore avec les conditions les plus favorables tant pour sa sûreté, que pour siff» avantages particuliers.
C'est encore par une suite de ces mêmes principes que le R^i
1. CJémenUAugnste, «rchevéqae ^leclaur de Cologne, flU de rél«cleiir M>t>niJIien-EmniADUttl de Bavière, né en 1700, morf en 1761.