PROJET DE LIGUE DES NEUTRES DANS L'EMPIRE. IHI
tatcÊT rÉlocteur h entrer dans dos mesures contraires à Sa Majette ou à ses alliés.
Surcc'& principes, il fnudra que dans les premières conversa-
ins que le sieur de Rezay aura avec rÉIecUnir, il lui donne les
tarancf^ les plus fortes de ratnilié de Sa Majestr». Qu'à la vé-
f, il ne lui cache pas In peine que Ion a eue de l'engagement
l'îI a pris en dernier lieu; qu'il lui fasse sentir que cette peine
vient uniquement que di» la cousidôralion tir ce (|uo ses inté-
\is pourroient en faire souffrir; que cependant les dispositions
ivombles de Sa Majesté ne sont point chang(>es. et qu'EUe
ipte toujours que, confurniémeut aux paroles que ce prince
li en a données, il se mettra en état le plus trtl qu'il lui sera
fcîble de recueillir les fruils qu'il peut se promelire île l'uirec-
»n et do la bienveillance de Sa Majesté.
C'est à quoi le sieur de Rezay doit borner ses premiers dis-
i, 8oit avec rElecleur, soil avec le comte de Terring jusqu'A
qull se présente d'auln's occasions de faire usage de ce qu'il
à lui expliquer des inteulions du Roi.
Lorsque le marquis tlo Maillebois partit de Mtinidi pour se Ire près de Sa Majesté, Fltlecteur étoit occupé A examiner si, tonobstant son traité avec la cour de Viciuie, il n auniit pus des ijeofi de pouvoir, sfuis manquera la foi de cet engagemeutfSO avec Sa Majesté, quand ce ne seroit que par un traité de neu- Irttlité qui le mil en étal de ne point agir contre les intérêts de la n quelque cas que ce fftl, L'Electeur et ses ministres , : ;il ii cette occasion au marquis de Maillebois qu'il s'étoit linéiques ut'*gûciations cntrtî les cours de Bavière, de Saxe Mayence dans l'esprit de former dans l'Empire uu parti de '•': mais que cela n'avoit pas été suivi, parce que Ton avoit ' .^ ministre «le Mayencc dans ta persuasion <|n'il faudroit *Em|M*rciir fût rccuimu cjn'td'uu jiarcil parti, ce qui ne poujaniais convenir aux \'ues de l'Llecteur, qui devoit désirer contraire d'en dire lui-même le citef ; que Ton avoit ordonné aiini*»lre de Bavi^re h Ratisbonnc de sonder adroitement les i lions des ministres des dii^Vents princes de Tl-lmpire en li Ton pourroit prendre quelque contiance. Lesiifur de Resavaura soin d'examiner si rLlecleurde Bavière
M. DE REZAY, nSH.
et le comte do Terriug sont encore dans les mêmes dispositions. Dans ce cas^ il fera de son mieux pour les y confirmer, et pour les exhorter h suivTC un dessein qui ne peut être que glorieux pour l'Elt^clour de Bavière et propre î^ prt'îparer le succès de ses vues à venir. Il leur fera sentir que dans les circonstances présentes le premier pas à faire pour y parvenir est d'ordonner au ministre de Bavière à Ratisbonne non seulement de se bien conduire avec ceux du Roi et du roi d'Angleterre, mais encore de travailler secrètement, par son suffrage et celui des autres princes bien intentionnés, à empêcher que l'Empereur ne fasse prendre h la dî^te aucune résolution contre le traité de Hano\Te et contre les puissances <jui y ont été parties contractantes; que même ce sera faire d'avance une chose entièrement conforme à un des articles qui seroit compris dans le renouvellement du traité de 1714. Que, quoique elToctivement le traité de Hanovre ne contienne rien qui ne soit absolument conforme aux constitutions du corps germanique, cependant l'on peut dans de certaines occasions tout appréhender du dévouement servile d'un gruiid nombre do princes aux volontés de la cour de Vienne, et que si une fois cet esprit de servitude venoit à produire quelque délibération favorable aux désirs de l'Empereur, alors il deviendroit presque impossible à rKlecteur de former ce parti de neutralité dont rétablissement pourroit être si propre à conserver la paix de l'Empire, et à faire do rÊlecteur de Bavière un prince qui, par les démarches qu'il auroit faites pour les avanlag(»s du corps germanique, s'assurcroit certainement les suffrages de l'assemblée qui peut se choisir un chef lorsque le trône impérial est vacant; mais il faut que les discours que le sieur de Rezuy tiendra sur cette matière paroîssent plulAt être fondés sur la considération des intérêts de l'Electeur que sur aucune vue particulière de Sa Majesté.
Quoique la matière que Ion vient de traiter soit si délicate en elle-même que Ton ne puisse ôtre trop circonspect dans les mesures que Ton prendroit en conséquence, ce|«'ndnnt le succès d'un pareil dessein devient chaque jour plus imporlunt relalivemeut à ce qui se passe actuellement dans l'Europe.
L^amirul Uuzier ayant bloqué le port de Portobelo et les ga-
MENACES DE nHERRE.
Wht
lions, la cour de Madrid en a forme Les plaintes les plus vives. Elle a demandé au roi d'Angleterre d*en donner une prompte réparation et à Sa Majesté de se joindre contre les Anglois comme infracleurs de la paix publique. Quelles que soient les suites de cette affaire, il y a lieu de croire que la cour de Vienne fera cause commune avec celle de Madrid : premièrement, parce r|iiV<lle s'y croira obligée en vertu du tntité de Vienne; secondetiii*nt, parce que perdant par \k toutes les ressoiirces sur lesquelles elle avoil compté sans doute pour ucquiller tous les subsides qu elle a promis à différents princes de l'Empire, elle estimera navoir plus rien à ménager. Il ne faut pas douter non plus que i la guerre devient inévitable, l'Empereur, fuisuul semblant de se %mîre attaqué, ne requerrc le secours des princes avec qui il a traité et particulièrement de l'Électeur de Bavière. C'est aussi une des principales raisons qwi a déterminé Tenvoi du sieur de Rczay, f|ue Ton a jugé d'autant plus important que non seulement on (levoit tâcher de préveuir les démarches de la cour de Vienne, mais encore de s'éclaircir sur les seulimeuts de rÉlecleur de Bavière dans ces circonstances, ^insî il faudra que le sieur de H^/ay, après avoir exposé à l'Electeur ce que Ton vient de lui marquer, l'avertisse d'avance que TEmpereur ne manquera pas lie ?iolliciter les princes de l'Empire de se joindre à lui et à l'Esjiagno pour exécuter les mesures que l'un et l'autre voudroient prendre en haine du blocus des galions; que même les ministres lii- la cour de Vienne pour séduire plus racilemrnt les esprits ne manqueront [>as de séparer ce qui sVï-l passé à cette occasion do toute autre alTaire ; que quoique rÉlccleur soit trop éclairé pour tomber dans un pareil |>iège, cependant l'on n a pu sempécher lie lui faire connottre que Torigine de tout ce qui arriveroit pour lor$ Tuerait l'établissement de la compagnie d'Ostende, nonobstant los vives représentations qui ont été faites dans le temps, la protection accordëa â ce même commerce par la cour de Madrid, Im subvides de guerre donnés au temps de paix par le roi d'Espafçne à l'Empereur et l'assurance que Ton avoit que les ministres inipiiriaux u'attendoient que le retour des galions pour effectuer Irurs projets tels qu*ils fussent; que comme les deux électeurs de Bavière et de Cologne avoient probublement excepté de leur
M. DE BEZAY, 1720.
ulliuûc^ les suites de raffairc d'Ostende, rien ne les obligeait de prendre part à ce qui donne lieu aujourd'hui aux plaintes de& cours de Madrid et de Vienne, et que le Roi ne peut s'empêcher d altendre de l'Électeur de Bavière qu'il voudra bien expliquer sessentiments à cet égard.
Il faudra faire coniioUre en particulier à TLlectenr que quelque part que le Rni en vertu de ses engagements fût obligé de prendre aux troubles qui naîtroient, cependant Sa Majesté u'exigeroi t jvoinl de ce prince de se déclarer même pour la cause la plus juste, lorsqu'il en uppréhendferjoit quelque inconvénient personnel; mais que ce seroit là le cas où il seroit extrêmement important qu'il y eût au centre do TEmpire un parti de neutralité, qui d'un côté retenant le corps germanique dans les limites dans lesquelles il se doit renfermer, lorsqu'il s'agît d'une affaire qui lui est totalemeut étrangère, et qui «le Taulre faisant enfin voir à l'Empereur qu*on peut, sans manquer aux devoirs de prince de l'Empire, le laisser agir seul dans les choses qui lui sont personnelles, deviendroit sans doute un jour Tarbitre de la paix de l'Europe : que comme Sa Majesté verroit avec plaisir que l'Electeur de Bavière fût chef d'un pareil parti. Elle lui laisse le soin d*y travailler, certain qu'au moment qu'il aura besoin de son concours, il lui sera accordé sans aucun retardement.
Le sieur de Rezay aura particulièrement attention de faire sentir à rKlecteur que les moments sont précieux pour prévenir le bniil îles armes, et que Sa Majesté lui saura autant de gré de ce qu'il fera dans cet esprit que de ce qu'il feroit en se déclarant ouvertement pour ses intériMset ceux de ses alliés.
Comme il n'est pas possible, dans l'incertitude où Ton est sur les dispositions de la cour de Munich depuis le départ du marquis de Muillebois, de donner des ordres tr^s étendus au sieur de Rezay, l'on remet à le faire avec plus d'exactitude et de précision sur le compte qu'il rendra, tous les ordinaires, du succès de ses premières démarches, et ce que contient cette instruction n'est que l'explicalion de hi partie laplusessentielledes \'ues de Sa Majesté, se réservant à se Pixer ensuite sur le choix des moyens qu'on pourroii employer pour les faire réussir.
On lui ajoutera seulement ici que, dans les conversations où