SCENE XVII
RECULIN, FANCHETTE, PHILIPPE.
FANCHETTE
Monsieur Reculin , Monsieur Reculin?. .
RECULIN.
Eh bien! Mademoiselle, ces Dames ont elles réfléchi; vont-elles se joindre a moi'1
FANCHETTE
Je ne sais pas, mais on assure que M. Bayard
va se rendre .'. .
RECULIN.
Enfin !
FANCHETTE
Sur la brèche avec toute la garnison.
RECULIN.
C'est un diable que cet homme là.
FANCHETTE
Je vous amène Philippe, qui en venant s'est
repose' dans votre maison de campagne et peut
vous en donner des nouvelles;
RECULIN.
Ah! j'avais bien recommande' qu'on leur
ouvrit les portes.
PHILIPPE
C'est ce .qu'on a fait; et la preuve, c'est
qu'ils sont entres .
RECULIN.
Ils ont dû être contens.
PHILIPPE
Ahî j'vous en réponds , pendant deux jours qu'ils
ont passe' là, ils ont tout bu, tout mange', brise'
vos statues , emporte' l'argent , pille' la maison
et brûlé les portes pour se chauffer .
RECULIN.
. Brûle'! C'est -il possible!
FANCHETTE
Non , Monsieur , rien ne brûle .
RECULIN.
Pillé ma maison ! Et Madame Reculin . . .
FANCHETTE
ils respectent les propriétés.
RECULIN.
Ils avaient cependant promis . . .
On ne peut pas promettre davantage .
PHILIPPE
Oh! je les ai bien entendus, ils espèrent bien s'en donner encore plus dans Mezières. RECULIN.
Oh ciel! l'amour de la patrie m'éclaire! S'ils entrent, ils prendront le reste de mon argent; Monsieur Bayard a raison, il faut se défendre; nos femmes, nos enfans , le Roi, notre fortune , tout nous crie: défendez vous] Je vais parcourir la ville , enflammer les esprits, prendre moi même , les armes , aucun sacrifice ne me coûte-, l'honneur m'appelle et je m'en vais. (il sort.)