‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 45 sur 256 · MARIAGE DE L'ÉLECTEUR · texte numérisé non relu

MARIAGE DE L'ÉLECTEUR

Majesté s'y intéresse et selon la disposition où il trouvera ce prince dans les premiers temps de son administration, il recevra des ordres de Sa Majesté qui Tinstruiront plus particulièrement de ce qui sera de ses intentions et quelle partie de cette instruction Elle veut qu'il mette «n pratique ; cependant ledit sieur de la Haye donnera son avis sur le temps qu'il croira propre pour parler de ce mariage.

Les Muences autrichiennes l'emportèrent sur les influences françaises auprès de l'Électeur Maximilien II ; lorsque les annexions décrétées parles chambres de réunion réveOlèrent les craintes de TËmpire, le cercle de Bavière fut un de ceux qui, par divers traités, chercha à se garantir contre une agression delà France; en 1683, Maximilien II ntarcha au secours de Vienne menacée par les Turcs et prit une part giorieuge à la bataille décisive du 1 2 septembre ; au printemps de 1 685, il épousa Tarchiduchesse fille de l'Empereur. Au mois de janvier de la même année, M. de la Haye-Vantelet avait quitté Munich et n'avait pas été remplacé. Le champ restait libre pour les adversaires de la politique française ; le 9 juillet 1686, Maximilien II signa avec l'Empereur, TEspagne, la Suède, la Saxe et plusieurs cercles de l'Empire la ligue d'Augsbourg, destinée à garantir le maintien des traités de Weslphalie et de Nimègue et de la trôve de Ratisbonne (1684) contre les ambitions de Louis \1V.

\ peine cette ligue conclue, Louis XIV s'appliqua à semer la di\iûon parmi les alliés. L'union de Maximilien II avec Tarchiduchesse n'était point heiu'euse; la France se servit de cette circonstance pour tenter de détacher l'Électeur de l'Autriche et de le ramènera ses vues. U marquis de Villars ayant été envoyé à Vienne, pour porter à l'Empereur les compliments de condoléance du Roi à l'occasion de la mort de l'Impératrice douairière, Éléonore de Gonzague, reçut l'ordre de passer à Munich à son retour et fut muni de l'instruction suivante ; Colbert de Croissy était ministre des affaires étrangères.

UCIEIL DES INSTHUCT. DIPLOMAT. VII.

hkmoire porit servir d instruction au sieur marquis de viujas, s'en allant a vienne en qualité d'envoyé extraordinaire de sa majesté. — du 14 janvier 1687^ a versaill£s^

Il tâchera aussi tic connoître quels sont les sentiments des ministres de l'Empereur au sujet Je TElecteur de Bavière. Comme il n'y a pas d'apparence qu'ils lui soient favorables, Sa Majesté permettant audit marquis de Yillars de revenir par Munich, il y pourra faire connoître à ce prince, sans qu'il paroisse aucuae affeetation à ce qu'il lui dira, les désagréments qu'il doit encore attendre d'une alliance qui jusqu'à présent n'a été qu'à sa ruine et à l'avantage de l'Empereur. C'est pour ce«ujet que Sa Majesté a jugé à propos de faire instruire ledit marquis de Yillars des avis qu'on lui donne de Tétai présent de la cour de Bavière.

Comme l'É lecteur de Bavière est encore dans un âge oii les passions agissent plus vivement, on prétend que celle qu'il a poor la comtesse de Kaunitz', est fort augmentée par le refus que l'Empereur fait de laisser retourner son mari et elle à Munich.

Que l'adversion que Icc^it Electeur a pour sa femme ' augmente plutôt aussi tous les jours qu'elle ne diminue.

Que la comtesse de Kaunitz. qui a été la principale cause de

1. Correspondance Vienup, Supplément, t. LXII. La première partie de ceUo instruction^ ayaat trait à la mis^iioa de Villars & Vienne, a été publié« par M. Sorol, dans le volume Autriche, p. Ii4. — Hector, marquis de Villars, Gsit maréchal en 1702 et duc en I'ï05.u<'eu lti53, mort en 173i. Il remplit d'autres missions diplomatiques à Vienne 1 1(399) etàRastadt (1713;. Voir l'ouvrage que lui a consacré M. le marquis de Vogûô, Pion, 1888.

2. Marie- Éléonore de Stornberg, ôpouse du comte André-Dominique de Kauniti, né en 165S, mort en 1703, qui représenta l'Kmpereur dans diverses cours allemandes, notamment à Munich. Le célèbre chancelier de Marie-Thérèse était son petit-fils.

3. Marie-Antonia, archiduchesse d'Autriche, âUe de Tempereur Ijéopold l", que Maximilien II avait épousée en 1685.

Page 1