M. DE LA HAYE.VANTELET
noïlre (lovnntnge à ce prince la conliauceque le Roi prend en la sienne. Il lui fera savoir que Sa Majesté n'ayant pu refuser au sieur duc de Viti*y la permisision quïi lui a demandée de revenir en France pour ses alFaires domestiques, Elle n a pas voulu que le poste qu'il rjuittoit demeurât tant soit peu vacant, tant Elle désiroit que la présence d'un de ses ministres affermit davantage les mesures (jue ce prince a prises avec Sa Majestr^ et racilitât celles qui se pourroient établir de nouveau pour l'exéculion de leurs traités.
Il parlera en ce môme «eus à Madame rKleelrice de Bavière, lorsque, dans son audience, i! lui rendra les letlresdeSa Majesté; mais il s'étendra en particulier avec elle sur Textréme confiance de Sa Majesté. II lui fera connoîtrc que Sa Majesté regarde non seulement comme son ouvrage les liaisons qui ont été prises avec M. rÉIecteur de Bavière, mais qu'Elle en attend le maintien et lexéculion de ses soins et de son autorité, il lui dira que le premier ordre qu'il a de Sa Majesté est de régler sa conduite selon ses avis et ses lumières, et de n'avoir point d'autre guide qu'elle dans toutes les affaires où il aura intérêt de réussir pour le service de Sa Majesté.
Il importera d'autant plus qu'en lui parlant de cette sorte, il lui ôte tout soupçon que Sa Majesté voulût partager sa confiance dans la cour de Bavière, que les dernières lettres du sieur marquis de Vilry font voir que celte princesse concevoit quelque jalousie du crédit auquel le vice-chancelier Schmil' s'élevoil de jour en jour auprès de l'Électeur de Havièret et que comme ce ministre avoit témoigné jusqu'à cette heure ([uelque attache pour la France, elle auroit quelque uppréliension que Ton voulût lui donner une grande part dans ce qui regarde les intérêts de Sa Majesté.
Pour instruire le sieur de la Haye sur le sujet du vice-chancelier, il est bon qu'il soit informé qu'ayant toujours eu beaucoup do part dans L aiïectiun de son maître, il a été employé dans tout ce qui a été traité avec la France et y a paru bien intentionné. II avoit même lié une amitié particulière avec le sieur Gravel, plé-
i. Ga«par von Schmid. 11 avait puiMamment contribué i déterminer l'Élecleur à signer le traité de 1673.
PERSONNEL DE T.A COUR DE BAVtÈllE.
Qipotentittîre do Sa Maje»tô à Rulisbonnts et qui a eu souvent i»cca»i(iri de négocii^r avec ledit Electeur dt.* Bavière. Ce fut niâme pftf lui que le Hoi lui fit otVrir rantiee dernière une pension de aûlk* écus pur uii qu'il acceptu, et qui ser\'it cuninie d'un nouveau fooyeo pour l'engager davantage dans le désir qu'il avoit fait pattro de maintenir son maître dans les engagements avec le Hoi. Son crt.^dit, bien qu'alors considérable, étoit beaucoup audu celui du landgrave llerumnnn de Furstenberg qui it la première autorité sur M. TLlecteur de Bavière. Mais ce dgrave étant mort depuis quelques mois, la confiance dcTÉIecr, qull ocrupoit tout entiôre, se trouva comme partagée entre 10 rÉk'Clricc et ledit vice-cli;incelier. Cette princesse, qui roit toujours eu quelque jalousie pour lui, a tAché depuis ce temps ikllirer à elle toute la contiance dudit âieur Fllecteur et tout siiin den aiTaîres ; il a même paru durant quebjue temps que ce e ït'al>andonnait tout à fait i\ ses conseils et rien ne pouvoil plus favorable pour Sa Majesté. Il y avoit aussi lieu d'être nlûfait des bons sentiments du vice-chancelier.
liais, depuis quelques ordinaires, les lettres du sieur duc de îtry y font voir une grande dilTérence. Elles marquent que ce nùniiïlrc. flatté de ruspérance que la cour de Vienne lui donne de élever A la dignité de baron. m<^me à celle de comte, paroissoit M tourner vers la maison d'Autriche, et que, prenant de jour en jour plus de puuvoir sur l'esprit de son maître, il étoità craindre Hti'en prévalantsur Madame rKlecIrice, il n'alloiblU ses bons sentimeott» pour la Franco; qu'il flattoit la timidité naturelle de co jirinre, et qu'en augmentant ce qu'il pouvoit craindre de la part ïU) l'Kmprreur, il diminuoit l'espiTance qti'il devoit mettre dans le* assistances de Sa Majesté, même dans la joaction de la Suéde, m asAuraul que cette couronne n*agiroil pus.
Bien que le siour de la Haye soit instruit des dispositions do M ministre, il évitera loutefois do lui faire connoître qu'il en soit iuformé, de crainte de l'éloigner encore davantage par l'opiuoo de la déliaucu que Sa Mujesté auroit de lui.
Ainïti un des soins principaux dudit sieur de la Haye doit étndi* r«]^9i«urer du gré si particulier que Sa Majesté lui sait do rdfrction qu'il n fait parDÎtre pour stts intérêts, de lui témoigner
M. DE LA HAYE-VAiNTELKT, 1678.
que Su Majesté s'en promet la rontinuatioa et de lui laisser euvK sager les marques qu'il peut attendre de la bonté de Su Majesté pour lui. Il lui témoignera encore que Sa Majesté voit avec plaisir la confiance qu'il s'est acquise aupri^s de son maître, parce qu'Eue s'assure cpiïl le fortifiera toujours dans la résolution d*exécuter les paroles qu*i! lui a données par ses traités, de m^me que ce prince s'en peut promettre une exécution prompte, exacte ot sincère de la part de Sa Majesté.
Ayant agi en cette sorte dans ses premiers entretiens auprès de M. rÉlecteur do Bavii^re, de Madame l'Électrice, et de ce ministre, son principal soin devra être non seulement de maintenir cette cour dans les bonnes intentions qu'elle fait paroitre pour la Franco, mais de la porter à donner à Sa Majesté toutes les preuves d'affection quïUe en peut attendre. Elles peuvent être de deux sortes^ ou en agissant par les armes contre l'Empereur, ou en Supposant dans les difetes particulières et générales de l'Empire aux entreprises que l'Empereur forme tous les jours de son autorité princière contre la liberté et les privili^ges de rAUemagneau préjudice de la France.
Pour ce sujet, ledit siour de la Haye demandera toujours à M. l'Electeur de Bavière de vouloir renouveler les ordres qu'il a déjA donnés ft ses députés à Ratisbonne do refuser ses suffrages à ce que les ministres de TErapereur et de ses alliés proposeroient contre Sa Majesté; d'agir de la m^me sorte dans le cercle de Souabe, où il estconsidérablc par les terres qu'il y pos8ède,et d'employer son crédit auprès des princesses voisins et particulièrement auprès de M. le duc de Wurtemberg ' pour détourner les résolulions qui s'y pouiToient prendre contre les intérêts de Sa Majesté.
Pour ce qui regarde l'action des armes, il fera souvenir ce prince de l'engagement qu'il a pris avec Sa Majesté par son traité de s opposer à tous les passages et quartiers qui se pourroient prendre dans les terres de l'Empire, do n'en donner aucun dans ses Etals, et de maintenir les traités de Weslphalle dans toute leur force.
Il lui fera voir que tous ces cas auxquels il s'étoît oblige d'agir contre l'Empereur sont arrivés, que non seulement il a