‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 66 sur 256 · Pierre l», \\4 ea 1672, mort en · texte numérisé non relu

Pierre l», \\4 ea 1672, mort en

SUCCESSION D'OHANGE. Ut

kfllbourg profite des soins qu'il aura pris pour conduire cette négociation à une heureuse fin, si elle réussit, Sa Majesté veut bien lui donner en pur don six cent mille livres qu'il demande à emprunter, mais à condition que les paiements de cette somme seront faits seulement pendant le cours de deux années.

Quant aux subsides de Télecleur de Brandebourg, ils seront payés régulièrement de trois mois en trois mois, et le premier paiement sera fait lorsque ses troupes seront arrivées au lieu dont il sera convenu par le traité à faire entre le Roi et cet électeur. Mais il faut marquer bien précisément le temps de Tcxécution et rapprocher autant qu'il sera possible, car il y auroit une extrême différence de retirer ces troupes dès à présent ou de les laisser au service des ennemis du Roi jusqu'à la lin de la campagne.

Outre ces sommes, le Roi permet encore au comte de laMarck d'engager Sa Majesté jusqu'à la somme de cent mille livres à distribuer entre les ministres de ce prince après la signature et l'échange des ratifications du traité. Elle veut bien aussi qu'il promette des pensions à ceux qu'il croira nécessaire d'engager dans ses intérêts, et que ces pensions montent jusqu'à la somme de soixante mille livres.

L'électeur de Brandebourg demandera que le Roi le reconnoisse en qualité de roi de Prusse, (|ue Sa Majesté promette de. ne le pas troubler dans la possession du comté de Neufchàtel*, qu'ËlIe lui accorde celle de la principauté d'Orange et de tous les biens de cette succession situés dans le royaume *.

Le Roi veut bien accorder les deux premiers articles ; quant au troisième, l'intention de Sa Majesté n'a jamais été d'empêcher le cours ordinaire de la justice dans son royaume. Elle la doit aux

s. A la mort de Marie de Longucrille, duchesse de Nemours, eu 1707, Louis XIV s'était fait attribuer cette principauté* comme dépendance de la Franche-Comté, par un arrât du parlement de Besançon. Mais Frédéric l^^, qui la revendiquait comme héritier de la maison de Châtons-Orange, fut préféré par les États de Neufch&tel ; iU loi déférèrent la souveraineté le 3 novembre 1707, et leur décision fut ratifiée par la paix d'Utrecht.

2. Frédéric l" avait revendiqué cette succession à la mort de Guillaume HT, en 1702, comme seul héritier légitime de la maison d'Orange, et malgré un testament de Oniltaumo IU en faveur du prince Jean-Guillaume Frison de Nassau-Dietz. Il y renonça à la paix d'Utrecht.

étrangers comme à ses sujets, mais il ne scroit pasjiiste de priver ses sujets de leurs biens par des considérations d'Ktat. Elle ne sauroitdonc promettre que de laisser le cours de la justice enliAremeul libre, et si Télecteur do Brandebourg se défie de la validité de son droit sur les biens do la succession d'Orange, il pourra facilement, avec des troupes payées par le Roi, Irouver des équivalents aux dépens des Hollaudois. Voilà ce qui regard*? la négociation à suivre avec cet électeur.

Quant aux ouvertures faites par le ministre de Télecteur palatin, le seul ordre que Sa Majestr"? ait présentement h dtmiu^r au comte de la Marck, est dp les entretenir et d'engager s'il est possible cet électeur à s'expliquer plus parlîruliëroment. Sa Majesté ne s'éloignera jamais d'ime réconciliation parfaite avec lanuiison d'Autriche parce qu'Elle croit que la tranquillité de l'Europe et le bien de la religion demandent cette union. Mais il faut aussi que l'intérêt de l'Électeur de Bavière s'y trouve. Et comme Sa Majesté ne veut rien écouter qui puisse perler préjudice h ce prince, sou intention est que le comte do la Marck l'iaforme de la suite de ces doux négociations et de celles qu'il pourra nouer pur rapport au sen'ice de Sa Majesté.

Il en a été entamé une avec le duc de Wurtemberg * dont rFllecleur de Bavière est instruit. Si elle a quelque suite, Sa Majesté le fera savoir au comte do la Marck. Elle veut qu'il étaldisse autant qu'il lui sera possible des correspondances en Alleumgno et qu'il fasse toutes les diligences qu'il croira nécessaires pour être bien averti de ce qui se passera dans l'Empire. Il ne peut trop Faire conuoîtrc h ses amis que l'Allemagne s'est écartée de ses véritables maximes eu regardant le Roi comme son ennemi, qu'il suffit do lire le traité de Ryswick pour connoître que Sa Majesté vouloit sincèrement entretenir une paix perpétuelle avec l'Empire, qu'Elle a si Bdëleinent exécuté les conditions do ce traité, qu'il n'a pas été possible d'insérer une cause valable de déclaration de guerre dans celle qui a été publiée au nom de l'Empire, qu'elle n'est appuyée que sur les intérêts do la maison d'Autriche, raisons qui ne dévoient jamais déterminer l'Empire

i. Ebei^ard-Louia, qui régna de 1677 \ 1733.

i prendre les armes, puîsqu'au contraire il a toujours craint Tambition de cette maison, et que jamais cette ambition n'a paru si manifestement que lorsque l'Empereur Léopold'a rompu les derniers traités de paix sans autre raison que celle de son intérêt particulier, et dans la vue de traverser les dispositions faites par les lois d'Espagne conformes à l'ordre que le feu Roi Catholique Charles II a établi dans son testament. Enfin Sa Majesté s^assure que le comte de la Marck n'oubliera ni soins ni diligence dans ce qui peut regarder son service.

Elle veut qu'il lui rende compte directement de tout ce qu'il apprendra qui pourra l'intéresser, soit de la cour de l'Electeur de Bavière, soit des pays étrangers dont il recevra des nouvelles, et Sa Majesté est persuadée qu'Eue ne sera pas moins satisfaite de la manière dont il s'acquittera de cette commission qu'Eue l'a été des services qu'il lui a rendus jusqu'à présent dans la guerre.

Outre ce qui est contenu dans la présente instruction des avis que le Roi veut que le sieur comte de la Marck lui donne de tout ce qui se passera durant son séjour auprès de l'Électeur de Bavière, l'intention de Sa Majesté est que tous ses ministres au dehors lui apportent, ail retour de leurs emplois, une relation exacte de ce qui se sera passé de plus important dans les négociations qui leur auront été confiées, de Tétat des cours et des pays où ils auront servi, des cérémonies qui s'y observent, soit dans les entrées, soit dans les audiences ou dans toutes les autres occasions, du génie et des inclinations des princes et de leurs ministres, et enfin de tout ce qui peut donner une connoissance particulière des lieux où ils auront été employés et des personnes aveclesquelles ils auront négocié. Ainsi ledit sieur comte do la Harck aura soin de préparer un mémoire en forme de relation de l'emploi que Sa Majesté lui confie, pour le mettre à son retour entre les mains de Sa Majesté.

Le comte de la Marck suivit l'Électeur dans les Pays-Bas, puis revint en France pour affaires personnelles. Des préliminaires de paix avaient été signés avec FAngleterre le 18 août 1711, le congrès général pour la conclusion de la paix s*était ouvert à Utrecht le 29 janvier

iU LE COMTE DE LA MARGK, 1711.

171â, et un acte de Philippe V, du S jamier de la môme année, avait transporté à TËlccteur de Bavière, conformément aux clauses de 1703; la souveraineté héréditaire des Pays-Bas espagnols. Mais cet acte souleva une ardente opposition de la part de la Hollande, comme on le verra par la nouvelle instruction qui fut donnée au comte de la Marck, lorsqu'il retourna auprès de TÉlecteur. Déjà, d'ailleurs, il fallait songer à reconstituer dans l'Empire im parti hostile à rAutrichc.

MEMOUtU nu HUI POIR LK SIEUU COMTE I>E LA MARCK RCTOURNAMT PAR ORDRE UK SA MAJESTÉ AUPRÈS DE L*ÉLECTEUR DE BAVIÈRE. — VERSAILLES, 31 MARS 1712'.

Avant que le sieur comte de la Marck eût profité de la permission que le Roi lui a donnée de venir à Paris mettre ordre à SCS affaires domestiques, il avoit informé Sa Majesté de la proposition faite par l'électeur palatin' à celui de Bavière' d'entrer ensemble en accommodement sur la dignité de vicairede TËmpire ' et sur la propriété du haut Palatinat *, rélecteur palatin s'engagéant d'appuyer aux conférences d'Utrecht les prétentions de l'électeur de Bavière et Tinvitant d'envoyer pour cet effet en Hollande un agent secret revêtu des pou\*oirs nécessaires pour traiter indépendamment et même sans la connoissance des plénipotentiaires du Roi. Comme l'Klecteur de Bavière, fidèle dans ses engagements avec Sa Majesté et accoutumé à ne prendre aucun parti sans savoir auparavant ses intentions, n'a voulu rien

!. Correspondance Bavière, t. LXIV.

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