ÉTAT DE LA COUIÏ DE BAVIÈRE
Tuiit que ce prince a vécu, sa premit're confiance a ét*^ pour 1<» chancelier Sclmiidetpcur le sienr Reicliberg, son grand chambt*llaiK le premier capable et forl inhlruit des utTaires, le dccond fort zélé pour le ser\ico de son maître, mais dune moindre expi;rience coinnie n etiinl eniré dans le nùnislère que depuis la morl du landgrave Ilerniaun de Fursteiiberg ', mais tous deux Irùs bien inUmlionnés pour la France. Le luiron Munk leur avi>il. été joint dans le conseil, et comme il avoit été envoyé vers Sa Majesté ily avoit pris les mentes sentiments jiotir son service.
Depuis la mort de l'Électeur, comme la loi de rLmpire a fuit «r l'administration de l'Elal entre les mains du prince Maxi-
Imitîen son frère jusqu'à ce que le prince électeur ait accompli «1 div-huili^me anm-e qui ne tinira quau mois do juillet prot'huinf les choses semblent avoir un peu eliangédefacc. Ce prince^ r[ui n etoit pas bien avec le feu électeur son frère, paroîl, depuis qu'il est dans le gouvernement, avoir pris des sentiments opposés AUX siens. L'on a lieu de croire que son inclination le porto vers lu maison d'Autriche et le changement qu'il vient de faire dans le conseil [jeul être une marque que n'ayant pas les mêmes seu- Uments du feu électeur, il voudroit ùter Tautorité des mains des ministres qu'il a laissés.
Par les dernii'res lettres que le Roi a reçues du sieur do la
flaye. Sa Majesté a appris qu'il avoit insinué à rKlecteur que,
lire les maximes de feu son père, parce que ses trois ministres
[lietoient pas ses sujets naturels, il devoit donner sa confiance à
ide* llavarois. Ainsi il a ajouté au conseil secret le gi'and maré-
lÉlud, homme de peu de ^énie, nïfiis reconnu fort autrichien, le
tieur Lerdst et le sieur Delbouque, tous trois nés sujets de
rKlecteur de Bavière, dépendants de l'administrateur, et vraisem-
[blalilement peu afiectionnés à la France. En eefto sorte, il
?mble>e rendre plus mailredes alî'aires. Le chancelier témoigim
tuliïfois qu'elles reprendront la même forme qu'elles ont eue sous
dernier électeuraussitôt que le prince son fils aura atteint dans
»eu de mois l'âge de sa majorité.
Eu cet état des choses, on nu peut douter que lorsque le sieur
I, Honnana Epco Je FurMcnberg. que Telecteur Ferdinanfl-Mnrifl nvaii eu ^oiVtnt*» ft son service.
LE PRESIDENT COLBERT, Ifl'O.
Colbert aura exposé au duc Maximilien le sujet de son voyage et racconiplisscment que Sa Majesté veut donner aux mesures quïHe avoil prises pour le mariuge de M*' le Dauphin avec Ib feu électeur, il ne re(;.nive avec tout le respect et la reconnoissance possible pour lui, pour l'Électeur son neveu, et pour la princesse sa nièce, l'honneur que Sa Maj«'st(* veut faire à su maison. Mais on le pourroit soupçonner de n'entrer pas si aisément dans la proposition du mariage de M. rKlecleur de Bavière avec Mademoiselle.
Cetl4? affaire est la seconde que Sa Majesté remet aux soins du sieur Colbert, et sur laquelle il est nécessaire de Tinstruire de ce qui s*y est passé jusqu'à cette heure.
Loi*sque Sa^lajesté, après la mort du fi'U électeur de Bavière, prit la résolution d'aiH'omplir le poird le plus important du traité qu'Elle avoit fait en 1670 avec lui, sa pensée fut en même temps de saltacher plus étroitement le jeune Électeur en le mariant avec Mademoiselle. Elle crut même devoir s'en ouvrir d'autant plus tôt que le comte de Hostri, envoyé à Munich pour faire compliment de la part de ri']mpereur sur la mort de TÉlecteur, étoit chargé d'insinuer <|uelques propositions de mariage entre son fils et l'archiduchesse fille de l'Empereur*. L'avis qu'en eut Sa Majesté la porta à ordonner au sieur de ta Haye de s'ouvrir au ehaïiceliiT Schmid de la vue qu'Elle avoit d'une alliance plus avantageuse pour son maître. Ce ministre témoigna en recevoir l'ouverture avec joie et avec respect; il dit seulement quïl ue voyoilpas (]ue ri^lecleur puisse songer à se marier jusqu'à ce qu'il frtl majeur, nuns que comme il étoit instruit des sentiments du feu électeur sur l'alliance qu'il souhaitoil à son fils, il s*en expliqueroit alors. Il ne déclara point quelles pouvoient avoir été les \Ties de son maître, mais comme il étoit fort nourri dans les maximes de l'électeur Maximilien, son père, qui avoit inspiré la crainte et Téloiguemeut de la maison d'Autriche à sa maison, il y a assez d'apparence qu*il ne songeoit pas à prendre une femme pour son lils à Vienne.
L'inclination peut-être peu favorable du duc Maximilien pour-
1. Marie-AntonÎA, flUe de Léopold l"^ que Maximilien II épousa «o 1683.
MARIAGE DE L'ELECTEUB.
»it aujour<l*huî lui inspiror d'autres pensées, et peut-être ïruil-il bien aise d'éloigner lu proposition qui lui seroit faite 'un mariage pour rÉlocleur, lorsqu'il lémoigneroit répondre recplus de respect et de reconnoissance à l'honneur que lo Roi frtudroit ftiirrîà la princesse sa nièce. Il j)*nnToil s'excuser sur son iuloritô trop bornée durant une minorité qui doit finir dans peu mois pour résoudre le mariage de son neveu, témoigner qu'il li Toudroit remettre à Uit-ménie le soin et le plaisir de décider na destinée dans une occasion qui lui dt»il i^lre si agréable, et îfp voir encore qu'il pouvoit dilTérer d'autant plus d'entrer dans lie négociation que l'âge de Mademoiselle apportoit un retardewiit naturel aux mesures qui se pourroient prendre pour conliirt^ son mariage. Mais lors<|u'il afTecteroit de s'excuser en celte irle [Hjur remettre cette proposition à un autre temps, peut-être :heroit-il de loucher sous main l'Electeur et ses ministres de Talliance de rarchiduchessc, des grands avantages qui pourroient regarder, si le jeune archiduc mourant et l'Empereur n'ayant lus de gar<;ons, elle se trouvoit naturellement héritière de la ^h^me cl des pays héréditaires et appelée à la couronne de iQgrie. Qu'entîn il pourroit profiter de l'honneur que le Roi mdroit faire à la princesse sa sœur, sans perdre Tutililé quH (UA'oit en\*i5ager du côté de la maison d'Autriche. Si sur de h ou semblables fondements le sieur Colbert trouvoit que m ne répondit pas précisément à la proposition qu'il auroit ite du mariage de Mademoiselle, il s'expliqueroit qu'il ne peut séparé de celui de M''' le l)ati[tliin ; que lorsque Sa Malle a bien voulu ilonner à la maison de Bavière une si grande le de son amitié. Elle a cru s'assurer entièrement de la tnne, et ne pouvoir l'affermir par trop de liens. (Jue celui quTîlle »poN> par le mariage de l'Électeur est si avantageux quen que l'on y fit paroitre de l'éloignement, Elle aurait sujet de lire que Ton auroit d'aulres vues qui ne s'accorderoient pas Tintiine alliance que la Bavière a cultivée depuis longtemps la France, et dans laquelle elle témoigne encore se vouloir mir à l'avenir.
le cetli» conduite donneroit sujet de croire qu'après Thonîur d'Avoir marié la princesse à M'' le Dauphin, on voudroit
LE PRÉSIDENT COLRKRT, 1679.
ménager le mariage de larchiduchesse avec rÉiecieur, et peutôtre répondre aux ouvertures qui en ont été faites par la cour de Vienne et par le comte de Boslrî; quuno telle conduite ne s'accorderoit point à ce que la maison de Bavière doit à ralTection de Sa Majesté, qu'Elle ne pourroît la voir comme partagée d'intt*réts entre* la France et la maison d'Aulrictie, et que voulant regarder l'Électeur comme son principal allié dans TËmpire, Elle ne le croiroit pus* dans les sentiments qu'Elle en doit attendre, lorsi|u'il n'ymhriisseroit pîis avoe empressement et avec plaisir une alliance qui l'attacheroit doublement à Elle.
Qu'en vain le duc Maximilien feroit paroître de la peine à conclure une affaire do celte conséquence dans une administration qui doit durer si peu do temps, et s'excuseroit sur l'âge de Mademoisolle qui pourroit donner temps à rÉlecleur de traiter cette affaire par hii-m^me. Qu'un tel avantage ne peut être embrassé assez l()t, qu'il doit en ménager également la conjoncture pour le prince et pour la princesse sa nièce, puisque. Sa Majesté ne voulant pi)int séparer ces dmix mariages, la maisun de Bavière perd le plus grand honneur et la plus grande sûreté qu elle puisse recevoir eu s'assurant pour toujours de Tamitié et de la protection de la France.
Que pour làge de Mademoiselle Jl nempt^che point que l'on ne puisse conclure le mariage pour être exécuté dans le temps que Ion eu seroit convenu, selon Texemple même qui en a été donn6 dans celui de M^^ le Dauphin.
Enfin, si contre Tapparence et môme contre la raison, il trouvoit difiicuUé à cette négociation, il pourroit insinuer que l'Empereur ne souhaitant rien plus ardemment que le mariage de l'archiduchesse sa lllle uvwc M^' le Dauphin, Sa Majesté seroit capable d'en admettre la j)rop()sition lors(|ue l'on ré|)ondroit si mal en Bavit^re aux témoignages <le son amitié. Qu'alors cette maison perdroit tout d'un coup les deux grandes alliances dont elle se seroit llattée. Que la princesse seroit privée de Tespérance de M*' le Dauphin, et l'Électeur do celle que Ton lui avoit fait concevoir du mariage de l'archiduchesse. Si la conduite de l'adminislraleur réduit le sieur Colbert à avoir besoin de toutes ces raisons, il y a apparence qu'elles auront d'autant
IIARIACE DE L'ÉLECTEUR.
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plus do force qu'elle» seront appuyées par le chancelier Scliiniti. «•l par los uulrt\s ininistreH nourris dans les senlinirnls du fou électeur «l danà U*s v(?riUd»Ics inlértUs de la navit**re. On ne doit pit& douter que la princesse trop intt^rcssée h les faire valoir ne ,]«» appuie forU'uient, et Ton peut croire ni^me quelle seroit capable d'y di^terininer le conseil, mais particulièrement rKlecleur Mtn fri-re, par la eonliance et le crédil exln'^inc (jxie sa vertu et M»n esprit lui ont arquis dans toute celte cour et parlicnlibrenient 9ar r«sprit de ce prince.
Mais si contre toute sorte de vraisemblance le parti de Tadnînîstrateur remportait, et que nnil|<ri'' les upprêliensions que le »ÎMir (Albert auroit données de ne point séparer ces deux allianc«T tn^iue que Su Majesté pourroit porter ses vues d'un autre fdié, le prince tf^moignoît ne pouvoir disposer de son neveu dorant m n^gencc et vouloit lui laiss<?r le choix de In princesse qnll voudroit épouser, alors, pour ne pas rompre le mariage dcî M** le Dauphin, Sa Majest»'» Irouveroit bon (ju'il parût admettre c«tte excuse, et qu'il donnât les mains à remettre le traité (^»ur Mademoiselle just|u'â la majorité de l'Électeur. Mais cela ««ulenieut apr»^ avoir épuisé toutes les raisons ci-dessus et iprè* avoir laiss*- craindre que l'éloignement d'une de ces affaires a'emporiâl la rupture de Tautre. Ce que Sa Majesté désîreroit présenlomenl en ce cas seroit que lorsque le sieur Colbert n'auruil pu obtenir que l'on convint pr/'sentemenl du mariage de JlademotHelle, il tirât une parole expresse et par écrit que rKlecleur u'épouseroit point rarchiduchesse. ni la princesse de Neu- Fk>arg. puisque cette alliance qu'il contructeroîl avec la maison if Autriche seroit entièrement opposée aux liaisons i^troites de Mni: et d amîli*' par ks^pndles Sa Majesté le regarde comme lui ?vaul*^lre uni plu.squà tout autre. Aprèsavoir conclu cet article, sieur Colbert passeroit au troisième point du cette instruction. Il voit par le trait*^ de KîTO les mesures qui étoient prises pour de rUmpire. (pie le feu (^lecteur prometloil de ne conaucune élection de roi des RomainSf et que si l'Empereur vtnoit à iTJoarir, il contribueroit de toutes ses forces à faire tomber réJ«ction sur le Roi. Sa Majesté trouvoit bon en ce cas de te faire roi dcB Romain». Lu mort de TLIecteur a fini cet engagement
LK PRÉSIDENT COLBEnT, 167Ô.
de Sa Majosié pour sa |>ersonnG, mais elle laisse le reste du Iratlé dans toute sa force, lorsque Sa Maj*>té veut bien l'exécuter dans le plus important de ses points.
Ainsi le traité iju^Rlle ordonne au sieur Colherl de négocier touchant l'Empire se peut moins dire un nouveau qu'une couUnuation du premier et se réduit à deux points principaux, Tun dcnip*^cher l'élection d'un roi des Romains tm faveur du jeune archiduc', l'autre, en cas qu'Elle ne se puisse détourner ou que TEmpereur mourut, de faire tomber le choix des électeurs sur Sa Majesté ou sur M"^ le Dauphin.
Tous les avis dWlIeniagne parlent du dessein de l'Empereur de convoquer une assembb'O du collera* électoral, et d'y proposer l'élection do roi des Romains pourson (Ils. Bien qu'ilsoil Agé d'un an seulement, on prétend qu'une pareille disposition nest pas sans exemple dans TEmpire, et j»our adoucir ce quelle nuroit d'extraordinaire on propose île lui ilonuer un conseil de quelques électeurs et princes, sans lequel il ne pourroit agir jusqu'à ce qu'il fût en état de gouverner par lui-même,
CVst sur cet article que Sa Majesté demanderoil que M. TÉlecteur de Bavière s'engageât expressément à déii>urner autant qu'il seroit en lui cette assemblée, mais, en cas qu'elle se convoquai malgré tous ses efforts, de ne donuerjamais son suffrage à l'élection de rarehiduc. d'agir non seulen»ent pnr lui et [lar ses amis pour Tempccher, mais en eus que Téloction d un roi des Romains ne se piU éviter, de contribuer tout ce qui seroit en lui pour la faire tomber sur Sa Majesté, si elle ne pouvoil réussir pour Elle de prendre les mêmes soins pour M'^' le Dauphin, et que s'il trouvoît eniin une opposition insurmontable sur l'un et sur l'autre de ne consentir jamais k Télection d'aucun prince que de concert avec Sa Majesté et qui lui fût agréable.
Le second jwint dans letjuel Sa Majesté demanderoit une marque expresse de laniitié t\v. M. i Électeur do Bavière, seroît si la mortde l'Empereur arrivoit sans qu'il y eût de roi des Romains. Ce cas a été prévu dans le traité de 1670, l'engagement que Sa Majesté demanderoit aujourd'hui de l'Electeur seroit le même
1. Joseph, DIT en lC7ti, roi Hes RomninB en 1600, emper«ur soas le nom d« Joseph 1*' en 1705.
liLECTlUN D'U> EMPEREUR. «3
que son p^rp avoil avoc Elle. Il y auroil cMe soule'différenco que Sa MBJi^st« étaut élue eni|)ereur devoil cousenlir alors que ce prince fùl roi des RoniaJDS, sa mort a cbangô cetlo condition et il ne faiidroit point la rappeler eu faveur de son fils.
Ce que Sa Majesl»^ demande de lui seroit qu'il s'oblij;e<M, en ras do In mort de l'Empereur, à s'employer fortement par son ^ufl'ra|;** et par <teux de ses amis à faire élire Sa Majesté, Le beM>in de donner un puissant défenseur à TEmpirc contre les entreprises et le voisinage du Turc dont il est toujours menacé, fournît di» Jurandes ci do fortes raisons pour faire voir qu'il ne peni attendre son maintien et sa protection que de Sa Majesté, el qu'il seroit exposé ù des périls trop évidents s'il tomboit entre des mains foibles et incapables do le soutenir.
Mais Comme ta mrme puissance de Sa Majesté qui paroit si fovorablepour la défense de l'Empire pourroil être regardée avec crainte par les princes qui le composent. Sa Majesté trouve bon que le sieur Colbert puisse stijiuler en son nom une obligation expresse de le maintenir dans tous ses droits et privilèges, dans toutes les capitulations qui ont été faites par les emjierenrs U)£me dans ses élections telles qu'elles sont |M)rtées dans la Bulie d*or. enfin de rengager non seulement h no rien changer, mais à le conserver dans toute la forme de son gouvernement.
Ce qui a été dît ei-<lessns nu sujet du lYdec^lion du rni des Romains qu'en cas qu'elle ne pi'it réussir en faveur de Sa Majesté M. rfclccleur de Bavière feroit les mêmes efforts pour la faire tomber sur M*' le Dauphin, et qu'en cas qu'elle rie puisse sortir ptiur l'un et pour Taulre, il ne conseriliroil jamais à aucun prince que île concert avec Sa .Majesté et f|ui ne lui fût agréable, devra éire pratiqué de m^me lorsiju'il s'agiroil dYdire un empewur el M. TEIecteur sobligeroil A y gïirder la même conduite. Od ne peul douter )|ue l'on ne demande en Bavière le dernier secret sur un H^mblable traité. Le sieur Colbert le promettra impénc^trable et pareil à celui qui a été ganlé depuis IdTO. Il ne s'expliquera point même que Sa Majesté songe à prendre de semblables mesure* avec d'autres électeurs, mais en cas que Ton Ini fil \ «dr qu'elles seroient nécessaires poui- seconder les bonnes inti-ntion»i de Monsieur de Bavière, il lémoigiieia qiie Sa Majesté
LE PRÊSIDKNT COLBERT. 1670.
Iravaillt'i
»lontiors d(
concerl avec ce prince, ainsi (ju*El!
fait avec réleclour <\q Saxr* dans toutes les négociations qui w sont faites à Munich et depuis par ses ministres auprès de Sa Majesté. Il évitera seulement de fjiire connoître qu'il y ail quelque négociation avec Brandebourg [Mir la jalousie naturelle que presque tout TEmpire a contre cet électeur,
Lors<[U(^ le sieur flnlhert seroit convenu en cette sorte, de ce i]uî regarde le maria^'e de Mademoiselle, et les mesures pour le dedans de TEmpire, il s expliqueroit publiquement du dessein de Sa Majesté de conclure incessamment le mariage doM'^'le Dauphin avec Madame la princesse de Bavii''re, et qu'en attendant (ju*Klle envoie une personne dont la qualité réponde à un si haut emploi pour en faire la demande et pour Tépouser au nom de M" le Dauphin, Klle lui a donné pouvoir de convenir des articlee pour une si grande alliance avec le duc Maxîmilien et les commissaires heiublablement autorisés lui seront doimés pour cet cITol.
Ainsi, il aura trois actes à faire, le traité du mariage de Mademoiselle avec rKlecleur en cas qu'il en ait pu convenir, celui qui regarde l'Empire^ et It's articles du mariage de M^. le Dauphin.
Le premier doit porter une promesse expresse de conclure cette alliance, lorsque Mademoiselle sera en âge, à condition de passer alors les articles et le contrat nécessaires. Les conditions du second sont assez ex plifjuées par tout ce qui a été dit ci-dessus; il reste à lui faire connoîlre colles qu'il doit stipuler dans le troisième, et la conduite iju'il y doit tenir.
Lorsque s'étant assemblé avec le duc Maxiuiilien et les cornmissiiires di* nuvière. il aura fuit rechange de son plein pouvoir avec le leur» il leur fera connoître que Sa Majesté, pom* dresser les articles du mariage de M'' le Dauphin, a cru ne pouvoir prendre un exemple plus favorable pour la princesse que ce qui a été observé dans son contrat de mariage. Le sieur Colbert est instruit d<^s obligations qui y sont portées de la part de Sa Majesté, du don qu'Kllc fait h la Reine de cinquante mille écus pour bagues et joyaux, du douuiro de vingt mille écus, de l'assignation de la dépense de sa chambre, entretènement et état de sa maison tel qu'il convient à si grande princesse, et de la liberté de
CÛMRAT DE MAKIAGE DU DAUPHIN.
(umer avec tous ses meubles, bardes et joyaux, on cas de Ibsolulion du mariage et qu'elle sunécùt à M*' le Daupbin. Dans tous ces points, le Hoi trouve bon que le sieur Coiberl conforme enli(>rement à ce ([ui est [)orlé dans le conlrat do iringe de Sa Majesté.
Ceuxfjui rt'gurderi)ient rKlecleur de Bavière pour la princesse
*>a sœur, sont la dot, qui doit être de cinq cent uiille écus d'or sol
telloqu'aété celle de IaReine,ei Tobligationde la faire conduire à
•SCS dépens sur la frontière du royaume où Sa Majesté douneroit
»nlre pour la faire ri*c*noir.
Celte dernière condition est ab>uluuient nécessaire; pour
l*auln% en cas que l'on fit quelifue diflicullê eu Bavière sans
allAcher à la somme de cinq cent mille écus d'or sol, Sa Majesté
►uve bon que le sieur Colberl remette aux commissaires do
ivièrc de la remplir. On doit croire toutefois que lorsque le
:C(iHlral sera semblable en tout le reste ù celui de Sa Majesté,
rtlecleur de Bavière ny voudra pas apporter de différence dans
UdoL
ApnH que le sieur (>olt»ert auia signé c*s arliclcs, il les enverra aussitôt à Sa Majesté, et fora partir en mémo temps un coarrier pour Home avec les lettres qui lui seront données avec celte iustruction [K>ur le pape et le duc d'Estrées, ambassadeur extraordinaire de Sa Majesté, et accompagnées de celles de ladluinislrâleur. pour demander dispense à Sa Sainteté de l'allianco d'iwiu de gemmin qui est entre M"*^ le Dauphin et Madame la princesse de Bavière.
L(-»rsque Sa Majesté aura reçu ces articles. File fera partir la pirftDnne qu'Elle aura choisie pour aller faire la demande en son noniel épouser par paroles de présent.
Le »ieur Colbert qui aura rc(;u la ratification de Sa Majesté Mirii's articles, la remettra entre les mains du duc Maximilien, des mêmes commissaires avec lesquels il les aura signés, et les ayant de concert avec eux étendus en forme de conlrat de mariage il Ifur laissera le soin de les faire signer soleunellemeut le jour des fuin(;ailles, et d'accomplir ensuite toutes les cérémonies du nwirifige.
Ou ne parle point ici du départ de Madame la Dauphine. Sa
kia'Ko. De5 ixâTRCcr. dii'Li>iiat.
LE PRKSIDENT COLBERT, 167».
Majiislo ft^ra savoir sos intentions sur le temps de son voyage Elle veut SfulemiMit que le sieur Colberl soit instruit qu'en cas (|uo rElccleur ou le duc Maximilien prissent la pensée de passer auprès d'Ello, Elle les verroit avec plaisir, mais comme les électeurs prélendfMil avoir aupnl^s de Sa Majesté un fiiuteuil parceque l'Empereur leur en donne, il sera bon, si l'Electeur se disposoit à accompagner la princesse sa sœur jusqu'en France comme aisément la curiosité et le désir de voir Sa Majesté pourroill'y porter, que le sieur Colbert lui fît entendre retb* difficuU^^ afin qu'étant connue avant son départ, il saccommodiU aux coutumes de France s'il vouloit faire ce voyage ou qu'il eu changeât la pensée s'il vouloil demeurer ferme à la prétention d'un traitement qu'il ne pourroit recevoir de Sa Majesté.
ADDrriON A l'iNSïHL'CTIOX du SIEUn COLBEUT, PnÉSIDENT \V PARI-EMI ALLANT DE LA PAKT DE SA MAJËSTCE EN BAVIÈRE. — SAINT-GERM^
EN-LAYE, 18 ocrroBRK 1079 '.
Sa Majesté ayant vu Tinstruction qu'EIle a ordonné qui fût remise au sieur Colbert sur l'importante affaire dont Elle lui confie la négociation, a jugé à proposde fairojolndrelaprésente addition.
L*îuclination qu'ElIc connoit peu favorable du prince Maximilien pour ses intérêts, lui fait soupçonner avec beaucoup de justice, ou qu'il n'entrât pas dans les mesures qui y sont portées touchant les élections de Sa Majesté, ou de M"' le Dauphin, soit à la royauti* des Romains, soit à TEmpire, ou que s'il ne s'en pouvoil défendre parce que cet engagement n'est proprement qu'une suite du traité de 1670 avec le feu électeur, il n'en doimiVt part h la cour de Vienne.
i, Ctuuf*itonda7ice Bavière, t. XXX.