‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 83 sur 256 · VII. — U · texte numérisé non relu

VII. — U

M. DE HEZAY, 1126.

entrer dans des liaisons particulières avec la cour de Vienne. Cu niinislro no fit pus }a*ndunt son séjour n Munich autant do pro^s iju'il Ti-ivoit peut-être espéré, mais le refus que l'on lii de la |)irt de la France et de l'Angleterre de répondio aux demandes exorbitantes du sieur de Moerman excita les ministres de rÉlecteurà suivre avec plus d'attention ta négociation que te comte de Zin* zondorircontinuoit depuis 8on retour à Vienne.

L'on ne pouvoit voir sans heaucou[i d'inquiétude une [lartûlle négociation, et Sa Majesté se détermina à envoyer sans aucun retardement à Munich le sieur marquis de Maillebois quelle avoit destiné à aller faire un compliment de sa part à l'Élccteurdo Bavière. Elle le chargea de reconnoîlre quelles seroient les dispositions de ce prince, mais surtout de tâcher de le détourner d'accéder au traité de Vienne, lui fainant sentir princi|>aleinent que l'article 13 de ce traité établissant la garantie de la succession dans l'ordre de primogéniture entre les lîlles de rKmp<?re\ir régnant^ la maison de Bavière en accédant à cet article renonceroit formellement à tous les droits qu'elle pourroit avoir à exe^ cer ua jour. C est ce que l'on pourra voir plus amplement parU copie ci-jointe de Tinstruction donnée au marquis de Maillebois.

Dans les premières conversations (|ue le nouvel Élocleureutà Munich avec le marquis de Maillebois, il lui donna les plus fortes assurances du respect et de rattachement qu'il conservait pour la personne de Sa Majesté, mais il se plaignit du peu d'attention <|uon uvoit fait aux demandes formées par le sieur do Mecrman et lorsqu'on voulut lui reparler d'accession, il fit loujoor» sentir combien il lui étoil impossible, dans le désordre extrême où il trouvoit ses affaires, de se livrer à un engagement qui pouvoit faire tomber sur lui dés le moment présent tout le reâsentiment de la cour de Vienne; enfin» que s'il concluoil quelque traité avec cette cour, il n'y laisseroit point insérer de conditions qui pussent déplaire & Sa Majesté ni l'obligera rien faire d^ contraire aux intérêts de sa couronne.

L'on n'avuit cessé de montrer à la cour d'Angleterre la DÔ^ cessité de traiter avec rÉlectour sur un autre plan que celui de l'accession, et ce ne fut que dans le courant du mois de mai qu'étant parvenu à convaincre les ministres d'Angleterre, san*

SK?<TIME>TS DE L'ÉLECTEUR KÉGNANT.

leur dire le iiecret quon ieur avoil toujours caché sur le traité de iTli« l'on iinlufina un marquis de MtiilleboU de diro à TElectenr que, poun u qu'il scngagoâl à ne puiiil Hccf'der au traité de Vienne, le Roi !4>d»^lerinio(»roit encore iVreiiouvoler le traité de 1714. Cette proposition cou>a une extrême joie &l'hlecteur,mai8 elle urrivoit on peu tard, et la négociation que le comte de Zinzendoriï avoit contînu^^ h Vienne avec le sieur do Meerman étoit déjà fort aranci^. (x^jwndant l'Kleoleur ordonna h son ministre d'insister «ur toutes les difficultés qui retardoienl la conclusion, mais les miiiî^tre» de l'Empereur, jugeant qu'il y avoil apparemment des ruAons partirulièreH dans cette conduite, prirent le parti décéder «ur tous les points, et rKlecteur, pressé d'ailleurs par l'éleclaor de Ojio^nt*. ne put se dihpoufierde >i^ner.

Antanl qu'il est possible de juger des sentiments que TËiecl0Qr de Bari^re fit paroitro alors au marquis de Maîllebois, il v a lî«a de rmire qu'il auroit rompu uwc la cour de Vienne s'il eftt i secondé par l'électeur de (lolognc. 11 témoigna le regret le i^incère d'avoir été forcé de nignor avec l'Empereur par dos fsdti niéuagi.^nent assc^z connus, et desuivreladétermination «on fr^re par des raisons d(» famille qui u<* li'ur permettoiiMit de »c séparer, IJ assura dans les lt*rmes les plus forts qu'il ftieroitdcla moindre inexécution de son traité pour le rompre, content do ses protestations, il écrivit de sa main, au Roi, lettre pleine d«^ sentiments do re8|)ect et du désir qu'il avoil mériter en toute» occasions les bontés de Sa Majesté. Il a paru ilésirer d'avoir toujtmrs auprès de lui quelque per- Be de confiance j^ qui il pût s'ouvrir au moment qu'il seil en état de se décharger des fers que son frfero Tavoit obligé ''Il porlrr malgré lui.

Camme il est imp>rlant de ne pas fermer toutes les voies de iHoqr II un prince bien intentionné et qui d'ailleurs ne tardera fN Savoir des raison» de se plaindre do la cour do Vienne, Sa X^îcUê a choisi, pour envoyer à .Munich, le sicnr d** Rezay, per- •••A^ par le* témoignages qui lui en ont été rendus qu'il s'ae-

I cillera à ma enlière «mlit^faction d'une <;oinnii>ision aussi inipor- "^dent lea eircnnstances présentes.

^Majeaté ne doute ps qu'il n'upporte toute son altuntiun a

M. DE REZAY. |-20.

se rendre agrëablc n rKIocteur et aux comtes do Terring ot de Preysing, seuls ministres de rÉIocleuren qui Ton puisse prendre quelque confiaurt'.

Après l'avoir inslruit |wr ce que l'on a marqué ci-dessus, il reste à lui communiquer les rétlexions que Ton peut foire sur une matière si intéressante et l'usage que l'on en doit tirer pour le ser\'icc de Sa Majesté.

Si l'on peut s en rapporter aux discours que le coralc de Terring a tenus au marquis de Maillebois, le traité que rKlecteur a signé avec rEmpereur, n^est que pour deux ans, il ne doit être regard»^ que comme un ménagement qu'il a été forcé d'avoir pour la conservation de son Klal, et comme une simple vente de ses troupes sans premlre aucun engagement particulier contre le Roi. L'on doit présumer que l'Electeur n'a pi>int garanti l'ordre de succession établi par l'Empereur, son intérêt y est trop contraire. Le comte de Terring a même été avec le marquis de Maillebois jusqu'à lui dire que IWecteurvouloit agir comme véritable membre de TEmpiro, ne reconnoissant d'autre guerre que celle qui intéressoit effectivement l'Empire, et qu!il ne regarderoit jamais comme telle celle qui pourroit naître au sujet de la compagnie d'Ostende '.

Le sieur de Rezay ne pourra apporter trop d'attention à chercher tous les moyens de découvrir peu à peu si ces faits sont véritables. Mais» à les supposer tels, les engagements de rÉIecteur ne seroîent pas tout à fait si contraires aux intérêts de Sa Majesté et il pourroit rester eu état de recevoir les marques d'affection qu'Eue voudroit lui donner et qui intlueroient sur son élévation personnelle et la grandeur de sa maison. Ainsi, en même temps que l'on a marqué à ce prince quelque peine sur le parti qu'il avoil pris, on ne lui a point (Hé jusqu'à présent l'espésauce des avantages qu'il pouvoit encore se promettre de la part delà France, et l'on a paru désirer extrêmement qu'il n'arrivât rien qui, aux termes de son dernier traité avec la cour de Vienne, pût

1. L'Empereur avait autorisé eD 1722 Itt cr«uuou d'une compagnie â. OstMMle, puur le cortiinercc des Indes. L'Angleterre et la Hollande réclanii!>rent Tainemeot U suppre8>iuu du celle compagnie ; rti»pagnc l'avait au contraire recoitaue en 172î. «s Bccurdanl au cooimerce maritime autrichien le traitemeol de la nation la pliu iiarorîs^to, et la libi'e entrée dcK navires dans sei porta.

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