LES ORATEURS DES FÊTES DU CENTENAIRE
(1) S. G. Mgr J. M. Émard— (2) S. G. Mgr E.-A. Latulipe.— (3) M. le Chanoine T. Nepveu, V.F.— (4) M. l'abbé D. Nepveu, Ph. Th. D— (5) M. L.-J. Papineau, M.P.— (6) M. A. Bergevin, M.P.P.— (7) R. P. A. Leduc, O.P.— (8) T. R. P. M. Marchand, O.P.— (9) M. L.-C. Tassé, N.P., Maire.— (10) S. H. le Juge W. Mercier— (11) L'Hon. H. Mercier.— (12) M. A. Plante, C.R.— (13) M. E. Montpetit — (14) M. J. Sullivan, avocat.— (15) M.W. Poitras, avocat.— (16) M. Paul Mercier, avocat.— (17) M.
l'abbé J.-E. Gauthier.— (18) M. T. Fortin, C.R.
Les Fêtes du Centenaire
pour les rappeler aux enseignements de V enfance, pour les rajeunir, pour leur ouvrir son cœur maternel, afin que tous y puisent les leçons du passé avec un chant d'amour.
Et comme le pasteur à la brebis de V Evangile, il semble que c'est Venfant parti qui sent le plus son cœur se gonfler d'une émotion intense à cet appel. Nous revenons chez nous, aux lieux bénis qu'aima notre enfance.
Ah! Mesdames et Messieurs, comment puis-je ne pas mentionner les souvenirs qui me sont chers! La vieille maison sur la rue Saint-Laurent, le vieux puits dans la cuisine est encore là. Les maisons voisines y sont presque toutes. De nouvelles ont surgi. Mais que sont devenus les vieux amis . . . M. Elliott, M. Gariépy, mon ami Lemoy . . . La côte de la prison! Cette prison toute remplie de fantômes dont la peuplait notre jeune imagination, etc., et que d'autres souvenirs personnels je pourrais évoquer! Comment, par exemple, n'être pas ému en voyant cette église où, depuis quarante ans, repose ma mère? . . .
Nos morts, ne les oublions pas; le culte des morts, Mesdames et Messieurs, c'est la foi en l'immortalité. L'espérance, Messieurs, c'est le sentiment de vitalité, c'est la force de vivre, c'est le levier. Et sans espérance, un peuple meurt, un individu dépérit, une âme s'arrête. C'est le désespoir qui rend Dante si terrible lorsqu'il écrit aux portes de son enfer "0 vas
qui las date hic ogui speranzia."
Mais c'est l'espérance qui relève Ganelon coupable lorsqu'il dit à son fils: "Moi, je suis le passé; toi, marche vers l'avenir."
Nous avons ici le passé, nous le fêtons, nous le célébrons avec enthousiasme, avec gloire. Ce passé n'est-il pas un gage d'avenir, ces souvenirs ne sont-ils pas une promesse? Et toute cette jeunesse, enfants de cette ville,
notre petite patrie, ne voient-ils pas dans les morts la source de vie, l'inspiration à des grandes et nobles choses, le désir de continuer des traditions, l'enthousiasme devant le devoir?
Oh! belle jeunesse de ma ville natale, pourrai-je vous dire avec Platon: "Espérance et printemps de la Patrie. Oh! jeunesse, soyez donc l'enthousiasme devant le devoir, l'indignation devant l'iniquité, la protestation devant la veulerie universelle, si vous voulez être un jour l'action fière et boire au calice de la victoire. Chantez-vous à vousmêmes les grandes choses que vous verrez plus tard, l'avenir entrevu dans la nuée lumineuse des saints rêves."
Enfin, Monsieur l'avocat Paul Mercier, fils de M. le juge W. Mercier, parle en ces termes :
"Souvenons- nous' '
La commémoration grandiose d'un siècle touche à sa fin. Les derniers feux du soir seront suivis d'une nuit d'espérances multiples annonçant l'aurore d'une ère nouvelle pour notre paroisse. Chers concitoyens, notre pèlerinage du retour à la terre ancestrale achève. Nous regagnerons bientôt nos cités, nos villages, nos hameaux et nos champs, mais toujours nous nous souviendrons de ce que nous avons vu et entendu en ce grand jour de fête. Notre cœur conservera le culte du souvenir; notre esprit et notre jugement enseigneront à nos fils la mentalité de chez nous pour qu'elle se perpétue dignement. C'est l'héritage sacré des aïeux qui doit être transmis à nos descendants.
En vérité, ce centenaire d'existence canonique de notre paroisse a passé aujourd'hui dans nos âmes comme une réalité tangible, en un présent lumineux. Nous avons vécu de délicieux souvenirs. Nous nous sou-
viendrons du passé et sur lui nous bâtirons notre avenir. Si nous voulons être jugés dignes de nos ancêtres, il nous faut prouver par nos actes ijuotidiens que nous sommes de leur race. Il me semble, chers concitoyens, qu'en cette fête de famille, il est un devoir pour nous de jeter un coup d'œil sur le passé et de penser aux hommes qui ont contribué à sa gloire, à son succès. En d'autres termes, si nous sommes à l'honneur, à titre de vivants, nos morts ont droit d'y être également par la bouche de ceux qui bénéficient de la magnifique récolte de bien-être et de paix, suites naturelles de leurs semences répétées de travail infatigable, arrosé de leurs meilleures sueurs.
En effet, si, réunis ce soir devant cette église paroissiale qui a plutôt l'air d'une cathédrale tant son style et sa masse en imposent, nous jetons un coup d'œil dans la plaine, vers la vallée du lac Saint-Louis, nous apercevons la ville de Beauharnois. De prime abord, nous voyons que ses nombreuses maisons et les grandes cheminées industrielles se détachant à l'horizon, aux limites urbaines, comme des sentinelles, indiquent un progrès apparent, un avenir assuré; puis, si nous embrassons d'un regard la campagne environnante nous verrons l'œuvre d'un défrichement consommé, le blé qui lève, les vergers en fleurs, la mince colonne de fumée montant lentement et gaiement à travers l'espace et disant même en des signes sténographiques, au Créateur, le bonheur et la joie de vivre de chacun dans ces hameaux.
Mais, chers concitoyens, cette ville avec ses maisons, ces champs avec leurs hameaux, ce sont notre chez-nous. C'est l'œuvre d'un siècle qui passe. Tout cela, est partie l'œuvre de nos pères et partie la nôtre. Beauharnois n'a pas surgi du sol en un jour. Il a été
créé et, sa fondation ayant été heureuse, il s'est développé, Dieu aidant, d'une façon merveilleuse. Notre passé fut l'œuvre de Dieu, sous les efforts de ses premiers colons et des générations qui ont suivi. Le Clergé et l'État, dans Beauharnois, ont toujours marché de front, uni leurs efforts, et aussi la récolte a été belle, toujours de plus en plus prospère en fait de bien public et de paix religieuse. Le progrès matériel a été intimement lié au progrès religieux pour les intérêts de la communauté. Ceux des nôtres qui ne sont plus, dormant leur sommeil éternel, dans le plus beau coin de terre de notre domaine, qui ont concouru toute leur vie au développement civil et religieux de cette ville, de cette paroisse, si de leurs tombes ils voient, comme ils doivent être heureux en ce moment de contempler les fruits que leurs œuvres ont produits; ils ont vécu eux-mêmes de ce bonheur, mais nous en ont laissé la meilleure partie. Paix et éternité bienheureuse à leurs cendres! Tous, souvenons-nous de ces grands disparus, nos distingués aïeux. Déposons sur la tombe de ces fondateurs de cité et de paroisse, d'immenses couronnes tressées des plus jolies fleurs de l'amitié et de la reconnaissance éternelles.
Et nous, leurs fils, tirons profit des leçons de vie chrétienne, de travail, d'amour et de respect mutuels qu'ils nous ont léguées. Méditons sur leurs œuvres, notre confort actuel. Faisons notre vie meilleure; contribuons de toutes nos forces au progrès civil et religieux de cette ville et de cette paroisse. Dans un amour mutuel nous y puiserons une force nouvelle pour les luttes du moment et du lendemain. Chers concitoyens, rappelons-nous ces vers de Sully Prud'homme, ce grand poète français, qui ne sont que trop vrais à l'heure présente:
"Viens! ne marche pas seul dans un jaloux
sentier, "Mais suis les grands chemins que l'humanité
foule; "Les hommes ne sont forts, bons et justes,
qu'en foule; "Ils s'achèvent ensemble, aucun d'eux n'est
entier."
Après ces discours éclatèrent les pièces pyrotechniques, pendant tout près d'une heure; de l'aveu unanime des assistants, ce feu d'artifice a été l'un des plus brillants qui se soient vus.
Puis la fanfare jeta dans les airs les notes bien connues de 0 Canada, et chacun rentra chez soi.
Le lendemain, Beauharnois reprenait sa vie ordinaire. Les décorations s'enlevaient
des demeures et des rues; les étrangers quittaient la ville; des fêtes, il ne restait plus qu'un souvenir, inoubliable à la vérité.
D'avoir revu des parents et des amis très chers, d'avoir vu de si belles cérémonies et entendu tant de si réconfortantes paroles, d'avoir évoqué le passé paroissial, d'avoir pensé aux disparus, ne pouvaient pas ne pas laisser dans l'âme plus d'une leçon. Ces leçons — de fidélité aux traditions familiales, paroissiales et nationales, d'endurance au devoir, de vie chrétienne plus intense, de vie civique de plus en plus dévouée au bien commun, d'union et d'harmonie dans la poursuite du même idéal— nous voudrions que les pages de ce livre, écrites pour nos concitoyens, les gravassent à jamais et aidassent à les transmettre de génération en génération.
A titre documentaire, voici la liste complète des membres du clergé et des com-
munautés religieuses qui ont assisté aux fêtes du centenaire:
Le Clergé
Liste des membres du clergé qui ont assisté aux fêtes du Centenaire de la paroisse de Saint-Clément de Beauharnois.
S. G. Mgr J.-M. Ëmard, Évêque de Valley field, Que.
S. G. Mgr E.-A. Latulipe, Évêque de Haileybury, Ont.
Mgr Jean-de-la-Croix Dorais, P. A., Vie.
général de Valley field.
Mgr Z. Lorrain, Vie. général de Pembroke.
Mgr J.-C. Allard, P. A., curé de Sainte- Martine. (Val.)
Mgr J.-A. Bélanger, P.D., curé de Saint- Louis de France. (M).
Mgr J.-H. Cousineau, P.D., curé du Sacré-Cœur de Jésus. (M).
Mgr L.-A. Dubuc, P.D., curé de Saint- Jean-Baptiste. (M).
Mgr J.-A. Richard, P.D., curé de N.-D.
des Sept Douleurs de Verdun. (M).
M. le Chanoine J.-S. Edm. Aubin, Supérieur du Collège de Valleyfield.
M. le Chanoine P.-J. Bourget, missionnaire à Saint-Régis. (Val.).
M. le Chanoine I.-R. Chaput, A.C., Maisonneuve. (M.).
Centenaire de Beauharnois
M. le Chanoine Isaïe Clairoux, curé de l'Epiphanie. (J.).
M. le Chanoine L.-E. Cousipeau, de l'Archevêché de Montréal.
M. le Chanoine R.-M. Décary, curé de Saint-Henri de Montréal.
M. le Chanoine Alph.-E. Deschamps, aumônier des Sourdes-Muettes. (M.).
M. le Chanoine A.-C. Dugas, curé de Saint-Polycarpe. (Val.).
M. le Chanoine A.-O. Houle, curé de Saint-Jacques l'Achigan. (J.).
M. le Chanoine S.-F.-B. Maynard, curé de Saint-Isidore de Laprairie. (M.).
M. le Chanoine L.-U. Mousseau, principal de l'École Normale de Valleyfield.
M. le Chanoine Théodule Nepveu, curé de Beauharnois.
M. le Chanoine L.-N. Préville, curé de Saint-Chrysostôme. (Val.).
M. le Chanoine T.-Z. Simon, curé de la Cathédrale de Valleyfield.
M. Emile André, curé de Saint-Rédempteur. (Val.).
M. Oscar Bissonnette, Chancelier du diocèse de Valleyfield.
M. Louis Boissonneault, curé de Saint- Vincent de Paul. (M.).
M. Louis M. Borrel, vicaire au Saint- Enfant-Jésus de Montréal.
M. Anthime Boucher, curé de Saint- Stanislas de Kostka. (Val.).
M. J.-Naz. Bourbonnais, curé de Chateauguay. (Val.).
M. Augustin Carrière, curé de Sainte- Marie-Salomé. (J.).
M. Valérien Carrière, vicaire à Sainte- Martine. (Val.).
M. J. Conrad Chaumont, Supérieur du Séminaire de Sainte-Thérèse.
M. Edouard Contant, curé de Maisonneuve. (M.).
M. J.-Octave Delisle, vicaire à Beauharnois. (Val.).
M. J.- Albert Dérome, curé de Huntingdon. (Val.).
M. Alphonse Dupuis, chancelier du diocèse de Haileybury.
M. L.-A. Gagnier, curé de Sainte-Philomène. (Val.).
M. Jérémie Gagnon, vicaire à Saint- Isidore de Laprairie. (M.).
M. J.-E. Gauthier, curé de N.-D. de Bellerive. (Val.).
M. Arthur Goyette, professeur de théologie à Valleyfield.
M. Wilfrid A. Goyette, curé de Sainte- Barbe. (Val.).
M. Alexandre Gratton, curé de Lachute.
M. Aimé Hébert, vicaire à Rigaud. (Val.). M. Henri Julien, vicaire à Saint-Louisde-Gonzague. (Val.).
M. Elzéar Laberge, professeur au Collège de Valleyfield.
M. Lucien Lafrance, vicaire à Côteaudu-Lac. (Val.).
R. P. Augustin Leduc, O.P., Sous-Prieur du Couvent d'Ottawa.
M. Joseph-E. Levac, vicaire à la Cathédrale de Valleyfield.
M. D.-R. McDonald, de l'évêché de Valleyfield.
M. Ernest-C. Maheu, vicaire à Saint- Timothée. (Val.).
M. Gustave Mailloux, curé de Saint- Antoine- Abbé. (Val.).
R. P. M. Marchand, O.P., curé de Saint- Jean-Baptiste d'Ottawa.
R. P. L.-J. Morin, C.S.V., Assistant Supérieur Provincial.
M. Siméon Morin, curé de Sainte-Clothilde. (Val.).
Les Fêtes du Centenaire
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Les Fêtes du Centenaire
M. Gaspard Miron, en repos à Montréal.
M. J.-Delphis Nepveu, curé de Saint- Anicet. (Val ).
M. Avila Papineau, curé de Sainte- Catherine à Montréal.
M. Albert Peladeau, retiré à Montréal.
M. F.-X. Pelland, curé de Saint-Étienne de Beauharnois.
M. Adélard Perreault, curé de Saint- Timothée. (Val.).
R. P. J.-Avila Perreault, C.S.V., du Noviciat de Joliette.
M. Ls.-Philippe Perrier, curé du Saint- Enfant Jésus de Montréal.
M. Jean-Marie Phaneuf, curé de Howick. (Val.).
M. A.-J. Préfontaine, curé de Saint- Jean de la Croix. (M.).
M. Thomas Pré ville, curé de Saint- Zotique. (Val.).
M. J.-Albini Primeau, curé de Rigaud.
(Val).
M. Victor Primeau, curé à Chicago, États-Unis, d'Amérique.
M. J.-N. Rémillard, curé de Soulanges.
(Val.).
M. R.-Ls Rolland, vicaire à Saint- Polycarpe. (Val.).
M. A.-P. Sabourin, curé de Saint-Louis de-Gonzague. (Val.).
M. J.-Damien Saint-Aubin, vicaire à Beauharnois. (Val.).
M. F.-X. Tisseur, curé du Côteau-du- Lac. (Val.).
M. H.-U. Tremblay, a.c, retiré. (Val.).
R. P. N. Vaillancourt, C.S.V., du Collège Bourget. (Val.).
M. Emile Véronneau, en repos. (Val.).
M. Gérasime Bonnier, diacre, du collège de Valley field.
M. David Mailloux, diacre, du collège de Valley field.
Et plusieurs religieux au nombre desquels on remarquait le Rév. Fr. P. Croisetière, C. S. V., Directeur de l'Académie Saint- Clément à Beauharnois, et le Rév. Fr.
Marois, C.S.V., Directeur de l'Académie de Saint-Timothée.
Au Couvent
Noms des Sœurs présentes aux fêtes (Couvent des SS. NN. de Jésus-Marie.)