‹ Bazaine et al capitulation de Metz Émile de La BédollièreChapitre 43 sur 117 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Aclivill ile« travaux. — - Remanirnienl do conseil de guerre. — Refus de» généraux Üaleame et de Marlhuprrj-. — Élat des affaire* au 12 septembre 1873.

Afin de hâter l’aménagement du Grand-Trianon, te nombre des ouvriers qui y étaient employés fût doublé à partir du 10 septembre.

Ce n'était pas seulement de dispositions matérielles que le gouvernement avait à s’occuper. Il fallait songer à la composition définitive du conseil de guerre.

Le général Baies mes, Agé de quatre-vingt-deux ans, s’était fait excuser.

Dos infirmités empêchaient de siéger le général de Marti mprvy, gouverneur des Invalides.

On songeait à les remplacer, le premier par le général Suzanne, le second par son frère, qui avait été gouverneur de Metz pendant la guerre.

Le nombre des juges supplémentaires n’était pas encore fixé. Serait-il de deux ou de quatre 1 On désignait pour en faire partie le général Guiod.

Le National du 12 scptcmbr^dunnail les détails suivants sur la marche du procès :

« Aussitôt la date du 6 octobre officiellement confirmée, les citations seront lancées. Le greffe les adressera, dans chacun des departements où résident les témoins, au commandant de gendarmerie, chargé de les faire signiûcr aux intéressés, aux termes de la loi militaire.

« Le délai qui doit s'écouler entre l'envoi des assignations et l'ouverture des débats n’est pas déterminé rigoureusement. Il repose sur l’appréciation, faite par le parquet, du temps nécessaire pour se rendre au lieu du procès calculé pour les témoins les plus éloignés.

« Le chiffre des témoins assignés est de 272, A charge. Il convient d‘y ajouter les témoins à décharge, que la défense n'a pas fait connaître encore. I.C8 272 retenus par l'accusation ont été choisis parmi 4( I témoins, qu'a entendus le général Serre de Rivière, au cours de l’instruction.

« Il va sans dire que tous oeux de ces 401 que l’accu-

sation laisse de coté, la défense a le droit de se les approprier si elle le juge utile à ses intérêts.

« Le travail assidu auquel le maréchal Bazaine se livre depuis quelque temps a sans doute pour objet de déterminer le choix des témoins qu'il compte faire entendre.

« Après avoir été quelques jours un peu souffrant, le prisonnier de l'avenue de Picardie a recouvré sa robuste santé. Il se livre à des exercices d’escrime, et, le soir, il sort accompagné de deux officiers responsables de sa personne.

« Ces sorties ont lieu en voiture fermée.

■ Chaque après-midi, M. Bazaine reçoit la visite de M a Lachaud.

n Quand le défenseur du maréchal ne se rend pas en personne à Versailles, il est remplacé par son lils, que les difficultés et les détails multiples d'un aussi grave procès l'ont déterminé A s’adjoindre comme collaborateur.

« L’étude à laquelle les défenseurs consacrent leurs

Artiste sculpteur . . t

Hommes du lettres 2

Avocat . I

Notaire «... I

Négociants et industriels 18

Divers administrateurs publics. . 1 1

Ouvriers 31

Sans profession . 30

Domestiques 5

Écuyers. . . # 2

Total. . . . 143

Les neuf femmes dont nous avons parlé se répartiraient ainsi :

Ouvrières 3

Sans profession 4

Domestique . 1

Ecuyère 1

Total 9

Dans la nomenclature des témoins civils, on citait : MM. Jules Favre, GambePa, Combier; Rameau, maire de Versailles; Letiô, ambassadeur de France à Saint- Pétersbourg ; de Kératry, ancien préfet de police; Tachard; Albert Brun, sous-préfet; André, préfet de l’Isère; Boucher d’Aubauel, sous-préfet A C.hàteau- Tbierry ; E. Debains, secrétaire d’ambassade ; le capitaine Garcin; M. de Malherbe, rentier à Moulius-lès- Mctz; M. Arnous-Rivière, propriétaire à Chamarandc; Réau, directeur du Courrier de Meurthe-et-Moselle, de Nancy; Boétmann, curé de Tarnhout, village de la province d'Anvers en Belgique; M. et M'“" Entcrmet. appartenant à la troupe équestre d'un cirque nomade, dit Cirque Ba/ola.

Sous la rubrique générale : Ouvrier», sc trouvaient côte à côte : un menuisier de Moulins-lès-Metz, un forgeron de Vaur, un vigneron de iutsy. un garçon bon- . cher de Thionville, un cordonnier de Nancy, un cultivateur de RaucouiT, un maçon'ile Basse-Vutz, un jardinier de Glorieux, près Verdun, et un ébéniste do Metz.

Sous la rubrique : Industriels et Héjociants, se rencontraient, dans l égalité du témoignage : iHalcnsy, aubergiste de Metz, et Bouchntte, négociant de Paris; Entz, fabricant de draps à Sedan ; Maud’heux, photographe à Dornach ; Wortns, banquier à Paris; Olivon, marchand d'allumettes à Verdun .

Quelques-uns des témoins à charge habitant l’étranger ou lixés A llctz étaient dans une position de fortune trop précaire pour entreprendre le voyage sans être Indemnisés.

Trois ou quatre avaient écrit, réclamant un dédommagement pécuniaire qui leur assure les frais de route et de séjour, dont ils ne pourraient supporter la charge, s’ils ne pouvaient compter que sur les sommes habituellement allouées aux témoins par la justice militaire.

Le maréchal Bazaine, de son côté, avec l’assistance de M* Lachaud, travaillait à arrêter une liste de témoins A décharge. * .

Voici ceux sur lesquels se fixa son choix :

MM. les généraux de division Montaudon, de Castâgny, Mctman, marquis deFortou, Duplessis, duPreuil,

Pé de Arras, Picard. Bataille, Vergé.

Généraux de brigade Arnaudeau, de Juniac, de France, de llontarby, Ulappier, de Place, de Saint- Sauveur, de Gond recourt.

Colonel* Grangé du Rouet, de Gressot, d’Ornant, Reglaj do Konigsegg, .Marion.

Lieutenant-colonel Favre.

Chefs d'escadron Van son, Defrance, Danloux.

Capitaines do Locmaria, Leplus, Amphoux, de Mont- Real, Fayard, de Cbasseloup-Laubat, Jolly et Valdezo.

Lieutenant Angelini; Cheval, soldat.

Lejeune et Lapointe, sous-intendants militaires.

Schneider, ancien président du Corps législatif ; Rouher, ancien ministre; le baron de Gargan; Paul Odent, ancien préfet; Darni, ancien premier président à Metz; Beaucé, peintre d'histoire.

L’abbé Dumolard ; le docteur Lefnrt, chirurgien de l'hôpital de Lariboisière; le baron Larrey, président du conseil de santé; l'abbé Metayrie, aumônier de la marine; les docteurs Maffre et Grellois, médecins principaux; le docteur Cuvellier et le docteur Poggiale, médecins inspecteurs; Dcmortain, pharmacien principal.

L’infatigable avocat se rendait chaque jour avec son (ils à l’avenue de Picardie, pour prendre connaissance du dossier, des pièces justificatives, des moyens qu’il aurait à faire valoir dans une plaidoirie qui, d'après scs calculs, durerait au moins trois heures.

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