M. OK CHAVIGNY
Le second point est celui des troupeft. qui demanda le plus de réflexions, premièrement par rapport au nombre, secondement par rapport à 1 emploi (pi*on en fera. Il est cert^iin que TElnipi'reur voudra en avoir le plus qu'il sera possible, mais outre ipie Texpérience a fait voir qu'il u a jamais pu réaliser les id^o:* ipril s'étoît formées à cet (/^rd, c'est que le Roi seroil hors d'étal do les payer, si leur entretien excédait tn somme do six millions i[ue le Roi a promise. C'est donc à cet égard que le sieur de Cbavipy doit demander qu on lui fournisse les ét^ls les plus exacte et If* plus détaillés, pour savoir au juste le nombre de recrues doiilou a besoin^t ce qu'on peut lever et entretenir avec ladite somme de six millions. L'Empereur avait compté qu'elle sufilroit pour Ireut^ cinq mille b<»inmes, ;\ plus forte raison dnit-elle suffire si lonïe réduit à vingt mille qui sont plus que suffisants pour les opérations qu'on en peut attendre. Il seroît puut-ètre même à désirer que l'Empereur voulût se contenter de n'avoir qu'un corps de dix à douzeniille bommes pour maintenir sa dignité et afin qu'on ne fiàt pas dire qu'il est absolument sans troupes ; car» en supposant que l'Empereur sengagt* <le faire agir ses armées de concerl ave* cellesdu Roi, l'exécution de cette promesse n'est pas bien certain et cela est plus à délirer qu'à espérer. Le sieur de Chavig pourra donc essayer de faire consentir l'Empereur à cette dînunution, et il peut à cet égard se servir des mî-mes raisons qiiiotf été expliquées ci-dessus, pour lui faire connoîtreque les secou-" les plus efficaces qu'il puisse attendre viendront des op<'ratioiff vigoureuses que f>ourn>iil faire les armées du Roi. Mais coiiui> il n'est pas vraisemblable que l'Empereur veuille se laisser pe^ suader sur un article qui lui tient extrêmement à c«eur, le sie de Chavigny n'en fera la proposition qu'avec ménagement comme do lui-môme, d'autant que le Roi a déjà pris sesarran ments pour le paiement des six millions qui ont été promis, pour*** que l'Empereur consente que ses troupes agissent de concert av^P celles du Roi, et que l'argent ne passe point par les muins de f^ ministres, mais par un commissaire des guerres qui sera toujours présent à son armée et qui en lasse les revues.
Après i^lre convenu du nombre do troupes, il n'est pas moins essentiel de savoir à quoi on les emploiera; car il est inutile qu»
III^SITATIONS DK l/prMPKRELU.
Roi lf»s puyo, si elles ue sentent à rien, et 5 plus forte raison si pouvoiont g^iior les opt5ralions des armées du Roi. La disioii de cot article pourra se trouver sujette à beaucoup de ifflcuUt^s. Kn effet, quoique l'Kmpereur et la reine de Hongrie îioient comme accordas pour nier qu'on fût tombé d'accord l'une neutralit«s il est cependant certain que la convention en a faito Giiire le maréchal de Seckendoriïet le comte do Keveniller\ et que si elle n'est pas ratifiée dans les formes, elle n'en moins élA exécutée, les troupes impi'Tiales et autrichiennes ml jiointagi depuis les unes contre les aulrt-s'. Secondement» l'Empereur, par son rescrit du â5 juin dernier co4é G, a déclaré que les troupes framboises ne dévoient plus être regardées comme ses auxiliaires, et que son armée seroit désormais une armée imp<Tiale qui n'auroit d'autre objet quedemainla tranquiUité de l'Empire.
Troisièmement, il y a encore des indices de celte neutralité un écrit que le sieur de lleischach a remis aux Etals généraux ^ juilU*t.
(Quatrièmement, l'Empereur l'a confirmé lui-même par un 'fit »oli<nnel du i août, coté II.
Cinquièmement, lorsque le maréchal de SeckendorlT a fait ttsottre au maréchal de Berenklau* qu'il vouloit marcher au ïonrsd'lngolsladl, celui-ci lui a objecté que ce seroit une în- Lion à la ntMitralité, i-t le maréchal de SeckendorlT a supposé ris sa ré[H)nsc lexistonco de cette neutralité comme on le peut lir dani» la pièce cotée 1.
EiiHn. par deux pièces que le comte de Bunau' a communiau sitMir Hloudel en toute conlianco, on voit évidemment
I. LMiii>Andr« Kltf«v«nhull<ir, comt« tl'Aich«lberg et de Frankeohurg, ne en Ir fftki-tiLAnkchftl aiiiHnhwn «n 1737, mort en t77l.
S. Vm lieu» f[éaér»ut «tUi«nl «IffCiivttiupnt convenus, le 37 juin, qu« les Bftv&liTrvf«i«cit c«ruin«i ploc*!* forl«« «ux Aulrichi^ai et rvcevraîent en ^ctunir« tin é» l'Anfflttrrrc; m 4'haH«<t Vil ni Maric-Thort^Ke n'ayant ritilli* lu cuaven- M bomA & a* promeun* wrltuloinoul une trêve, après que Braunau et c«mt 4té ouTtfrti<« «ux Autnchteas.
-L4opold de BAr»nklaii. nm ru (700, mon en 174C. feld-marârhal autrii, ^ «OBoandait ular» rjinn«ir tl«* MArit^-Tli«rr»c (*n B.tvï^re. 4. llMiri. comt* il« Uunftu, ui^ on 1097, niurt au 1762; il fut sucoeuivenient an àm U 2Uifl, puift il« ri-:aip«r«ur.
M. DE CHAVIGNY, HiX
quo les doux rescrîls do rFmpcronr dont on vionl de faire menliou avoienl été eonccHéa avec l'Au^lêU;rre. On joint ici ita copies do ces deux pièces sous les cotes K, L, et le sieur de Chavigny obsei'vera qu'elles doivent demeut-er secrètes et ne sont que pour lui seul suas exception.
Elles sont d'autant plus importantes qu^elles servent k faire coniioitro Irs liaisons secrfetes que TEnipt-Teur a conlinuelletnt'jit entretenues avec le roi d'Angleterre et le roi de Prusse, pour le*, quels il u toujours eu une confianci! beaucoup plus marqu(!>e qud pour Sa Majesté. Il a même pousse en tout temps sa di^férencB et ses engagements pour le roi d'Angleterre au delà de ce qu'on pouvoit imaginer, apparemment dans l'espérance que son cri^dit sur la cour de Vienne pourroit lui procurer une paix plus avantageuse, et c'est de quoi il est bon que le sieur de Chavigny wiil instruit, pour pouvoir démêler plus aisément dans les difliculté» que l'Empereur pourra lui faire, si sa complaisance pour la cour de Londres n'y aura pas la principale part. Parmi plusieurs (aits qu'on pourroit rassembler de cotte déférence sans bornes dft rEmpercur pour la cour de Londres, on se contentera de citer ici les plus essontiels. Premièrement, ce n'est que sur les instuncus les plus pressantes do l'Empereur que la neutralité de Hanovre a été conclue'. Le roi d'Angleterre, dans In frayeur que lui causoit rapproche de rarmée commandée par le maréchal de Maillebois, eut recours à Sa Majesté Impériale pour détourner l'orage qui le menaçoit, et l'Empereur n'hésita pas à seconder avec la plus grande vivacité les offres de neutralité que Sa Majesté BriUmnique fit faire pour lors à la France, et ce fut principalement par égunl pour les instances de l'Empereur que Sa Majesté voulut bien l'accorder.
Secondement, le siour llaselang, ministre de Sa Majesté Impériale auprès du roi d'Angleterre et qu'elle entretient encore auprès de lui, a toujours été lié avec les plus grands enuemis de Sa Majesté, se répandant continuellement en discours injurieux contre la France pendant son séjour à Londres, même jusqu'à exciter le scandale dos ministres étrangei-s. Le Roi s'en est plaint