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LE MARIAGE DE LA VIERGE

Galerie des Offices.

les murs au-dessus desquels on voit poindre les arbres d'un jardin, est rendu avec plus de vérité et plus de fermeté. Fra Angelico a représenté le Mariage sur une place et il a réussi à donner à la scène une apparence de vérité. Dans le tableau des Offices au contraire, le caractère de convention dans l'architecture et dans le paysage éclate avec tant d'évidence qu'il ne semble pas possible d'établir un rapprochement entre les deux peintures.

Dans la Visitation, on voit la femme de Zacharie qui va au-devant de la Vierge, la reçoit avec tendresse et l'embrasse ; une servante, debout sur le seuil, et à demi-cachée par la porte, écoute

avec un air de recueillement ; une autre femme, dans la rue, fléchit les genoux et regarde la scène avec émotion. Dans l'Adoration des Mages se retrouvent les mérites de composition et de sentiment qui distinguent Fra Angelico. Un des Rois a déjà rendu hommage au Rédempteur et il s'entretient avec saint Joseph qui le remercie d'un air de profonde soumission : le second Roi est incliné devant le divin Enfant, et il lui baise les pieds avec une émotion intense ; le troisième s'apprête

à rendre l'hommage dû au Sauveur; et tout près de lui, d'élégantes figurines de pages et de serviteurs, dans des attitudes pleines de naturel et de vie, font de cette scène une des plus simples et des plus charmantes productions de Fra Angelico ; on y voit réuni au plus haut degré tout le caractère de son profond sentiment I et de son art.

Le dernier tableau représente la Mort de la Vierge. Conformément à la tradition, le Christ est présent ; il porte dans ses bras l'âme de sa Mère sous la forme

d'un petit enfant. Marchese a écrit que V Adoration, aussi bien que la Mort, sont absolument semhlaUes à celles des Offices, ou qu'elles n'en sont que des répliques. En tout

cas, les charmants petits tableaux des Offices sont des répétitions de ceux de Cortone ; mais dans la Galerie de Florence, on ne remarque aucune peinture qui ait quelque analogie avec la scène de TAdoration des Mages,

si ce n'est celle qu'on peut voir dans la prédelle du Tabernacle des Linaiuoli.

Or, tandis que la scène de l'Adoration, dans la prédelle de Cortone, se déroule avec naturel et simplicité, dans le petit tableau de Florence, le caractère convenu, la confusion et tout à la fois le vide de certains personnages et de certains actes éclate avec évidence ; et en réalité la ressemblance se réduit seulement à l'identité du sujet.

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