CorresftoHflance Bavière, t. II
M. DE VATTORTE, 1649.
demcuperoni obliges à l'avenir les uns envers les autres de faire exécuter ponctuellement toutes les conditions dudit traité, el même de prendre les uniies pour défendre ou faire avoir raison à ton» ceux qui, au prt^judice de ce qu'il contient, pourroient ciaprès être attaqu(''S ou inquiétés, le Roi et M. l'Électeur de Bavière^ dont les intention» ont toujours été sincèrement porléet» à établir un durable repos dans TAllemagne, ont reconnu que pour tirer un effet plus prompt et plus assuré de cette garantie générale qui a été jugée par tous les intéressés un des plus solides fondements delà pais, il est trc's utile, lanl pour l'inlénM public que pour le leur particulier, de faire présentement un autre traité de confédération entre Sa Majesté et Sou Altesse électorale par lequel, en attendant que les conditions portées par le général puissent être exécutées par tous ceux qui y sont obligés, lorsqu'il y arrivera quelque contravention ou qu'on aura sujet de Tappréhender, on puisse de bonne heure faire cesser ou prévenir les entreprises de ceux qui voudroient exciter de nouveaux troubles dans l'Empire, ou inquiéter eu quelque façon que ce soit Sadite Majesté ou Sadite Altesse en la possession tant de ce qui leur appartient d'ancienneté, que de ce qui leur doit demeurer en vertu dudit traité général. A quoi ayant été plus particulièrement conviées par le désir qu'Elles ont d entretenir consUimment et augmenter autant rju'il sera possible ramilié et bonne intelligence qui a toujours été entre la couronne de France et la maison de Daviére, Sa Majesté ayant hérité de lestime et cordiale affection que le feu Roi son p^rl^ de glorieuse mémoire a toujours eue pour la personne dudit sieur Electeur, et voulant avoir ci-après le même soin que ses prédécesseurs ont eu de protéger ses intérêts, et Son Altesse Électorale voulant aussi laisser k messieurs ses enfants les sentiments de gratitude et d'observance qu'il a pour la couronike de France de laquelle il a reçu de si puissantes et eirpclives assistances dans la conclusion du traité général, Sadite Majesté et Sadite Altesse ont arrêté et accordé les articles qui en suivent :
11 y aura à l'avenir une ferme et sincère amitié, alliance et confédération entre le Roi et M. l'Electeur de Bavière pour leur commune défense et conservation de leurs États tant héréditaires
IMiOJKT llE THAITÉ D'ALLIANCE. 15
ipu? nouvellement acquis dont ils sont présentement en posses>ion.
Ed Huitu de quoi, si la {>ers4')nne, les ÉUits. la digiiiU:* et l'au* tortiù diidit sieur Electeur sont eî-après altitquôs pur qui que ce 9oil, on que Son Altesse soit troul)l(^e en lu possession des ptiys, honneur^ et pp(.^ro^atives«|ui lui npfMiptirnnenl présentement, le [toi promet et bcru obligé, lunten exécution du traité gént^ral qu'en vrrtii du pr^^nenl, d'en imlrcprendre la protection et diîfense, et d'assister Son Altesse Klectorale de sept mille hommes de pied et mille chevnux/entrelenus et payés par Sa Majeslt*, qui seront envoyé* il Son AUi»sM^ l'U éÏHi de servir an plus tard six setnainrs êpfH lu réquisition (jui en aura été faite, et plus tùt si faire se fMit.
Et en cas que la personne, les Etats, lu vlit;nité ou autorité de Si M ' ' \ienne ri-aprt''sà ùlre attaquée par qui que ce soit, ou ^u i j troubl<WMMi la possession des pays, honneurs et préro-
^tives((ui lui apparlienaenl présentemeut^ Son Altesse Klectomie promet et demeurera ol»ligi^(% tant en exécution du traité irénénil qu'eu vertu du présent, d assister et secourir Sa Majesté tl« trois mille hommes de pied et mille chevaux, entretenus et pay^ par Sadite Altesse, qui seront fournis et envoyés en état de servir au plus tard six semaines apri»s la demande qui en aura Ht* faite de la part do Sa Majesté, et plus tôt si faire se peut.
Le jMiyemi^nl ilendiles troupes sera fait pur celui qui les aura fournies aussi lonf^temps qui* durera la cause qui aura obligé de le» demmider. 8iutô qu'elle» puissent être retirées ni l'entretenet diccUcs refusé jusqu^i ce (jue la partie attaquée ou insoit tout A fait exempte de trouble, troupi^ fournie** par Sa Majesté seront commandées par lui maréchal de camp ou lieutenant général François qui sera obligv^. qtuuid il s-era joint h l'armée de Son Altesse Électorale. ■u général qui la cotuiuandera.
liS mtoiA fiera fait pour les troupes qui seront founiies par
B Alt("see, l<5i*quelles seront commandées par un maréchal de p qu'elle y aura établi, qui sera obligé d obéir au général de •rmée de Sa Majcst^'^
Eo ms que Sa Maji*s^té ou Son Altesse Electorale aient besoin d^n plus grand secours, il sera fourni aux dépens de celui qui lo
M. DK VACTORTE, IG4».
«lïMnandora, loqiiftl sera oMi^c d'en i>ayor la levée, ut celui i\m en aura ùié re<|ui8 senijiloiora sinci»remenl pour ménager que c<3 soit au plus juste prix que faire se pourra.
Il sera au choix de celui qui devra fournir le secours ei-dessi spécifié de le donner tout ou partie dlcelui en argent ou en hommes.
L'obligation réciproque portée par le présent traité durera l'espace de vingt ans à commencer du jour qu'il aura été ratifié, do pari et d'autre, sauf h ôtre renouvelé d'un commun consentement après lêilit délai expiré, et pour cet efl'et. Sa Maje>té et Son Altesse Electorale s'obligent h l'enlif^re observation de tout ce qu'il contient, tant pour eux que pour leurs États, enfants et successeurs à la couronne de France ut électorat de Bavière, sans qu'il soit besoin pour la validité ou confirmation d'icelui, de le renouveler en casque l'un des doux vienne à mourir pciulaiïl lesditc^ vingt années, ce que Dieu ne veuille.
Sa Majesté et Son Allesse Klectorale ont expressément déclaré qu'en faisant le présent Iraité Kilos n'enlendenl jK>inl qu'il puisse déroger ni faire préjudice aux alliances qu'Elles peuvent avoir ci-devant contractées pour Tobsenation de ce qui est contenu dans le traité général du 34 octobre 1648, lesquelles comme nV'tant point contraires au présent traité demenroront en leur force et vertu aussi bien que le serment duilit sieur Electeur envers l'Empereur et l'Empire.
Et d'autant que le dessein de Sa Afajesté et de Son Altesse Electorale, en s'unissaut pour leur commune sûreté, n'est pas de faire tort ni préjudice à |>ersonne, mais phitût d'éviter et se délivrer de ceux qu'on leur voudroit faire contre la disposition du traité général en mÔme temps qu'Elles travailleront de bonne foi à raccomplissement du contenu en ce traité, le cas arrivant, Elles ne laisseront pas d'employer soigneusement leurs offices et leur autorité envers les aulres princes et Etals de l'Empire pour les engager à faire et accomplir do leur part tout ce à quoi ledit traité général les oblige, sans que toutefois le refus qu'ils en pourroient faire par impuissance ou autrement, ni le délai qu'ils y pourroient apporter puisse causer aucun obstjLcle ni retardement à l'exécution de celui-ci.
PROJET DE TRAITÉ D'ALLIANCE. i7
Tout ce que dessus a été accordé, promis et signé par M. de Vauiorte, conseillerdu Roi en ses conseils, etc., au nom et comme ayant charge de Sa Majesté, d'une part, et M... etc.. au nom et comme ayant charge de Son Altesse Électorale en vertu de leurs pouvoirs dont les originaux ont été échangés, et les copies coUationnées d*iceux ci-après insérées, et se sont obligés lesdits sieurs de Vautorte et... de rapporter les ratifications de Sadite Majesté et de Sadite Altesse Électorale au plus tard dans deux mois après la signature du présent traité, el plus tôt si faire se peut, pour être pareillement échangées.
«ftCVUL DES UIsnCCT. DIPLOHAT. VU. — 2
M. DE GKAVEL
ItibS
Les rdatiODS de la France avec la Bavière dpmeur<^rent longtemps tftrftnaemcDl Troides et réservées : les agents qui représentaient la Ftaace toprâa de la diète sunisaient amplement ù y pourvoir, avec faSde de quelques correspotidancus échangées diroclenicnt entre les sooveraios. En ItîStf, lu cour de Versailles fit un eiTort infructueux poor reprendre le projet d'alliance qu'elle avait formé en i649: ï^écfaec de cette tentative ladéU^rmina îi se bornerdésormais à témoigner à l^ecteur une «ympatliie a«(Hcz vague.
De 1660 d 1667. aui'utie alTaire n'attira particulièrement l'attentîon de la Krincv sur la Bavière, el les relations entre les deux États mènent il un écliange de lettres autographes, le plus souvent »i....ule9, entre les souverains. Mais lurt^quu Louis \IV untrcprit la gaerre de dtTVolntîon, pour s'enijiarer des Pays-Bas espagnols, il craignH qne l'Kspagne ne cherch&tù généraliser la guerre et surtout A soulever l'fcinipirc contre lui. La Ft"ince, sans doute, ét^ùt Ji peu prèe assurée de la ueutralité do Tempereur Léopold : ce prince, epécoUnt déjà sur la mort du nouveau roi d'Espagne, Charles 11. «vail engagé une négociation secrète avec Louis XlVpour le partage «rentuel de Li succession entre la France et l'Autriche; mais rien ne que les princes de l'Kmpire se montreraient aussi concile ceux-là surtout dont les possessinns étaient limitropbes de la frootière frunç^iise ne s'etTarouchcraient point des progrès dce anuées du Roi. Déjà un rapprochement s'était opéré entre lAngleletre, la HolUuKio rt la Suède, qui ^ignorent, le "â.S janvier l(î68. à la Majt.le célèbre traité de la triple alliance pour la protection éven- Provin^vUmes et la médiation à interposer entre les bel-
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ligérants. Il fallait empêcher cette ligue de s'étendre, et montrer aux princes allemands que jamais la France n'avait été plus modérée dans la revendication de ses droits, plus sincèrement désireuse de rétablir la paix. On profita également de la circonstance pour chercher à s^attacher la Bavière par un traité d'alliance.
On avait d'abord songé à envoyer h Munich un envoyé spédalf M. Caillet du Theil,et c'est son nom que porte l'instruction suivante, rédigée sous le ministère de M. de Lionne. Mais une note, placée sur la première page de l'original, indique que cette instruction « n'a pas servi, l'ordre ayant été envoyé à M. Gravel d'aller à Munich pour faire ledit traité ». M. Robert de Gravel était alors représentant de la France à Ratisbonne ; il est probable qu'il reçut copie du mémoire originairement destiné à M. Caillet du Theil, et qui mérite, à ce titre, d'être reproduit ici.
MÉHOIBK UV HOI POUR SERVIR U*INSTRUCTI0N A.U SIEUR CAILLET ' s'E!( ALLANT DE SA PART TROUVER M. L*ÉLECTEUR DE BAVIÈRE. — DU 23 JANVIER 1668 ^
Le Roi n'ayant été porté à entrer, la campagne dernière, dans les Pays-Bas de la domination d'Espagne, à la tète de son armée, et à réduire sous son obéissance les places qu^il y a attaquées que par les refus qu'il avoit reçus à Madrid de lui faire aucune raison des droits qui sont échus à la reine son épouse % par la mort du roi d'Espagne son père*, sur une partie des provinces desdits Pays-Bas, les bons succès de ses armées n'ont point ralenti en Sa Majesté le désir qu'Elle a de voir terminer à Famiable ses différends avec la couronne d'Espagne, et quoiqu'il semble que cette cour-là doive avoir des motifs incomparablement plus pressants
\. M. François Caillet, sieur du TheJl, ëtait consoiller au parlement de Metz.