DISPOSITIONS PACIFIQUES DU ROI
ceux ae Sa Majesté de hâter la conclusion de la paix, la manière d'agir des Espagnols ri l'opiniAlretr nwv. laquelle ils ont rejeté tous les acheminements qu'on en a proposés font néanmoins douter au Roi du succès de se» bonnes inlontions. La conduite i|ue les ministres d'Kspiigne tîennonl dans rEnipiru doinie môme h Sa xMajesté assez do sujet île rroire que leur dessein et leur principale application va à faire de la guerre de Flandre une Faire générale s'il se peut et à envelopper TEmpire dans une mvelle guerre. INnir prévenir un dessein aussi pernicieux que îlui-là. Sa Majesté croit qu'un des plus puissimls moyens dont Elle se puisse servir e»t detablir une union, la plus grande et la tus étroite qu'il so peut, entre Elle et M. TEIecteur de Bavière', mt les sincères intentions pour le bien et le repos de l'Empire sont fort connues et qui par la puissance et par la considéition que Son Altesse Électorale a dans rAlleniagne peut mieux qu'aucun autre prince seconder avec succès le dessein Ta Sa Majesté d'y maintenir indissolublement la paix que le Âié de Munster y a établie.
CVsl dans cette Niie-IA et pour conclure avec M. l'Electeur do Bavière les choses qui seront jugées avantageuses au bien public »»t aux intérêts du Roi et de Son Altesse Electorale, que Sa Majesté a choisi le siourCaillet. seigneur de Thcil, conseiller en son ►nseil d'État et privé et en son parlement de Metz, dont la suliiicB, le zèle et la fidélité, lui ont paru par des prouves considéiles dans les divers emplois que Sa Majesté lui a ci-devant fait lonneur de lui ronlier tant <]edans que hors du royaume.
Pour cet elTet, le Roi lui ordonne de se transporter le plus ligenuuent qu'il lo pourra ii lu cour de M. l'Électeur de Bavière, comme il n'y a pas de détour en y allant, de passer -h Ratis- «me, et qu1l trouvera dans cotte ville-là le sieur firavel qui est icn instruit des instructions de Sa Majesté et plus encore de des affaires de l'Empire, le sieurCailIety passera pourconiriT avec ledit sieur Gravel du sujet de son voyage et pour
I Perdiaaotl-Mane. né on 1636, qui avait tucoftlé à son père Maxîniilien I«r le
> 1051, Il nvnil 4|M>u«è en 1650 Henrielte-Adélaide do Savoie; pendant
tÀti'i. iknaéi'M t\o fiim règa**, U régence l'ut exorrôe par «a mèr«, Mnrie-
fi> > oncla pattti'nel, lo ducAIlwrt, fll fonctioai d'adiaiDiRtraleur
il muiinit |0 26 m:ii \$19.
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M. DE GHAVEL. 1068.
savoir de lui les moyens qu'il croira les plus propres à réussirau dessein auquel Sa MajesU» remploie, et après cela il continuera son voyage à Munich. Etant arrivé, il témoignera à M. rÉIecleur de Bavière le plus expressément qu'il lo pourra l'cstimct raflfection et la confiance que Sa Majesté a en lui, et que conuoissant avec quelle sincérité et quelle fermeté Son Altesse Electorale s'intéresse pour le repos et le bien de l'Empire, le Roi a dessein de prendre tous tes jours une plus étroite liaison avec Son Altesse et de s'employer avec elle k tout ce qui peut mieux ailermir la tranquillité de l'Allemagne.
Il déclarera à M. l'Electeur do Bavière que Sa Majesté sera toujours aussi disposée qu'Ellese IVst montrée jusqu'à présent & terminer à laniiahle les dilTércnds qu'Elle a avec la couronne d'Espagne et qu'Elle souhaite sincèrement que cette cour-là, au lieu de tâcher comme elle fait à dilater le feu de la guerre dans les États qui en sont encore exempts, s'emploie de bonne foi à faire cesser celui qui est allumé en Flandre et qu'elle donne les mains aux propositions d'accommodement qui opt été faites et trouvées équitables par les potentats mêmes qui se» n'oient les plus intéressés à ne pas accroître la puissance de Sa Majesté aux Pays-Bas. et c'est sur cela que le sieur Caillet informera bien exactement M. l'h^lecteur de Bavière des propositions de paix qui se sont faites et de l'étal où l'on en est à présent.
Le Roi croit que Son Altesse Electorale aura assex reconnu quelles sont les résolutions d'Espagne tant par la manière d'agir du cardinal de Thun et de tous ceux qui sont dévoués à cette cour-là que par la visible aversion qu'ils ont témoignée pour la paix et rattachemeut qu'ils ont eu à rejeter les proj)OsiLions que l'on en a faites et à s'en témoigner offensés, et aiin que Son Altesse Électorale connoisse que c'est en effet le véritable esprit de cette cour-là, Sa Mujesli'î désire que M. l'Electeur de Bavière soit particulièrement informé des avances qu'Klle a fuites pour en venir à un accommodement et de la manière dont les Espagnols y ont répondu.
Les Etals dos Provinces-Unies, qui se croient plus intéressé! qu'aucun autre prince ou potentat du monde à voir finir promptement la guerre qui se fait eu Flandre^ firent témoigner uu Roi
MÊDÎATtON DES PROVINCES-UNIES. 53
au mois do juillet dernier par le sieur de Witt', pensionnaire de liollunde, que si Sa Mujcsté vouloit se déclarer des cbosesqu'Elle dt^siroît que la couronne d'Espagne lui donn&t pour les droits qui sont échus à la Reine et qu'ils trouvassent les demandes de Sa Majesté telles que les Espagnols y dussent donner les mains, ils se chargeroienl de les y faire consentir et que si le conseil d'Espainie les désapprouvoit et qu'il n'eu voulût pas demeurer BXk\ choses dont ils seroient convenus avec le RoiJIs joindroient leurs troupes à celles de Sa Majesté pour l'entière exécution de ce qui auroit été accordé. Le Roi, pour montrer qu'il ne so préviiloit pas comme il le pouvoît du mauvais état où étoient les affaires d'Espagne en Flandre et qu'il désiroit seulement que Ton tu quelque sorte de justice à la Reine de ce qu'elle devoil hériter dms les Pays-Bas par la mort du roi son père, Sa Majesté déclara qu'Elle quitteroit toutes ses prétentions pourvu qu'on lui ttiiiiiiât la Franche-Comté, le Luxembourg, .Cambrai, Charleroi, l^fjuai, Tournai, Aire, Saint-Omer, Borgnes et Fumes.
yaoiqiie ce que le Roi demandoit fût peu en comparaison des
droits de la Reine et de ce qu'elle devroil hériter aux Pays-Bas
parla mort du roi d'Espagne son père, le sieur de Witt crut néan-
moinsqael'on auroit peine tantà résoudre les Espagnols à faire la
pJiix À ces conditions-là qu'à porter les Étals généraux h senga-
giTfic les y forcer par leurs armes, et après avoir songé ce qui
incommoderoit le moins la couronne d'Espagne et ce qui donne-
roil aussi le moins de jalousie aux États généraux, il fit dire au
Hni que si Sa Majesté vouloit se contenter que l'on lui donnîit ou
la Franche-Comté ou le Luxembourg au choix des Espagnols,
'|iio Ton rusAl Charleroi, que l'on lui donnât Cambrai et le Cain-
Itfésis, Douai, Aire et Saint-Omer, Bergues et Fumes, les Etats
Jf Hollande s** chargerolent de faire consentir la cour d'Espagne
Ac^ condilions-Ià, et que si elle les refusoit lesdits Etats join-
tiroieut leurs forces à celles du Uoi pour les obliger à y donner
Iw mains. Le Roi voyoit assez par le peu que l'on lui oITroit que
\t^ Hollniidôis faisoient leurs intérêts de ceux des Espagnols et
1 J'An do Witl. 0^ en lC3^,griind pensionnaire de Hollande depuis luri2;c^lÂhre fWMHk Opposition à Ia mtiUon il'Orangr oi pm* le.^ Inliea qu'il soulial rentre l'Anf>*»in. et rentre la Kr&nce; il fut wtossinï^ en 14112.
H. DK GRAVE!.. 1668.
qu'ils agtssoicnt comme des gt-ns qui croient qu'il leur importe que les Pays-Bas catholiques demeureni à la couronne d'Espugne, et néanmoins Sa Majesté déclara que pourvoi que les Espagnols reconnussent te roi do Porlugut' et qu'ils fissent la paix avec lui, cette considération-là et celle du rétablissement de lu paix que Sa Majesté souhaite sincèrement feroienl qu'Elle se cou* tenteroit de ce que les États de Hollande lui ofTroient, et cela principal lement en faveur du roi de Portugal, pour l'avantage duquel Sa Majesté vouloit bien sacrifier l'une des deux provinces ou du Luxembourg ou de la Franche-Comté, et (Iharleroi, et Tournai, que Sa Majesté avoit d abord prétendu lui devoir fttre cédés ; et môme Sa Majesté ajouta, pour faire voir par la proposition de divers partis avec combien de sincérité et d'urdeur Elle désire la paix^ que si les Espagnols avoientlrop de répugnance à lui céder des provinces et des places qu'ils n'avoient pas encore perdues. Sa Majesté se conteutoroit qulls lui cédassent pour toute satisfaction les seules places et pays qu'Eltc avoit déjà soumis à son obéissance depuis son entrée en Flandre •, etqne^ moyennant cela et la paix de Portugal, Elle se relftcheroit de tous les droits de la Reine. Messieurs les Etats témoignèrent grande joie de ces aenliments. de voir que le Koi se contenloit des offres qu'ils lui avoient faites et y ajoutoit ménic une alternative de son propre mouvement pour faciliter d autant plus la conclusion de lu paix. Depuis cela le pape * ayant témoigné au Roi, au commencement du mois d octobre dernier, le désir qu'il avoit de procurer un accommodement entre Sa Majesté et le roi d'Espagne, Sa Sainteté y trouva le Koi si dis|»osé qu'il offrit dc-s ce temps-là d'envoyer ses plénipotentiaires à Cologne ou à Liège ou en quel
I. Alphonse M, monté sur le trAno de Portufai ea 1656, «ntit été d^irAné an l(»67 ptirU reine sa fcaime, Mftrie-FrAnçoist>-lMhelle de Nemour», qai épout» son beatt-frére, dom Pedro, et exerça 1a régence jui^qu'en 1683; ii ce cuomeat, AlphOQM VI i^uni mort, dom Pedfo lui «uccëdft foiu le nom d« Pierre i*r. O n* {ut que le 18 février 16S8 que ri!Îs])agne sigoA la paix «veo le Portugal et reconnut son roi.
S. A la Ao de 1667» l'armée française occupait Ch&rleroi, B«rgxiM, Ath, Tour- Ajki, Douai» Courtrai, Oudeoardc, Lille et Armentières. que lea Eapagnola, pri« i rimprovistfl. avaieni à peine défendues; tandis que Tarcnae poussait jusqu'à Bruielles. Condè s'emparu de la Krauche-Comtê au rœur de l'hiver.