‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 65 sur 256 · OFFRES A FAIRE A L'ÉLECTEUR 0E BRANDEBOURG · texte numérisé non relu

OFFRES A FAIRE A L'ÉLECTEUR 0E BRANDEBOURG

Il faut ensuite qu'il s'engage à exécuter effective ment les menaces qu'il a déjà faites aux Hollandois, de retirer généralement toutes les troupes qu'il a soit à leur solde, soit à celle des Anglois, s'il y en a quelques-unes, soit à la solde de la maison d'Autriche.

Qu'il promette de les rappeler incessamment et qu'il conviemie de l'usage qu'il en fera lorsqu'elles ne seront plus au service des ennemis du Roi.

n y a trois manières différentes de les employer. La première, de les donner à Sa Majesté et de les faire passer dans son armée.

L'exécution de ce projet, quoique difficile, ne seroit pas impossible, le corps des troupes de Brandebourg qui sert dans l'armée ennemie étant assez fort et assez nombreux pour s'ouvrir les passages que les ennemis tenteroient de lui fermer.

Mais comme apparemment l'électeur de Brandebourg n'entrera pas dans cette proposition, la seconde k lui faire est d'employer ses troupes à se procurer lui-même la justice que ses alliés lui refusent. Il demande des sommes considérables à la république de Hollande. Il forme depuis longtemps des prétentions sur le duché de Gueldres. S'il veut se faire raison par lui-même, Sa Majesté regardera la diversion qu'il fera des forces de ses ennemis de même que si les troupes de Brandebourg la scr\ oient dans ses armées, et, dans ces deux cas, Elle permet au comte de h Marck de promettre à cet électeur les mêmes subsides de cent mille écus par mois qu'il reçoit de ses alliés. Mais il ne paroit pas juste de lui accorder la même somme s'il se borne à rappeler ses troupes et à les garder tranquillement dans ses États sans faire aucune diversion utile au ser^îce du Roi. Il pourroit mêmearriveir que, s'unissant aux princes qui forment la ligue du Nord \ il emploieroit ses forces à traverser les desseins du roi do Suède % et pour lors le rappel de ses troupes en Allemagne ne pourroit être considéré comme avantageux pour le service de Sa Majesté.

S'ilarrivedoncque l'éiecteurde Brandebourg traitant avec Elle

1. Le Danemark, la Pologae et la Russie s'étaient unies contre la Suède •n 1708.

S. Charles XH, né en 1682, mort en 1718, alors engagé dans une guerre contre U Russie.

LB COMTE DE LA MARCK, \'\i.

d(^*clare que son intention est do rappeler ses troupes auprès de lui, il faut expliquer bien nettement à quel usage elles seront employées quand elles seront de retour en Allemagne.

Si ce prince veut conserver une armée sur pied pour défendre les droits et In liberté des princes de l'Empire, pour obtenir que les électeurs de (!ologn« et de Bavière soient rétablis dans ieurs États et dans leurs dignités, pour empêcher que l'élection de l'Empereur ne se fasse contre les constitutions de IKnipire et contre les formes prescrites par la Bulle d'or, s'il promet de s'unir aux autres princes qu'il trouvera dans les mêmes sentiments, de le-s attirer à lui par la négociation et pur l'espérance qu'il leur donnera de les soutenir, d'agir enfin quand il en sera temps et d'employer ses armes à maintenir les lois de TEmpire : en ce cas, Sa Mujesié veut bien encore lui accorder les mêmes subsides de cent mille écus par mois dont il jouit présentement.

Mais sil n'est question que d une simple inaction et d'une espèce de neutralilé, Elle croira bien payer le senice qu'il lui rendra en réduisant les subsides à la moitié, et donnant à ce prince cinquante mille écus par mois. Enfin, s'il prétend se joindre au roi do Danemarck*, au roi Auguste ^ au czar de Moscovic*, et faire avec eux la guerre contre le roi de Suède. Sa Majesté ne croira pas qu'il soit de son intérêt de payer comme un service une résolution qui tourueroit entièrement à Tavantage de ses ennemis.

Si toutefois l'éleclour de Brandebourg; s'unissoil au rot Auguste pour lui faire obtenir ou la couronne impériale, ou celle de Hongrie, ou celle de Bohême, Sa Majesté le regardeniîl comme une diversion considérable pour Elle, et pour cet effet. Elle consentiroit à donner les mêmes subsides qu'EUe vent bien accorder pour l'action.

Cesontles dilTérents cas de la négociation que le Boi peutpn^sentement prévoir; s'il s'en présente d'autres, le comtedela Marck en infonnera Sa Majesté, et, sur le compte qu'il en remlra. Elle lut fera savoir ses intentions. Comme il sera juste que le duc de Mec-

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