A ÉTABLIR ENTRE LES PRINCKS CATHOLIQUES
si elle» venoiont à sa connoissance. il paroit nécessaire rie avilir et de les suivre pour empêcher que les princes proleskU de rt!mpire ne parviennent à faire élire un roi des Romains leur religion.
C'est pour cet eiïet. aussi bi(»n que pour maintenir In paix,
hmI fsl nécessaire <i*cntrotonir autaul qu'il sera possible Tunion
itre les princes catholiques d'AUemaj^ne. La chose ne sera
difncilo tant que la (mix entre le Ko! et l'Empereur subsis-
•ra, et Sa Majesté ne doute pas que rKlccleur de Haviére n'y
ribue de tout sou pouvoir autant pour son propre intérêt et
'élévation que pour lo bien général de rAlleiuagne et pour le
maintien de la religion. Ce prince étant de retour dans ses Ltats
anra «ans doute beaucoup de crédit sur les princes ses voisins et
parliculi^re^lent sur ceux des cercles de Souabe et de Franconie.
Il biQt qu'il les ménage et qu*il s'assure de leurs sutïrages dans
k» oc^'aifioQs. Il faut aussi que, suivant le traité, il prenne si bien
mesures que l'électeur de Cologne agisse toujours de concert
lui; mais eetle union, nécessaire nu bien conutiun de leur
m, recevra cependant des difficultés de la part do Félecteur
Cologne, si rKlecleur de Havière n*a beaucoup de soin de le mé-
etd*etnpèclier que ce prince, dont le caracliVe est facile et
ne se laisse séduire et tromper par leurs ennemis communs.
^^ An reste, les raisonnements les plus sages et sur le présent et
^^Br Tavonir seroîent inutiles si TÉiecteur de Raviërc, retournant
^^■^ un pays absolument ruiné par une longue suite de guerres,
' M llt>uvoit hors d'état de rétablir et de soutenir la considération
quetfon rang et sa naissance doivent lui donner en Allemagne. Ce
•eroit eu vain qu*il seroit plein de zèle pour le bien do la religion,
pour le maintien de la paix et pour la conservation des droits des
prin^'c» de TEmpire. s'il n*avoit les forces nécessaires pour faire
valoir ses bonnes intentions ainsi que le demanderoient les con-
tnres et l'état des aiïaires. C'est aussi par cette raison que le
II, considérant la situation de ce princo et voulant réparer les
'il a faites dans la dernière guerre, lui a promis par le der-
[|é les sommes considérables stipulées dans l'article T), tant
font fton dédommagement que pour la réparation de ses places
et poar Tentrelien de ses troupes.
isft
KE COMTE DE SAl'MERY. 1713.
Le comte de Saumery doit être attentif à savoir si res sommes seront employées suivant les engagements du traité, cesl-a-dire à rétablir les forteresses les plus nécessaires pour la défense des Ktals lie Bavii^re, et k Tentretien d'un corps de troupes de cinq mille hommes au moins, tant cavalerie qu'infanterie. Il évitera cependant avec prudence de marquer par des recherches trop exactes quelque défiance de l'exactilude do rÉIecleurde Bavifrc ni de la sincérité de ses intentions.
(Juoiqup ]e Roi ail lieu d en être assurr, et que Sa Majesté coiuplo sur les engagements que l'Electeur de Bavière a pris de s'informer de toutes les propositions que TKmpereurlui pourra faire, et d'agir avec Elle d'un parfait concert, il ne faut pas cependant que le coinle de Sainurry se repose assez sur ses assurances pour négliger de veiller aux négociations particulières que ce prince pourroit faire avec la cour de Vienne; car il est aisé que les sentimcntschangeat et que TÉlectenr, de retour dans ses KlaUs, pense dilféremmoat de ce qu'il pensoil pendant son séjour on France, Il est impossible que pendant le cours d'une longue alliance il ne se trouve pns quelque occasion do plainte et de chagrin, et, comme les temps n'ont pas toujours été heureux, qu'il a fallu 'pour le bien des affaires changer plusieurs fois les dispositions des traités faits au coniniêucenienl de la giu»rre, rKlecleur de Bavière s'est cru tnaltrailé lorsqu'il a vu la nécessité absolue do substituer de nouvelles conditions à celles qui lui avoient été promises; ainsi ses peines ont été grandes quand il sVsl vu obligé de renoncer aux Pays-Bas calholiques, que le roi d'iispagne lui avoit cédés et dont il na jamais possédé qu'une petite partie. Il soull'ril les mémos peines lorsque la feue reine de la Grande-Bretagne' insista si fortement pour faire avoir au duc de Savoie le royaume de Sicile, que, la paix dépendantdeceltecondilion, le Hoi crut qu'il convenoit au bien général de l'Europe et même à celui de l'Electeur de Bavière de renoncer aux vues qu<^ Sa Majesté avoit eues de lui procurer ce royaume, et que plutôt que de prolonger la guerre il valoil mieux se contenter pour lui tle la Sardaigne avec la restitution d'une partie de ses États d'Allemagne.