‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 70 sur 256 · LE COMTE DE SAUMERY, HIS · texte numérisé non relu

LE COMTE DE SAUMERY, HIS

que ce sera dédormais le principal objet qu^Ëlle se proposera, celui des liaisons qu'Elle formera dans TEmpire et que biea loin d'en troubler la tranquillité, toute.sses vues se porteront à réunir les princes d'Allemagne, de manière que tous concourent unauiniemeut au maintien d'une boniip et solide paix.

Il n'y en a point entre eux de plus considérable que IKIecleur de Bavière pur la splendeur do su maison, par la situation dest^ Etats et par les troupes qu'il pourra mt'llre sur pic*d, s'il par^nenl, comme il y a lieu de le croire, à nîUiblir l'ordre dans ses iiiTaires. 11 joint À ces avantages héréditaires de grandes qualités personnelles, une longue expérience do la guerre, qu'il a faite eu différents endroits de TEurope avec les nations les plus belliqueuses. mais surtout il s'est distingué par une fidélité si exacte dans ses engagements que le Roi compte absolument sur la solidité de ceux que Sa Majesté a pris avec ce prince. On pourroit ajouter qu'Elle ne compte pas moins sur rattacbcmeiu personnel dont il Ta souvent assuré. Mais comme l'intérêt est ordinairement la règle la plus sûre de la conduite des souverains qui se doivent au bien de leurs États, on pourroit encore s'assurer des sentiments de l'Electeur de Bavière par l'intérêt qu'il a de ménager l'affection du Roi pour en tirer dans les temps îk venir les avantages qu'il doit s'en promettre pour sa propre élévation et pour Tagrandissement de sa maison.

Comme Sa Majesté approuve qu'il prenne les voies nécessaires pour y parvenir et qu'Elle désire sincèrement qu'il y réussisse, Elle ne sera point blessée des moyens qu'il emploiera pour se réconcilier parfaitement avec l'Empereur, car Elle veut Ellemême entretenir désormais une parfaite intelligence avec ce prince et, lorsque l'Electeur de Bavière entrera dans la même union* les mesures à [)renilre [ïour le maintien de la paix et pour la conservation de la religion en Allemagne en seront encore plus solides.

Ainsi Sa Majesté a toujours désiré l'accomplissement du mariage entre le prince électoral de Bavière et l'aînée des arehiduchesses, lille du feu empereur Joseph', Elle a promis à TÉlec-

I. Le prince électoral, Charles- Al beri de narière, époux» eo 1122, non pu l> flUe aînée, maU la fille cadelie de Joseph I*', Marie- Amélie.

mahiagë du prince électoral.

U'ur de Bavière de l'appuyer de ses offices lorsque la conjoncture le demanderoit ; Elle iR^rsiste dans la môme résolution, et comme Elle a déjà donn(> ses ordres sur ce sujet au comte du Luc, son amhiissadeur à Vienno \ le comte de Sniimcry aura soin de Tins- Iniirc des démarches que rKlecteiip do Bavière souhaitera qu'il tiuiÂe. r«cs instructions h^onl doutant plus nécessaires qu'il arrive souvcut qu'une affaire péril par le désir Irop empressé d'en avancer le succès. FVnt-ôlre ra/'me que la cour do Vienne, facile à concevoir des soupçons, craindroit une alliflucc avec rElecleur lie Bavière, si elle voyoit que de la pari du Hoi la pri)p()silion en tftt nppuyée trop vivement.

On peut dire cependant qu'aucune ne convient davantage aux véritables inférAls de la maison d'Autriche, et que si l'Empereur tupfiiiit d'enfants, nul prince ne sauroit mieux qu'un Lderleur de Bavii^re conserver le f^nd nombre d*États qui uppartiennenf pfésenlemeut à celle maison. Ce sera même un accroissement considi^rnhli* h la puissance qu'elle a en Allemagne que Tunion J*-' la Bavière aux États do la maison d'Autriche, et les princi- |»*»ux ministres de l'Empereur en sont tellement persuadais qu'ils ««font nulle comparaison entre le prince électoral de Bavière *lc(!lui do Saxe^ que Ton met un rang de ceux qui prétendent no mariage de rainée des archiduchesses. Il paroît d'ailleurs que li's doutes sur la religion du roi de Pologne et sur celle du prince son fils ne |)ermetlent guère de les regarder l'un et l'autre conine les défenseurs de la religion catholique en Allemagne. JuMju'à présent lu c(»ur de Vienne a fait eiU'ore moins d'al- .tenlion au prince de Hiémont\ qui (railleurs n'étant pas alleland trouveroit de grands (djstacles à parvenir à la dignité initiale Il semble donc que lout favorise le dessein de l'Electeur Bavière et l'intention du Roi est d'y contribuer, ainsi que Sa [ajcsté a bien voulu s'y engager par le dernier traité.

Voir dAiu le volume Àuti^irhe^ par M. Sorkl. p. 154, l'insu-uction tlu romceilu

S. If» prince électoral de Saxe, Frédéric-Auguste, né en 1696, fils d'Auguste II. ti ils Pologne. Ce fut lui qui épou8.-i la ftllc aînée de Joseph I*', Marie-Joséphine, eo nift; il succéda A son père en Saxe, en 1733, et en Polog-ne, en 1730.

1. Vktor-Am^dée, flia de Victor-Amédée, rot de Sicile; co )>rince mourut 1« jutD 17i:i.

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Elle promplloit aussi d'approuver les échanges que TÉlecteur croiroit convenables à ses intérêts*. Comme il a toujours ardemment désiré de retourner dans les Pays-Bas avec la qualité de souverain de ces provinces, il avoit <^»couté avec beaucoui) d'attention les propositions qui lui furent faites pendunt lu négociation de Hastadt de les écJmnger avec une partie de la Wnvîère; Télectéur palatin se trouvant intéressé au succès de ces propositions, parce qu'il espéroit de conserver le haut Palatinat si elles rêussissoient, entrctenoit les espérances do l'Electeur de Bavitre. Mais il a connu par les prétentions de la cour de Vienne que ce seroit abandonner le solide et satlaclier à des apparences trompeuses que do traiter plus longtemps d'un échange de ses pays héréditaires avec des provinces dont l'Empereur iiVUoit pas encore le maître, qui ne lui seroient restituées par les UoUandois qu'à des conditions très onéreuses et dont il prétendoit même ne donner qu'une partie à l'Eleeieur de Bavière. Comme il p**ut cependant arriver que cette proposition soit encore faite et agitf'O, il est nécessaire que le comte de Sanmery sache qu'il ne doit pas la traverser.

L'Electeur de Bavière étant instruit des intentions de Sa Majesté et convenu avec Elle de s'informer des propositions que ta maison d'Autriche lui pourroit faire, exécutera vraisemblablement cette condition du traité d'autant plus fldi^'lement qu'il compte sur l'afTection piirtjcnlière que le Roi a pour lui cl sur rinti'rtH sensible que Sa Majesté prend à ses avantages. Et véritablement Elle les considère comme unis à ceux de la religion eu Allemagne. Elle croit (jue, dans la situation présente des affaires de TEmpire, la maison de Bavière est la seule qui puisse arrêter les projets des princes protestants et les empêcher de faire passer la couronne impériale sur la tête de i|ueb[ii(' prinrc de leur religion, si l'Empereur mouroit sans laisser d'rnfnnU mâles. En ce cas, l'intention thi Roi seroit d employer tous les moyens qui sont en son pouvoir pour élever rÉlocteur de Bavière à la dignité impériale et bien loin que l'Empereur eût lieu de se plaindre do ces

i. L'nrticio 18 du traité de BaJe dit : « Au cas que la maison de BAvière IrouriU quelque échange de «es Etats cooforme à ses îmérdtSf Sa Majesté Tté% CbréÛMoe ne s'y opposerait pas. u

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