CHRIST MORT
A LA QALLERIA ANTICA E MODEENA. 145
aisé de noter plus de convention dans la reproduction des scènes et des actes, moins de facilité et de correction dans l'exécution; à moins qu'on ne veuille admettre, comme c'est infiniment probable, que d'autres peintres, à coup sûr moins habiles et simples sous-ordre, aient pu être appelés à son aide pour rendre sa production artistique plus expéditive et plus facile.
Parmi les œuvres plus importantes exécutées par Angelico, il nous reste à signaler les deux tableaux qui sont aujourd'hui à la Galleria antim e moderna; ils proviennent l'un du couvent des Dominicains de saint Vincent d'Annalena, l'autre des frères de l'Observance, près de Mugello.
Nous ne saurions admettre, comme le voudrait Rio, que ces peintures aient été faites après les fresques du Vatican, « avec lesquelles elles offrent des ressemblances frappantes qu'on ne trouve pas dans les compositions antérieures de l'artiste.^ » Ces deux tableaux, du reste bien différents l'un de l'autre, rappellent trop
* Rio, ib., II, p. 315.
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bien les caractères et les qualités techniques que nous avons pu distinguer dans les autres œuvres de Fra Angelico pour qu'il nous soit possible d'admettre l'assertion de l'écrivain français.
Et puisque, au dire de Rio, le tableau peint pour les frères de Mugello * est parfaitement semblable au précédent pour la touche, pour le coloris, pour le style large des draperies, pour le type de la Vierge et pour le caractère des personnages accessoires, » il sera prudent et logique de conclure que ces deux peintures ont été certainement faites avant son premier départ pour Rome.
Il ne faut pas oublier un autre argument qui a son importance. Le tableau d'autel pour l'église de saint Marc, peint par Fra Angelico en 1438, bien que gâté par des restaurations, est considéré à juste titre comme une des plus belles peintures du maître. « Les anges et les saints, — écrit Rio, — qui entourent le trône de la Vierge n'ont presque rien perdu de la beauté de leur profil et de leur expression. Parmi ces derniers, il y a trois figures qui effacent toutes les autres: ce sont celles de saint François, de saint Dominique et de saint Pierre martyr, tracées avec une finesse de pinceau et une pureté de contours qui ne se retrouvent pas toujours au même degré dans les ouvrages postérieurs de Fra Angelico.^ »
» Vol. II, p. 300.
Aussi ne nous paraît-il pas nécessaire de supposer que ces deux peintures, dont nous avons cru devoir nous occuper avec quelque détail, ont été faites « après