‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 38 sur 256 · ÉTAT DE LA COUR DE BAVIÈRE · texte numérisé non relu

ÉTAT DE LA COUR DE BAVIÈRE

Dans la crainte d'un tel inconvénient, Sa Majesté veut que le sieur Colbert ne sou\Te que lorsqu'il pourra le fuiro avec t<iule sùrolé de cvlU* jiarlio de son instruction ,ct après en avoir re(;u de nouveaux ordres. Elle croit même qnVn arrivant en Bavière, il

toit sexpliqucr seulement et au duc Maximilien ol aux minis- •es qu'il est chnrgi^ pai' Sa Majesté de convenir d'un nouveau ■nitê d'alliance et d'amitié avec IKIecteur de Bavière, aujour- 'hui que celui que le duc de Vitrv avoit fait avec le feu électeur nrani la guerre est fini heureusement par la paix.

Mais comme il agira plus confidcmment avec le chancelier Schmid, il pourra savoir de lui dans le premier entrelien qu*ils auront ensemble si, depuis la mort du feu électeur, le duc Maximilien a eu connoissance de toutes les mesures qui étoient prises ^havec Sa Majesté. Il pourra même s*instruîre par lui des inclina- ^Blîtins de ce jtrince, et de ce qn'Elle en peut attendre, et enfin lui "Wmoigner que, pour la confiance que Sa Majesté a toujours eue en son affection pour son service. Elle a voulu qu'il prît particulièrement ses conseils et ses avis dans les affaires qu'Elle lui a commises. Il lui fera voir que, voulant s assurer pour toujours l'amitié àh la maison de Ba>nère, Elle a voulu se l'unir par un double lunriage, il ne lui laissera |>oinl envisager d'abord que Sa Majesté le^peut séparer, el se servira pour lui en faire conaoilre les conveuaaces et les avanlagesdes raisons portées par son instruction. Il pourra aussi le remettre sur les mesures du traité de 1670 tant pour empêcher l'élection d'un roi dos Romains, que pour faire élire le oi empereur,si le cas de l'élection seprésentoit; maissans se déclanTencorcque Sa Majesté demainlAt lesméTheschosesatijourd'huî. Il y a apparence que ce ministre, qui a t^jujours parlé avec l)»:*îiucoup de franchise à tous ceux qui ont été de la part de Sa Maje><té en Bavière» s'ouvrira confidcmment à lui, ot qu'il lui donlieu de connoUre la sûreté ou le péril qu'il y auroit h se iff au duc Maximilien des vues de Sa Majesté pour Tem- Suivant le ju|j;rmeiil que le sieur i'.olhcrt pourra faire de ce |ui lui aura été dit par le ministre, il dépêcheroit aussitôt un courrier à Sa Majesté, laquelle, suivant le compte qu'il lui en ^'^l^^oit, lui feroit savoir sa volonté, et s'il devToil s'ouvrir un ne • ouvrir pas de cette atlaire.

LE PHESIDEM COLnEUT. 1679.

Plus It? sieur Colberl fera paroître d'ouverture au chancelier Schinid, plus il se servira de celle confiance pour le persuader qut* Sa Majesté ne peut séparer les deux mariages, cl qu'il auroil charge de passer à Vienne s'il ne concluotl pas en Bavière. Celle communicalion avanc^^e qu'il lémoigneroil lui donner de ses ordres ne serviroil poiiil peu à répandre par lui dans le conseil lu crainte de manquer uiic allaire si iuiportanle à la Bavière si elle nentmit point dans les seuUnients de Sa Majesté pour Mademoiselle, et il lui reprësenteroit sur ce sujet toutes les raisons qui sont traitées dans ses instructions. Sa Majesté lui laisse toutefois la liberté qui y est portée de se contenter d'une promesse que l'Electeur ne se marieroit point, ni à l'archidnehessê, ni à une princesse de Neubourg, trop altachée aujourd'hui à la maison d'Autriche*, en cas que l'administrateur tînt ferme à remettre le mariage de rKlecleuraprès sa majorilé. Mais si, après avoir refusé de convenir dès cette heure du mariage, il refusoil encore l'engagement que Sa Majesté demande touchant l'arrhiduchesso et U princesse de Neubourg, alors le sieur Colberl dépêcheroil à Sa Majesté pour lui rendre compte de cette difficulté, et ne passeroit pas plus avant jus<]u'à ce qu'elle lui eût fait savoir sa volonté. Que si pour élitigner cette seconde alliance avec la France le duc Maximilien prenoîl prétexte de Tàgc de Mademoiselle, et faisoit voir que rKlecteur son neveu auroil besoin pour le bien de ses EUils d'une femme qui lui donuiU bientôt des enfants et que par cette raison (juî ne seroit pas Luuue pour l'archiduchesse plus jeune que Mademoiselle, il voulût se porter vers la princesse de Nnubourg, alors le sieur (lolbert lui proposeroit la princesse de FloriMice en Age d'être mariée. On ne]H>nrroil lui préférer la princesse de ^leubourg sans faire connoitre manifestement que l'on voudroit prendre par un tel mariage des altachemeuts avec la cour de Vienne, lorsque l'intention de Sa Majesté est de donner toute son amitié à la maison de Bavière par les alliances dont Elle veul bien l'honorrr.

Ainsi le sieur Colbert suivra les ordres qui lui sont donnés par son instruction et par l'addition présente sur ce qui regarde

i. L'Empereur Lëopold 1*' avait i^pouté ea troisiimçs noces, en (676, une prînooMfl de Neul>oarg, Élèonore-Uadelei ne-Thé ré se.

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