‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 43 sur 256 · Éléouor«-Madeleine>Thér6Be do N«abourg · texte numérisé non relu

Éléouor«-Madeleine>Thér6Be do N«abourg

MARIAGE DF rÊLECTEUR,

/alliance de NtMibour}< est si fort éloignée de tous les avantages que l'Electeur se peut proposer dans son mariage qu'il est iiïtitile de donner des raisons pour l'en détourner, puisque non Meul«iuenl elle ne lui donne aucune alliance, point de dot considérable, nul appui, maïs au contraire elle l'engage dans tous les embarras où rattnrhenient de ce prince le peut jeter, lui attire lin ^rrand nombre de beaux-fri-res qui lui seront toujours fort à charge et ne servira qu'à augmenter Ja considération que l'Empereur a pour le duc de Ncubourg. et ren\ne d'abaisser la maison de Bavière.

Outre toutes ces raisons, il y en a encore une plus pressante ipii doit donner lexcliision aux princesses de ces deux maisons, (]ui est que TÉlectenr a un trop grand intérêt do se conserver les bonnes grAces de Sa Majesté pour vouloir manquer à la parole qti'il lui a donnée de ne point fairf de mariage qui lui puisse d«[tlaire.

De sorte que s'il fait toute la réflexion sur ce qui vient d'être dit qu'on doit attendre dun prince <|ui veut gouverner sagement, il y a beaucoup d'apparence qu'il préférera Mademoiselle, nièce du Roi, ù tout autre parti, (anl parce qu'il y trouvera tous les svantagesi de la plus auguste naissance de la chrétienté, toutes 1^ bonnes mœurs qu'une belle éducation parfaite peut donner à on** princesse bien née, et les dispositions du corps telles qu'elles ^iilà désirer dans une si tendre jeunesse avec une dot considénble, que parce que ce nouveau lien assure pour toujours à la iftaison de Bavière Taniitié et l'appui de Sa Majesté qui la met à •"nnierl contre toutes les entreprises de ses voisins, et qu'il lui 'ionue aussi les moyens de rentrer dans ce qui lui a été enlevé injustement et qui lui doit légiiiniement appartenir.

Comme le mariage doit être le fondement de toutes les autres liaisons que Sa Majesté peut prendre avec l'Électeur de Baviùre, cvst aussi la prinei|)alt^ lin à laijuelle ledit sieur de la Haye doit Irai-uiller au commencement de la majorité.

Sa Majesté ne doute point qu'il n'y trouve le chancelier ^hinid très favorable par la parfaite connoissance qu*a ce miniitre de tous les avantages qui en doivent revenir à la maison df Bavière.

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M. UE LA HAYK-VANTKLKT. luao.

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le s assure aussi que le baron de neiciioerg, ctiaiiiDeiian 4luilit Élecleiii\ ne sera pas moins bien disposé h y concourir.

Mlle se promet encore des bonnes inlenlions du baron Mayr qu'il agira dans toute cette atl'aire de concert avec ledit sieur de la Haye et a\ec ledit chancelier Schmid.

La gratirieation que le Roi a prorois audit sieur de ta t!a\e de^ faire au sieur Leydel au cas qu'eatraul dans les vt'rilables inlèrèls de l'Klecteur son nialtre. il contribue à un bon traité avec Sa Majesté, lui donne aussi lieu de croire que ledit sieur de la Haye n*aura pas de |»eine h porter ro ministre k tout ce que Sa Majesté s en peut promettre.

Quand le sieur de la Haye aura bien disposé ces quatre ministres à appuyer chacun do son côté la proposition qu'il aura à faire du mariage de Mademoiselle avec rKlecteur. il demandera audience à ce prince, et après lui avoir rendu la lettre que Sa Majesté lui écrit sur sa majorité, il lui dira que les m^mes raisons qui ont obligé Sa Majesti* à préférer la maison de Bavière à toutes les autres de l'Europe pour y choisir une princesse digne de lui donner di*s successeurs qui puissent perpétuer dans les ftiècles à venir le bonheur que Sa Majesté a procuré à tout son royaume, lui font aussi souhaiter toutes sortes d'avantages à une maison qui lui est devenue si chère et dont les intérêts ne lui sont pas moins h r*rur que les siens propres, que c'est aussi ce qui fait prendre à Sa Majesté d'autant plus de part à la satisfaction que doit donner audit F^lecteur le pouvoir de gouverner lui-même ses Étals, que les lumières naturelles et toutes les belles qualilés qu'il a plu h. Dieu lui donner le rendent très capable de discerner les bons conseils d'avec les mauvais et de prendre de lui-même le parti qui conviendra le plus au bien de ses aiTaii*es.

Que Sa Majesté, qui n'en souhaite pas moins que lui le bon état, y contribuera tuitjnurs avec plaisir et par ses avis et par toute l'assistance dont il aura besoin.

Quelle s'assure aussi qu'il répondra aux bons sentiments qu'Elle a pour lui par les soins les plus empressés tant à rechercher l'alliance de Sa Majesté qu'à l'aHermirpardes lien» indissolubles.

Que quand même il ne s'y seroit pas engagé par la parole qu'il en u doiiuée audit sieur de lu Haye, qu'il en a fait aussi porter

'tu Roi par Colbert de Croissy et que Sa Majesté ne lient pas ffioms sûre que les traités les plus solennels, la connoissance que «mnjoril»* lui donne de ses véritables intérêts le porteroilà ne point faire de mariage qui ne fût agréable à Sa Majesté.

Qu'Elle ne prétend pas le presser de prendre une femme plus IM qu'il ne désireroit, mais qu'un prince connue lui devant \M où lard cette complaisance aux souhaits de ses sujets et ne pouvant |Ni»aiéme laisser passer sa vingtième année sans leur accorder. Sa Majesté se promet que comme Elle a trouvé sa satisfaction «ver celle de Monseigneur et un digne sujet de lenr umitié dans la maison de Bavière, cet Electeur trouvera aussi le même bonhfur dans ta mnisf^n royale et que ce dt»uble lien unissant dès à pri'seut ses intérêts avec ceux de Sa Majesté lui donnera encoru plus de moyens non seulement de gouverner ses Etals avec gloire «t rf^putation. mais aussi de profiter des occasions que la fortune pourroit faire naître de les augmenter et de le mettre en posscssioQ de ce qu'il peut légitimement prétendre.

Qu'il sait bien quel fondement on peut faire sur Talliance do

Sa Majesté, que si lu solidité en a paru par le rétablissement des

Suédois en Allemagne dans le temps de leurs plus grandes dis-

•^ elle produira d'autant plus d'avantages à la maison do

^Bavière que î>a Majesté aura plus d'intérêt à sa prospérité et à

Ison Agrandissement.

Si ledit sieur de la Haye apprend que ce prince ait tjuelqua jitiaclmnlàépouscrrarcbiduchesseou une princesse deNeubourg, il lui insinuera pour len détourner toutes les raisons contenues m présent mémoire, et il s'en servira aussi auprès du chancelier ït dt% autres ministres qui stîront d'autant plus portés à les faire raloirque le premier a toujours témoigné audit sieur de la Haye 11 ne jugeoit pas qu aucune de ces alliances convint à TÉlccir 8on maître,

SJ, au contraire, ledit Électeur témoigne do la disposition à

îccvoir l'honneur i(ue Sa Majesté veut bien lui faire do lui

lELoer sa nièce, ledit sieur de la llayo demandera h co prince des

>ramiiisaires pour conclure avec eux le mariage sous promesse

Vi^iproque de lacconiplir dans le temps dont on sera convenu.

Ht pour affermir d'autant plus la bonne coi*rcspondance entre

m. IlK l.\ H.WE-VANTELKT,

Sa MaJ4'sl«> cl Icilil KloekHir, ïcdil sieur dn la Hjivc proposera en même temps un traité d'ailianco en conformité du projet qui lui en est envoyé, et quand mémo rKleclenrne voudroil pas enrorc s'engager par un contrat de mariage, îl ne laissera pas de pfiur- 8ui\Te la conclusion de cette alliance, et d'y faire insérer s'il est possible Tobligalion i\o la part dudit Electeur do contracter ce mariage aussittM que .Madeiuniselle sera en ûg<'. II. fera mi^me entendre à ce prince et à ses ministres que Sa Majesté le voulait regarder comme son principal allié dans l'Empire. Elle ne le croiroit point dans les sentiments ipiElle eu doit attendre lorsqu'il n'embrasseroit pas avec empressement une alliance qui raltacberoit doublement à Elle.

Comme la négociation dudit sieur de la Haye pourra être traversée par celles du comte de Tokonik (?) et autres ministres de l'Empereur, et du duc de Neubourg, il doit employer en même temps tous les soins à découvrir quelles seroieut leurs propositions, et à les détruire par toutes celles qui doivent faire appréhender audit Electeur l'alliance de la maison d^Autriche.

Sa Majesté ne fait point mettre dans le présent mémoire toutes celles qui pourroient détourner ce prince d'épouser la princesse dTysenak, n ayant pas de sujet de sy opposer, mais le peu de bien et la grande fpiantité de princes qu'il y a dans la maison de Saxe lui fuit souhaiter que Thlecteur fasse un mariage qui lui donne plus d'avantages par l'intérêt qu'elle y doit prendre.

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