‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 201 sur 256 · LE COMTE DE MONTEZAN · texte numérisé non relu

LE COMTE DE MONTEZAN

mr (le Ba^ièrc, Maxiinilinn III Joseph, élait mort le 30 dën-é 1777 ; avec lui sMteignailla branche cadf^lte de la niaisan de ittelsbach: le i janvier 1778, l'Électeur palatin, Charles- Théodore, entra h Munich pour y recaeillir la succession de son cousin.

Les droits de l'Klecteur palatin, représentant delà branche Ilodolline de la maison de Wiltolsbach, étaient fondés sur le droit ft'odal tun, la Bulle d*Or, les pactes de famille conclus entre les deux iches. particulièrement au xvin* sit!*cle, et les traités de Westphar, qui avaient assuré h l'Électeur palatin la réversion des droits et dt^« do Télecteur de Bavière en cas d*C3CtinotiondeladescendancG ro dernier. Mal(;r<'' la lé^ntimilé incontestable de ces titres, ilsn'en ?nl paH moins contestés par divers compétiteurs. L'Empereur >8eph II récbma les fiefs de l'Empire dont les électeurs de Bavière raient été personnollenaent investis, sans que les électeurs palatins issentété compris dans losactesdMnvestilure. Marie-Thérèse, comme le de Bohème, prétendit recouvrer les liefsduhautPalatinatrelo- Lt de la couronne de Bohème; elle revendiqua, comme arcliiduiSQ d'Autriche, alléguant des actes impériaux du xv* et du u* siècle, la haute et basse Bavière, ainsi que plusieurs autres disrts ; ot. de plus^ en qualité de desccndauto de princesses» buvaroiâes» ^e partie de la succession ullodiale do Maxiniilien-Juseph, qu'elle itendail partager avec réioctrice douairièns de Saxe, sœur de ce Inw. Le duc de Mfcklembourg-Schwerin enfin fil valoir des droits runontant à 1503 sur le landgraviat de Leuchtenberg.

Charles-Théodore prit peur devant les complications que présatl ces prétentions; dès avant la mort de Maxinùlien-Joseph, U

avait socrôUîment négoci<? unitrraiigemenlavec rAutriche;cetarri gcment, sipié à Vienne le 3 janvier HTS, fut ratifié par lui A Miinij le ti du môme mois : il reconnaisi^ail tous les droiU de la m; d'AiiUiche, et laissait seulement entrevoir la possibilité que lesPj lins fussent investis, à leur tour, des iier» relevant de la coi dsBoliêmo.

Pour que celte convention fût complètement valable, il fa] obtenir l'accession de Charles-Auguste, duc de Deui-Pônts, chef! la branche de Birkenfeld.ct ht^ritier présomptif de rÉI*»cteuri)alal qui n'avait point do fils, ol, sans le cnnsontemonl duquel Charlesdore, en exécution des pactes de famillo et d'un traiU}d'août 1777, s formellement interdit de rien statuer concernant la succession i Baviùre. Le roi de Prusse se sentait directement menacé pai- 1' croisseraent excessif que la convention des 3-1 i junvier assurait l'Autriche; il détermina le duc Charles à refuser son adhésion à cvt acte et h sauvegarder ses droits païune déclaration - " " It'vanl

la ili^te, lo IH mars I77fi; puis, après avoir vainetuei i d ;tuie^

ner la cour de Vienne â composition, il déclara laguerre àTAutnc eu juillet. La France, qui ne se souriait gu/îre <rt>lre â nouveau coi promise dans une guerre continentale, resta neutre. On guerroya i en continuant de négocier ; à la fin de l'année, Mai'le-Thérèse demandi la mécliation de la France et de la Russie ; la czarine Catherine pleine de xèle pour Frédéric 11, accompagna sa médiation de Teni d*un corps de troupes vers la frontière de Galicie. Ou décida de nir un congrès à Teschen et de suspentlre les hostilités pendant durée de ses délibérations-

M. de la Luzenia avait été rappelé de Muuich en juin et n'y à\i laissé personne pour gérer la légation. M. O'Dunne reçut l'ordre se rendre auprès de Charles-Théodore et le comte de Vergennes. uistre des affaires étrangères, lui exposa la situation dans la dé| suivante ;

M VersaiUes, 5 janvier 1779^

ir Comme Je suppose, Monsieur, que vous êtes actuellement arri à votre destination, je ne veux point différer de vous mettre aufj de la position où se trouve la contestation relative h. la succession Ea^i^re; cela me parotl d'autant plus nécessaire que l'Électeur p tin sont un des principaux acteurs dans la prochaine pacitJcation, ot qttU oonriendra que vous l'aidiez de vos conseils, si, comme jo d dootepas, il y a recours.

en

t. CLXIU.

SUCCESSION nE BAYtËRK.

a Vous savez. Monsieur, qu'en a^rc^anl la médiation du Roi, le roi Ptqsso a demandé à la faire ]»arlaffer ù l'impi'iratnco do Russie. Celte pro|»09il.i(.)n il été a(.;cueiHipd(! toutes piirls, cl Cntlierino II, »*n nous notifiant son acceptation, nous a consulté sur les moyen* d'effectuer la réconciliation d'une manière convenable pour toutes les parties.

a Mais ces moyens ne pouvant être fournis que par les deux puis-

jtfic»ts belligénmte^, parce qu'elles seules pouvoient juger de ce

^B^ïxigeoient leur intérêt et leur di^ité, nous avons exhorté tant

notre alliée que le roi de Prusse do nous conlior leurs \Ties et leurs

^^irs respectifs. Ces deux puissances, sans rien articuler de pusitil',

^■en 30 bornant à manifester de plus en plus leurs voeux pour la paix,

nous ont cepi^ndant fourni malirre suflisante pour pouvoir rédiger

im plan général de pacilicationquia pour base une proposition tierce

H|atlvo à la succession do Bavière. La cour de Vienne l*agrée. Cette

^S^constance est un secret que vous réserverez pour vous seul. M. lo

buron de Breleuil ' la communiqué,en conséquence h celles do Berlin

tde Saint-Pétersbourg el nous sommes dans l'attente de leur résoion, laquelle sera très probablement conforme à celles de Leurs Mi^estés Impériales.

t« Selon notre plan. l'Impératrice Reine el le roi de Prusse feront : paix particulière ; la cour de Vienne fera une nouvollo convention arée avec l'Électeur palatin, et ce dernier en fera une pareille avec l'électeur de Saxe pour la succession allodiale; ces deux conventions seront simplement rappelées daus le traité de paix, et seront censées y être insérées et on faire partie, et tous ces actes

Iront garantis par les deux puissances médiatrices. Les stipulations Incipales de la première convention sont : 1^ que la cour de Vienne ■Utaera ce qu'elle a occupé en Bavière; â" qu'elle renoncera A ates ses prétentions sur ce duché et même à la seigneurie de Min- Iheim môycuuant la cession que llllecteur lui fera du pays situé le Danube, Tlnn et la Salza; 3« qu'elle investira Son Altesse ictorale et toute la maison palatine des liefs relevant de la Bohème ; iqu'elle requerra l'Kmpf.'txnir de conférer de la même manière les relevant de l'Empire. On réserve au duc de Deux-Ponts la liberté prendre part à la convention soit directement, soit par le canal de l'Klecttiur pidaliii.

Quanl ù la succession allodiale, nous proposons aux deux élec-

'S de la régler ex xqiw et botw pur une convention, ou do s'en rap-

!r à des arbitres de leur choix qui auront la faculté de uonimur

t« Ambassadeur à Vieûac. Voir s«s iDsIruetionv lUns le Tolume Autricfte, par [BomjB.. pp. 4S3 et 501 .

UCUIIL DBS I.NSTBUCT. blPLOMAT. Vit. — 34

LE COMTE ne «ONTEZAÎT, lT«a

un surarbilrtï. Von? jupen^zpar ce narré âiicdncl, Monsiecir, que les nvnnUigos (pir rKI(»cU'ur imlalin obtiendr:! outrepasseroul do beaucoup «os cs|iêrancc<i. En efTot, la *iiccos*ioD de Hav^rc sera lifi'sqtir ninlt^^n^fl dans son entier, c.ir jft ri-jnirde comme uii objet fort niédioi:ro, quiml ù la tU)abistaiK*e du duché, la |K>rtion de pay» qui sera céd<îe.

V Je vous Iransuicls ct»sibHaib^ dis h pr^^sont. M ocs-ioun albi de vuas mettre en f^tal de vous expli<pii^r d'une uiaaièro pertiiif utoavec TÉlttteur ou ses ministres dans le cas où ils vous enlreiiendroi^^nl surc«tte iiiatlAnt, et» que je pr<^sunifi d'autant plus que Leurs Majest^ï^ Xtauériales croiront ^iiu.s douto utilr de pr^^venir San Altesse £b^cto^Uedw dt^-terminatioitô auxquelles les ont portées leur modération, leur gàièrn-^ilA et leur amour iiiuir la paix. Vous aurez une attention ijarticolii^n» de faire IVloge des stMitiinenls qui ont dirigi- la cour de Yicunt dans une occurrence aussi importante. Cependant vous fenu f«atir adroiteipent A Son Altesse ftlectoralo qu'elle a quelques obligationî J 8a Mijestr cl qu»; nous sommes persuades que ce prince ne b perdra jamais de ^^Io.

« L'Électeur trouvera certainement une nouvelle {freuve deiall^clion et do l'amitié que le Roi lui porte, dans la résolution que S;iMaje^tt^ a prise Je renouveler la garantie de Julier» et de Bcr^;cet id^jol fait partie du plan que nous avons proposé, il a été ajrrtvpw In cour de Vienne, et nous sommes persuadt^s que leroi de Prusse ne le rojetli-ra point.

n Au surplus, Monsieur, je crois devoir vous prévenir que vous n'aarex k fairt' usage du contenu de cette dépêche que dans le ca» où rÉlcclrur ou ses ministres vous entroliendroient sur la mati^n- qui en fait l'objet. d*.iprùs les informations qu'ils auroient reçucsde Tienne; car, dans le cas contraire, vous rêser\*erez pour vouàwnl tout ce que je vous njande. et vous ne ferez d'autres démarche* et d'iutre& insinuations que celles que vous indiquera M. le banxide fk^teuil. La résen't» que je vnvts prescris est d'autant plus nécessnire ijuo. quelque bien disposée* que nous denons supposer les coursdfl B<*rUn et do Pétersliuur^'. il est prudent de i-élor les ouverture^qu" nous liïur avons faites jusqu'à ce qu'elles aient eu leur sanction. U \ "^ IL* ivli^vem de cette obli^tion en instruisant >nti*

, I unir palatin. *>

Im tnùtés sigués h Teschen le 13 mai 1779 rétablissent en zHat U nais dttis W» conditions générales indiquées par la précédente détes flnùts de ta branche de Birkenfeld îi la succession palatine ImmJtemrnI conlirmés (ils s'exercèrent en 1791^ à la mûri de

SUCCBSSIO.N DE BAVIÈRE.

•les-Throdore) ; l'Empereur sera requisd^inveslir l*Klecicur palatin

^eU jadis possédt's par 1rs (^lecU'urs de Bavicro; Charlos-Thôo-

est reconnu dans la plolno et entière propriété de la sueccssioD

Bavière» et reçoit rinvestilure des fiefs de Bohôme; l'Autriche

iorl les districts bavarois situés entre le Dîinube, l'Inn et la SaUa,

échange d<* ta cession qu'elle fuit de MindelhoLcn. Avec la Saxe,

'le»*Th6odore régla ses comptes au moyen d'une forte somme

"argçmt.

LVloctoral de Bavière n'existait plus : le pays reprit son ancien

im de duché, sous lequel il était désigné dans les actes de Teschen;

«-Théodore conserva son titre d'électeur palatin. M. O'Dunne

»uprt's de Un jusqu'à la fin do l'année; nommé ambassadeur à

(bonne, il quitta Muuich en novembre et fut remplacé, l'année sul-

ito, par le comte de Montozanf qui demeura titulaire du poste

iqu'ù la Révolution. Au moment de la nomination de cet agent, le

kte de Vergennes était ministre des affaires étrangères.

rOIRE POUR SERVIR u'tNSTRl'CTION AU SIKUR COMTE 1)E MONTRZAN ', ▲LLATT A LA COLR PALATINK EN Ol^'AUTÈ l»K AIIMSTRE PLÈNIPOTEPI- TIAIBE OC ROI. VERSAILLES, 9 MAt i780\

La mort du dernier électeur de Bavière a réuni sur la tMe de électeur palatin Uius les Etals qui au xiv* sièclo fonnoient le iche pulrimoiiie de ses ancêtres. Cet événement a causé une rédulion imporluiitt' dans rKm|iire^ parce quelle a chungé les ipporUde rÉieclrur |)atuliu on augmentant ses possessions : ce prince *>»t devenu le plus considérable d'eutrc les Étuis de l'Ëniii^ après la maison d'Autriche ot celle de Brandebourg, et il »uil maintenant d*un nombre de sulTniges qui doivent natullement lui donner iino grande inllucnce dans les ilélibcrations diMo de THinpire.

tdant d'un* fkmiUe parl«m«oUîr« lyona&îM. C9rrti»f»ndance Bavière, suppUtneoi» I. IX.

LS COMTC DE V05TEZA5, 17S0.

CetaM

&«B poiiil pan-enu sans contcstalion d'un aussi bel héritage. La maison cTAuimfHkemOooi qui. si elles eussent éié réalaivl«viret1aforcedelaporlion «jui soroil palalifi en La cou{»aut pour ainsi dire par son i la prâouiM autrichienne une position rEapire qiie pour le reste de rtlurope. a'éch^pa ni au Roi ni au roi de Prusse; rencontra In cour dt* Vieune, lk« à la négociation qui amena ïo traité deTescLen. (le nainlinl PEIect^ur palatin dans Upo»d« Barièw, à Texception de la régence entre l'inn, le Dajsube vX la SulUa, et il nne ffob payée pour le rachat des droite alloréltctffiee dcmairiére de Saxe.

TaA&s f«e rÉIeclenr palatin n'étoit possesseur que du Palail ae povrDiit avoir avec la roar de Vienne aucune de c« ^oiàl litru cotre des Etats limitrophes; mais, devenu la wmim de eetle paisaance, il doit s^atlendre à toutes les trac^issede cette situation ; e( elles seront d'autant plus pour ce prince que le cabinet de Vii-nuf" est (Lui^ d*j mtlad»er infiniment plus de valeur qiiVlIvs d'co mêffdeikl^ parce qu'il est toujours entré dans sa politique de marquer se pt^potaM3e%'îa-à-ns des autres États de l'Empire. Ler^^'OB da défiai âecicar de Bavière offre un grand nombre do faits qpi ooasiateat celle vérité, et rÊlectenr actuel a en d**jà plu? d'ane occasàoB de m eonvaincre que Leurs Majestés Impériales u'out point changé de système en sa faveur. Il résulte de là que lacquiaitioa de la BaM>re a changé essentiellement les rapports queU eoar palatine avoit auparavant avec celle de Vienne, que TÉldcteur ne sauroit plus désormais metlro sa confiance dans cette cour et que ce prince doit chercher au contraire un point dapput contre les entreprises plus que probables de Leurs Majesl'^s lm[>ériale$.

t^t appui, il ne peut le trouver quen France, et rÉIecteur, s'il veut considérer sérieusement sa situation et sou intérêt politique, doit mettre tous ses soins à se l'assurer.

INCLINATIONS ALiTlllCUlKN.XKS DE L'ÉLECTEUR. .S33

Mais ce prÎDCo a eu rlans tous les temps pour la maison trAiitriche un penchant i|uViiicuno circonslann' n'a pu thUniire ;il est le fruit de son édueaiion et surtout des préventions que ses derniers ministres, particulièrement MM. Beckers et de llitteront «u ini inspirer contre la France. Il est vriii que rlurant lu dcrnièro guerre ce prince sétoit allié au feu Moi, mais la mauvaise foi n'a cessé de diriger toutes ses démarches; il a manqué à ses engagements autant qu'il a été en son pouvoir, et il étoit secrètement voué au roi de l'russe, sinon par sentiment, du moins par un intérêt nialealculé : ilcraignoit quen oiïensant Sa Majesté Prussienne il courroit le risque de perdre, nu moins pour Madame l'hleclrice, les duchés de Berg et dp Juliers. La paix a ramené Son Altesse KIcctorale à ses anciennes habitudes, et il ne lésa pas démenties depuis, quoiqu'il eût eu plus d une oci^asion de so ooDvaincro que son cœur et ses ministres l'égaroienl. Les négociations clandestines dans lesquelles ce prince s*est laissé entratr relativement à la succession de Bavière avant la mort du dernier Klecleur. nuroient dû lui ouvrir lesyeux sur les principes de la cour de Vienne; nuiis rien na pu le détromper, et il a uvë que son aveuglement étoit extrômc en se dépouillant grattement de la plus belle partie de l'héritage qui venoit do lui hoir. Les circonstaiires les plus inattendues et les plus heuuaofi ont procuré des défenseurs à ce prince; non seulement il 0 les a pas écoutés, mais il a continué au contraire à faire cause mmune avec la cour de Vienne, et c'est pour ainsi dire malgré ni qu'il a souscrit aux actes qui Tout réintégré dans la plus nde partie de son patrimoine. Depuis ta paix de Tesrhen, 'tUocteur pnlalina (MI de nouvelles occasion» d'apprécier la prolecUun et lamitiô de Leurs Majestés Impériales. Malgré ses ré- ^Balamations et son intérêt, elles ont inventé et pronm les causes ^BysTitoires insérées dans In ratification do l'Kmpire \ elles ont ^^^kté les difQcultés relatives aux salines situées dans l'arche-

^^^^T. Lu iTAilé dv T»Llica, modiflant Ia lituation ioEArieurc de l'Empire, &T&it UA èO>« toumù n la rAtiflcatioa da U dïèU; divan |irinc«4, évéqu«« «t cercles aynat tel* lie* pr^UfOtioni lur carUtnei partiel de la loecRutoa d« Barièra. le Ir&ilé na Itttflnalamrnt r^tirté. pur d«« avii de l'Empire dei 28 ùt 29 févrior vl un dérrat iRii><S- TiaI du S man nSO. qac «oui n^urre dvs droits da TEmpira uti dai tierw, ot iWa «liliunft U«« toi» ruDdameuUUi.

LE COMTE tlE MONTEZAN. 1700.

vécbé de Sabbonrg, eWe^ ont nm en avnnt des prétentions injutoreUtsTcment iitixliiniti^re&p<*cUves, etc. L'KIf^cteurconnoU »• faits, il en voit los con»4^quenceâ« il «m «il vivement î, il seol la pûssnti^r di?s chaînes qu'il porto, mais il nu pasle coarage de les secouer, et la v#»riti» est qu'il ne les secouera qve loTBqnr U cour do Yit*nnr eUe-iui>m<3 l'y contraindra k force <rin|a9tîr«9 et de vexations.

Cm réflexions fr-ront sentir au ministre du Roi combien il sen difficile d'éclaînT TLIecteur palatin ni do lamener nu sful ^y^tèine qui pui»>e convenir à sa position. Cc'pendurit loRoi.^oit pour luiméiius soit pour la sùrelo de r£mpire, a un intérêt réel à 0]»^rer cède révolution; mais on ne sauroit &e dissimuler tous lea obstttele^que le ministre du Roi rencontrera pour IVfTerluer: il aura à lutter non seulement contre le penrhont do rÉlectcur, tuâis aussi contre les soins qu'il est plus que probable que le ministre impérial prend pour I alimenter. Mais il faut attendre quelqnf? ^ooe du temps, des circonstances et surtout des procédés de la eovr de Vienne.

Au surplus, on ne sauroit trop recommander au comte de Monlexan de mettre la plus grande circonspection et la plus grande sagesse dans les moyens qu'il croira devoir employer povr remplir Us vues qui \icnnent de lui î^tre indiquées. Sa MujesIéTeal éviter tout ce qui pourroit donner le plus I(^^t srjup- ^oa à Leurs Majesté Impériales par rapport h sou attachemi^at à lalliance *, et rien ne seroit plus propre à leur en inspirer que rupinion où elles seroienl que Sa Majesté cherche à leur enlever rtlecteur |)alatin.

Apr^ avoir expliqué au comte de Montezan la situation politique du Roi vis-à-vis de rÊlecteur palatin, il parofl néci^ssaire de lui faire connoltre les engagements qui subsistent entre S& Majesté et la cour de Munich. Ces engajjemenis ont trois objets: !• Lu navigation du Rhin: 2" le sort des bailliages de Sell/ et de Hagiienbach ainsi que des terres palatines situées à la droite de la (jueich: 3° la garantie des duchés de Berg et de Juliors. On joint ici des mémoires particuliers sur ces trois objets. Le mi-

I. L'«llUnce d^fAnsÎT* de HStf entre la France et l'Autriche.

PERSONNEL DE LA COUR PALATINE

plt^nipotentiiûro y Ironvera non seulement les fuils qui y sont relatifs, mais aussi les principes selon lesquels il convient qu'il les envisage et d'après lesquels il devra s*en expliquer lorsque les circonstances lexigeront.

Le comte de. Montezan trouvera dans ce moment-ei h Munich un ministre imp<'M'ial et un autre de rÉIecleur de Saxo : il leur marquera à tous les deux des égards proportionnés A la liaison qui subsiste entre Sa Majesté et les cours de Vienne et do Dresde; mais sa confiance dans lé premier devra être lri>s circonspecte et tr^s mesurée, parce que lesinlérAtsdu Roi relativement A la cour palatine ne sont pas ceux de la maison d'Autriche , que par con- I séqnent il y auroit au moins une inutilité évidente à en rendre ' dépositaire le baron de Lehrbacb, qui ne manqueroit pas d'abuser des confidences qui lui seroieni faites en les rapportant altérées soit à sa cour, soit à l'Électeur. Ce soupçon relativement au baron de Lehrbach est d'autant mieux fondé que rien n'est I moins sûr que le caractère et la morale de ce ministre^ que toutes les voies lui sont égales pour parvenir à ses fins, et qu'il ne se feroit pas le moindre scrupule de compromettre le ministre du Roi s'il le jugeoit utile pour ses vues jmrticulières ou pour le ser- 1 vice de ses maîtres, Mais en se tenant sur ses gardes, le comte de Montezan évitera soigneusement d'avoir l'air de la résenc et de la méfiance; il s'attachera au contraire h mettre le baron de Lehrbach à son aise en l'entretenant avec un ton d'intérêt et do franchise sur tous les objets qui sont communs au Roi et à Leurs Majesté Impériales et sur les sentiments et les vues qui sont une suite des liens quî unissent «'es souverains, lirris qui snnt chers à Sa Majesté et dont le maintien est un des principaux objets de sa politique. En un mot, le comte de Montezan s'expliquera en Itoute occasion de manière que ses propos transmis à Vienne persuadent Leurs Majestés Impériales que ses afTections personnelles comme ses instructions sont dans une analnj^ic parfaite avec l'union intime qui ri?gne entre Elles et Sa Majesté.

(juajit au comte <le Riaucourt, il ne demande pas les mêmes 'ménagements parce qu'il n'existe pas la même relation entre le Roi el rÉIecleur de Saxe : il suffira que le ministre du Roi lui tée les empressements et les attentions qui conviennent au

LE COMTE DE BiONTEZAN, 1780.

représentant d'une cour amie et à laquelle le Roi est attaché par les lÎL'Ds du sang*.

On a d^H'eloppé au commencement de ce mémoire les atfeftions qui influent sur la politique de TÉlecl^ur palatin; il ts( nécessaire pour la direction du comte de Monl<>zrtn, surtout dans les commencements de son si-jour à la cour palatine, qu'il connoisse ce prince sous tous les aspects : il no reste pour remplir cet objet que de tracer ici le caractère et les habitudes de Son Altesse Electorale,

Charles-Théodore, quoique né avec de l'esprit, n a jamais su régner par lui-même; il a toujours «Hé gouverné ou par ses ministres ou par son confesseur ou pendant quelque temps surtout par Madame rÉlectrice. Cette conduite a augmenté rinerlieetU faiblesse naturelles de ce prince au point qu'il n'a depuis longtemps d'autre sentiment que celui que lui inspirent les personne* qui sont en possession do sa confiance. Le vide que cette insouciance lui laisse nécessairement est rempli par les amu^mvnU de la chasse et do la musique et par des liaisons secrètes, pour lesquelles Sa xMajesté KIoctorale a eu de tout temps un penclianl particulier, et qui l'ont mis dans le cas d'avoir plusieurs enfnnU naturels qui absorbent toute sa tendresse.

Le ministre qui avoit le plus c^iplivé l'Électeur éloil le baron de Dockers, qui a été en tout temps servilement attaché h la c^ur de Vienne. C*estlui qui a élé l'auteur des négociations éventuelles relatives à la Bavière; mais il est mort avant d'avoir vu son ou- ^Tage consommé. L^EIecteur, habitué k son grand écuyer, lui a confié le département de ses nfTaires étrangères, mais le baron deVierreg, quin'avoit pas eu jusque-là la moindre part à l'administration, n'a pas tardé à prouver que la probité, le zèle et 1a meilleure volonté ne suffisent pas à diriger avec sagesse les afTaires politiques d'un État; rÉlecteur lui-même, malgré son incurie et son affection pour son favori, s'est aperçu de son insuffisance, et les ontours de Son Altesse F'ilectoralc. dont les un^ étoient jaloux du crédit du baron de Vierreg et les autres livré* à la cour de Vienne, se sont empressés de la relever pour le

1. Par «a oiArc, Mane>JoKéphe de Saie. Louii XVt élAÏl coutia de l'élccbetr Frédéric- Auguste UI, plus Urd roi sous lé ttom de Frédértc-Auga«le I».

HEHSOiNNEL DE LA COUR PALATINE.

Ccpondant lo bïiron df Viorreg s'est maintenu jusqu'à nt dans sa place et il y jouil do roslime de sou maître, niuis il n'a pu se maintenir dans sa première confiance et FËlecteur e«t dirigé aujourd'hui par des personnages qui se cachent et «or lesquels on n'a pas pu jusqu'à présent se procurer dénotions certaines. Ceux qui ont cherclié à nuire au baron de Vierreg sont rinripalement le comte de Sinshoim, le Père Frank, confesseur, le général de Belderbush, tous deux dévoués à la maison Autriche. Leurs insinuations ont été et sont encore soutenues par Ir^s intrigues secrètes du baron do LelTrbach, qui d<!siroroit que ledi^partementdes afTaires étrangères fût confié à un ministre vtindu à sa cour : ou pense qu'il s'occupe fortement à y porter lo iir de Kitter, ministre palatin à Vienne, et s'il y réussit, il urra se vanter d avoir parfaitement rempli son objet. Le comte Montezan a pu s'en convaincre par les détails qu'il a trouvés &ur ce personnage dansla correspondance des sieurs de la Luzerne Q*Dunne.

Madame rKlectrice palatine a en autrefois un ascendant cidé sur l'esprit de rÉIecleur et elle a joui du plus grand crédit; i» cette princesse a perdu Tun et Tautre par des écarts qui ont inspiré à l'Ktecteur d'autant plus d'éloignoment qu'il s'est de son cdté livré sans réserve à des attichements secrets el qu'il a pris rbabitudo de mener un genre de vie tout à fait indigne de son rug.

Cependant Leurs Altesses Klectorales se sont rapprochées «t vivent depuis quelque temps en bonne intelligence, au moins quanta rextériour; rÈlectour témoigne même une sorte de déféronco et de considération pour Madame 1 Klectrice; mais cett^! princefkso est demeurée sans crédit et il est plus que probable qu'elle ne recouvrera jamais celui quVlle a perdu. Cet état des chofres ne doit pas empêcher le comte de Montezan de faire assidûment sa cour à cette princesse et do lui foire connoltre Taircctton et Tamitié que le Roi hii porte. Si Son Altesse Électorale lui de» obligations qu'elle uau Roi relativement aux duchés de et de Juliers, il lui répondra que Sa Majesté a concouru ec une véritable satisfaction ù assurer d'une manière irrévole les droits de cette princesse sur ces duchés et qu'Elle main-

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