‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 91 sur 256 · ATTITUDE DE L'KLECTEUH DE SAXE · texte numérisé non relu

ATTITUDE DE L'KLECTEUH DE SAXE

s'expliquer plus ouvorteinent et à rédamer les droits de ta reine de Pologne son époufte sur (a succession d'Autriche. Mais depuis que l'Élecleurde navièrc a déclaré par les protestations faites de sa part à Vienne que les droits qu'il réclame ne sont pas de rÉIectrice son épouse, mais de plus anciens qu'il a personnellement coniuiL* descendant on ligne directe de la fille aînée de Ferdinand I*', roi de Hongrie et de Bohême et frère puîné do l'empereur Charles-Quinl, que ces droits re^mrdent la plus grande partie de la succession laissée par le dernier empereur, et qu'ils doivent prévaloir à ceux qui peuvent appartenir à quelque titre quecesoil aux archiduchesses (illes des deux derniersempereurs, le roi de Pologne a témoigné de regarder celle prétention de la cour de Munifh comme devant étru un ohstacle à la conciliation désirée entre lui cl celte cour, et il a suffisamment fait entendre que pour surmonter cette difficulté il faudroit que TEIecteurde Bavi^^e, laissant pour un monimt h part Tarlicle de ses prétentions perîM.inncllcs, voulût d'abord s'opposer conjointement avec lui à la corégence que le grand-duc de Toscane a prise des royaumes et États de la succession d'Autriche et à Texercice du sulfrage d»^ Hfdiéme ih' la part rir lu cour de Vienne; qu'aloi-s il pourroiL se conclure un traité de partage entre les deux maisons électorales; que, si l'on pouvoit ainsi parvenir à conduire les choses à un plan fixe, alors on conviendroil que chacun des deux ('■lerlcurs de Saxe et de Bavi«^re se donneroit personnellement leurs voix à eux-mt^mes lorsqu'il seroil question dans la diète électorale do procéder à Téleclion d'un nouvel Empereur, et que le grand-duc de Toscane, devant selon les lois de l'Empire être »rxchi de cette assembh'e comme n'ayant personnellement aucun droit à l'éleclorat de Bohême \ il seroil convenable que les deux électeur» s'en rapportassent à la pluralité des suffrages des six luitrett électeurs.

L'Électeur de Bavière peut de sa part compter sur les suftanl de l'électeur de Cologne son frèn» et de Télecteur j)aitïn'.qui témoigne en toutes occasions de laimer comme son fils, que du roi de Prusse, intéressé à empêcher que le grand-duc

I , L'^eeiomt apparlaoftil en effet li Mari«-Thérète, et aoo i son époui. S. rbkrlM III Philippe, éloctear palatin, de 1716 i\ 1748.

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LE VARQl'fS DE BEArVAC, 1741

dm Toscam oc puisée, après élra pwena à IVrapin?, \t? faire repentir d'avoir osé te premier altaqner les Etats de la succession à/mi la reine de Hongrie son époose avoît pris posseasioa. et l«s ^edeors de Ifavence et de Trères paroissent désormais perdre reepérancede pouvoir porter an tr6ne impérial ce prince comme gendre du fea empereur. De sorte que les circonstances parois- MQt devenir de [4u5 en plus favorables pour la maison de Ba- YÎère. Mais apr^ cette exposition succincte de la situation actuelle des aflaireâ d'Allemagne, le marquis de Bcau\'au en recevra de» infonnatioQB plus particulières par le maréchal de Belle-lsle, et il ne pourra mi«*u\ remplir les intentions de Sa Majestf^ qu^eo réglant entièrement sa conduite auprès de l'Électeur de Bavière sur les instructions qu'il rece\Tait par ce canal, tant sur ce qui lui paroltroit concerner les intérêts de ce prince que sur tous les différents objets qui pourront avoir rapport à la grande affaire de l'élection de TEmpereur et à toutes les autres qui pourront intéresser le service de Sa Majesté dans l'Empire'].

n aura soin de rendre [régulit'rement compte au conseil de Sa Majesté ■] de ce qu'il fera en exécution de ses ordres, et de tout ce qui pourra venir à sa connoissance qui lui paroîtroit pouvoir mériter quelque attention.

Elle lui fait remettre des tables île cbitTres,afîn que, soit dans les dépèches et lettres qu'il adressera au ministre et secrétaire d'Étal des afTaires étrangères, soit dans celles de la correspondance qu'il doit entretenir avec les ministres chargés des affaire^ de Sa Majesté en Allemagne et principalement avec le marécliado Bclle-Islc, il puisse faire écrire en chiffres les choses de quelqt»^ importance dont il seroit dangereux do hasarder le secret en l coniiaiit aux postes ordinaires sans cette précaution.

Au reste l'intention du Roi est que tous ses ministres au deho lui rapportent au retour de leurs emplois une relation exacte ^

1. Ces deux p.-imçrnplies sont barrée dans le toI. XGU et remplacés par celui - M On peut pr^Toir d^s aujourd'hui que l'électeur de Saxo trouvera les propoftîd pour Ir partage iusufflfiAUtca et qu'il ne voudra pas même paraUt-e ne rien tenir 4 de la purd -.'éucruBité de l'Électeur de Bavière C'est sur quoi Sa Majesté se à donner d*î plus amples inslruciions au mnrquia de Beauvau, lorsqu'El]« * plus certaine destiontinients de la cour do Dresde. ••

S. Vol. XCU : B compte i Sa Majesté. »

toat co qui sera arrivé de plus important dans les négociations qu'ils auront conduites, de Tétat où ils auront laissé les cours et les pays où ils auront servi, des cérémonies qui s'y observent en toutes sortes de rencontres, du génie et des inclinations des princes et de leurs ministres, en un mot de tout ce qui peut donner une connoissance exacte des pays où ils auront été employés et des personnes avec lesquelles ils auront négocié.

Son intention est pareillement qu'en arrivant* des pays où ils ont été envoyés ils remettent en originaux les instructions, chilTres et papiers de leurs correspondances avec les ministres du Roi, le tout avec un inventaire exact sur la vériGcation duquel il leur sera donné une décharge \

I. n «st i p«ine btttoin d« meatioaner sur cette période les boanx ouvrages de U. U doc de Broglic, Unt ils sont connus de tous.

A U s-oite de la prine de Prague par les Français, Charles-Albert Ot crtumnner roi de Boht^me le 29 décembre 1711 ; puis, le 24 jaa- X" 1742. il fui iMu Empereur. A cela se bornèrent les sucr{*s de Vtiutreprisf

IDès ocl*»l»re Kil. Krédéric II s'ëtail montre dispos*} k se retirer

<1© Is laite aussitiM que la possession de la Silesic lui serait assur<5e;

c'e«itce<pi'il fil en signant des préliminaires de paix avec l'Aulriche

le 1 1 juin 1742 ^i Breslau, et la Saxe suivit son exemple. Les arni(>es

To^TftlM et le cnnlin^enl impérial bavarois dureut reculer devaiit

»• forc4^ autrirhiennes; Pragup fut reprise en décembre, et le man*-

^^•1 de Etollc-l»ICi en ramenaul en Krance les débris de ses troupes,

I Tordre, au mois do janvier 1743, de fîiire ontrev*jir au nouvel

ir r<W'ontualitt5 d"*^vônpments plus Iristes encore. On n'avait

.d'ailleurs, de se féliciter cuire mesure de la façon dontChar-

•^ »ll «'«rquittiit de ses devoirs d'alliiS compte le montre In dép(^che **'*^**Ue«dn»»éeauinaréchaldeBelle-Isle, M. Amelot étant ministre:

CnO^ SOU!» rOIIHE de LETTRR .\l MAlUvCUAL DB OELLK-ISLE. t»U 3 FÉVÎUF.n I75.S A ^EHSAILLES '.

tui* u niaréihaledo HclIe-lHle m'assure, Monsieur. que vous Vancforl b' ."i de ce nmis, et comme ce sera plus tôt que vous •**Tin d'abord fait espérer, je no diffère pas à vous indiquer quel-

Cfwnynwl«r< Aotdr*. L Cil.

gues-uns des points qu'il est nécessaire que vous tftchieJE d'éclaircir pendant votre sdjour auprès de TErapereur, en attendant (pie je puisse vous informer plus particulièrement des intentions du h(M. par le courrier que je vous ai annoncé, et que je compte de vous dépêcher dans peu de jours.

<• M. Biondel n'aura pas manqué, à votre arrivée à Francfort, de vous mettre au fait de ce qui s'est passé depuis quelque temps de la pari du cercle de S(>uabe par le refus formel que les directeurs de ce cercle ont fait de ce qui leur a cltî demandé par M. de Gravel au nom du Roi pour le passage, le séjour et la subsistance d'une partie des chevaux d'artilltîrie de Sa Majesté. Les diflicnltés qu'ils ont faites d'admettre à cet égard aucun tempérament et de satisfaire même aux réquisitions de riîimpereur. ont été accompagnées de circoDstauces qui donnent lieu d'uppréhender qu'il ne se trame dans ce cercle, et même de concert avec celui de Franconie, quelque accord ou association où l'on admeltroit même le cercle d'Autriche et qui» sous prétexte de maintenir la tranquillité de ces deux cercles et d'en écarter toute hostilité, lendroit à refuser tout passage aux troupes ou recrues qui ^o présenteroient comme passant de France en Bavière. Vous jugeret mieux que personne des inconvénients qui eu résulteroieut. C'est un point d'une telle conséquence qu'on ne peut trop tôt constater k quoi l'on peu! s'attendre pour la suite de la part de ces deux cercles, et c'est un des objets qui demandent vos attentions et vos soins pendant votre séjour h Francfort.

H M. de Gravel est toujours persuadé qu'un des moyens de contenir la mauvaise volonté du cercle de Souabe seroit que les troupes du Roi ne différassent pas à s'emparer, au nom de TEmpereur» des Etats de l'Autriche antérieure enclavés dans ce cercle. Il men a écrit plusieurs fois dans ce sens et aussi à M. Biondel, en reprépenlant que le Roi trouveroit de plus dans l'occupation de ces pays J'avantage de pouvoir y donner de bons quartiers à ses troupes et de ftire aisément sur le Luch et le haut Danube tous les appronsionnements nécessaires pour l'ouverture ilo la prochaine rain[»agne. Ces avantages tant pour le service du Roi que pour celui de l'Empereur, étoient si apparents que, sur lesreprésentati<jnsdeM. de Gravel.il fut écrit de b part du Roi dans les premiers jours de cette année à M. le martîchnl de Broglie pour l'autoriser h exécut<;r de concert avec l'Empereur le projet de l'occupation de l'Autriche antérieure, si l'état et la position de Sun arniéi» lui perniettoienl d'iMi détacher le nombre de Imupes suflisant pour cette entreprise. Mais, sur ce que M. Biondel a depuis écrit du peu de disposition de l'Empereur à s'y jiréter dans la crainte de donner au cercle de Souabe dans les circonsl^'inccs présentes le nioinire sujet de mécontentement, il a été écrit, de lapai't de Sa Majesté, a

DIFFICL'LT]

M. le maréchal de Broglîe. de suspemire lexéculiou dudit pr<'jel jusqu'à ce que l'Empereur, qui devroil nécessairement y concourir comme partie principale, s'y fCt déterminé et eût autorisé un de ses officiers pour prendre en m^me temps au nom de Sa Majesté Impériale la possession légale desdits pays antérieurs d'Autriche. M. de Gravel me marque, par sa dernière lettre du 35 janvier, qu'il est persuadé que loin que cette «Mcupation iiritAt les ministres de la régence de Wurtemberg, il est persuad»' qu'elle leur plairoil beaucoup, pourvu quti Ion put faire en même temps avec eux de la part du Roi et de l'Kmpereur les arrangements relatifs à la principauté de MoittbéUard dont vous savez qu'il a été question pendant le cours des nuds de juin et de juillet de l'année dernière. Je vous avoue que dans les dispositions peu favorables où je vois les ministres de Wurtemberg, de même que ceux des pr'mcipaux Ktals du cercle de Souabe, je doute fort ((un ce jugement de M. de Gravel soit suffisamment fondé; mais je soupçonne d'ailleurs que l'Empereur soit aujourd'hui si indifférent sur ce projet qu'il avoit autrefois tant à louer, que parce qu'il ne cadre peul-ôtre pas ax'ec les autres arrangements du roi de Prusse; c'est ce que vous serez mieux que personne en état de découvrir.

« Kl à cette occasion, je dois vous conderque.depuisquclque temps» je crois évidemment que l'Empereur a caché avec soin à M. Blondel non seulement ce qu'il traite avec le roi de Prusse, mais aussi ce qn*il traite avec le roi de la Grande-Bretagne, avec qui il n'a pas cessé d'entretenir une correspondance très suivie. Le baron d'Haxelang, son ministre à Londres, a pareillement usé d'une extrême réserve avec M. de Russy. Il sembloit que, dés que les troupes hanovnennes à la solde de l'Angleterre ont commencé à prendre des quartiers dans le pays de Liège, et que la marche de ces troupes et de celles des Pays-Bas pour passer en Allemagne a été annoncée comme certaine, l'Empereur ne devoit pas différer à faire en sorte, par tous les moyens possibles, que la diète générale de l'Empire prit sans le moindre retardement des résolutions vigoureuses pour s'opposer à une infraction aussi manifeste des lois et constitutions de l'Empire. Mais vous aurez appris que ce prince a cru devoir au contraire observer dans camème temps les plus grands ménagements pourle roide la Grande- Bretagne, dans l'espérance apparemment do pouvoir parvenir paireotremiae de ce prince à quehpie conciliation. Tout ce que nous &avons de positif sur ce sujet, c'est que les Anglois lui ont fait des offres spécieuses, voulant même lui faire entendre que cVtoit pour son service qu'ils se disposoient  faire passer leurs troupes dans TErapire, et qu'il ne tiendroit qu'ft lui de se mettre à leur této pour les commander. Mais, quoique les conditions qu'ils lui avoienl d'abord proposas eussent été rejetées avec horreur de sa part, comme len-

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