‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 92 sur 256 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

dantes à exiger de lui qu'O renonçât à tone sentiments d'honneur et de probité en manquant à la reconnaissance qu'il doit au Roi, au point de se joindre aux ennemis de Sa Majesté pour concourir aux projets formés de leur part d'attaquer la France et de démembrer s'il leur »^toil possible quelques provinces du royaume, il a donné lieu de penser, parles ménagements extrêmes qu'il a continué d'avoir pour les Anglois. qu'il entretenoil encore quelques négociations avec eux, et c'est un point qu'il est d'une extrônie importance que vous tAchicz d'approfondir. <r II est à souhaiter quevous ayez pu, en voyant r<^vèque de Wùrlzbourg et le margrave de Brandebourg-Baireulh à votre passage par la Franconio, éclaircir en quoi peut consisUîr le projet qu'on annonce comme ayant éW^. formé par le rot de Prusse pour former de concert avec les cercles de Franconie et de Souabc une armée d'observation qui puisse empocher les troupes des Pays-Bas de prendre leur passage par ces cercles pour marcher au secours de la reine de Hongrie, n est certain que le roi de Prusse a fait déclarer expressément au roi de la Grande-Bretîignc qu'il ne verroil pas av^r^ plaisir l'entrée de ces troupes dans l'Empire : mais il paroîl par les lettres de M. le marquis de Valory du commencement du mois dernier qu'en même temps qu'il s'en est expliqu»? dajis ce sens h Berlin, il a caché à ce ministre des propositions qu'il faisoit passer à l'Empereur pour concerter avec Sa Majesté Impériale les moyens d'empêcher que ces troupes étrangères ne pénétrassent dans l'Enipire, et ce qui est le plus incompréhensible, c'est que l'Empereur lui-même a cru devoir aussi en faire un mystère à M. Blondel, quoique cette négociation entre le roi de Prusse et Sa Majesté luipériale, qu'il paroit iju'ils ont suivie confidcmment de part et d'autre et qui est peut-être sur le point de sa conclusion, ne puisse qu'intéresser infiniment le Roi, soit que les vues du roi de Prusse tendent à favoriser plus ou moins ouvertement les intérêts de l'Empereur, ou qu'il veuille seulement ménager à Sa Majesté Impériale des sûretés de la part des États de l'Empire puur la Bavière et ses autres [irovinces héréditaires et pour le mettre en état de refuser absolument de la cour de Vienne toute proposition qui tendroit îi l'élection d'un roi des Romains. Vous sentirez do vousmême de quelle extrême importance il est de pouvoir approfondir un pareil mystère, et il n'y a que vous qui puissiez engager l'Emperour â s'en expliquer confidemment avec le Roi, quelque secret que Sa Majesté Impériale ail promis au roi de Prusse de garder sm l'objet, le fond et les circonstances de cette négociation. Sa Majesté compte donc que vous y eniploiorez toute votre habileté, et vous pouvox donner de sa part à l'Empereur toutes les assurances possiblet: qu'elle gardera ce secret inviolahlement et que certainement il n'en reviendra jamais rien au roi de Prusse.

NÉGOCIATIONS DE t'ËMPBREUH AVEC LES ALLIÉS. 203

En finissant cette lettre, j'apprends que M. de Richemont,qui est en Bavière, a uiandi.^ à Vienne qu'ayant représenté au roi de Prusse qu'il n'y avoit pas plus de raison de refuser rentrée de TAUemagne

KAnglois qu'aux François, ce prince lui avoit répondu que» toutes étions faites, il ne s'y opposoit plus, et que les Anglois pouvoient feair au secours de la reine de Hongrie quand il leur plairoil. Si on jyoit à faire â tout autre qu au roi de Prusse, il regarderuil ce dis- Ifburs conime une pure invention; mais sa conduite est une variation si {lerpôtuolle, qu'on ne sait sur quoi compter. »

M La campagne de 17-43 s'ouvrait sous les plus sombres auspices. Au mépris d'une convention de neutralité conclue entre la France et le Hanovre en 1741, un corps anglo-hanovrien se préparait à enker en Allemagne; le maréchal de Broglie, qui commandait les »s français, était en conflit perpétuel avec le comte de Sccken- 'f, général en chef des troupes impériales. Charles VII espérait au lins rétablir l'union en prenant lui-Dif*me le commandement supémr ; mais on se prit à craindre en France que l'Empereur n'accueilles ouvertures de paix qui lui étsdent faites incessamment par fcngleterre et par r.\utriche, bien qu'il ne s'agïl de rien moins, de la *t do ces puissances, que do faire renoncer Charles Vil à toutes ses lérances. voire même à la dignité impériale. Le comte de Lautrec kl envoyé près de lui, M. Amelol étant ministre, pour l'encourager à guerre cl dissiper, dans la mi-sure du possible, les appréhensions à existaient dons son entourage à l'égard du maréchal de Broglie. larles VU venait de quitter Francfort, où se tenait la diète impéle, pour se rapprocher de son armée en Bavière.

lOlKE POUU S£RVm D INSTRUCnO.N AU SIKUH COMTE OE LAUTREC, tOmiTR^CANT (iÈNÊRAL DES ARMÉES UL' ROI ET NOMME CURVALIER DE SSa OIU»ll£S', MLÂHT AUPRÈS DE L*fiMI>KHEl'R EN C'CALtrË D£ MINIS- TRE PLÉNIPOTEXTIAIME DE SA MAJESTÉ. VERSAILLES, 44 MAI 1743*.

Dfes <[ue le Roi a été informé que l'Empereur avoît pris la rélution de quitter la ville de Francfort pour retourner dans ses

Daaiai-Kraojpois de Oeliu, comto de I^ucree, ancien envo^ô h Genève; i] init mATèchAl de Prftnce en 1762, & l'Age de BoixAnt«-diz-n«uf an». S. CfjrrtêpoKdana Batière, t. CUl.

204 LK COMTE l»K LAITREC, IT4J.

Etats de Bavière et se mettre à la l^le de rormée impériale, Sa Majesté a jugé devoir lui envoyer un ministre de toute eontiance qui, réunissant en sa personne les connoissances nécessaires pour pouvoir suivre auprès de ce prince tant les ntt'aires politiques que ce qui peut r(»garder les opérations niilitiiircs, put remplir égidemcnt ces deux objets à la satisfaction iiiutuelie de Sa Majesté et de l'Empereur, Dans cette vue, Elle a cru ne pouvoir faire un meilleur choix i|ue du sieur comte de Laulrec, lieutenant général de ses armées et nommé cheAaHer de ses ordres, pour le faire passer auprès de l'Empereur eu qualité de ministre plénipotentiaire de Sa Majesté et veiller auprès de la personne de ce prince à tout ce qui pourni concerner les intérêts communs de Leui*8 Majestés, et comme Sa Majesté connoît depuis longtemps son zèle pour son service et sa capacité pour les ailaires, Elle ne doute pas qu'il no réponde entièrement l'i l'attente de 8a Majesté dans ce qui doit faire l'objet de ses attentions et de ses soins iniprès de l'Empereur.

L'intention de Sa Majesté est qu'il se ronde le plus promptt*ment qu'il sera possible auprès de ce prince. Le titre de ministre plénipotentiaire ne donnant point de caractère public et n'étant pas sujet aux embarras du cérémonial, Elle a jugé que ce simple titre étoit plus convenable pour faciliter au comte de Lautrec de pouvoir suivre l'Empereur dans les dilTérents lieux où ce prince croira devoir se transporter et particulièrement à Tarmée, et de se tenir continuellement à portée de la personne de ce prince sans qu'il puisse être question do discussions sur le rang fpi'il ilevra y occuper, et Sa Majesté est bien persuadée que l'Emj^ïereur se portera de lui-même h le faire jouir de toutes les entrées et distinctions que doit naturellement avoir à la cour impériale le ministre pb-nipotentiaire du premier roi de la chrétienté, principalement après tout ce que Sa Majesté a fait et qu'EUe continue de faire pour soutenir de toutes ses forces les intérêts de l'Empereur, et le mettre en état de triompher de ses ennemis.

Le comte de Lautrec commencera ses fonctions en cette qualité de ministre pb-nipotentiairc du Roi en remettant à l'Empereur dans une audience particulière la lettre de créance que Sa Majesté lui fait remettre pour ce prince, et il doit employer dans

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