SAINT JEAN BAPTISTE
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ASARi raconte que les Dominicains de Fiesole ayant reçu en don l'église de saint George s, à Florence, n'y séjournèrent que du milieu de juillet à la fin de janvier environ. « Corne de Médicis et son frère Laurent avaient en effet obtenu pour eux du pape Eugène IV l'église et le couvent de saint Marc, où étaient avant eux les moines de saint Sylvestre ; on donna en échange à ceux-ci l'église de saint Georges. Les Dominicains, profondément attachés à la religion, au service et au culte divin, décidèrent de refaire le couvent entièrement à neuf, sur les plans et les dessins de Michelozzo, dans des conditions d'étendue et de magnifi-
cence qui devaient leur assurer toutes les commodités d'installation désirables/ »
Ce fut en 1436, que dans la pompe d'une fête solennelle, les pères dominicains accompagnés des trois évêques de Tarente, de Trévise et de Parenti, précédés des massiers de la Seigneurie envoyés à cet effet avec tout l'appareil possible, firent leur entrée à saint Marc. Frère Cipriano de Florence, vicaire général de la nouvelle congrégation de l'observance, en prit possession au nom de son ordre.^
« On s'occupa tout d'abord, — dit le biographe d'Arezzo, — de la partie du couvent qui est au-dessus du vieux réfectoire, vis-à-vis des écuries du Duc ; on fit là vingt cellules ; on couvrit, on fit au réfectoire le gros œuvre de charpente, et on mit cette partie dans l'état où elle est encore aujourd'hui.'*
» On fit ensuite la bibliothèque, longue de quatrevingts braccia,^ large de dix-huit, toute en voûte dessus et dessous, avec soixante-quatre meubles en bois de cyprès, pleins de très beaux livres. Puis, on s'occupa d'achever le dortoir, en le ramenant à la forme d'un carré, enfin le cloître et toutes les belles chambres du couvent. On peut regarder ce couvent comme le mieux
« Vol. II, p. 440.
' RicHÂ, Le Cliiese fiorentine, vol. VII, p. 117. ' £n octobre 1438, les frères de saint Marc demandèrent un secours pour reconstruire le dortoir détruit par un incendie (Gayb, 1, 553). * Le hraccio de Florence était de 0", 583.
compris, le plus beau et le plus commode qu'il y ait en Italie ; et on doit ces avantages au talent et au zèle de Michelozzo qui l'acheva en 1452/ On dit que Côme dépensa pour cette œuvre trente-six-mille ducats ; et que tout le temps que dura la construction, il donna annuellement aux frères trois-cent-soixantesix ducats pour leur entretien.^ »
En 1439, deux ans après le commencement de la construction, la grande chapelle fut achevée ; on commença les travaux de restauration et d'embellissement de l'église, qui dut être terminée en 1441.
C'est probablement pendant que l'architecte s'occupait de restaurer l'église de saint Marc que l'on confia à Fra Giovanni le soin de peindre le tableau du maître-autel.
« Il est, — dit Vasari, — d'une beauté merveilleuse. On ne peut se défendre d'un profond sentiment de dévotion en voyant la Vierge et les Saints groupés autour
* Quelques chroniques du couvent attribuent le plan de saint Marc à Brunelleschi ; Michelozzo n^aurait fait qu^en diriger Pexécution. La construction paraît avoir été plus probablement terminée en 1443.
' Vasabi, vol. II, p. 435.
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d'elle, et. l'expression de candeur qui se dégage de tous ces personnages. La prédelle représente le supplice de saint Corne, de saint Damien et de plusieurs autres